Torture – Dépavage https://depavage.noblogs.org Dép' (pédés - "HSH", "homos", "gays"-) et luttes sociales >> Revue de presse, archives et contributions Thu, 06 Aug 2015 23:20:38 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1 [actu] Cameroun : les forces de l’ordre torturent et menacent les activistes https://depavage.noblogs.org/post/2015/07/12/actu-cameroun-les-forces-de-lordre-torturent-et-menacent-les-activistes/ Sun, 12 Jul 2015 14:49:24 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1656 Continuer la lecture →]]> ???????????????????????????????Tentatives de racket, dénonciations, harcèlement, cambriolages, coups, arrestations, assassinats… sont les armes utilisées pour tenter de déstabiliser et de réduire au silence les activistes qui dénoncent l’homophobie et luttent contre la répression de l’homosexualité au Cameroun.

[Repères] Le Cameroun est un pays qui a été colonisés par la Grande Bretagne, l’Allemagne et la France. Dans les année soixante, l’armée française à aider le régime à mener une opération de répression de grande ampleur : guerre psychologique, torture, exécutions sommaires…
En 1982, Paul Biya succède à Ahmadou Ahidjo à la tête de la République du Cameroun. Il est encore aujourd’hui au pouvoir.
En février 2008, un mouvement populaire contre le projet de modification de la constitution par Biya est réprimé dans le sang. En savoir plus.

La situation des personnes homosexuelles :

L’article 347bis du code pénal camerounais « puni d’un emprisonnement de six mois à cinq ans et d’une amende de 20 000 à 200 000 francs (CFA) toute personne qui a des rapports sexuels avec une personne de son sexe. »

« Les lesbiennes, les homosexuels, les hommes qui couchent avec les hommes, les femmes qui couchent avec les femmes, les hommes efféminés… tout cela est réprimé par la loi. (…) Ce sont des personnes animées par un esprit diabolique » Donatus Sembé, officier de gendarmerie en charge de l’arrestation de 7 hommes « en flagrant délit d’homosexualité et la prostitution » à Yaoundé en septembre 2014.

Roger Jean-Claude Mbédé, condamné en 2011 à 3 ans de prison pour homosexualité, est décédé le 10 janvier 2014. Il est mort après sa libération, isolé de sa famille et faute de ne pouvoir payer les soins dont il avait besoin. Il avait été reconnu coupable d’avoir envoyé par SMS « Je suis très amoureux de toi » à un autre homme.

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Eric Lembembe, militant de la cause homosexuelle, collaborateur de l’ONG Humans Right Watch a été torturé et assassiné en juillet 2013.   (En savoir plus.)

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Dans l’actualité récente, les persécutions continuent. Le 30 juin 2015, le domicile de la directrice du Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale a été cambriolé, énième acte d’intimidation à l’égard de militants contre la répression au Cameroun…

Lire Le potentat sexuel. À propos de la sodomie, de la fellation et autres privautés postcoloniales, article d’Achille Mbembe, dans le quotidien camerounais « Le Messager », en 2006.

Le président de Humanity First séquestré et arnaqué

Témoignage publié le 25 juin 2015.

Alors qu’il revenait d’un séjour en Europe, Jules ELOUNDOU, président d’Humanity Firstk s’est vu accusé d’homosexualité, après que ses amis venus l’attendre, aient été agressés, séquestrés par un sergent-chef de gendarmerie.

Il est un peu plus de 1 heure du matin, ce mercredi 24 juin, quand l’avion  transportant Jules ELOUNDOU  atterrit à l’aéroport de Yaoundé-Nsimalen. Celui-ci revient d’un séjour en Europe.
Il est alors interpellé par le sergent chef de gendarmerie, TAGNE Joël, qui lui fait comprendre qu’il a surpris deux  amis, venus l’attendre en train de s’amouracher.

Il demande alors à Jules, de lui verser la somme de 200 euros, afin qu’il n’intente pas une procédure judiciaire contre eux. L’un de ces amis, JP, fait des signes des yeux, insistants à Jules, pour lui demander de ne pas croire ce que ce sergent prétend.

Jules tombant de nue, balaie cette proposition, en répondant au sergent-chef qu’il n’a rien à payer, parce qu’il n’y comprend d’ailleurs rien, et qu’il n’a pas d’argent à donner. Devant les accusations  insistantes de TAGNE Joël, qui prétend toujours avoir surpris une scène d’amour entre JP et Gaël, les deux amis venus accueillir Jules, celui-ci répond au gendarme, qu’il connait les mœurs de JP, et quand bien même ces deux là seraient homosexuels, ce n’est a pas en public qu’il viendrait s’amouracher, car dit-il, « il y a le cadre privé pour le faire ! ».

Se rendant compte de la ferme résistance de Jules, TAGNE Joël change de ton, et accuse Jules d’être lui-même un homosexuel. Il retient alors les pièces d’identité de Jules, après avoir confisqué, quelques heures auparavant, celles de JP et Gaël. Jules entre alors dans une exaspération, et s’exclame à voix haute, « dans quel pays vit-on comme ça ? » devant une foule de voyageurs. Il dénonce des pratiques abusives et restrictives des libertés individuelles.

Face à cet énervement de Jules qui attire l’attention des usagers de l’aéroport, TAGNE Joel, le gendarme, se sentant humilié se met à sont tour à menacer Jules et ses amis, il les insulte avec des termes : « des sales pédés comme vous». Il les met  au défi « appelez qui vous voudrez ici; c’est moi qui commande. Je vous tue si je veux ! »

La tension monte alors d’un cran et Jules et ses amis sont retenus par le gendarme. Leurs pièces d’identité sont jetées et éparpillées au loin. Plus grave, le gendarme fait appel à ses collègues en renfort. Dans cette équipe constituée aussi de femmes, Jules et ses deux compagnons d’infortune essuient toutes les insultes dégradantes. Ils sont tenus d’être les responsables de toutes les tares de la Société camerounaise, car comme le déclare une d’entre eux : « C’est à cause des pédés comme vous que nous n’avançons pas professionnellement. Vous bloquez le pays, partout ! ».

Le mauvais film continue. Jules et ses amis, pris de cours, ne peuvent que compter sur leur fibre activiste pour résister à ce torrent d’acharnement et de persécution.

Même le taximan qui a conduit JP et Gale à l’aéroport est aussi accusé d’être homosexuel, car lui balance-t-on, « il faut être un pédé pour accepter transporter des pédés ».

Le cauchemar avait commencé quelques heures plus tôt, quand JP et Gaël qui font des tours au hall de l’aéroport, en attendant que l’avion, qui est en retard, atterrisse, sont interpellés par ce gendarme. Il leur demande de se présenter. Gaël à qui JP avait remis sa carte nationale d’identité, sort leurs pièces à tous les deux. Le gendarme lui demande alors pourquoi il détient la carte de JP, et de déduire, que « c’est parce que vous êtes un couple ». Il poursuit en disant « Vous ne saviez pas, mais je vous file depuis, et je vous ai vu vous amouracher ». Ce qui est complètement faux, puisque ces deux là, visitaient tout simplement les galeries dans l’aéroport.

TAGNE Joël, le gendarme, retiens alors leurs pièces d’identité, et les conduit dans un premier temps, dans une sorte de cellule, là à l’aéroport. Il  profère des injures.

Dévoilant ses véritables motivations visant à extorquer de l’argent, il propose, à JP et Gaël qui sont retenus, de les relâcher contre une somme de $274 (130.000 FCFA), que ces derniers devront demander à Jules,  dès son atterrissage. Une somme qui lui sera remise en échange de leur liberté.
Ayant décliné son offre, il s’en est suivi des injures de toutes sortes et des coups sévères en l’endroit des deux jeunes garçons et c’est manu militari que Mr le sergent TAGNE Joël les traine arguant qu’il allait les garder en cellule pour homosexualité. Il regrette d’ailleurs publiquement de ne pas avoir son arme sur lui, pour les éliminer.

Néanmoins, le gendarme se rue sur Gaël, le roue de coups, et le blesse sur plusieurs parties du corps, au bas des lèvres, et lui enfonce la jambe.
Malgré autant d’hostilité et de violences, le courage de Jules, militant convaincu des droits humains des LGBT, JP et Gaël ne cèdent pas. Leur ténacité en est certainement venue à faire vaciller TAGNE Joël, et tous ses collègues, puisque à 4 heures du matin, les trois victimes sont relâchées. Au passage, Jules aura perdu son téléphone, et le gendarme aura quand même réussi à les racketter en les faisant payer le parking à 3.000 FCFA (environ $6), pourtant institué à 500 FCFA (environ $1).

Une plainte collective des trois victimes a été déposée. Gaël qui a été blessé, a établit un certificat médical.  Par ailleurs, un avocat  a été saisi pour suivre ce dossier.

L’auteur de cet article est un militant pour les droits LGBTI au Cameroun.

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Cameroun: ‘Les forces de l’ordre torturent et menacent’

Publié le 27 juin 2015

Après l’incident du mercredi, quand le président de Humanity First Cameroun a été séquestré et arnaqué  par un gendarme, l’association a publié cette déclaration:

Face à tous ces cas de violences favorisés par l’article 347 bis du code pénal camerounais,  on en vient à se demander si les forces de l’ordre Camerounaises sensées garantir l’ordre et la sécurité des citoyens, sont conscientes de ces missions ? Ces dernières au contraire torturent et menacent de mort des personnes sans défenses mais aussi livrent les livrent à la vindicte populaire à leur guise.

Nous demandons donc aux autorités judiciaires que justice soit rendu, que les torts causés aux victimes soient réparés, et enfin que les responsables de ces actes sont punis conformément à la législation en vigueur.

Nous demandons aussi au gouvernement d’abroger cette article 347 bis qui sert de prétexte à toutes les formes de violation des droits de certaines personnes aujourd’hui au Cameroun et aussi qui restreint les libertés individuelles notamment celle de jouir librement de son orientation sexuelle et ce dans le respect des autres.

Informations trouvées sur le blog 76 crimes.

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[actu] Maroc : condamnation de Lahcen et Mohsine https://depavage.noblogs.org/post/2015/06/28/maroc-condamnation/ Sun, 28 Jun 2015 20:07:44 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1517 Continuer la lecture →]]> 10487286_771874096190009_7678071024762266365_nLe 19 juin 2015 Lahcen et Mohsine ont été condamné par le tribunal de Rabat à quatre mois de prison ferme pour homosexualité et obscénité. Réactions du collectif Aswat, de la soeur de Lahcen et entretien avec leur avocate.

Voir le précédent article sur leur arrestation.

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Collectif Aswat, 21 juin 2015

Le procès de Lahcen et Mohsine pour Homosexualité ne respectait pas les normes d’un procès équitable [البيان بالعربية بالأسفل]

Ce vendredi 19 Juin , le tribunal de première instance de Rabat a rendu son verdict , Lahcen et Mohsine ont écopé de 4 mois de prison ferme et une amende de 500 DH chacun pour « Homosexualité » et « Obscénité » , les avocat-e-s ont déclaré que le procès n’était point équitable .

Suite à leur arrestation le 3 Juin dernier , les deux jeunes hommes ont été poursuivi pour des actes relevant de la liberté de circulation et autres droits garantis par la constitution ainsi que les lois internationales sur les droits humains .

Maitre Khadija Rougany , avocate des deux détenus , a déclaré au Collectif « Aswat » que plusieurs infractions des conditions de procès équitable y compris les garantis fournis par le code de procédure pénal ont eu lieu ; Maitre Hassan Tass , second avocat des deux jeunes hommes a aussi assuré que le procès n’était pas équitable.
Lahcen et Mohsine ont été sujet de torture physique et psychique, diffamation, incitation à la haine et discrimination, ils ont été forcé à signer les P.V. de par des coups, menaces et violence. Leurs avocat-e-s ainsi que la mère de Mohsine l’ayant visité à la prison de Salé ont confirmés ces faits au Collectif.
La défense s’était vu refuser la demande formulé au parquet pour effectuer un test médical suite aux traces de torture visibles au niveau de leurs visages et sur les images diffusées sur la chaine nationale «Al Oula ». Les objets réquisitionnés, comme l’appareil photo, les téléphones, les sacs, ne comportent aucun élément de preuve. Les avocat-e-s avaient demandé à les voir mais leur requête fut refusé. Ce refus et la non présentation des dites preuves devant les détenus et le tribunal est contraire aux principes d’un procès équitable.
Ces violations , et principalement celle de la présomption de l’innocence avant le début du procès même comme il nous fut déclaré par Maitre Khadija Rougany font que procès ne soit guère équitable : « Le communiqué publié par le Ministère de l’intérieur, la diffamation dont les deux détenus ont été sujet, et la diffusion de leurs images montrant les traces de tortures sont les outils d’une intervention directe sur le pouvoir législatif et juridique ainsi qu’une forme de grande pression afin de l’influencer, le procès en son ensemble et le refus des demandes de la défense est le meilleur exemple de celle-ci ».
Le Collectif « Aswat » fut aussi informé que nombre de personnes dont des journalistes avaient été interdits d’accès au du tribunal lors du procès tout en donnant l’impression que l’audience était public faute de la grande présence au niveau de la salle.
Les familles des deux détenus ont confirmé à « Aswat », qu’elles n’avaient pas été notifiés des arrestations ,et qu’elle ne l’ont su qu’à travers les médias. Les familles et proches vivent dans un état de traumatisme depuis.

La mère de Lahcen a expliqué que la diffamation que le ministère de l’intérieur à orchestré sur les médias et la divulgation de l’identité de son fils en l’accusant d’avoir commis des « actes contre natures » est similaire à une condamnation à mort pour lui et sa famille , au sein d’une société qui refuse cette « accusation », elle a aussi précisé que son état de santé s’est aggravé depuis la prononciation du jugement, et qu’elle a beaucoup de crainte vis-à-vis du futur de son fils – Mohsine – après avoir purgé sa ‘peine’.
Le Collectif « Aswat » à enregistré que l’état de santé de Mohsine actuellement à la prison de Salé est très critique.

Le jugement rendu de 4 mois de prison ferme et 500DH d’amende pour chacun selon l’article 489 pour un acte sexuel entre deux personnes du même sexe est injuste , l’inexistence de preuves, l’usage d’aveux obtenu par la torture , le contexte et les circonstances ne justifiant pas une relation sexuelle entre les deux jeunes hommes en plus du fait que le seul document abordant l’ « Obscenité » était celui présenté par le policier prétendant les avoir arrêtés en flagrant délit font de ce procès , un procès incontestablement inéquitable.

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Le Collectif « Aswat » demande à l’Etat Marocain d’assumer ses obligations constitutionnels et internationales en respectant les principes de non discrimination, de protection de la vie privée et de droit à un procès équitable et ce par :
– L’arrêt des persécutions et d’arrestations de citoyen-ne-s marocain-e-s en raison de leur identité genre ou orientation sexuelle
– L’abrogation de l’article 489 du Code pénal actuel : Punissant « de l’emprisonnement de six mois à trois ans et d’une amende de 200 à 1000DH , à mois que le fait ne constitue une infraction plus grave , quiconque commet un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe »
– La suppression de l’article 489 de l’avant-projet du nouveau code pénal , punissant « de l’emprisonnement six mois à trois ans et d’une amende de 2000 à 20 000 DH , quiconque commet un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe »

Le Collectif Aswat pour la lutte contre la discrimination fondée sur la sexualité et le genre

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Huffington Post Maroc, 21 juin 2015

La sœur de Lahcen, l’un des deux hommes condamnés pour « homosexualité » témoigne

Voir la vidéo (arabe non sous-titré).

TÉMOIGNAGE – Face à la caméra de Febrayer TV, la sœur de Lahcen, accusé d’avoir embrassé un autre homme devant la tour Hassan a fait part de ses impressions au lendemain de la condamnation de son frère à quatre mois de prison ferme et 500 dirhams d’amende pour « outrage public à la pudeur » et « acte contre nature avec un individu du même sexe ».

« Mon frère a été arrêté de manière humiliante », raconte la femme, visiblement désespérée. « Il avait reçu un invité à qui il faisait découvrir Rabat pendant la période Mawazine », poursuit la sœur de Lahcen qui note que son frère « a été violenté physiquement et psychologiquement ».

La jeune femme regrette d’avoir appris la nouvelle « à travers un portail d’information », ce qui a causé par la suite des manifestations à caractère homophobe devant le domicile des deux accusés. Après l’arrestation, pas de nouvelles du frère. « On ne nous a pas dit où il se trouvait. Après avoir cherché, nous l’avons retrouvé dans un état déplorable. Il avait le moral au plus bas », se remémore la sœur du condamné.

La sœur de Lahcen remet aussi en cause les circonstances du procès. « On a demandé à ce qu’ils ramènent son téléphone et son appareil photo avec lesquels il prenait des photos sur le site historique. Pourquoi ont-ils refusé de présenter ces preuves ? », s’insurge-t-elle. « Nous avons été très choqués par la condamnation. Est-il concevable qu’un homme commette des actes impudiques sur un site touristique ? »

« Ma mère est malade. Elle souffre de maladies chroniques, et c’est lui qui nous aide », conclut la sœur du jeune homme qui purge actuellement sa peine de prison, avant de fondre en larmes.

Par Youssef Roudab, mass-média HuffPost, 21 juin 2015
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Huffington Post Maroc, 16 juin 2015

Khadija Rougani, avocate des deux Marocains poursuivis pour homosexualité, dénonce des vices de procédure

HuffPost Maroc: Les deux Marocains qui se seraient embrassés devant la Tour Hassan sont poursuivis pour homosexualité et obscénité. Sur quoi est basée l’accusation?

Khadija Rougani: Sur rien justement, là est tout le problème. Le témoignage du policier en faction à la Tour Hassan est vague. Il y parle de gestes contraires aux bonnes moeurs et qui auraient attiré l’attention des gens, mais sans plus de précision. Nous avons demandé la convocation de ce policier au tribunal pour lui poser des questions sur ce qu’il a réellement vu. Nous avons aussi demandé à avoir accès à l’appareil photo numérique et au téléphone qui auraient servi aux deux accusés pour prendre des clichés. Ces fameuses photos existent-elles? En tout cas l’accusation ne les a pas montrées.

Vous avez demandé l’annulation des aveux des deux accusés, dénonçant au passage un vice de procédure. Sur quoi vous basez-vous?

Je me suis basée sur leurs déclarations. Ils ont affirmé avoir subi des violences physiques et morales durant leur interrogatoire: coups, insultes, humiliation. Nous avons aussi leurs photos prises après leur arrestation et qui ont été diffusées à la presse. Les deux accusés ont des traces de coups au visage.

La diffusion par le ministère de l’Intérieur des photos et des identités des accusés est-elle aussi un vice de procédure?

Oui, bien évidemment. C’est une atteinte au secret de la procédure judiciaire puisque leurs photos et leurs identités ont été diffusées dans la presse et les médias publics avant même que ne soit établie l’accusation. C’est une atteinte flagrante à la présomption d’innocence des deux accusés. Le ministère de l’Intérieur a, qui plus est, émis un communiqué où il a mélangé le cas des Femen expulsées pour s’être embrassées sur l’esplanade de la Tour Hassan et le cas de mes clients. Tout le monde a du coup fait l’amalgame entre un fait avéré, celui des Femen, et une accusation qui reste à prouver.

Lire aussi : les Femen, un féminisme de type néocolonial

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[actu] Egypte : haro sur les opposants, les islamistes, les athées et les homosexuels https://depavage.noblogs.org/post/2015/02/03/actu-egypte-haro-sur-les-opposants-les-islamistes-les-athees-et-les-homosexuels/ Tue, 03 Feb 2015 14:13:59 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1216 Continuer la lecture →]]> cairo-graffiti-2012-scott-longPar Mathilde du Pradel, chercheuse, le 2 février 2015 sur le média Orient XXI.

La répression est à un niveau jamais vu en Égypte depuis plus de trente ans. Les autorités la justifient par la nécessité de mener une guerre contre le terrorisme et l’islamisme, ce qui leur permet de mettre au pas les non conformistes de tout acabit. En plus des opposants, des activistes et des Frères musulmans, ce sont désormais les homosexuels et les athées qui font les frais de cette chasse aux sorcières.

La dernière opération de grande envergure anti-homosexuels s’est déroulée le 7 décembre 2014 : trente-trois hommes ont été arrêtés par la police dans un établissement de bains du centre ville. Mona Iraqi, présentatrice sur la chaîne de télévision Al-Qahira Wa el-Nas est à l’origine de l’intervention. Elle promettait de révéler la vérité sur «  le plus grand repaire de perversion homosexuelle  » au Caire, dans le cadre de son programme télévisé El-Mostakhabi («  ce qu’on nous cache  »). Les trente-trois hommes sont embarqués à demi nus dans les camions destinés à les emmener au poste devant les caméras d’Iraqi et de son équipe. La présentatrice publie en direct des photos sur sa page Facebook et se félicite de sa participation à l’arrestation : «  Aujourd’hui est une belle journée. Notre émission a pu dissoudre un lieu de perversion entre hommes et les capturer en flagrant délit  ».

En principe, l’homosexualité n’est pas condamnée en Égypte, mais les autorités se servent allègrement de l’article 9 (c) de la loi n° 10/1961 sur la lutte contre la prostitution qui fait de la «  pratique de la débauche  » un délit.

Durant leur détention, les hommes arrêtés le 7 décembre ont été humiliés et battus par la police. Vingt-et-un d’entre eux ont subi des examens rectaux, pratique exécrable utilisée afin de déterminer s’ils avaient eu des rapports anaux récents1. Les experts médico-légaux ont conclu que ce n’était pas le cas, mais que trois d’entre eux avaient été violés. Vingt-six des hommes ont été jugés pour «  pratique de la débauche  » et finalement acquittés le 12 janvier 2015. Ce verdict a été confirmé lundi 26 janvier par la cour d’appel d’Azbakeya, mettant un terme définitif au procès.

Ce procès n’est pas un cas isolé : en septembre, six hommes ont écopé de 2 ans de prison pour débauche, accusés d’utiliser leur appartement pour des «  activités homosexuelles  » et d’en faire la promotion sur Facebook  ; en novembre, huit autres ont été condamnés à trois ans de prison (peine réduite à un an en janvier), également accusés de débauche après avoir organisé un simulacre de mariage gay et posté la vidéo sur YouTube.

La persécution des homosexuels en Égypte n’est pas nouvelle. Déjà en 2001, cinquante-deux hommes avaient été arrêtés dans une boîte de nuit, le Queen Boat, accusés de «  débauche  » et de «  comportements obscènes  ». Après un long procès, vingt-deux d’entre eux avaient écopé d’une peine de trois ans de prison. Mais depuis la destitution de Mohamed Morsi et la chute des Frères musulmans en juin 2013, les arrestations, les pressions et la surveillance se sont intensifiées. La police utilise par exemple l’application Grindr de rencontre entre membres de la communauté LGBT2 pour les piéger. L’Egyptian initiative for personal rights (EIPR), ONG de défense des droits humains a dénombré plus de 150 arrestations depuis juin 2013.

Une répression qui fait écho à un conservatisme social fort

«  Cette intensification de la répression est un moyen pour les autorités de s’attirer le soutien d’une population égyptienne majoritairement conservatrice  », explique Scott Long, chercheur américain et défenseur des droits LGBT. D’après un sondage d’opinion du PEW Research center de 2013, 95 % des Égyptiens considèrent que l’homosexualité ne doit pas être acceptée. En janvier 2015, lorsque l’Union européenne (UE) a condamné la répression les visant et demandé à ce que leurs droits soient respectés, le ministre des affaires étrangères a déclaré que ces demandes ne correspondaient pas aux «  spécificités culturelles, religieuses et sociales de l’Égypte  », dénonçant l’insistance de l’UE à imposer «  des valeurs éloignées des valeurs de la société égyptienne  ».

Une même pression sociale s’exerce contre les athées. En témoigne la condamnation le 11 janvier 2015 dans la province de Bahaira d’un jeune homme de vingt-et-un ans à trois ans de prison et 1000 livres d’amende (environ 100 euros) pour insulte à l’islam car il avait mentionné son athéisme sur Facebook. Sa prise de position avait déclenché les foudres d’habitants et de journalistes. Alors qu’il venait déposer plainte pour harcèlement, le jeune homme a été arrêté. Son propre père a témoigné contre lui. Trois mois plus tôt, l’activiste alexandrin Ahmed Harqan avait lui aussi tenté de déposer plainte pour une tentative d’assassinat organisée après la diffusion d’une émission de télévision dans laquelle il défendait l’athéisme à visage découvert. La police l’avait alors arrêté, accusé de diffamer la religion, battu et détenu pendant une nuit, avant de finalement le relâcher.

L’administrateur d’une page Facebook dédiée aux athées égyptiens explique que «  beaucoup d’athées se sont sentis encouragés par la libération de la parole provoquée par la révolution de 2011 et ont commencé à s’exprimer dans les médias et sur les réseaux sociaux  ». En février 2013, sous la présidence de Morsi, un débat public sur l’athéisme avait même réuni athées et croyants dans une mosquée du vieux Caire, évènement jusqu’alors inédit. Mais ceux qui osent maintenant s’exprimer en paient chèrement le prix : à chaque fois, police et justice se rangent du côté de la majorité dérangée par leurs propos.

Là encore, le fait d’être athée n’est pas directement criminalisé par la loi égyptienne. Cependant l’article 98 (f) du Code pénal stipule que les personnes jugées coupables de diffamation ou d’insultes envers les trois religions monothéistes peuvent être condamnées à des peines de 6 mois à 5 ans de prison et à des amendes de 500 à 1000 livres égyptiennes (entre 50 et 100 euros.]].

Al-Azhar et l’Eglise copte unis

Selon un rapport publié en décembre dernier, le centre de recherche islamique et principale autorité en charge de l’émission de fatwas Dar al-Ifta, il y aurait 866 athées en Égypte. Un chiffre étonnamment précis et fortement débattu et sans aucun doute fortement sous-estimé, qui placerait l’Égypte en tête des pays arabes en matière d’athéisme. L’enquête conclut que ce chiffre doit «  tirer une sonnette d’alarme  » et faire réagir les autorités religieuses et politiques.

En juillet 2014 déjà, le ministère du culte (waqf) et le ministère des sports et de la jeunesse avaient lancé une grande campagne nationale pour combattre la diffusion de l’athéisme au sein de la jeunesse avec la coopération d’Al-Azhar (plus haute institution de l’islam sunnite). Depuis plusieurs mois, Al-Azhar et l’Église copte unissent leur voix et multiplient les déclarations sur les dangers de l’athéisme en promettant des propositions pour contrer sa propagation. Pour Ishaak Ibrahim, chercheur à l’EIPR spécialisé sur la liberté de croyance et d’expression, «  les autorités égyptiennes considèrent l’athéisme comme une maladie mentale, qui rend les personnes atteintes inaptes à prendre les bonnes décisions et qui requiert un traitement  ».

Dans les faits, cette lutte contre l’athéisme se traduit aussi par des actions coup de poing, à l’image de la fermeture d’un café du centre ville par les autorités municipales le 10 novembre 2014. Selon elles, des athées s’y rassemblaient régulièrement, entre autres pour y pratiquer «  le culte de Satan  » et y consommer de la drogue. Cette affaire participe aussi d’une campagne visant à discréditer la jeunesse contestataire auprès de l’opinion publique : nombre des adeptes des cafés du centre, dont sont dénoncées les pratiques «  déviantes  », sont militants et révolutionnaires.

Surenchères religieuses

«  Le gouvernement donne dans la surenchère en matière de répression des homosexuels et des athées pour assurer sa réputation de gardien de l’ordre moral et religieux, dans une sorte de compétition avec le mouvement islamiste  », commente Ishaak Ibrahim. Dès son discours d’investiture, le président Abdel Fattah Al-Sissi avait appelé «  toutes les familles, écoles, mosquées et églises  » à renforcer les valeurs morales. Tout en écrasant la confrérie des Frères musulmans — désormais classée organisation terroriste —, le régime veut montrer qu’il est bien plus capable que ses membres de jouer la carte de la moralité.

La répression s’accompagne d’un véritable travail de matraquage des médias pro-gouvernementaux, qui dénoncent sans cesse les menaces qui pèseraient sur l’Égypte. «  Par leurs discours sur les dangers de l’homosexualité ou de l’athéisme, les médias créent un climat très anxiogène  », explique Scott Long. En suscitant ainsi la peur, ils nourrissent un cercle vicieux et fertilisent le terreau conservateur qui donne une légitimité populaire à la répression.

Pour Long, tout cela vise surtout à détourner l’attention de la population des difficultés économiques et politiques réelles. Déjà en 2001, à propos de l’affaire du Queen Boat, Hossam Bahgat, avocat pour les droits humains renommé, avait souligné l’utilisation par le régime de Hosni Moubarak de procès sensationnalistes pour tenter d’éclipser la dégradation de l’économie. Quatre ans après la révolution du 25 janvier, la remise au goût du jour de ces pratiques semble être un élément de plus témoignant d’un retour à la case départ en Égypte.

Mathilde du Pradel

1Déclaration de Hicham Abdel Hamid, porte-parole du département médico-légal du ministère de la justice à Ahram Online

2NDLR. Lesbiennes, gays, transsexuel-le-s et bisexuel-els.

 

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Paragraphe 175 et Triangles roses https://depavage.noblogs.org/post/2015/01/28/paragraphe-175-et-triangles-roses/ Wed, 28 Jan 2015 16:27:50 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1174 Continuer la lecture →]]> heinrich-himmlers-secret-shame-1« L’attrait sexuel de l’homme pour l’homme nuit à la bonne marche des affaires. » (Heinrich Himmler)

Le paragraphe 175 du Code pénal allemand, l’article 334 – alinéa 1 du Code pénal français, les camps. Témoignages de Rudolf Brazda et Pierre Seel.

Paragraph 175

Le paragraphe 175 du Code pénal allemand en 1871 (reprenant une loi prussienne de 1794)

« § 175 Les actes sexuels contre nature qui sont perpétrés, que ce soit entre personnes de sexe masculin ou entre hommes et animaux, sont passibles de prison ; il peut aussi être prononcé la perte des droits civiques. »

En octobre 1934, s’installe au sein de la Gestapo d’un bureau spécial chargé de traiter les affaires homosexuelles (Sonderdezernat Homosexualität), qui se consacre notamment au fichage, et d’une nouvelle intensification de la persécution. Les inculpations au titre du paragraphe 175 sont alors multipliées par 5 entre 1934 et 1935.

Le paragraphe 175 amendé le 28 juin 1935 :

« § 175 Un homme qui commet un acte sexuel avec un autre homme ou qui se laisse utiliser par lui dans ce but est puni de prison. Dans le cas d’un participant qui, au moment des faits, n’avait pas encore 21 ans, le tribunal peut renoncer, dans les cas les plus légers, à punir.

§ 175a Est puni d’une peine de travaux forcés pouvant s’élever jusqu’à dix ans, en cas de circonstances atténuantes d’une peine de prison ne pouvant être inférieure à trois mois :

  1. un homme qui oblige un autre homme, par la force ou par une menace mettant présentement en danger son corps ou sa vie, à commettre un acte sexuel avec lui ou à se laisser utiliser par lui dans ce but ;
  2. un homme qui décide un autre homme, en usant d’une dépendance fondée sur une relation d’autorité, de travail ou de subordination, à commettre un acte sexuel avec lui ou à se laisser utiliser par lui dans ce but ;
  3. un homme de plus de 21 ans qui séduit un mineur masculin de moins de 21 ans , afin qu’il commette avec lui un acte sexuel ou qu’il se laisse utiliser par des hommes en vue d’un tel acte ou qui s’offre dans ce but ;

§ 175b Un acte sexuel contre nature qui est commis par un homme avec un animal est puni de prison ; la perte des droits civiques peut être également prononcée1. »

Entre 1933 et 1945, rien qu’en Allemagne, près de 100.000 hommes (dont la moitié a été condamnée) ont été arrêtés en vertu de la loi qui criminalisait l’homosexualité.

On estime qu’entre 5.000 et 15.000 homosexuels ont été détenus dans des camps de concentration sous le régime nazi.

Ces statistiques ne couvrent cependant pas l’ensemble des cas, les « corrupteurs de la jeunesse », les prostitués et les récidivistes pouvant être directement internés en camp de travail sans jugement. L’« émasculation volontaire » est également « proposée » par la police aux homosexuels poursuivis au titre du paragraphe 175. Quant à la castration forcée, elle n’est imposée que dans certains cas, cette fois au titre de la loi de prévention des maladies héréditaires modifiée en juin 1935, ou de celle sur les crimes sexuels de novembre 1934, sans qu’il soit possible de différencier les homosexuels parmi ceux qui en ont été victimes ; le recours à la castration systématique a été proposé à plusieurs reprises par Himmler, notamment en 1939 puis en 1942, mais n’a pas été retenu.

L’historienne Dagmar Herzog affirme quant à elle qu’entre 46 000 et 50 000 homosexuels auraient été indistinctement emprisonnés ou internés, et qu’entre 5 000 et 10 000 y seraient morts.

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La mort de Gad Beck le 24 juin 2012, considéré comme le dernier survivant gay de l’holocauste, a laissé un vide. Il était le dernier témoin vivant et le représentant d’une période de persécution et de souffrance qui a coûté la vie à des milliers d’homosexuels.

Robert Biedron, un activiste polonais, décrit des scènes d’humiliations quotidiennes pour les homosexuels détenus dans des camps :

«Ils étaient forcés de dormir en chemise de nuit et de garder leurs mains en dehors du lit. A Flossebürg, les homosexuels étaient forcés de fréquenter des prostituées. Les Nazis faisaient même des trous dans les murs pour observer le comportement de leurs prisonniers homosexuels.»

Le témoignage de Rudolf Brazda, survivant, en 2010 :

http://youtu.be/9yPLoH3qyvQ

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« Des jours, des semaines, des mois passèrent. De mai à novembre 1941, je vécus six mois de la sorte dans cet espace où l’horreur et la sauvagerie étaient la loi. Mais je tarde à évoquer l’épreuve qui fut la pire pour moi, alors qu’elle se passa dans les premières semaines de mon incarcération dans le camp. Elle contribua plus que tout à faire de moi cette ombre obéissante et silencieuse parmi d’autres.

 

Un jour, les haut-parleurs nous convoquèrent séance tenante sur la place de l’appel. Hurlements et aboiements firent que, sans tarder, nous nous y rendîmes tous. On nous disposa au carré et au garde-à-vous, encadrés par les SS comme à l’appel du matin. Le commandant du camp était présent avec tout son état-major. J’imaginais qu’il allait encore nous assener sa foi aveugle dans le Reich assortie d’une liste de consignes, d’insultes et de menaces à l’instar des vociférations célèbres de son grand maître, Adolf Hitler. Il s’agissait en fait d’une épreuve autrement plus pénible, d’une condamnation à mort.

  Au centre du carré que nous formions, on amena, encadré par deux SS, un jeune homme. Horrifié, je reconnus Jo, mon tendre ami de dix-huit ans. Je ne l’avais pas aperçu auparavant dans le camp. Etait-il arrivé avant ou après moi ? Nous ne nous étions pas vus dans les quelques jours qui avaient précédé ma convocation à la Gestapo. Je me figeai de terreur. J’avais prié pour qu’il ait échappé à leurs rafles, à leurs listes, à leurs humiliations. Et il était là, sous mes yeux impuissants qui s’embuèrent de larmes. Il n’avait pas, comme moi, porté des plis dangereux, arraché des affiches ou signé des procès-verbaux. Et pourtant il avait été pris, et il allait mourir. Ainsi donc les listes étaient bien complètes. Que s’était-il passé ? Que lui reprochaient ces monstres ? Dans ma douleur, j’ai totalement oublié le contenu de l’acte de mise à mort.

Puis les haut-parleurs diffusèrent une bruyante musique classique tandis que les SS le mettaient à nu. Puis ils lui enfoncèrent violemment sur la tête un seau en fer blanc. Ils lâchèrent sur lui les féroces chiens de garde du camp, des bergers allemands qui le mordirent d’abord au bas-ventre et aux cuisses avant de le dévorer sous nos yeux. Ses hurlements de douleur étaient amplifiés et distordus par le seau sous lequel sa tête demeurait prise. Raide et chancelant, les yeux écarquillés par tant d’horreur, des larmes coulant sur mes joues, je priai ardemment pour qu’il perde très vite connaissance. Depuis, il m’arrive encore souvent de me réveiller la nuit en hurlant. Depuis plus de cinquante ans, cette scène repasse inlassablement devant mes yeux. Je n’oublierai jamais cet assassinat barbare de mon amour. Sous mes yeux, sous nos yeux. Car nous fûmes des centaines à être témoins. Pourquoi donc se taisent-ils encore aujourd’hui ? Sont-ils donc tous morts ? Il est vrai que nous étions parmi les pus jeunes du camp, et que beaucoup de temps a passé. Mais je pense que certains préfèrent se taire pour toujours, redoutant de réveiller d’atroces souvenirs, comme celui-ci parmi d’autres.

Quant à moi, après des dizaines d’années de silence, j’ai décidé de parler, de témoigner, d’accuser.« 

Extrait de Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel

Le témoignage de Pierre Seel, en 1993 dans l’émission Là-bas si j’y suis :

 

Le documentaire Paragraph 175 en streaming en 4 parties : http://www.dailymotion.com/video/x3bsd8_paragraphe-175-1-4_news

 

Code pénal et homosexualité en France

Depuis la Révolution française (par la loi du 25 septembre – 6 octobre 1791, qui adopta le Code pénal, dont un fait remarquable est l’absence de mention de la sodomie, considérée jusque là comme un crime, ou tout autre terme désignant les rapports homosexuels), les rapports homosexuels en privé entre adultes consentants n’étaient plus poursuivis par la loi en France.

Cependant, une police administrative est mise en place dès avant la Révolution et s’intensifie sous la Monarchie de Juillet et le Second Empire autour des groupes d’homosexuels, notamment parisiens. Elle se caractérise par un recensement écrit, sous forme de fiches, des homosexuels identifiés, des prostitués homosexuels et travestis, le tout compilé dans les « registres des pédérastes ». Le but de ce fichage systématique était essentiellement de prévenir les chantages et les scandales publics tout en contrôlant la prostitution. Le fichage des homosexuels par la police s’est poursuivi (officiellement) jusqu’en 1981.

Le régime de Vichy, par la loi du 6 août 1942 modifiant l’alinéa 1 de l’article 334 du Code pénal, établit une distinction discriminatoire dans l’âge de consentement entre rapports homosexuels et hétérosexuels :

« Sera puni d’un emprisonnement de six mois à trois ans et d’une amende de 2 000 francs à 6 000 francs quiconque aura soit pour satisfaire les passions d’autrui, excité, favorisé ou facilité habituellement la débauche ou la corruption de la jeunesse de l’un ou de l’autre sexe au-dessous de vingt et un ans, soit pour satisfaire ses propres passions, commis un ou plusieurs actes impudiques ou contre nature avec un mineur de son sexe âgé de moins de vingt et un ans. »

Cette loi crée une distinction explicite entre rapports homosexuels et hétérosexuels s’agissant de l’âge à partir duquel un mineur civil peut entretenir une relation sexuelle avec un adulte, sans que cet adulte commette une infraction pénalement réprimée (il faut attendre 21 ans pour les rapports homosexuels et 13 ans pour les rapports hétérosexuels puis 15 ans à partir de 1945). À la Libération, cet alinéa n’est pas abrogé. À peine modifié, ce paragraphe est seulement déplacé à l’alinéa 3 de l’article 331 du Code pénal. Cette nouvelle loi punit

« …d’un emprisonnement de six mois à trois ans et d’une amende de 60 francs à 15 000 francs quiconque aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe mineur de vingt et un ans. »

En 1974, l’âge de majorité sexuelle pour les rapports homosexuels est abaissé à 18 ans (la loi change l’âge de majorité de 21 ans à 18 ans dans tous les articles du Code civil et du Code pénal).

En plus de l’article 331 du Code pénal, une seconde loi faisait mention explicitement de l’homosexualité : l’ordonnance du 25 novembre 1960 (créant l’alinéa 2 de l’article 330 du Code pénal), qui doublait la peine minimum pour outrage public à la pudeur quand il s’agissait de rapports homosexuels.

Il faudra des années de luttes pour qu’en 1982 le Code pénal ne rende plus répréhensible l’homosexualité en France.

 

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Une pensée pour toutes les autres victimes du nazisme et du régime de Vichy oubliées de la mémoire collective, et pour leurs « descendants » : Tziganes, Noirs, handicapés, asociaux, communistes, slaves, anarchistes, prostituées, Témoins de Jéhovah…

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[actu] Syrie : situation des gays et des « personnes présentées comme homosexuelles » https://depavage.noblogs.org/post/2015/01/24/actu-syrie-situation-des-gays-et-des-personnes-presentees-comme-homosexuelles/ Sat, 24 Jan 2015 20:38:48 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=907 Continuer la lecture →]]>

Ar_Gay_SyrQuelques articles issus de mass médias sur la situation des homos et de ceux considérés comme tels en Syrie et dans la région…

 Voir les précédents articles.

14 exécutés en six mois pour adultère ou homosexualité

Publié le 14 janvier par le média gay dominant Tétu avec le média colonialiste AFP.

Les jihadistes et les groupes islamistes ont exécuté depuis la mi-juillet en Syrie sept hommes et sept femmes pour adultère ou homosexualité, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

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La dernière victime recensée est une femme accusée « d’infidélité » qui a été tuée par le Front al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaïda, dans la province d’Idleb (nord-ouest), selon cette ONG qui dispose d’un vaste réseau de militants et de sources médicales dans le pays.

Dans une vidéo postée par l’Observatoire, un groupe de combattants d’Al-Nosra attachent une femme avant de l’abattre avec un pistolet dans la ville de Maaret Noomane. Le supplice a lieu devant une foule de civils et de combattants tandis qu’un jihadiste accuse la femme « d’adultère ».

L’OSDH fait état de 13 autres personnes exécutées pour adultère ou homosexualité depuis juillet. Parmi elles figure un homme accusé aussi d’adultère et lapidé l’an dernier par le Front al-Nosra et d’autres groupes islamistes à Saraqeb, dans la province d’Idleb.

DEUX « GAYS » JETÉS D’UN IMMEUBLE
Les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) ont pour leur part donné la mort à trois femmes pour le même motif et à deux hommes « pour avoir eu des pratiques indécentes avec d’autres hommes ».

Un groupe islamiste dans la province septentrionale d’Alep et l’EI dans celle de Deir Ezzor (est) ont jeté chacun homme d’un immeuble avant de le lapider pour homosexualité.

D’autres groupes ont mis à mort trois femmes dans la province centrale de Hama pour adultère, dont une lapidée par son propre père.

Le directeur de l’OSDH Rami Abdel Rahmane a affirmé à l’AFP qu’il y avait eu sûrement d’autres exécutions de ce type en Syrie, mais qui n’avaient pas été documentées.

L’EI a émergé durant la guerre en Syrie au printemps 2013 et a proclamé un califat sur les larges pans de territoire qu’il a conquis en Irak et en Syrie.

 

Plusieurs associations mettent en garde sur le relai des messages de propagande véhiculés par Daesh.

Exécution de personnes présentées comme homosexuelles en Syrie: pourquoi il faut être prudent

Publié par le massmédia gay yagg.

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Sur plusieurs sites internet proches de l’État islamique, des photos présentant deux hommes jetés du haut d’un immeuble ont été publiées samedi 17 janvier. En légende, les mots suivants: «Cette exécution est une punition pour avoir commis le crime du peuple de Lot en les poussant depuis le sommet d’un grand immeuble». Ce que Daesh interprète comme le «crime du peuple de Lot» correspond en fait à l’homosexualité. Le mode opératoire des djihadistes n’a pas varié depuis les exécutions précédentes: le but recherché demeure de créer un spectacle fondé sur la terreur, comme l’expliquait à Yagg le spécialiste de l’islam politique Olivier Roy. Pour l’International Gay and Lesbian Human Rights Commission (IGLHRC) et l’association de défense des droits des femmes Madre, il convient de faire attention lorsque l’on évoque ces crimes afin de ne pas mettre en danger les personnes LGBT de la région.

«ENLEVER TOUTE CRÉDIBILITÉ À DES ADVERSAIRES»
Car les personnes présentées comme homosexuelles par Daesh ne le sont pas forcément. Compte tenu de la situation locale, il est très difficile d’obtenir des informations fiables sur l’orientation sexuelle des personnes exécutées, font valoir les deux organisations dans un communiqué. «Pour le moment, parler publiquement de ces hommes en tant que “gays” ne peut créer que des problèmes, préviennent-elles. Si ces hommes ne s’identifiaient pas comme homosexuels, cette allégation est incorrecte et rend plus obscures les motivations qui ont poussé l’État islamique à les présenter publiquement comme tels. Si ces hommes se considéraient effectivement comme des homosexuels,  il faut faire preuve d’une extrême prudence et consulter les personnes qu’ils aimaient pour déterminer si une large communication pourrait nuire à leur famille, à leurs proches et à leurs partenaires.»

Pour Madre et l’IGLHRC, Daesh pourrait utiliser l’homosexualité pour saper l’influence d’opposants: «Accuser des adversaires d’être homosexuel.le.s est une stratégie déjà utilisée à travers le monde entier pour enlever toute crédibilité à ces adversaires», rappellent les organisations. Celles-ci demandent à chacun.e de faire preuve de précision car les informations véhiculées par Daesh ont un impact direct sur la vie des populations locales: après des rumeurs de massacres en 2012, plusieurs personnes LGBT ont quitté le pays, se sont cachées ou ont songé au suicide, indique l’IGLHRC.

La stratégie de propagande mise en œuvre par l’État islamique reposant sur la terreur, propager les images de Daesh sans recul participe de cette stratégie.

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Etre gay en Syrie

Publié en décembre 2013 par le massmédia Foreign office / Slate.

Coincée entre le régime de Bachar el-Assad et les islamistes, la communauté gay de Syrie doit lutter pour sa survie. Ce qui, pour ces hommes qui n’ont nulle part où aller, veut bien souvent dire quitter la Syrie, pour un ailleurs peu sûr.

BEYROUTH (Liban)

Quand les rebelles syriens ont pris Racca en mars 2013, on aurait pu croire que la capture de cette cité nordique qui était jusque-là contrôlée par le régime du président Bachar el-Assad leur suffirait. Ils ne se sont pas immiscés dans la vie privée des citoyens selon Amir, un Syrien originaire de la ville.

Cette période de calme n’a hélas pas duré. Quand des groupes islamistes comme l’Etat islamique d’Irak et du Levant (ISIS) et le Front al-Nosra, tous deux apparentés à al-Qaida, ont commencé à monter en puissance, ils ont imposé leur interprétation de la justice islamique à la population.

«Petit à petit, ils ont entrepris de purifier la ville de ses éléments non islamiques, raconte Amir. Ailleurs, il y a des tribunaux, des procès… Mais avec eux, en un jour ou deux, ils peuvent décider de vous décapiter.»

La vie à Racca est rapidement devenue impossible pour Amir, qui est gay. Il a réussi à s’enfuir à Beyrouth. Il est sûr et certain d’être recherché par les djihadistes.

«Avant, avec le gouvernement syrien, on pouvait s’en sortir avec des pots-de-vin, nous explique-t-il. Mais certaines personnes sont tellement religieuses qu’elles résistent aux pots-de-vin.»

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Tandis que les violences en Syrie se poursuivent, de nombreuses personnes se sont réfugiées auprès de leurs communautés ethniques ou religieuses pour y trouver la protection. Mais contrairement aux autres groupes minoritaires comme les chrétiens, les kurdes et les alaouites, les minorités sexuelles, et en particulier les homosexuels, ne bénéficient d’aucune protection de la part des institutions politiques, ethniques ou religieuses. Les homosexuels syriens ne sont nulle part à l’abri: dans tout le pays, ils ont été à la fois la cible d’attaques de militants pro-régimes et de miliciens islamistes. Parfois à cause de leur orientation sexuelle, mais aussi parce qu’ils sont perçus comme une proie facile à dépouiller au milieu d’une guerre chaotique.

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Une violence qui peut aller jusqu’à la mort

 En tant que responsable du programme au Projet d’assistance aux réfugiés irakiens (Irap), j’ai eu l’occasion d’interviewer des dizaines de réfugiés homosexuels syriens qui ont fui au Liban pour échapper à la persécution. L’Irap fournit une assistance légale à des réfugiés de toutes nationalités pour les aider à se réinstaller. De nombreux Syriens homosexuels ont accepté de témoigner pour m’aider à écrire cet article, sans que ce soit lié à l’assistance qu’ils ont reçue de la part d’Irap. Au cours de nos conversations, ces hommes ont décrit une culture de la violence véritablement choquante, même quand on prend en compte les innombrables et incroyables violations des droits de l’homme commises par la Syrie.

Les homosexuels qui sont toujours en Syrie ne doivent pas seulement éviter d’être découverts, puisque la capture d’une de leurs connaissances peut également représenter une menace mortelle. Amir se rappelle d’un de ses amis homosexuels, Badr, qui a été kidnappé l’été dernier par le Front al-Nosra, avant d’être torturé pour obtenir des informations sur d’autres homosexuels puis exécuté:

«Quelques jours plus tard, le Front al-Nosra a rassemblé des gens sur la place et a dénoncé un autre type en disant qu’il était pédé, raconte Amir. Ils lui ont coupé la tête avec une épée.»

Toute cette violence ne semble pourtant pas uniquement liée aux croyances islamistes. Il se pourrait qu’elle soit également provoquée par une simple envie de manifester son pouvoir et son autorité. Certains homosexuels ont eux-mêmes participé à des actes de violence à l’encontre de leurs semblables, en toute conscience du fait qu’ils risquaient d’être démasqués.

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Imad raconte ainsi l’histoire d’une connaissance homosexuelle qui combat actuellement aux côtés d’un groupe islamiste:

«Il couchait avec un de mes amis homosexuels pour de l’argent, et puis il a disparu pendant quelques mois. En fait, il était en train de suivre un entraînement militaire à l’étranger. Il est revenu avec une longue barbe. Il est sûrement motivé par l’argent et par la protection qu’ils peuvent lui apporter.»

Les réfugiés qui fuient les violences en Syrie peuvent en général se contenter d’éviter les zones contrôlées par le groupe auquel ils s’opposent, mais dans le cas des homosexuels, les violences ne sont pas confinées à une seule zone géographique. Un résident de Damas, Najib, a fui sa maison après que son frère a découvert qu’il était gay. Son travail l’a conduit à rejoindre une banlieue de la capitale contrôlée par les rebelles, où il a entamé une relation avec un combattant islamiste. Le chef de la brigade, un musulman très conservateur, a commencé à avoir des soupçons sur leur relation, ce qui a forcé Najib à fuir une nouvelle fois pour se réfugier dans une banlieue plus proche de la ville.

Etat, opposition, tout le monde s’en prend aux homos

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Un matin, des miliciens pro-régime l’ont arrêté à un point de contrôle. Najib a reconnu l’un des hommes, Kheder: il l’avait vu dans un parc qui servait de lieu de rendez-vous non officiel pour les homosexuels avant la révolution. Les hommes lui ont bandé les yeux et l’ont amené à l’intérieur d’un bâtiment, avant de lui réclamer 15.000 dollars s’il ne voulait pas être livré aux autorités de l’Etat.

«Après ça, ils m’ont dit de me déshabiller. Ils ont pris mon téléphone et m’ont photographié, raconte-t-il. Un autre type m’a mis un coup de pied dans la tête et m’a traité de prostitué. Après ça, ils m’ont violé.»

Najib a apporté de l’argent le lendemain, et a promis qu’il amènerait le reste de la somme dans les jours qui suivraient. Au lieu de ça, il a fui au Liban.

«Une personne homosexuelle en Syrie est prise entre deux feux: celui du régime, et celui de l’opposition, explique-t-il. Le problème, c’est que la plupart des gens trouvent normal qu’on s’en prenne aux homosexuels.»

Même si les actes de violence sont devenus de plus en plus communs ces dernières années, la persécution des homosexuels en Syrie date de bien avant le soulèvement. Le code pénal syrien stipule qu’un acte sexuel «non naturel» est un crime qui peut entraîner une peine de prison de trois ans. Le manque général d’acceptation de la société syrienne envers l’homosexualité a toujours forcé les homosexuels à vivre cachés et à se voir en secret pour éviter d’être arrêtés ou de subir les représailles d’un «crime contre l’honneur».

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En 2009, la police a arrêté un groupe d’homosexuels à Racca après avoir obtenu un enregistrement de deux hommes en train de faire l’amour. Les policiers ont eu recours à la torture pour obtenir les noms d’autres homosexuels, avant de les arrêter eux aussi.

«Beaucoup de gens ont été attachés et roués de coup avant d’être interrogés. La plupart d’entre eux ont avoué leur homosexualité juste pour qu’on arrête de les torturer, m’explique Selim, un jeune homosexuel qui a fui Racca au printemps dernier, en parlant de la situation dans cette ville avant la révolution. Par contre, si on connaissait quelqu’un de haut placé au gouvernement, on pouvait s’en tirer. Tout le monde n’était pas arrêté. Certains subissaient juste un chantage alors que d’autres versaient des pots de vin à la police.»

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Beyrouth, un asile qui n’est pas le paradis

Pour certains Syriens homosexuels, des membres de leur propre famille pouvaient représenter la plus grande menace d’être découvert. Joseph, un chrétien originaire de Deir Ez-Zor, une ville de l’est du pays, a fui la Syrie il y a quelques mois après avoir oublié d’éteindre son ordinateur dans un café alors qu’il se trouvait avec ses cousins. Il était en pleine conversation avec son petit-ami.

«Le lendemain, ils sont venus me voir et m’ont dit de quitter la Syrie, parce que j’allais déshonorer notre famille. Ils m’ont menacé de me tuer si je refusais de partir.»

Dans les 24 heures, Joseph est parti pour le Liban.

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Même si Beyrouth est souvent considérée comme la ville la plus ouverte et libérée du Moyen-Orient, de nombreux réfugiés gays trouvent que leur situation n’y est pas beaucoup plus enviable. Dans la capitale libanaise, certains ont découvert qu’ils étaient exploités de la même manière que dans leur pays d’origine.

Hussein a fui le nord de la Syrie au printemps dernier, après qu’un membre de sa famille a essayé de l’assassiner en apprenant qu’il était gay. Il ne connaissait personne à Beyrouth et a commencé à dormir sur la plage. Il a été forcé de se prostituer pour survivre.

«Une fois, un type m’a ramassé pour coucher avec moi, me raconte-t-il. En fait, j’ai été violé par tout un groupe d’hommes libanais. Après l’agression, je suis retourné sur la plage parce que je n’avais nulle part où aller.»

Au cours de mes entretiens, quand je leur ai demandé s’ils ne pouvaient pas trouver un endroit plus sûr, la plupart des réfugiés homosexuels syriens m’ont toujours répondu la même chose: ils n’ont nulle par où aller. Cette situation doit changer: même s’il est difficile d’attendre plus de droits pour les homosexuels dans une société conservatrice en pleine guerre civile, les organisations d’aide aux réfugiés peuvent faire plus pour aider cette minorité oubliée. L’équipe devrait être particulièrement entraînée pour faire face aux besoins de cette population, on devrait développer les services d’aide aux hommes victimes de violences sexuelles, les individus les plus vulnérables devraient bénéficier d’un refuge plus sûr, et les réfugiés qui présentent le plus de risques devraient être déplacés dans un autre pays.

Yaman, un Syrien homosexuel qui a fui Kameshli, une ville au nord du pays, décrit son incapacité à trouver un logement à Beyrouth, et comment il a été ramassé dans la rue par un homme riche en échange de ses services sexuels. L’homme en question l’enfermait à l’intérieur de sa maison quand il partait travailler pour garder Yaman prisonnier.

«Après un temps, je ne pouvais plus le supporter, alors je suis parti, raconte-t-il. Je préfère encore être affamé et vivre dans la rue.»

Haley Bobseine
Responsable du programme Moyen-Orient du Iraqi Refugee Assistance Project

Traduit par Hélène Oscar Kempeneers

NDLE: Tous les noms ont été changés pour conserver l’anonymat des témoins.

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