Tunisie – Dépavage https://depavage.noblogs.org Dép' (pédés - "HSH", "homos", "gays"-) et luttes sociales >> Revue de presse, archives et contributions Wed, 08 Apr 2015 17:29:51 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1 [actu] Tunisie « Mawjoudin » https://depavage.noblogs.org/post/2015/04/08/actu-tunisie-mawjoudin/ Wed, 08 Apr 2015 17:29:51 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1388 Continuer la lecture →]]> Manifestation-homosexuels-au-BardoQuelques articles de  la presse mainstream et témoignages sur la lutte des LGBTQI contre l’homophobie la répression de l’homosexualité en Tunisie.

Des homosexuels manifestent à Tunis contre la discrimination

Un petit groupe de militants LGBT du groupe Mawjoudin («Nous existons») a manifesté à l’occasion du défilé qui marquait le Forum social mondial, qui se tient dans la capitale tunisienne.

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«Il est possible de changer les choses, de faire évoluer les mentalités et de casser les préjugés, mais pour réussir, nous devons bouger et être unis. En Tunisie, nous sommes traités comme des pestiférés et beaucoup d’entre nous ont été victimes d’agressions gratuites», a expliqué un jeune gay tunisien au site Kapitalis.net.

Vives réactions
L’événement symbolique a suscité des réactions contrastées sur le web: si beaucoup ont applaudi le courage des militants qui défilaient pour la première fois au grand jour, d’autres se sont montrés indignés ou inquiets devant une «provocation», une semaine après l’attentat du Musée du Bardo, revendiqué par Etat islamique (Daech). «Est-ce le moment? Cela va exciter encore plus les da[e]chiens. La Tunisie n’a pas besoin de cela par les temps qui courent», estime une internaute.

publié le 28 ars 2015 sur le mass média gay suisse 360ch.

TUNIS

Deux militantes pour les droits LGBT attaquées en une semaine

La survenue de deux actes de violences à l’encontre de femmes militantes pour les droits des LGBT en moins d’une semaine a poussé l’association tunisienne Chouf minorities à alerter la communauté internationale. Dans un communiqué, elle révèle qu’une membre du bureau de l’association a été violée. Une autre femme a quant à elle subi des coups en raison de son orientation sexuelle supposée.

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HOMOSEXUALITÉ PÉNALISÉE
Toutes deux ont porté plainte, mais impossible pour elles de mentionner auprès des autorités le fait qu’elles sont proches de la communauté LGBT. En vertu de l’article 230 du Code pénal, l’homosexualité est passible de trois ans d’emprisonnement en Tunisie, et elles auraient perdu le statut de victimes pour endosser celui de coupables.

La première a évoqué son viol sur le Huffington Post Maghreb. Armé d’un couteau, un homme l’a forcée à avoir une relation sexuelle avec lui. Lorsqu’elle est revenue sur les lieux avec la police, elle constate qu’il n’y a «pas de délimitation de la scène de crime et pas de police scientifique présente, on ne cherche pas de preuves sur le site». À l’hôpital, elle a été renvoyée pendant de nombreuses heures de service en service sans être prise en charge tandis que le personnel soignant abordait son cas sans la moindre empathie. La deuxième femme agressée a publié son récit sur le site de Chouf minorities: «Ce n’est pas la première fois que je me fais agresser ni insulter pour être simplement différente, pour ne pas ressembler à ce que je devrais, pour ne pas être cette “fille” qu’ils voient ou plutôt qu’ils aimeraient voir dans les rues», confie-t-elle.

(…) tant que l’homosexualité sera pénalisée, il sera impossible de cibler de façon directe les crimes LGBT-phobes. En attendant, Chouf minorities a adopté une stratégie féministe et veut apprendre aux femmes des techniques pour se protéger. L’association veut également élaborer des plaidoyers qui pourraient permettre, à terme, un plus grand respect des libertés individuelles et, pourquoi pas dans quelques années, l’abrogation de l’article 230.

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Ici, on vous bat, on vous tabasse pour être homosexuel.

Homosexuel ? Ici, on vous bat, on vous tabasse pour être homosexuel. Mère ! Pourquoi m’as-tu mise au monde ? C’est parce que je n’ai pas confirmé avoir été battue la première fois , je ressemble a un garçon ont ils dit ; en le déclarant à la police, « Rentre chez toi », m’ont-ils dit, « pourquoi sors-tu de chez toi en ressemblant à « ça » ? ». Ca a été leur seule et unique réponse.

Ce n’est pas la première fois que je me fais agresser ni insulter pour être simplement différente, pour ne pas ressembler à ce que je devrais, pour ne pas être cette « fille » qu’ils voient ou plutôt qu’ils aimeraient voir dans les rues – je n’appartiens pas à ces rues. Je ne mérite pas ces rues – je suis douloureusement consciente que personne ne pourra rien y faire, personne ne pourra arranger cela, personne ne me rendra mes droits, ni pour cette fois, ni pour toutes celles d’avant. Cette injustice est sans fin, tout comme ma peur. Je suis vidée, épuisée. Je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie. Je n’ai jamais été aussi bouleversée. Ces personnes me connaissent très bien, ils me l’ont bien fait savoir. Mon nom complet, où je vis, où je travaille, où je passe mon temps libre, ils savent tout de moi. J’ai été tellement frappée que j’ai senti mon visage se mouvoir, mais ils ont continué à m’écraser la tête, à me marcher sur la tête, et m’ont presque cassé le dos. Ils ont finalement conclu par une affirmation qui rôde dans mon esprit depuis :  « Nous n’allons pas t’épargner, nous reviendrons. » Où est ma place dans tout ça ? Où en suis-je ? Qu’est-ce que je dois faire maintenant dans cette jungle qu’on appelle Tunisie ? Cette Tunisie est censée être ma maison?

Une fois de plus, je me retrouve traînant mon âme et mon corps blessés jusqu’à la police pour entendre ces paroles inutiles et insignifiantes :       « Ils ont fait cela uniquement pour te faire peur. Ils ne s’en prendront pas à toi. Ce n’est rien. Rentre chez toi. Nous t’appellerons quand nous aurons du nouveau. » Cela fait sept jours, uniquement sept jours, mais j’ai l’impression que cela fait sept années. Je me sens suivie constamment, de façon permanente. Chaque ombre, chaque personne que je rencontre dans la rue me fait sursauter de peur. Je me dis au fond de moi que ce doit être l’un d’eux qui est venu pour me tuer, pour me poignarder, pour me faire souffrir. Je sens une menace constante, incessante, partout et de la part de tout le monde. Je ne suis en sécurité nulle part, pas même dans mon lit. Mon cerveau a cessé de fonctionner, pas une idée le traverse, rien, le NÉANT ! Je n’ai pas vraiment vu le visage de mes agresseurs, mais chaque mot résonne encore et encore dans ma tête. Je me rappelle de chaque phrase, de chaque insulte, et je m’en rappellerai jusqu’à mon dernier souffle. Mais je ne laisserai pas cela me changer, me transformer en quelqu’un que je ne suis pas. Cela ne changera pas la personne que je suis et la personne que je VEUX être. Ni maintenant, ni jamais. Peu importe la raison. Je suis là, j’existe ! Quiconque s’oppose à ce que je suis peut venir m’agresser, me battre à nouveau!

Après tout, cette jungle dans laquelle nous vivons le permet. « Il » a été plus fort cette fois-ci. Il m’a battu. Il aurait facilement pu me tuer et personne n’aurait bougé le petit doigt, parce qu’après tout, dans cette jungle, je ne suis qu’une vie insignifiante, qu’une vie en trop.

publié sur Chouf minorities le 22 mars 2015

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Les LGBTQI en Tunisie : entre la politisation de l’intime et la répression sociale

Un an après une nouvelle constitution qualifiée de progressiste, des voix s’élèvent pour réformer certaines lois jugées anticonstitutionnelles ou encore liberticides, à l’exemple de la loi 230 du code pénal qui condamne « la sodomie consentante entre adultes ». Si la relation amoureuse entre deux personnes du même sexe n’est pas condamnée explicitement par la loi, la Tunisie reste un pays homophobe où les personnes LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et trans) sont forcées à cacher leurs tendances sexuelles, à quitter le pays, ou à encaisser les conséquences judiciaires et les agressions physiques et morales impunies.

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Dans un café culturel au centre-ville de Tunis, il s’arrange bien pour choisir une table isolée où personne ne peut deviner ce qu’il fait derrière son écran. Autour, des jeunes en groupe, remplissent le café de papotages et de fumée. Sensible à l’odeur du tabac, «Aziz» reste quand même fidèle à ce coin, connu pour sa tolérance envers ses semblables. Ses cheveux noirs tombent avec fluidité sur son front pour cacher ses sourcils danses et foncés. Ses grands yeux noirs, son nez ajusté et ses joues mates et lisses, ne laissent aucun doute sur son jeune âge. «Aziz» vient de fêter ses 21 ans avec son nouvel amant au Sud.

Il relâche sa silhouette fine sur la chaise et dévie avec élégance les coins de la table par ses jambes longues. Il commence à parler de ses dernières vacances avec beaucoup d’humour. Puis, il vire au sérieux :

Nous sommes tout le temps obligés de nous cacher ou de faire semblant. Au fil du temps, la prudence finit par devenir de la paranoïa. Nous avons peur de l’espionnage sur Internet et de l’écoute téléphonique. La loi 230 du code pénal nous pèse de plus en plus. Quelques-uns prétendent avoir une copine, d’autres se marient carrément pour faire taire les rumeurs et se faire accepter par la société. Mais la majorité garde ce meilleur ami-amant que tout le monde matte avec méfiance. Personnellement, je refuse de jouer cette comédie. Avec le temps, j’ai appris à voler quelques moments de bonheur et d’intimité en sécurité et sans faire du bruit. Ma famille et mes amis proches sont au courant et ça ne me gêne pas tant que ça …explique Aziz.

Photographe à ses temps libres, Aziz est encore étudiant. Il se renferme de plus en plus dans un milieu d’artistes qui a l’avantage de rarement intimider les homosexuels. Concernant la loi 230, il pense que c’est le moment de la révoquer. « Mais la priorité reste sans doute, le changement des mentalités. Même si la loi change, le chemin reste long vers une égalité véritable. La discrimination actuelle me fait, petit à petit, perdre le sentiment d’appartenance à ce pays», ajoute Aziz avec amertume.

Militant de Droit de l’Homme depuis des années, «A» n’était pas seulement engagé dans le combat pour la cause des LGBT mais aussi dans plusieurs autres combats d’égalités et de libertés. Même s’il garde l’anonymat, plusieurs le reconnaissent en tant qu’initiateur de mouvement contre la politique de discrimination des homosexuels en Tunisie. Bientôt, son association de lutte contre l’homophobie sera mise en place pour créer « une sorte de refuge pour toutes les personnes LGBT ».

Je peux vous confirmer que je n’ai pas fait face à des incidents homophobes dans ma vie. Je ne me vois pas en tant que victime et je ne me considère pas comme minorité. Déjà, ce terme péjoratif n’est pas justifié car on ne peut jamais savoir si la communauté gay est minoritaire ou pas. À ce que je sache, jusqu’à maintenant, nous n’avons pas inventé de machine qui détecte l’orientation sexuelle de chacun. On ne pourra jamais savoir ce qui se passe entre les murs, ironise «A».

«A» considère que la constitution doit protéger la vie intime de ses citoyens. Selon lui, l’article 230 du code pénal est anticonstitutionnel. « Je demande aux députés à qui j’ai donné ma voix de supprimer l’article 230 du code pénal. 3 ans de prison ferme c’est trop et c’est stupide. À quoi bon s’occuper de la sexualité d’autrui ? À quoi bon chercher ce qui se passe dans le lit de X ou de Y? C’est de la violation de la vie intime. Si nous laissons cette porte ouverte, plusieurs autres droits vont être bafoués au nom du conformisme et de la religion » s’indigne «A».

Parmi les droits-de-l’hommistes, rares sont ceux qui affichent leur soutien à la cause des LGBT. Même certaines associations comme l’ATL (l’association qui lutte contre la transmission de maladies sexuellement transmissibles) s’arrêtent au niveau social et médical. La société civile ne met pas le doigt sur ce qui dérange le plus: le tabou de la sexualité dans la loi tunisienne.

Plusieurs nous disent que ce n’est pas le moment. C’est un faux argument, car si selon vous, l’État est occupé par la lutte antiterroriste, comment trouve-t-on le temps d’arrêter un tunisien et un suédois et de les condamner à 3 ans et 2 ans de prison ferme? Je fais là un appel aux pseudo-activistes, qui croient que les droits LGBT ne sont pas nécessaires: Arrêtez de lutter pour les droits humains! Si vous y croyez réellement, vous n’allez jamais les diviser ou les trier selon vos désirs, ajoute «A» en colère.

Il était bref au téléphone et voulait s’assurer que nous n’allions ni filmer ni mentionner son nom. « Je suis un homme marié. J’ai deux enfants et une famille … mais … je peux témoigner. Je le fais pour vous » nous dit «S» pour s’assurer de notre discrétion. Dans la réception d’un hôtel au centre-ville, il nous accueille avec un sourire gêné. Enveloppé dans un long manteau noir, «S» garde une légère barbe de lassitude. Ses yeux clairs et sa chevelure lisse, racontent une jeunesse révolue plutôt séduisante.

Jadis, je prenais ma sexualité à la légère. Je pensais que ma différence n’était qu’un cauchemar qui hantait mes nuits et nourrissait mes moments de solitude. J’étais et je suis encore l’homme correct qui incarne l’idéal tunisien. Après des études supérieures en architecture, je me suis marié avec une fille de bonne famille. J’avais hâte de me marier en pensant que cela allait corriger mes fantasmes. J’ai des enfants que j’adore. J’ai réussi ma vie professionnelle… Mais je ne suis pas heureux, avoue «S» avec regrets.

« Toute ma vie se résumait à vouloir cacher mes désirs. Je suis arrivé au point de refuser de faire la bise entre cousins ou amis (dit-il en rigolant). Jusqu’au jour où j’ai commencé à fréquenter des forums sur Internet. Même derrière mon pseudonyme, j’étais timide et très méfiant. Petit à petit, je me suis lâché tout en gardant mon identité cachée. Je n’ai jamais accepté de rencontrer des LGBT en groupe. Ces derniers organisent, régulièrement, des rencontres. J’optais plutôt pour les discussions privées à caractère érotique. J’ai eu quelques aventures, mais sans succès… Ma jeunesse passée, il y avait peu de propositions attirantes et vraiment sincères », raconte «S».

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Sans aucun espoir de changement, «S» n’espère rien pour lui mais plutôt pour les générations futures. Il estime que sa réussite sociale n’est qu’un mensonge. « Une maison de carton fragile, qui peut s’effondrer à tout moment », rajoute «S» pour décrire sa vie.

Je suis d’une famille normale de classe moyenne. J’entretenais une relation très solide avec mon père qui me comprenait beaucoup plus que ma mère. Malheureusement, il est décédé il y a quelques années. Avec ma mère, cela n’a jamais été vraiment facile. Nous sommes très différentes l’une de l’autre, commence à raconter «K».

Elle a 25 ans et vit chez sa mère. En relation amoureuse avec une jeune femme depuis des années, «K» ne s’affiche pas en tant que lesbienne. Elle craint, comme la plupart de ses semblables, la répression et l’exclusion de la société. Militante dans un parti de gauche progressiste, «K» affirme que l’existence d’une loi contre l’homosexualité installe chez elle, même implicitement, « une peur permanente de se trouver un jour, dénoncée par des ennemis ou des inconnus ».

Concernant ses expériences elle affirme : « après l’université, j’ai vécu plusieurs aventures mais je n’ai jamais été satisfaite. Et puis, tout d’un coup, j’ai décidé de m’ouvrir sur d’autres horizons. Quand j’ai côtoyé des lesbiennes, ce fut comme une révélation! J’ai compris que j’avais trouvé ma place et que c’est ce que je cherchais depuis tout ce temps! Au début, j’étais sur un nuage. Le monde des homosexuels me paraissait vaste, riche et sans fin. Puis, plus le temps passait plus je me rendais compte des problèmes. Tout d’un coup, mon monde est devenu progressivement petit par les restrictions et l’obligation de faire attention partout. C’est devenu invivable », se désole «K» avant de confirmer qu’elle ne quittera jamais la Tunisie et qu’elle continuera la lutte pour arracher ses droits.

La Tunisie s’accroche encore à la politisation de l’intime, qui stigmatise le mouvement de libération individuelle récemment commencé. Depuis le 14 Janvier, quelques médias ont parlé de l’homosexualité en gardant une approche moralisatrice pour éviter les critiques. Le seul homme politique qui a osé en parler, est Samir Dilou, à l’époque où il était ministre des Droits de l’Homme. Son seul commentaire consistait à aider les personnes LGBT à se faire soigner d’« une déviation psychologique ». En contrepartie, les efforts de la société civile demeurent invisibles et n’arrivent pas à briser le silence. Si selon «A», la volonté de mobilisation manque considérablement chez les grandes structures de la société civile, les victimes, quant à elles, évitent la confrontation et préfèrent rester dans l’ombre.

Trouvé sur Nawaat, presse tunisienne, 28 février 2015.

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[actu] Tunisie : répression et témoignages https://depavage.noblogs.org/post/2015/02/11/actu-tunisie-repression-et-temoignages/ Tue, 10 Feb 2015 23:44:20 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1257 Continuer la lecture →]]> shamsLa presse mainstream occidentale se soucie des lois réprimant l’homosexualité en Tunisie à l’occasion de la condamnation d’un Suédois à une peine de deux ans de prison. A lire aussi la réaction d’une association et des témoignages datant d’il y a quelques mois trouvés sur le blog de l’association Kelmty.

 

Présente dans le code pénal avant le renversement de Ben Ali, la loi réprimant la sodomie était alors relativement peu appliquée. Avec l’arrivée d’Ennahdha (islamistes modérés) au gouvernement jusqu’en 2014, il semble que la situation se soit tendue, comme en témoignait alors les lgbt qui ont pris la parole et les assos de préventions des MST qui relataient un retour à un certain ordre moral en terme de sexualité. Pour l’instant, le « nouveau » pouvoir (qui a des liens avec la dictature déchue), n’en décide pas autrement…

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Tunisie: Un Suédois condamné à deux ans de prison pour homosexualité

Un Suédois a été condamné à deux ans de prison pour homosexualité en Tunisie, a indiqué samedi la diplomatie suédoise, précisant que l’affaire avait été évoquée entre représentants des deux pays.

«Nous avons discuté du cas avec des représentants tunisiens et souligné la conception de la Suède selon laquelle l’égalité des droits quelle que soit l’orientation sexuelle est un principe démocratique fondamental», a déclaré une porte-parole du ministère des Affaires étrangères suédois. Contacté par l’AFP, le ministère tunisien des Affaires étrangères a confirmé la condamnation, sans autres précisions dans l’immédiat.

Les pratiques homosexuelles passibles de trois ans de prison ferme

«L’homme, âgé d’une cinquantaine d’années, a été condamné le 4 février à deux ans d’emprisonnement pour des actes homosexuels», selon la porte-parole. Selon le quotidien Aftonbladet, l’homme, domicilié en France depuis quelques années, aurait fait appel du jugement.

L’homosexualité est considérée comme un délit en Tunisie, précise la diplomatie suédoise sur son site consacré aux conseils aux voyageurs. Selon le Code pénal tunisien, les pratiques homosexuelles sont passibles de trois ans de prison ferme.

(Publié par le massmédia 20minutes avec l’AFP le 7 février 2015).

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Communiqué de l’association tunisienne Damj

Nous, activistes de « Damj pour l’égalité et la justice » dénonçons la condamnation du ressortissant suédois.

L’homosexualité en Tunisie est réprimée et toute personne susceptible d’avoir un « comportement homosexuel » est passible de trois ans de prison ferme et d’une amende comme le mentionne l’article 230 du code pénal tunisien.

Cet article du code pénal tunisien n’a plus sa place dans la Tunisie d’aujourd’hui.

Rappelons que l’article 21 de la constitution de la deuxième République précise que :

– Les citoyens et les citoyennes sont égaux en droits et devoirs. Ils sont égaux devant la loi sans discrimination aucune.

L’article 24 indique que :

-L’État protège la vie privée, l’inviolabilité du domicile, la confidentialité des correspondances, des communications et des données personnelles.

Dans ce sens, nous exhortons les autorités tunisiennes à abroger l’article 230 du code pénal. Cet article est une atteinte aux valeurs universelles des Droits Humains et nous rêvons d’une Tunisie meilleure où tous les citoyens soient traités sur le même pied d’égalité.

En Tunisie, les condamnations selon l’article 230 du code pénal reste très peu nombreuses. Face à l’absence de statistiques, nous nous référons aux cas, jugés notamment selon les articles 226 ou 226 bis, que nous traitons depuis la création de notre association en aôut 2011 pour la défense des droit des minorités et des groupes marginalisés en Tunisie.

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Etre gay en Tunisie « T’es pédé ou quoi ? »

Trouvé sur Kelmty.

Trois ans après le prin­temps arabe, être gay ou bi­sexuel reste un tabou et un acte ré­pré­hen­sible en Tu­ni­sie. Pour­tant la jeune gé­né­ra­tion homo compte bien se battre pour ses droits. En­core faut-il faire preuve de co­hé­sion. Et de cou­rage, aussi.

Jan­vier 2011 a été un mo­ment par­ti­cu­lier. Pen­dant les ma­ni­fes­ta­tions contre le dic­ta­teur Ben Ali, de jeune tu­ni­siens et tu­ni­siennes ont dé­gainé le dra­peau arc-en-ciel, sym­bole de la com­mu­nauté LGBT. Ce, pour la pre­mière fois, en pu­blic. Ràm’y a sau­ve­gardé une photo de l’évé­ne­ment sur son or­di­na­teur por­table. Dans un café de La Marsa, le quar­tier chic de Tunis, il la montre fiè­re­ment. Ça ne le dé­range pas que d’autres per­sonnes puissent la voir. Ici, dans ce lieu, il n’a pas à se ca­cher. Le café pour­rait se trou­ver aussi bien à Ber­lin ou Paris.  Hips­ter, jeune, la seule dif­fé­rence tient dans ce vent froid venu de la mer Mé­di­ter­ra­née qui souffle sur la ter­rasse.

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Ràm’y est assis là, il fume et ra­conte. Sa mère sait qu’il est ho­mo­sexuel. Pas son père. Lui, ça lui est égal. Il vit sa vie. Sur Fa­ce­book, il poste des pho­tos et des textes sur les ho­mo­sexuels, les bi­sexuels ou les les­biennes. Il ne mâche pas ses mots. Même si la plu­part des gens en sont dé­ran­gés et même s’il re­çoit ré­gu­liè­re­ment des com­men­taires tel que « T’es pédé ou quoi ? ». « Je veux que les gens s’y ha­bi­tuent. Avec le temps, l’ho­mo­sexua­lité va de­ve­nir quelque chose de nor­mal », com­mente-t-il. Ram’y s’ex­prime de ma­nière éton­nam­ment ré­flé­chie pour ses 20 ans. Il a beau­coup de plans pour son futur et sou­haite que, dans l’ave­nir, il soit plus fa­cile d’être homo en Tu­ni­sie. « J’ai­me­rais qu’il y ait plus de pos­si­bi­li­tés pour nous : une gay pride, un groupe d’en­traide, plus d’ac­cep­ta­tion. »

Il en va du de­ve­nir de jeunes gens dont l’iden­tité sexuelle est désap­prou­vée en Tu­ni­sie, par l’État et par la so­ciété. Le pa­ra­graphe 204, qui condamne un acte sexuel entre deux per­sonnes de même sexe jus­qu’à trois ans d’em­pri­son­ne­ment, n’est peut-être pas sou­vent mis en ap­pli­ca­tion, mais il rap­pelle que les ho­mo­sexuels et les les­biennes peuvent être pour­sui­vis à n’im­porte quel mo­ment à cause de leur iden­tité sexuelle. Pour la so­ciété tu­ni­sienne, les gays res­tent un tabou, tout comme les trans­sexuels.

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MARIÉ DEUX FOIS POUR PA­RAÎTRE HÉ­TÉ­RO­SEXUEL

Methi connaît bien ce rejet (le nom a été changé, nda). Au­jour­d’hui, il ha­bite à deux heures et demi de Tunis. Il avait be­soin d’avoir une cer­taine dis­tance avec sa fa­mille, « d’air pour res­pi­rer ». De­puis son stu­dio, il a vue sur la plage d’une ville tou­ris­tique de la côte est de la Tu­ni­sie. Des pein­tures à l’huile de fo­rêts vertes sont ac­cro­chées dans son ap­par­te­ment. Des fo­rêts al­le­mandes. Methi adore l’Al­le­magne. Il a vécu là-bas pen­dant sept ans et y a fait des études d’al­le­mand. Ça a été la pé­riode pen­dant la­quelle il s’est senti le plus libre de sa vie, ra­conte-t-il. Il a main­te­nant 35 ans. Il sait de­puis sa pu­berté qu’il est bi­sexuel, avec une pré­fé­rence pour les hommes. À l’époque, il n’était pas ques­tion de faire son co­ming-out. Au­jour­d’hui non plus. « Trop dan­ge­reux ». Sous la pres­sion fa­mi­liale, il a épousé par deux fois la même femme avec la­quelle il a eu un en­fant. Il est main­te­nant, pour la se­conde fois, di­vorcé. Et seul.

La ré­vo­lu­tion n’a pas changé grand-chose pour lui, tout comme pour beau­coup d’autres ho­mo­sexuels et bi­sexuels de plus de 30 ans. « La si­tua­tion n’est pas de­ve­nue si dif­fi­cile pour les ho­mo­sexuels sous Ben Ali car ils ne dé­ran­geaient pas son pou­voir », ex­plique Methi. Il craint même une dé­té­rio­ra­tion dans le cas où le mou­ve­ment sa­la­fiste, conser­va­teur, aug­men­te­rait en puis­sance.

Pour Methi, c’est clair : il va de nou­veau se ma­rier et vivre à la ma­nière d’un hé­téro. Par contre, il pense que les jeunes tu­ni­siens de­vraient bé­né­fi­cier du chan­ge­ment. « In­ter­net n’a pas seule­ment amené la ré­vo­lu­tion jus­qu’ici mais a aussi per­mis de ras­sem­bler de jeunes gens par­ta­geant les mêmes idées. C’est ça la vé­ri­table ré­vo­lu­tion », dit-il.

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LE PRE­MIER MA­GA­ZINE gay N’A PAS LA VIE FA­CILE

Le world wide web per­met aux ho­mo­sexuels de se re­trou­ver. La plate-forme de ren­contre pla­ne­tro­meo met des hommes en contact avec d’autres hommes – que ce soit pour le sexe, la re­cherche d’une re­la­tion ou pour se faire de nou­veaux amis. Sur Fa­ce­book, de nom­breux homos ont un deuxième pro­fil ano­nyme pour échan­ger avec d’autres et s’or­ga­ni­ser. De la même ma­nière, on y trouve des sites comme Kelmty, la pre­mière or­ga­ni­sa­tion LGBT de Tu­ni­sie à être ac­tive en ligne. Des ac­ti­vistes ont aussi créé le pre­mier ma­ga­zine homo de Tu­ni­sie sur In­ter­net : le Gay Day Ma­ga­zine. Après un ex­cellent dé­part, le site In­ter­net n’est ce­pen­dant plus que ra­re­ment ac­tua­lisé. De­puis que le mi­nistre tu­ni­sien pour les droits de l’homme a mis pu­bli­que­ment le ma­ga­zine au pi­lori, son fon­da­teur vit dans la peur. « Il dé­mé­nage presque tous les deux mois pour ne pas être trouvé », ex­plique Ali.

L’étu­diant de 25 ans s’in­ves­tit pour le ma­ga­zine, entre autres, comme ad­mi­nis­tra­teur web. Il est aussi actif à Am­nesty In­ter­na­tio­nal. C’est l’un de ces jeunes tu­ni­siens qui ap­par­tiennent à un ré­seau et se battent pour une dé­mo­cra­ti­sa­tion au sens large. Au lieu de pas­ser ses soi­rées de­vant la té­lé­vi­sion, il par­ti­cipe à des groupes de dis­cus­sion dans des centres cultu­rels al­ter­na­tifs. Ses amis et lui ne sont pas là par passe-temps. Ils veulent faire avan­cer les choses, dont les droits des ho­mo­sexuels. Mais ça de­mande du temps. Ali at­tend le bon mo­ment pour de­ve­nir actif. Ça le dif­fé­ren­cie d’autres gens qui, après la ré­vo­lu­tion, ont créé ra­pi­de­ment des ini­tia­tives : « tous ont com­mencé quelque chose sans sa­voir ce qu’ils vou­laient faire concrè­te­ment et quels étaient leurs buts ».

MÊME AU SEIN DE LA COM­MU­NAUTÉ LA SO­LI­DA­RITÉ MANQUE

Ali agit, lui, de ma­nière plus calme. Jus­qu’ici, il ana­lyse et ré­flé­chit à une stra­té­gie que le mou­ve­ment homo pour­rait adop­ter. Il dis­cute avec des ac­ti­vistes d’autres pays, cherche des conseils, es­saye de se mettre en contact avec d’autres homos. Et la der­nière tâche n’est vrai­ment pas fa­cile. Beau­coup ont peur que leur en­ga­ge­ment ne mène à un co­ming-out in­vo­lon­taire. Il n’existe pas de com­mu­nauté fixe d’ho­mos réunis au­tour des mêmes buts. Il y a bien des groupes in­for­mels de gays et de les­biennes dans les dif­fé­rents quar­tiers de Tunis, mais ceux-ci sont  par­tiel­le­ment en com­pé­ti­tion. « Si nous ne sommes pas so­li­daires entre nous, c’est dur de re­ce­voir de la so­li­da­rité de l’ex­té­rieur », dit Ali.

Pour lui, trois ans après la ré­vo­lu­tion, le mou­ve­ment homo se trouve tou­jours pra­ti­que­ment au point de dé­part. Mais le temps presse. Il y a en­core beau­coup de gays qui, comme Methi, sont for­cés au ma­riage et à une vie de fausse ap­pa­rence à cause du tabou de la so­ciété. Mau­vaise pers­pec­tive.

 Source: cafebabel.fr
 
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Vivre son homosexualité en Tunisie

La rédaction de Za-gay a accueilli un membre de kelmty qui a accepté de répondre aux questions des membres de Za-gay autour du thème de l’homosexualité en Tunisie.

Question basique et sûrement clichée mais : te considères-tu musulman pratiquant alors que ta religion condamne fortement l’homosexualité ? Et si oui, n’est-ce pas difficile d’allier religion et sexualité, d’être jugé et parfois même méprisé par des personnes qui se basent sur une interprétation d’un texte religieux ? – Question posée par Lermb, Drakon & Horus30 

Mahdy : C’est un peu dur de faire l’équilibre entre le culte et la sexualité et donner un avantage au culte ne ferait qu’aggraver la situation par un profond sentiment de culpabilité et de mensonge donc je préfère rester neutre et garder une petite partie de moi qui croit que Dieu pourrait me donner la force de comprendre et de me pardonner quelque chose que je n’ai pas choisi.

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• L’Albanie est un pays à majorité musulmane et dont le gouvernement s’est apprêté il y a environ huit mois à légaliser le mariage homosexuel. Il est possible que le mariage homosexuel soit légalisé en Albanie avant un bon nombre d’autres pays européens, comme la France par exemple. Qu’est-ce que ça t’inspire ? – Question posée par Mastermasque

Mahdy : Il ne faut pas oublier d’une part que l’Albanie grâce à sa situation géographique, se trouve à l’est d’une Europe qui l’influence en terme de libertés et d’autre part l’Albanie est un pays seulement  à majorité musulmane, alors que la Tunisie est véritablement un pays fondé sur la Charia, ce qui implique l’éthique et les règles de l’islam, pas en tout évidemment mais elle suit quelques règles aberrantes pour satisfaire les esprits islamistes les plus révoltés contre l’homosexualité.

• Historiquement les relations homosexuelles discrètes étaient plus faciles en orient qu’en occident. Mais alors qu’en occident les conditions des gays s’améliorent, j’ai le sentiment qu’en orient elles se dégradent (et plus généralement en Afrique). Penses-tu que j’ai tort ? – Question posée par Allomat69

Mahdy : Les facteurs historiques influent beaucoup, il faut prendre en compte qu’en occident suite à l’humanisme et à la révolution européenne, les occidentaux ont réussi à surmonter leur Église et leur religion dont les règles absurdes étiquetaient tout, pour bâtir des règles éliminant la majeure intrusion de l’Église qui contenait elle-même des pratiques homosexuelles même si c’était plus toléré en Orient et en Afrique.

 Certains pays continuent et ont toujours des rites anti homosexuels, souvent très extrémistes pour préserver leurs bonnes mœurs comme dans des pays centre africains avec la lapidation ou encore en Iran avec la pendaison publique. Les habitudes se perpétuent à travers les générations et s’incrustent pour faire naître l’homophobie ou bien la tolérance.

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• Ce que j’aimerais savoir, c’est comment est vue l’homosexualité féminine, par rapport à l’homosexualité masculine, est-ce qu’il y a vraiment une différence de perception dans la société tunisienne ou alors c’est vu de la même manière ? – Question posée parMastermasque.

Mahdy : Les stéréotypes de l’homosexualité féminine et masculine sont les mêmes pour toutes les personnes, chez les hommes c’est quelque chose de tabou le gay tunisien et une  » folle  » efféminée toujours en compagnie de filles et obsédé par le look ou l’apparence féminine, réticent à toute activité physique et autres choses considérées comme véritablement masculines.

On les insulte, on les exclue, on essaye de prouver qu’avec une présence masculine dans leur entourage leur homosexualité peut disparaître. Si le garçon n’est pas efféminé et s’avoue homosexuel il n’est pas forcément réprimandé ; s’il est passif c’est considéré comme de la curiosité, si il est actif cela est complètement normal, mais seuls les gays actifs sont totalement acceptés par la société, voire même cela est source de fierté.

Le sujet de l’homosexualité ne se limite alors qu’à qui pénètre qui et à si la personne est féminine ou masculine. Les gays actifs excluent même les gays passifs, même s’ils ont à peu près les mêmes orientations sexuelles.

Pour l’homosexualité féminine, elle est minimisée à un jeu entre amies qui sont extrêmement excitées mais ne voulant pas perdre leur virginité, la perte de la virginité étant considérée comme une honte pour la fille et sa famille. C’est alors considéré comme un jeu qui n’aura aucune fin et il sera dit que la fille en question finira par se rappeler de la présence masculine, se soumettra et finira par se marier.

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Dans des pays où on est toujours entre mecs, et ou on se tient par la main, ce n’est pas bien difficile d’avoir discrètement un copain non marié, même bi. Dans ces conditions, est-ce indispensable de faire son coming-out ? Au regard de la culture arabe, finalement, est-ce que ça choque tant que ça deux homosexuel(le)s qui vivent ensemble, ou alors c’est le fait qu’ils se disent homosexuels ou commencent à revendiquer des droits ?  Question posée par Allomat69 & Mastermasque

Mahdy : Dire « je suis homo et je l’assume et c’est comme ça » est extrêmement rare en Tunisie, se cacher est tellement devenu une habitude que l’assumer ne devient plus nécessaire, car l’habitude d’être caché est là, donc revendiquer un droit de quelque chose d’illégitime est insensé pour les homosexuels tunisiens.

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• Malgré le fait que le Codé Pénal tunisien sanctionne « la sodomie entre adultes consentants » de trois mois à trois ans de prison, les homosexuels ou homosexuelles prennent tout de même le risque de s’afficher ? Au Maroc par exemple, Abdellah Taïa qui est écrivain a pris le risque de s’affirmer homosexuel dans un de ses livres. Toi, par exemple où as-tu déjà affiché ton homosexualité et vis-à-vis de qui, comment ont-ils réagi ? Que crains-tu exactement si tes parents étaient amenés à l’apprendre ? – Question posée par Mastermasque & Horus30

Mahdy : Cette loi est juste un terrain d’entente entre tout le monde, cette loi existe mais presque jamais appliquée pour ne pas faire de polémiques et attiser la colère et pour ne pas donner une mauvaise image du Maghreb.

Pour moi, mon homosexualité et ma famille est une très longue histoire mais avouer qu’on est gay est très dur il faut une énorme confiance et surtout généralement le coming-out se fait par consentement mais pas par surprise.

• Sais-tu comment se passe les rencontres homosexuelles en Tunisie, est-ce qu’il y a des lieux de rencontre, est-ce que tout passe par internet, ou est-ce que les homosexuels prennent le risque d’aborder les gens dans la rue ? Toi, par exemple comment fais-tu, as-tu des connaissances, des amis homosexuels, enfin si tu as déjà rencontré d’autres homosexuels ? – Question posée par Horus30 & Mastermasque

Mahdy : La plupart des rencontres se passent au centre ville de Tunis, mais ces rencontres sont basées sur la connaissance par internet et certains prennent ce risque. Dans mon cas, je connais pas mal d’homos que je considère comme des amis alors pour m’engager dans une relation, c’est par internet que je peux faire de nouvelles connaissances. 

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Depuis quand sais-tu que tu es homosexuel ? Tu as mis du temps pour l’accepter ? Est-ce que tu as déjà parlé de ta sexualité à quelqu’un, ne serait-ce qu’un étranger qui vit à l’autre bout du monde, ou pas du tout ? – Question posée parMastermasque

Mahdy : Je pense que je suis homo depuis ma naissance. C’est à l’âge de 15 ans que j’ai compris ce que signifiait le mot « homosexuel », à l’âge de 17 ans j’ai eu des problèmes dans mon lycée à cause de ma sexualité et j’ai été obligé de le révéler à quelques amies mais heureusement « elles » ont été compréhensives.

• Les homosexuels ou homosexuelles, qui finissent par se marier et mener une double-vie, à ton avis, sont-ils nombreux ? Tu y songes ? Question posée par Mastermasque

Mahdy : Pour ma part, j’ai déjà entendu parler de quelques cas mais ça reste rare. En ce qui me concerne, je veux me marier avec une lesbienne. 

Est-ce que tu penses que depuis le départ de Ben Ali et la révolution qui se passe actuellement en Tunisie, cela pourrait changer des choses pour la situation des homosexuel(le)s Tunisiens, notamment en matière de libertés et de droit, des associations se sont-elles d’ailleurs déjà manifestées ? Ou au contraire n’as-tu pas peur que la situation puisse se dégrader si un parti islamiste venait au pouvoir ?
Car il semblerait que si on suit l’interprétation qui est faite des textes religieux, c’est la peine de mort qui préconisée pour les homosexuels. Bien que cette interprétation soit sans doute contestable, il semblerait que dans le Coran, il y ait aussi un passage sur les éphèbes qui sont promis au paradis qui est très ambigu, de même la peine capitale est préconisée pour beaucoup de choses. – Question posée par Ikiroh, Mastermasque, Drakon & Roquy69

Mahdy : Oui, depuis le départ de Ben Ali et la révolution qui se passe actuellement en Tunisie cela va je pense dégrader la situation des homosexuels car à mon avis le parti islamiste va avoir le pouvoir et ça risque de tourner mal.

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• Il a été dit lors d’une émission que la France était bien au courant de la « dictature » en Tunisie, qu’est-ce que tu penses de ça ? – Question posée par Drakon

Mahdy : La France était toujours là pour savoir tout ce qui se passait en Tunisie dans tous les domaines que ce soit politiques sociaux ou économiques,  en maintenant des relations qui favorisaient la dictature Ben Ali. 

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 • Il y a une chose qui m’a étonné, c’est ta présence sur Za-gay, il me semblait que les sites répertoriés gays étaient automatiquement censurés en Tunisie. Et donc, je me demande tout simplement si je me trompe ou si t’as usé de méthodes pour contourner cette censure ? – Question posée par Mastermasque

Mahdy : Za-gay, Tetu et d’autres sites n’ont pas été censuré en Tunisie  à mon avis car ils ne sont pas des sites pornographiques. Après la révolution, la censure a été enlevée et tous les sites sont désormais accessibles

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• Mehdi Ben Attia est aussi tunisien, il a réalisé un film sur l’homosexualité nommé « Le Fil » qui se passe en Tunisie, il me semble qu’il est interdit en Tunisie, malgré cela en as-tu eu des échos ? – Question posée par Mastermasque

 

 » Il s’agit de comprendre qu’à l’inverse des autres minorités, les homosexuels doivent apprendre à faire face à la discrimination seuls. Tous les noirs naissent de parents noirs, les arabes de parents arabes, les juifs de parents juifs. Face à un monde extérieur hostile, ils grandissent avec la certitude réconfortante de se savoir entourés par leurs semblables, leurs familles, leurs communautés, au sein desquelles ils se sentent protégés de l’intolérance des masses. Aucun homosexuel ne naît de parents homosexuels. Chacun d’entre nous doit faire face seul au sentiment d’être un étranger dans sa propre famille, à la négation de l’éventualité de notre différence, au potentiel rejet de ceux qui nous sont les plus chers. Au mépris, au dégoût, à l’horreur dans le regard de nos parents, nos frères, nos sœurs. »

Bizerte_tag la rue et la colère pas les tribunes, ni les discours

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