Consentement – viol – abus – Dépavage https://depavage.noblogs.org Dép' (pédés - "HSH", "homos", "gays"-) et luttes sociales >> Revue de presse, archives et contributions Sun, 12 Jul 2015 15:02:28 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1 [actu] Tunisie « Mawjoudin » https://depavage.noblogs.org/post/2015/04/08/actu-tunisie-mawjoudin/ Wed, 08 Apr 2015 17:29:51 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1388 Continuer la lecture →]]> Manifestation-homosexuels-au-BardoQuelques articles de  la presse mainstream et témoignages sur la lutte des LGBTQI contre l’homophobie la répression de l’homosexualité en Tunisie.

Des homosexuels manifestent à Tunis contre la discrimination

Un petit groupe de militants LGBT du groupe Mawjoudin («Nous existons») a manifesté à l’occasion du défilé qui marquait le Forum social mondial, qui se tient dans la capitale tunisienne.

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«Il est possible de changer les choses, de faire évoluer les mentalités et de casser les préjugés, mais pour réussir, nous devons bouger et être unis. En Tunisie, nous sommes traités comme des pestiférés et beaucoup d’entre nous ont été victimes d’agressions gratuites», a expliqué un jeune gay tunisien au site Kapitalis.net.

Vives réactions
L’événement symbolique a suscité des réactions contrastées sur le web: si beaucoup ont applaudi le courage des militants qui défilaient pour la première fois au grand jour, d’autres se sont montrés indignés ou inquiets devant une «provocation», une semaine après l’attentat du Musée du Bardo, revendiqué par Etat islamique (Daech). «Est-ce le moment? Cela va exciter encore plus les da[e]chiens. La Tunisie n’a pas besoin de cela par les temps qui courent», estime une internaute.

publié le 28 ars 2015 sur le mass média gay suisse 360ch.

TUNIS

Deux militantes pour les droits LGBT attaquées en une semaine

La survenue de deux actes de violences à l’encontre de femmes militantes pour les droits des LGBT en moins d’une semaine a poussé l’association tunisienne Chouf minorities à alerter la communauté internationale. Dans un communiqué, elle révèle qu’une membre du bureau de l’association a été violée. Une autre femme a quant à elle subi des coups en raison de son orientation sexuelle supposée.

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HOMOSEXUALITÉ PÉNALISÉE
Toutes deux ont porté plainte, mais impossible pour elles de mentionner auprès des autorités le fait qu’elles sont proches de la communauté LGBT. En vertu de l’article 230 du Code pénal, l’homosexualité est passible de trois ans d’emprisonnement en Tunisie, et elles auraient perdu le statut de victimes pour endosser celui de coupables.

La première a évoqué son viol sur le Huffington Post Maghreb. Armé d’un couteau, un homme l’a forcée à avoir une relation sexuelle avec lui. Lorsqu’elle est revenue sur les lieux avec la police, elle constate qu’il n’y a «pas de délimitation de la scène de crime et pas de police scientifique présente, on ne cherche pas de preuves sur le site». À l’hôpital, elle a été renvoyée pendant de nombreuses heures de service en service sans être prise en charge tandis que le personnel soignant abordait son cas sans la moindre empathie. La deuxième femme agressée a publié son récit sur le site de Chouf minorities: «Ce n’est pas la première fois que je me fais agresser ni insulter pour être simplement différente, pour ne pas ressembler à ce que je devrais, pour ne pas être cette “fille” qu’ils voient ou plutôt qu’ils aimeraient voir dans les rues», confie-t-elle.

(…) tant que l’homosexualité sera pénalisée, il sera impossible de cibler de façon directe les crimes LGBT-phobes. En attendant, Chouf minorities a adopté une stratégie féministe et veut apprendre aux femmes des techniques pour se protéger. L’association veut également élaborer des plaidoyers qui pourraient permettre, à terme, un plus grand respect des libertés individuelles et, pourquoi pas dans quelques années, l’abrogation de l’article 230.

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Ici, on vous bat, on vous tabasse pour être homosexuel.

Homosexuel ? Ici, on vous bat, on vous tabasse pour être homosexuel. Mère ! Pourquoi m’as-tu mise au monde ? C’est parce que je n’ai pas confirmé avoir été battue la première fois , je ressemble a un garçon ont ils dit ; en le déclarant à la police, « Rentre chez toi », m’ont-ils dit, « pourquoi sors-tu de chez toi en ressemblant à « ça » ? ». Ca a été leur seule et unique réponse.

Ce n’est pas la première fois que je me fais agresser ni insulter pour être simplement différente, pour ne pas ressembler à ce que je devrais, pour ne pas être cette « fille » qu’ils voient ou plutôt qu’ils aimeraient voir dans les rues – je n’appartiens pas à ces rues. Je ne mérite pas ces rues – je suis douloureusement consciente que personne ne pourra rien y faire, personne ne pourra arranger cela, personne ne me rendra mes droits, ni pour cette fois, ni pour toutes celles d’avant. Cette injustice est sans fin, tout comme ma peur. Je suis vidée, épuisée. Je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie. Je n’ai jamais été aussi bouleversée. Ces personnes me connaissent très bien, ils me l’ont bien fait savoir. Mon nom complet, où je vis, où je travaille, où je passe mon temps libre, ils savent tout de moi. J’ai été tellement frappée que j’ai senti mon visage se mouvoir, mais ils ont continué à m’écraser la tête, à me marcher sur la tête, et m’ont presque cassé le dos. Ils ont finalement conclu par une affirmation qui rôde dans mon esprit depuis :  « Nous n’allons pas t’épargner, nous reviendrons. » Où est ma place dans tout ça ? Où en suis-je ? Qu’est-ce que je dois faire maintenant dans cette jungle qu’on appelle Tunisie ? Cette Tunisie est censée être ma maison?

Une fois de plus, je me retrouve traînant mon âme et mon corps blessés jusqu’à la police pour entendre ces paroles inutiles et insignifiantes :       « Ils ont fait cela uniquement pour te faire peur. Ils ne s’en prendront pas à toi. Ce n’est rien. Rentre chez toi. Nous t’appellerons quand nous aurons du nouveau. » Cela fait sept jours, uniquement sept jours, mais j’ai l’impression que cela fait sept années. Je me sens suivie constamment, de façon permanente. Chaque ombre, chaque personne que je rencontre dans la rue me fait sursauter de peur. Je me dis au fond de moi que ce doit être l’un d’eux qui est venu pour me tuer, pour me poignarder, pour me faire souffrir. Je sens une menace constante, incessante, partout et de la part de tout le monde. Je ne suis en sécurité nulle part, pas même dans mon lit. Mon cerveau a cessé de fonctionner, pas une idée le traverse, rien, le NÉANT ! Je n’ai pas vraiment vu le visage de mes agresseurs, mais chaque mot résonne encore et encore dans ma tête. Je me rappelle de chaque phrase, de chaque insulte, et je m’en rappellerai jusqu’à mon dernier souffle. Mais je ne laisserai pas cela me changer, me transformer en quelqu’un que je ne suis pas. Cela ne changera pas la personne que je suis et la personne que je VEUX être. Ni maintenant, ni jamais. Peu importe la raison. Je suis là, j’existe ! Quiconque s’oppose à ce que je suis peut venir m’agresser, me battre à nouveau!

Après tout, cette jungle dans laquelle nous vivons le permet. « Il » a été plus fort cette fois-ci. Il m’a battu. Il aurait facilement pu me tuer et personne n’aurait bougé le petit doigt, parce qu’après tout, dans cette jungle, je ne suis qu’une vie insignifiante, qu’une vie en trop.

publié sur Chouf minorities le 22 mars 2015

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Les LGBTQI en Tunisie : entre la politisation de l’intime et la répression sociale

Un an après une nouvelle constitution qualifiée de progressiste, des voix s’élèvent pour réformer certaines lois jugées anticonstitutionnelles ou encore liberticides, à l’exemple de la loi 230 du code pénal qui condamne « la sodomie consentante entre adultes ». Si la relation amoureuse entre deux personnes du même sexe n’est pas condamnée explicitement par la loi, la Tunisie reste un pays homophobe où les personnes LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et trans) sont forcées à cacher leurs tendances sexuelles, à quitter le pays, ou à encaisser les conséquences judiciaires et les agressions physiques et morales impunies.

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Dans un café culturel au centre-ville de Tunis, il s’arrange bien pour choisir une table isolée où personne ne peut deviner ce qu’il fait derrière son écran. Autour, des jeunes en groupe, remplissent le café de papotages et de fumée. Sensible à l’odeur du tabac, «Aziz» reste quand même fidèle à ce coin, connu pour sa tolérance envers ses semblables. Ses cheveux noirs tombent avec fluidité sur son front pour cacher ses sourcils danses et foncés. Ses grands yeux noirs, son nez ajusté et ses joues mates et lisses, ne laissent aucun doute sur son jeune âge. «Aziz» vient de fêter ses 21 ans avec son nouvel amant au Sud.

Il relâche sa silhouette fine sur la chaise et dévie avec élégance les coins de la table par ses jambes longues. Il commence à parler de ses dernières vacances avec beaucoup d’humour. Puis, il vire au sérieux :

Nous sommes tout le temps obligés de nous cacher ou de faire semblant. Au fil du temps, la prudence finit par devenir de la paranoïa. Nous avons peur de l’espionnage sur Internet et de l’écoute téléphonique. La loi 230 du code pénal nous pèse de plus en plus. Quelques-uns prétendent avoir une copine, d’autres se marient carrément pour faire taire les rumeurs et se faire accepter par la société. Mais la majorité garde ce meilleur ami-amant que tout le monde matte avec méfiance. Personnellement, je refuse de jouer cette comédie. Avec le temps, j’ai appris à voler quelques moments de bonheur et d’intimité en sécurité et sans faire du bruit. Ma famille et mes amis proches sont au courant et ça ne me gêne pas tant que ça …explique Aziz.

Photographe à ses temps libres, Aziz est encore étudiant. Il se renferme de plus en plus dans un milieu d’artistes qui a l’avantage de rarement intimider les homosexuels. Concernant la loi 230, il pense que c’est le moment de la révoquer. « Mais la priorité reste sans doute, le changement des mentalités. Même si la loi change, le chemin reste long vers une égalité véritable. La discrimination actuelle me fait, petit à petit, perdre le sentiment d’appartenance à ce pays», ajoute Aziz avec amertume.

Militant de Droit de l’Homme depuis des années, «A» n’était pas seulement engagé dans le combat pour la cause des LGBT mais aussi dans plusieurs autres combats d’égalités et de libertés. Même s’il garde l’anonymat, plusieurs le reconnaissent en tant qu’initiateur de mouvement contre la politique de discrimination des homosexuels en Tunisie. Bientôt, son association de lutte contre l’homophobie sera mise en place pour créer « une sorte de refuge pour toutes les personnes LGBT ».

Je peux vous confirmer que je n’ai pas fait face à des incidents homophobes dans ma vie. Je ne me vois pas en tant que victime et je ne me considère pas comme minorité. Déjà, ce terme péjoratif n’est pas justifié car on ne peut jamais savoir si la communauté gay est minoritaire ou pas. À ce que je sache, jusqu’à maintenant, nous n’avons pas inventé de machine qui détecte l’orientation sexuelle de chacun. On ne pourra jamais savoir ce qui se passe entre les murs, ironise «A».

«A» considère que la constitution doit protéger la vie intime de ses citoyens. Selon lui, l’article 230 du code pénal est anticonstitutionnel. « Je demande aux députés à qui j’ai donné ma voix de supprimer l’article 230 du code pénal. 3 ans de prison ferme c’est trop et c’est stupide. À quoi bon s’occuper de la sexualité d’autrui ? À quoi bon chercher ce qui se passe dans le lit de X ou de Y? C’est de la violation de la vie intime. Si nous laissons cette porte ouverte, plusieurs autres droits vont être bafoués au nom du conformisme et de la religion » s’indigne «A».

Parmi les droits-de-l’hommistes, rares sont ceux qui affichent leur soutien à la cause des LGBT. Même certaines associations comme l’ATL (l’association qui lutte contre la transmission de maladies sexuellement transmissibles) s’arrêtent au niveau social et médical. La société civile ne met pas le doigt sur ce qui dérange le plus: le tabou de la sexualité dans la loi tunisienne.

Plusieurs nous disent que ce n’est pas le moment. C’est un faux argument, car si selon vous, l’État est occupé par la lutte antiterroriste, comment trouve-t-on le temps d’arrêter un tunisien et un suédois et de les condamner à 3 ans et 2 ans de prison ferme? Je fais là un appel aux pseudo-activistes, qui croient que les droits LGBT ne sont pas nécessaires: Arrêtez de lutter pour les droits humains! Si vous y croyez réellement, vous n’allez jamais les diviser ou les trier selon vos désirs, ajoute «A» en colère.

Il était bref au téléphone et voulait s’assurer que nous n’allions ni filmer ni mentionner son nom. « Je suis un homme marié. J’ai deux enfants et une famille … mais … je peux témoigner. Je le fais pour vous » nous dit «S» pour s’assurer de notre discrétion. Dans la réception d’un hôtel au centre-ville, il nous accueille avec un sourire gêné. Enveloppé dans un long manteau noir, «S» garde une légère barbe de lassitude. Ses yeux clairs et sa chevelure lisse, racontent une jeunesse révolue plutôt séduisante.

Jadis, je prenais ma sexualité à la légère. Je pensais que ma différence n’était qu’un cauchemar qui hantait mes nuits et nourrissait mes moments de solitude. J’étais et je suis encore l’homme correct qui incarne l’idéal tunisien. Après des études supérieures en architecture, je me suis marié avec une fille de bonne famille. J’avais hâte de me marier en pensant que cela allait corriger mes fantasmes. J’ai des enfants que j’adore. J’ai réussi ma vie professionnelle… Mais je ne suis pas heureux, avoue «S» avec regrets.

« Toute ma vie se résumait à vouloir cacher mes désirs. Je suis arrivé au point de refuser de faire la bise entre cousins ou amis (dit-il en rigolant). Jusqu’au jour où j’ai commencé à fréquenter des forums sur Internet. Même derrière mon pseudonyme, j’étais timide et très méfiant. Petit à petit, je me suis lâché tout en gardant mon identité cachée. Je n’ai jamais accepté de rencontrer des LGBT en groupe. Ces derniers organisent, régulièrement, des rencontres. J’optais plutôt pour les discussions privées à caractère érotique. J’ai eu quelques aventures, mais sans succès… Ma jeunesse passée, il y avait peu de propositions attirantes et vraiment sincères », raconte «S».

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Sans aucun espoir de changement, «S» n’espère rien pour lui mais plutôt pour les générations futures. Il estime que sa réussite sociale n’est qu’un mensonge. « Une maison de carton fragile, qui peut s’effondrer à tout moment », rajoute «S» pour décrire sa vie.

Je suis d’une famille normale de classe moyenne. J’entretenais une relation très solide avec mon père qui me comprenait beaucoup plus que ma mère. Malheureusement, il est décédé il y a quelques années. Avec ma mère, cela n’a jamais été vraiment facile. Nous sommes très différentes l’une de l’autre, commence à raconter «K».

Elle a 25 ans et vit chez sa mère. En relation amoureuse avec une jeune femme depuis des années, «K» ne s’affiche pas en tant que lesbienne. Elle craint, comme la plupart de ses semblables, la répression et l’exclusion de la société. Militante dans un parti de gauche progressiste, «K» affirme que l’existence d’une loi contre l’homosexualité installe chez elle, même implicitement, « une peur permanente de se trouver un jour, dénoncée par des ennemis ou des inconnus ».

Concernant ses expériences elle affirme : « après l’université, j’ai vécu plusieurs aventures mais je n’ai jamais été satisfaite. Et puis, tout d’un coup, j’ai décidé de m’ouvrir sur d’autres horizons. Quand j’ai côtoyé des lesbiennes, ce fut comme une révélation! J’ai compris que j’avais trouvé ma place et que c’est ce que je cherchais depuis tout ce temps! Au début, j’étais sur un nuage. Le monde des homosexuels me paraissait vaste, riche et sans fin. Puis, plus le temps passait plus je me rendais compte des problèmes. Tout d’un coup, mon monde est devenu progressivement petit par les restrictions et l’obligation de faire attention partout. C’est devenu invivable », se désole «K» avant de confirmer qu’elle ne quittera jamais la Tunisie et qu’elle continuera la lutte pour arracher ses droits.

La Tunisie s’accroche encore à la politisation de l’intime, qui stigmatise le mouvement de libération individuelle récemment commencé. Depuis le 14 Janvier, quelques médias ont parlé de l’homosexualité en gardant une approche moralisatrice pour éviter les critiques. Le seul homme politique qui a osé en parler, est Samir Dilou, à l’époque où il était ministre des Droits de l’Homme. Son seul commentaire consistait à aider les personnes LGBT à se faire soigner d’« une déviation psychologique ». En contrepartie, les efforts de la société civile demeurent invisibles et n’arrivent pas à briser le silence. Si selon «A», la volonté de mobilisation manque considérablement chez les grandes structures de la société civile, les victimes, quant à elles, évitent la confrontation et préfèrent rester dans l’ombre.

Trouvé sur Nawaat, presse tunisienne, 28 février 2015.

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[actu] France : DSK et le procès pour sodomie, Ovidie https://depavage.noblogs.org/post/2015/02/15/1344/ Sun, 15 Feb 2015 19:33:49 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1344 Continuer la lecture →]]> 4210368-le-cochon-souriantRéaction d’Ovidie au procès de DSK dans l’affaire du Carlton et à son traitement médiatique : un procès qui devient celui de la sodomie et de la prostitution quand il est pourtant question de viol et de mépris de classe.

 

 

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C’est un bien curieux procès qui se déroule actuellement à Lille. Un procès où certains termes ne sont pas prononcés. « Boucherie », « parties fines », « bestialité »… Il m’a fallu un moment avant de comprendre de quoi DSK était précisément accusé dans cette affaire. « Proxénétisme aggravé ». C’est étrange, à la lecture des divers témoignages, je n’aurais pas dit ça. J’aurais dit pire, à vrai dire. Mais bon, je ne suis pas magistrat, alors je me contente d’observer de loin son traitement dans les médias, perplexe.

Non, vraiment, j’ai du mal à comprendre les termes de ce procès. Franchement, qu’un homme politique ait eu recours à des escorts, soyons sérieux, ce ne serait certainement pas la première fois. En revanche, la particularité du personnage qui semble se dessiner, si on rassemble les témoignages antérieurs de Tristane Banon, Nafissatou Diallo, et des prostituées actuellement à la barre, c’est cette propension à la violence. Si le témoignage de la prostituée est vrai (je dis bien « si », car jusqu’à nouvel ordre il n’a pas été jugé coupable), pourquoi ne parle-t-on pas clairement de viol ? Dans la presse, on évoque une « boucherie », et autre périphrases. Mais quand l’une des prostituées raconte que David Roquet lui a tenu les mains pendant que DSK la sodomisait contre son gré, pourquoi personne n’emploie le mot « viol » ? Vous me rétorquerez que les prostituées n’ont pas porté plainte, et que par conséquent cette accusation n’a pas été retenue. Mais franchement, si elles avaient porté plainte, les aurait-on crues ? Qu’auraient-elles gagné, excepté des intimidations et une belle campagne de dénigrement ? Quand on voit à quel point Nafissatou Diallo a été traînée dans la boue, on peut comprendre leurs réticences. Sophie de Menthon, dans les « Grandes Gueules » sur RMC suggérait même au sujet de cette dernière que « c’est ce qui lui serait arrivé de mieux« , qu’elle « n’a rien pour elle, elle ne sait pas lire pas écrire, elle est moche comme un cul« . Si on a été capable de dire cela d’une femme de chambre, imaginez ce qu’on dirait d’une pute. Nous voilà donc spectateurs d’un procès où la presse relate le témoignage d’une prostituée parlant d’un acte sexuel contre son consentement pour lequel je me demande pourquoi personne ne parle pas de « viol ». Finalement, ce n’est pas le coeur du problème, il n’est question que de « proxénétisme ». Ah.

Le tabou de la sodomie

Il y a également ce terme de « sodomie », employé par l’avocate de DSK Frédérique Beaulieu si embarrassant, et que bon nombre de journalistes hésitent à écrire et à prononcer. Et d’ailleurs, même la témoin connue sous le nom de « Jade » évite d’employer ce terme avec précision. Il est question « d’empalement qui déchire» .  S’il est si difficile pour les prostituées de parler de sodomie à la barre, c’est parce que la médiatisation de ce procès amplifie la honte qu’elles peuvent ressentir. Dire « DSK m’a sodomisée », même de force, c’est toujours dire publiquement que l’on a été « enculée », avec tout ce que cela draine comme jugement. Rappelons qu’il s’agit encore d’une insulte dans la langue française, et que dans certains pays des personnes sont condamnées à mort pour cela.

La pratique de la sodomie décrite en filigrane à plusieurs reprises semble être la grande star de ce procès, le clou du spectacle. C’est elle qui est brandie comme preuve que DSK savait pertinemment que ces femmes étaient rémunérées. Un curieux raccourci qui laisse à penser que si une femme accepte de se laisser sodomiser, c’est qu’elle est rémunérée. Et même, plus tordu encore, que si elle est rémunérée, alors on peut la sodomiser à merci. Or, dans un rapport sexuel, rémunéré ou non, si on décide en cours de route de dire « non », et bien c’est « non ». DSK rappelle qu’il n’y a pas de « pratique sexuelle dévoyée », et le pire c’est qu’il a raison. Il affirme qu’il a « le même rapport avec les autres femmes, tout aussi rude, mais ça n’a pas de lien avec la prostitution« , et c’est peut-être bien vrai. Mais encore une fois, ne sommes-nous pas en train de nous tromper d’accusation ? Pour une spectatrice comme moi, qui lit ce que les médias rapportent, si les accusations des prostituées sont vraies, il me semble tout de même que ce procès ne devrait pas être celui de la prostitution ni de la sodomie, mais celui de ce qui est décrit comme pouvant s’apparenter à un viol. ans Il s’agirait d’un autre procès.

Mépris de classe

Je serai claire, s’il y a encore des personnes qui minimisent ce dont on accuse DSK, c’est parce que ces femmes n’étaient pas du même rang social. Si on apprenait par exemple qu’une personne du même milieu que lui avait été un jour neutralisée sur un lit pendant que celui-ci la sodomisait de force, croyez-moi que les réactions auraient été différentes. Alors qu’une domestique, des putes, ma foi, pas de quoi fouetter un chat. On se rappelle à titre d’exemple du très élégant « troussage de domestique » de Jean-François Kahn. Toutes ces histoires révèlent avant tout le problème de l’impunité, du pouvoir de l’argent, et de la domination d’une classe sociale sur une autre.

Un bien curieux procès en vérité, qui se déroule alors que le Sénat vient d’annoncer qu’il examinera de nouveau la proposition de loi pénalisant les clients de prostitué(e)s les 30 et 31 mars alors qu’on la croyait jetée aux oubliettes.

Par Ovidie, février 2015.

Un site d’argumentaires contre la pénalisation des clients.

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Comme un chien, Ji Ro, 2012 https://depavage.noblogs.org/post/2014/10/11/comme-un-chien-ji-ro-2012/ Sat, 11 Oct 2014 18:02:19 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=433 Continuer la lecture →]]>  

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Octobre 1997. Je grille le train. Je me fais jeter dans ce bled. Je croise trois gars balaises. C’est ma fête. Coups de poing. Coups de pied. Coups de bite. Et maintenant je fais quoi ?

Comme un chien est un livre de Ji Ro. Tiré à peu d’exemplaires, il est difficilement trouvable mais vous trouverez une liste de lieux où il est en dépôt en cliquant là !

Les premiers jours, j’ai l’impression qu’il y a écrit « violé » en gros et en néon sur ma tronche. J’ai l’impression que tout le monde sait. L’épicier, les passants, la boulangère, les gars du coin de la rue. Tout le monde. J’aimerai baisser les yeux pour ne pas voir, comme si mes paupières devaient s’incliner devant l’humiliation. Mais j’ai décidé de marcher, audacieusement, en regardant devant moi, en regardant les gens que je croise. Comme si de rien n’était.
C’est un exercice conscient et volontaire de résistance.
Les premiers jours, les premières semaines après le viol me sont assez pénibles. Mes pensées, mes discussions, sont obsessionnelles et je pense et je raconte et je rabâche cette histoire à longueur de journée. Au petit-déjeuner, à l’heure du thé, à l’apéro. Je me saoule moi-même avec ma salive. Il me faut disséquer ça. Déchiqueter. Détruire.
Heureusement, mes potes sont patientes. Certaines ont elles aussi été violées. J’ai besoin de les entendre.
J’en parle avec quelques copains hétéros. Les plus proches ne savent pas trop quoi dire. Je ne suis pas convaincu qu’un mec puisse avoir de l’empathie pour des drames de pédé. De la compassion peut-être. Ou de la compréhension. Ce n’est pas la même écoute. Pas les mêmes mots. Pas la même langue. Pas la même émotion. Pas la même histoire. C’est comme ça.
Extrait de Ji Ro, Comme un chien, 2012

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En prison, être homosexuel, c’est la pire des choses. Témoignage, 2002. https://depavage.noblogs.org/post/2014/10/01/en-prison-etre-homosexuel-cest-la-pire-des-choses-temoignage-2002/ Wed, 01 Oct 2014 00:16:51 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=373 Continuer la lecture →]]> 2670-04-Halard

Témoignage recueilli par Act Up, 2002

J’ai vingt-deux ans, je suis homosexuel, je vis avec mon compagnon depuis juillet 1999. Il a trente-trois ans, il est séropositif et a été incarcéré en mars 2001. Nous avons alors été arrêtés ensemble et écroués dans la même maison d’arrêt. J’ai été libéré en mai. Lui est toujours en prison. Ce témoignage le concerne.

Trois mois après son incarcération, en mai, mon ami devient auxiliaire à la maison d’arrêt, son travail consiste à servir la « gamelle » aux autres détenus. En novembre, en compagnie de son codétenu, il surprend un surveillant en train de déchirer une lettre et de voler les timbres contenus dans l’enveloppe. Après vérification des morceaux de papiers, il s’agit du courrier d’un détenu. Mon compagnon interpelle le surveillant pour lui signaler que ce n’est pas légal, l’autre rétorque « ta gueule, PD ! ». Il décide alors de s’adresser au chef de secteur. Après une enquête, il est décidé que le surveillant ne travaillera plus dans le même bâtiment.

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A la même époque, la situation de mon ami se complique. La division où il est affecté apprend qu’il est homosexuel. Et qu’il est séropo. Par crainte de contamination, les détenus réclament qu’il cesse de les servir. Quelques jours après cette plainte, on le transfère. L’Administration pénitentiaire déclare qu’il n’est pas « apte » à exercer ce travail. Il est envoyé dans un autre bâtiment. Deux heures après son arrivée, on le déplace à nouveau. Il atterrit finalement dans la division où le surveillant a été muté. Lorsqu’ils se rencontrent, celui-ci lui glisse : « Pour moi, t’es déjà mort. Tu vas vivre un véritable enfer ». Rapidement, le maton fait circuler la rumeur qu’il est PD, ce qui déclenche insultes et représailles physiques. Agressions, intimidations, pression constante, plus de balade, plus de douche, plus d’appétit, il est terrorisé. En prison, être homosexuel, c’est la pire des choses.

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Mi-décembre 2001, nous obtenons enfin son transfert dans une autre maison d’arrêt. Quelques jours après son arrivée, un médecin lui délivre un certificat médical attestant que c’est un patient particulièrement fragile et sensible, qui doit être placé en isolement en raison de sa pathologie. Le chef de secteur refuse ce certificat médical. Aujourd’hui, mon ami est sous traitement. On lui fournit des médicaments sans qu’il ne connaisse les prescriptions. Depuis un mois et demi, il demande à accéder à son dossier médical. A ce jour nous n’avons toujours aucune réponse.

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Mais le pire s’est produit récemment et au moment où vous lisez ce témoignage, mon ami est dans un service psychiatrique, suite à une tentative de suicide. J’ai effectivement appris récemment qu’il a été violé par trois détenus sous les douches quelques jours avant son transfert. Comme d’habitude en prison, ses cris n’ont pas été entendus. Les trois détenus et les surveillants ont probablement tous supposé qu’un homosexuel apprécierait de se faire enculer violemment par des inconnus. En 11 ans, mon ami aura donc subi deux viols en milieu carcéral. Première incarcération : premier viol : transmission du VIH. Deuxième incarcération : second viol : tentative de suicide.

2002.

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Violence sexuelle dans les prisons pour hommes https://depavage.noblogs.org/post/2014/10/01/violence-sexuelle-dans-les-prisons-pour-hommes/ Wed, 01 Oct 2014 00:04:17 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=349 Continuer la lecture →]]> Le point de vue d’une psychologue, Evelyne Josse, 2013

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Les prisons, un univers viril

Dans l’univers carcéral, la virilité tient lieu d’identité pour les détenus au détriment des spécificités telles que les différents domaines d’activité (travail, activités de loisirs, etc.) et les liens sociaux (famille, amis, voisinage, collègues, etc.) sur lesquelles reposait leur identité pré-carcérale.

L’incarcération, une perte d’identité

L’incarcération a pour conséquence de déposséder les individus de leur identité personnelle et sociale et d’invalider les compétences et les expériences dont ils pouvaient faire état dans la société. Elle leur impose un univers social confiné, très différent du leur qui les plonge dans une situation où ils sont privés de pouvoir. En effet, l’administration pénitentiaire exerce un contrôle jusque dans les plus petits détails de la vie quotidienne : horaires des repas, du lever et du coucher, composition des menus, programme et type d’activité, accès aux biens de consommation, etc.

Affirmer sa virilité pour être respecté

Partout dans le monde, les rapports de genre sont organisés selon une hiérarchie où les hommes occupent la position dominante et les femmes, une position de subordination. La virilité distingue non seulement les hommes des femmes mais elle classe également les individus masculins selon un axe vertical au sommet duquel se hissent les hommes « dignes de ce nom » et au bas duquel sont relégués les « sous-hommes » assimilés aux femmes.

Dans les communautés carcérales régies par la loi du plus fort, les hommes sont en compétition, ce qui concoure au renforcement des critères et des valeurs propres à l’identité masculine et à la surenchère des marqueurs de virilité. Les individus doivent être capables d’affirmer leur masculinité et de passer pour des « durs » sous peine d’être considérés comme des « tapettes », des « femmelettes » ou des « chochottes », de perdre leur honneur et d’être déconsidérés, voire maltraités.

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De la virilité au virilisme

Cet impératif de virilité, appelé virilisme, se marque par une exacerbation d’attitudes et de comportements virils. Le virilisme se manifeste principalement par l’agressivité, par la volonté de dominer et de conquérir, y compris sexuellement, par le rejet d’attitudes et de comportements considérés comme des signes de faiblesse tels que pitié, compassion, indulgence, sentiments amoureux, etc. ainsi que par le culte des caractéristiques extérieures de masculinité qui, selon les cultures, se traduit par la musculation du corps, notamment grâce au sport, les cheveux courts ou rasés, le port de la barbe ou de la moustache, les tatouages, un comportement sexuel dominateur, etc.

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Violence entre prisonniers

La violence structure le collectif carcéral en établissant une hiérarchie entre prisonniers.

« Fuck or fight », « baiser ou combattre »

Dans l’univers pénitentiaire, les violences verbales, physiques et sexuelles infligées à autrui servent à structurer les relations entre les prisonniers ainsi qu’à définir la répartition du pouvoir entre eux.

Chacun gagne sa place en se mesurant aux autres. Face à la provocation ou à l’intimidation d’un codétenu, il est impossible de fuir. Il n’existe dès lors que deux options : « fuck or fight », « baiser ou combattre », selon la paraphrase du célèbre « flight or fight », « fuir ou combattre » du spécialiste du stress Walter Cannon. S’il refuse de se soumettre, l’individu n’a qu’une issue : faire ses preuves, se battre pour son honneur, prouver qu’il est un homme.

Les détenus capables de se faire respecter deviennent des leaders. Ceux qui ne peuvent opposer une résistance efficace deviennent des subordonnés au plan physique, mental, financier et/ou sexuel. La violence produit ainsi des masculinités inégales ; elle départage les individus en deux classes : celle des hommes dignes de ce nom capables d’affirmer leur virilité et celle des sous-hommes.

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Les « vrais hommes »

Les « vrais hommes » doivent leur supériorité hiérarchique à leurs prouesses criminelles. En effet, ils peuvent généralement se vanter d’un lourd passé déterminé par l’activité criminelle. Ils démontrent à tout moment leur sens de l’honneur et leur volonté de dominer : ils sont violents en réponse à toute provocation ou intimidation et refusent la négociation. On les reconnaît également à leur apparence virile : musculature développée, tatouage, etc.

Les « sous-hommes »

Les « sous-hommes » regroupent les homosexuels, les bisexuels, les transsexuels et les travestis car ils n’attestent pas d’un comportement sexuel dominant et ne répondent donc pas aux canons de la virilité.

Les victimes d’agressions sexuelles sont également exclues de la communauté virile car selon le mythe un homme ne peut être forcé à accomplir quelque acte que ce soit et préfère mourir plutôt que de céder sa virginité anale.

Les détenus qui présentent, ou à qui l’on prête, des qualités physiques ou psychologiques associées aux stéréotypes féminins sont également bannis du groupe des « durs ». C’est le cas des individus petits, minces, aux traits délicats, imberbes, à la peau douce, portant les cheveux longs, maniérés, de caractère sensible, timide et pacifique.

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Parmi les sous-hommes, on retrouve également les prisonniers ayant transgressé le code d’honneur propre à l’identité masculine : les « pointeurs », individus écroués pour avoir violenté une personne vulnérable (un enfant, une personne âgée, un handicapé ou une femme), parce qu’ils ont bafoué la règle prescrivant de protéger les plus faibles et les « balances », parce qu’elles ont enfreint la loi du milieu en trahissant leurs amis.

Les violences sexuelles dans les institutions pénitentiaires

Selon diverses études, un détenu Américain sur cinq serait soumis par ses pairs à diverses pressions pour se livrer à des actes sexuels et un sur dix serait victime de viol (1). 25% des prisonniers Australiens âgés de 18 à 25 ans déclarent quant à eux avoir été agressés sexuellement (2).

Des victimes « coupables »

Les violences sexuelles subies par les détenus soulèvent peu d’intérêt dans la population générale. Ils ne bénéficient pas de la compassion accordée aux « victimes innocentes », celles dont la responsabilité dans le processus de victimisation n’est pas mise en cause.

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Implicitement, on attribue aux prisonniers un rôle actif dans la genèse des agressions dont ils sont l’objet dans la mesure où ils ont provoqué les conditions de leur avènement. « Vous vous êtes livrés à des pratiques déviantes et condamnables, vous vous êtes mis dans cette situation, assumez-en les conséquences », voilà ce que pense de nombreuses personnes. Le détenu victime est considéré comme aussi coupable que son agresseur, par exemple, lorsqu’il est agressé par un de ses pairs, voire davantage, par exemple, lorsqu’il est condamné pour pédophilie.

Frustrations sexuelles ?

Les relations sexuelles contraintes entre détenus ne peuvent être uniquement attribuées aux frustrations sexuelles. En effet, nul besoin de forcer ou d’agresser autrui pour satisfaire ses pulsions sexuelles. La majorité des prisonniers se contente d’ailleurs de la masturbation, du recours à la pornographie, d’échanges homosexuels consentis et d’ébauches de relations sexuelles dans les parloirs. De plus, le fait que les agressions soient perpétrées par des hétérosexuels qui à priori n’éprouvent pas de désirs pour leurs pairs masculins conduit à chercher d’autres explications.

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L’exercice du pouvoir

Le véritable enjeu de la violence sexuelle porte en fin de compte sur l’exercice du pouvoir. Le viol et autres agressions sexuelles servent aux détenus à prouver leur puissance, tant à eux-mêmes qu’à leurs compagnons, à confirmer leur appartenance à un groupe dominant et à défendre leur place en son sein.

Selon la conception machiste, être un homme, c’est être supérieur aux femmes ou à leurs équivalents symboliques, la féminité représentant l’antithèse méprisable de la virilité. Les détenus tentent donc de se démarquer au maximum de tout stéréotype féminin en affichant continuellement leur masculinité tant dans leur comportement que dans leur discours.

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Les hommes « femmes » et les hommes « hommes »

Dans la conception des détenus, le partenaire soumis, passif dans la pénétration ou actif dans la fellation et dans la masturbation, est considéré comme homosexuel ou plus précisément, comme un équivalent symbolique féminin. Dans la sodomie, il est pénétré comme l’est une femme, voire même jouit d’une manière comparable. La passivité sexuelle, consentante ou forcée, corrompt son identité sexuée. Elle lui dérobe sa virilité. Il acquiert une réputation de « tapette », de « pédé » mais aussi de « pute », de « salope », de « femmelette », de « gonzesse ».

L’homme dominant, quant à lui, se comporte sexuellement comme il le ferait avec une compagne et éprouve des sensations physiques similaires à celles ressenties dans les rapports hétérosexuels. Il prouve qu’il est un homme en étant sexuellement actif : il entretient une activité sexuelle et il asservit sexuellement son partenaire en lui assignant un rôle de femme. Il affirme et consolide ainsi sa virilité.

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Bibliographie

- « L’atlas de la Sexualité dans le monde » cité par Massardier, http://psydoc-fr.broca.inserm.fr/conf&rm/conf/confvictime/prvictimes.html)
- Cabelguen M. (2006), « Dynamique des processus de socialisation carcérale », Champ pénal, http://champpenal.revues.org/document513.html
- Donaldson S. (1993), “A Million Jockers, Punks, and Queens, Stop Prisoner Rape : Sex among American Male Prisoners and its Implications for Concepts of Sexual Orientation”, Stop Prisoner Rape, http://www.spr.org/en/docs/doc_01_lecture.asp
- Human Rights Watch (2001), « No escape : Male Rape In U. S. Prisons », http://www.hrw.org/reports/2001/prison/report.html
- Knowles G. J., “Male Prison Rape : A Search for Causation and Prevention”, The – Howard Journal Vol 38 No 3. Aug 99 ISSN 0265-5527, pp. 267-282, http://www.spr.org/pdf/knowles2.pdf
- Struckman-Johnson C., Struckman-Johnson D., « Sexual Coercion Rates in Seven Midwestern Prisons for Men”, 80 The Prison Journal 379 (2000), http://www.spr.org/pdf/struckman.pdf
- Welzer-Lang D., Mathieu L. (1997), « Les abus dits sexuels en prison : une affaire d’hommes », http://www.traboules.org/text/txtpris.html

Par Evelyne Josse, psy, en 2013

 

Brisons les murs

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Consentement… un truc de pédé ? https://depavage.noblogs.org/post/2014/09/08/consentement-un-truc-de-pede/ Sun, 07 Sep 2014 22:27:52 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=232 Continuer la lecture →]]> http://infokiosques.net/IMG/pdf/consentement_un_truc_de_pede-32p-A5-fil.pdf

Cette brochure aborde la question du consentement à partir du point de vue et du vécu de garçons qui couchent avec d’autres garçons. Elle a l’intention d’en montrer les spécificités et les enjeux particuliers en même temps qu’elle insiste sur l’importance de se sentir concerné personnellement par cette question (du consentement) quand on est gay/pédé. Elle est composé par deux textes qui partent de vécus personnels : une traduction de l’anglais du texte « Positive consent for dudes who get it on with dudes », suivie par un deuxième texte qui revient plus sur des histoires de constructions sociales de genre et de rapports de domination.

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