violences sexistes – Dépavage https://depavage.noblogs.org Dép' (pédés - "HSH", "homos", "gays"-) et luttes sociales >> Revue de presse, archives et contributions Sun, 12 Jul 2015 15:03:00 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1 [actu] France : DSK et le procès pour sodomie, Ovidie https://depavage.noblogs.org/post/2015/02/15/1344/ Sun, 15 Feb 2015 19:33:49 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1344 Continuer la lecture →]]> 4210368-le-cochon-souriantRéaction d’Ovidie au procès de DSK dans l’affaire du Carlton et à son traitement médiatique : un procès qui devient celui de la sodomie et de la prostitution quand il est pourtant question de viol et de mépris de classe.

 

 

DSK

C’est un bien curieux procès qui se déroule actuellement à Lille. Un procès où certains termes ne sont pas prononcés. « Boucherie », « parties fines », « bestialité »… Il m’a fallu un moment avant de comprendre de quoi DSK était précisément accusé dans cette affaire. « Proxénétisme aggravé ». C’est étrange, à la lecture des divers témoignages, je n’aurais pas dit ça. J’aurais dit pire, à vrai dire. Mais bon, je ne suis pas magistrat, alors je me contente d’observer de loin son traitement dans les médias, perplexe.

Non, vraiment, j’ai du mal à comprendre les termes de ce procès. Franchement, qu’un homme politique ait eu recours à des escorts, soyons sérieux, ce ne serait certainement pas la première fois. En revanche, la particularité du personnage qui semble se dessiner, si on rassemble les témoignages antérieurs de Tristane Banon, Nafissatou Diallo, et des prostituées actuellement à la barre, c’est cette propension à la violence. Si le témoignage de la prostituée est vrai (je dis bien « si », car jusqu’à nouvel ordre il n’a pas été jugé coupable), pourquoi ne parle-t-on pas clairement de viol ? Dans la presse, on évoque une « boucherie », et autre périphrases. Mais quand l’une des prostituées raconte que David Roquet lui a tenu les mains pendant que DSK la sodomisait contre son gré, pourquoi personne n’emploie le mot « viol » ? Vous me rétorquerez que les prostituées n’ont pas porté plainte, et que par conséquent cette accusation n’a pas été retenue. Mais franchement, si elles avaient porté plainte, les aurait-on crues ? Qu’auraient-elles gagné, excepté des intimidations et une belle campagne de dénigrement ? Quand on voit à quel point Nafissatou Diallo a été traînée dans la boue, on peut comprendre leurs réticences. Sophie de Menthon, dans les « Grandes Gueules » sur RMC suggérait même au sujet de cette dernière que « c’est ce qui lui serait arrivé de mieux« , qu’elle « n’a rien pour elle, elle ne sait pas lire pas écrire, elle est moche comme un cul« . Si on a été capable de dire cela d’une femme de chambre, imaginez ce qu’on dirait d’une pute. Nous voilà donc spectateurs d’un procès où la presse relate le témoignage d’une prostituée parlant d’un acte sexuel contre son consentement pour lequel je me demande pourquoi personne ne parle pas de « viol ». Finalement, ce n’est pas le coeur du problème, il n’est question que de « proxénétisme ». Ah.

Le tabou de la sodomie

Il y a également ce terme de « sodomie », employé par l’avocate de DSK Frédérique Beaulieu si embarrassant, et que bon nombre de journalistes hésitent à écrire et à prononcer. Et d’ailleurs, même la témoin connue sous le nom de « Jade » évite d’employer ce terme avec précision. Il est question « d’empalement qui déchire» .  S’il est si difficile pour les prostituées de parler de sodomie à la barre, c’est parce que la médiatisation de ce procès amplifie la honte qu’elles peuvent ressentir. Dire « DSK m’a sodomisée », même de force, c’est toujours dire publiquement que l’on a été « enculée », avec tout ce que cela draine comme jugement. Rappelons qu’il s’agit encore d’une insulte dans la langue française, et que dans certains pays des personnes sont condamnées à mort pour cela.

La pratique de la sodomie décrite en filigrane à plusieurs reprises semble être la grande star de ce procès, le clou du spectacle. C’est elle qui est brandie comme preuve que DSK savait pertinemment que ces femmes étaient rémunérées. Un curieux raccourci qui laisse à penser que si une femme accepte de se laisser sodomiser, c’est qu’elle est rémunérée. Et même, plus tordu encore, que si elle est rémunérée, alors on peut la sodomiser à merci. Or, dans un rapport sexuel, rémunéré ou non, si on décide en cours de route de dire « non », et bien c’est « non ». DSK rappelle qu’il n’y a pas de « pratique sexuelle dévoyée », et le pire c’est qu’il a raison. Il affirme qu’il a « le même rapport avec les autres femmes, tout aussi rude, mais ça n’a pas de lien avec la prostitution« , et c’est peut-être bien vrai. Mais encore une fois, ne sommes-nous pas en train de nous tromper d’accusation ? Pour une spectatrice comme moi, qui lit ce que les médias rapportent, si les accusations des prostituées sont vraies, il me semble tout de même que ce procès ne devrait pas être celui de la prostitution ni de la sodomie, mais celui de ce qui est décrit comme pouvant s’apparenter à un viol. ans Il s’agirait d’un autre procès.

Mépris de classe

Je serai claire, s’il y a encore des personnes qui minimisent ce dont on accuse DSK, c’est parce que ces femmes n’étaient pas du même rang social. Si on apprenait par exemple qu’une personne du même milieu que lui avait été un jour neutralisée sur un lit pendant que celui-ci la sodomisait de force, croyez-moi que les réactions auraient été différentes. Alors qu’une domestique, des putes, ma foi, pas de quoi fouetter un chat. On se rappelle à titre d’exemple du très élégant « troussage de domestique » de Jean-François Kahn. Toutes ces histoires révèlent avant tout le problème de l’impunité, du pouvoir de l’argent, et de la domination d’une classe sociale sur une autre.

Un bien curieux procès en vérité, qui se déroule alors que le Sénat vient d’annoncer qu’il examinera de nouveau la proposition de loi pénalisant les clients de prostitué(e)s les 30 et 31 mars alors qu’on la croyait jetée aux oubliettes.

Par Ovidie, février 2015.

Un site d’argumentaires contre la pénalisation des clients.

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Chloé au micro de l’Envolée, 2014 https://depavage.noblogs.org/post/2015/02/15/chloe-au-micro-de-lenvolee-2014/ Sun, 15 Feb 2015 17:32:36 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1308 Continuer la lecture →]]> lucie_dejardin0017Incarcérée dans une prison pour hommes, Chloé a mené un combat acharné contre l’administration pénitentiaire et les médecins pour changer de sexe. Sortie de taule après 16 années d’enfermement, elle témoigne au micro de l’émission l’Envolée, sur FPP, en avril 2014.

 

Interview de Chloé qui, à la sortie de 16 années de prison, raconte son parcours de combattante, ses souffrances et ses luttes pour que sa transexualité soit reconnue et respectée, le mépris de l’administration et des services médicaux… et le fait qu’elle n’a rien lâché. Au travers de ce récit, on voit comment la médecine maltraite très souvent les prisonnier-e-s. Et les conséquences désastreuses du fait que la bureaucratie pénitentiaire ne connaît que les cases hommes/femmes traditionnelles.

Cette interview a été diffusée à l’origine dans l’émission L’envolée sur radio FPP à Paris, en avril 2014.

L’Envolée radio, c’est tous les vendredis à 19h sur Fréquence Paris Plurielles. Merci à l’émission Papillon pour avoir récupéré et rediffusé le son ! Et force, courage et détermination à toi Chloé pour tes combats à mener dehors !

 

CHLOE

Lire et écouter le témoignage de Chloé en 2012-2013.

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Violences policières sur un militant du STRASS et violences faites aux travailleurEUSEs du sexe https://depavage.noblogs.org/post/2014/12/17/violences-policieres-sur-un-militant-du-strass-et-violences-faites-aux-travailleureuses-du-sexe/ Wed, 17 Dec 2014 01:47:41 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=778 Continuer la lecture →]]>

10438398_672479749466300_4556258117483162069_nCommuniqués du STRASS, suite à l’arrestation brutale d’un de ses militants qui distribuait capotes et tracts à des travailleuses du sexe, et à l’occasion du 17 décembre, journée contre les violences faites aux travailleuses et travailleurs du sexe.

 

Communiqué du STRASS-Syndicat du travail sexuel, Acceptess-T, Act up Paris, Aides, Cabiria, Collectif 8 Mars pour Toutes, Collectif des Femmes de Strasbourg-Saint Denis, Support Transgenre Strasbourg,

Cette nuit, vers minuit, Thierry Schaffauser, membre fondateur du STRASS distribuait des tracts et des préservatifs lorsqu’il a été interpellé sur le boulevard Barbès dans le 18ème arrondissement.

Il lui a été reproché d’avoir parlé à une travailleuse du sexe.

Deux policiers en civil ont alors commis des actes de violences à son encontre allant jusqu’à l’étrangler et l’étouffer. Il a été menotté les mains dans le dos et conduit au commissariat de la goutte d’or sans se voir notifier les motifs de son arrestation et sans avoir été en mesure de demander l’assistance d’un avocat. La travailleuse du sexe à qui il a parlé et remis des préservatifs a également été arrêtée et emmenée dans le même commissariat.

Des propos homophobes puis racistes ont été tenus lors de l’arrestation tels que « c’est à cause de gens comme vous que des mamas font venir des africaines pour se prostituer en France ».

Thierry Shaffauser à été examiné par un médecin des urgences médico-légales qui lui a délivré 4 jours d´ITT et a constaté de nombreuses lésions directement liées aux conditions disproportionnées et violentes de son interpellation.

Cette arrestation illégale et injustifiée n’est qu’un des nombreux exemples de ce que subissent les travailleurSEs du sexe partout en France, notamment en fin d’année lorsqu’il faut produire des chiffres. Elle confirme les pratiques policières visant à intimider les clients et à leur extorquer des témoignages contre les travailleuses du sexe afin de les arrêter pour racolage.

Elle est également une illustration criante de la pénalisation croissante de la solidarité à l’égard des prostituées. La loi sur le racolage et toute pénalisation du travail sexuel sont en effet une entrave à toute forme de solidarité envers les travailleuses du sexe et ne font que les pousser dans l’isolement complet puisque le simple fait de leur parler rend suspect aux yeux de la police. Si une pénalisation des clients devait être adoptée, cela accroitrait ce type d’incidents et confirmerait qu’il est interdit de leur parler.

Une plainte sera prochainement déposée entre les mains de l’inspection générale de la police nationale, avec constitution du STRASS en tant que partie civile.

Pour dire non à toutes les violences, y compris institutionnelles et policières, nous manifesterons demain le 17 décembre à Paris, Lyon et Toulouse.

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Violences faites aux travailleurSES du sexe : État complice!

Le 17 Décembre est la journée internationale de lutte contre les violences faites aux travailleurSEs du sexe. Répression, expulsions, viols, agressions, exploitation, injonctions au silence, stigmatisation : les violences auxquelles font face les prostituées et travailleurSEs du sexe sont nombreuses, trop nombreuses.

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Alors que le délit de racolage n’est toujours pas abrogé malgré ses conséquences catastrophiques, régulièrement dénoncées, sur nos conditions de travail et notre santé, les arrêtés municipaux interdisant la présence de travailleurSEs du sexe dans l’espace public se sont multipliés, de Lyon à Toulouse, en passant notamment par Lille et Bordeaux. Sous couvert de lutter contre l’exploitation des prostituées et travailleurSEs du sexe, c’est la répression de ces dernierEs qui s’organise, avec ses conséquences en termes de précarisation, d’augmentation des violences, et de dégradation de notre santé.

La dimension sexiste de politiques qui interdisent l’espace public à un grand nombre de femmes s’allie par ailleurs avec des intérêts racistes d’expulsions des travailleurSEs sans papiers, ailleurs présentées comme uniformément victimes de la traite, mais qu’il conviendrait alors, pour leur bien, de renvoyer dans leurs pays d’origine. Régulièrement, de véritables rafles sont menées, qui ne sont pas sans conséquences non seulement pour les prostituées et travailleurSEs du sexe expulsées, mais aussi pour celles qui restent et doivent vivre dans la peur quotidienne des forces de l’ordre.

Nombreuses sont celles qui savent que prendre la parole en tant que travailleurSE du sexe, c’est s’exposer à une stigmatisation pouvant entrainer ruptures familiales et sociales, Nombreuses sont celles qui n’oseront pas dénoncer les situations d’exploitation dont elles sont victimes par peur de l’expulsion. Cette situation de répression et de stigmatisation ne sert que les intérêts des auteurs de violences, de quelques riverains qui ne veulent pas de putes dans leur quartier, et de celles et ceux qui instrumentalisent ces violences au profit de leur carrière politique.

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Violée au Quai des Orfèvres, tué à Sivens : à qui profite le crime ? https://depavage.noblogs.org/post/2014/11/25/violee-au-quai-des-orfevres-tue-a-sivens-a-qui-profite-le-crime/ Tue, 25 Nov 2014 16:56:48 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=719 Continuer la lecture →]]>

Communiqué des LOCs – Lesbiennes of color, à l’occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, le 22 novembre.

Violées dans les commissariats ;arton2045-a0b9b
Squatteuses féministes gardées à vue, intimidées et humiliées ;
Manifestantes réprimées et jugées en comparution immédiate ;
Contrôles au faciès permanents ;
Femmes Rroms détenues et séparées de force de leurs enfants ;
Viols des prostituées légitimés…

La répression militaire et policière sévit plus durement à chaque coup porté. Le triste paysage qui nous est offert aujourd’hui dans nos rues et sur les écrans, c’est celui de la surveillance militarisée qui n’hésite pas à passer à l’acte sous la bénédiction de l’État français.

Le meurtre récent d’un militant écologiste, c’est l’arbre qui cache la forêt. La police et les militaires tuent, mutilent, enferment, répriment.

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Mais lorsque nous sommes arrêtées en tant que femmes, féministes et lesbiennes, militantes et of color ; l’intimidation, les humiliations, les violences, les menaces de viols et les viols sont de surcroît les moyens spécifiques utilisés dans l’instauration du rapport de force.

L’affaire du Quai des Orfèvres, c’est la « fuite » qui témoigne des pratiques policières assassines contre les femmes car ce n’est pas un cas isolé.

Nous lesbiennes of color, ne pouvons, de manière évidente, considérer que ce bras armé de l’État est là pour nous protéger. De plus, nous dénonçons que même sous cette répression policière et militaire s’opère une différence de traitement. Nous n’avons pas toutes la même peur d’un État policier et militaire au regard de notre classe sociale, de la couleur de notre peau, de la sonorité de notre nom, de nos engagements.

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Nous vous appelons toutes à venir dénoncer les violences, les exactions, les humiliations policières et militaires contre les femmes, les féministes, les lesbiennes.

LOCs, Lesbiennes of color, novembre 2014.

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