Mecs trans – fTm – fTx – Mt – Dépavage https://depavage.noblogs.org Dép' (pédés - "HSH", "homos", "gays"-) et luttes sociales >> Revue de presse, archives et contributions Thu, 02 Jul 2015 17:26:00 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1 [actu] USA : 2 exemples de gestions des prisonnièr-e-s trans https://depavage.noblogs.org/post/2015/02/15/actu-usa-2-exemples-de-gestions-des-prisonnier-e-s-trans/ Sun, 15 Feb 2015 16:04:35 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1299 Continuer la lecture →]]> transprisonDans l’Ontario, les prisonniers transgenres seront désormais placés dans un établissement selon le genre auquel ils ou elles s’identifient. A la prison centrale pour hommes de Los Angeles, les gays et les trans sont placés dans une aile spéciale, séparée des autres détenus. Articles de mass médias.

Détenus transgenres

L’Ontario adopte une nouvelle politique

Les détenus transgenres dans les prisons de l’Ontario seront désormais placés dans un établissement selon le sexe auquel ils ou elles s’identifient et non sur la base de leurs traits physiques ou sexuels, vient d’annoncer le gouvernement provincial

Les nouvelles politiques et directives mises en oeuvre «établissent les exigences en matière d’admission, de classification et de placement des détenus et détenues dont l’identité sexuelle ou l’expression de l’identité sexuelle est différente du sexe qui leur a été attribué à la naissance», a précisé le ministère ontarien de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels. Il s’agit d’«une des politiques les plus progressives en ce qui a trait à la gestion des détenus et détenues trans en Amérique du Nord», a ajouté le ministère.

Les nouvelles mesures prévoient que les besoins des détenus et détenues trans seront «évalués et accommodés par l’entremise d’un processus de gestion de cas qui sera mis au point par une équipe de gestion de cas multidisciplinaire» afin de respecter les droits de la personne.

En outre, des mesures assureront que la vie privée et la confidentialité de ces détenus et détenues seront protégées, notamment en ce qui concerne l’identité et les antécédents sexuels de la personne.

Ces détenus pourront dorénavant choisir le sexe des personnes qui les fouilleront et être assurés que leur intimité sera protégée durant les fouilles.

Aussi, les détenus et détenues trans pourront être désignés «selon les nom, prénom et pronoms personnels qu’ils et elles préfèrent» et auront accès aux «vêtements et sous-vêtements institutionnels qu’ils et elles préfèrent lorsqu’ils et elles sont sous garde, lorsqu’ils et elles comparaissent devant la cour et lors de leur libération».

Ces personnes pourront par ailleurs conserver «leurs articles personnels nécessaires à l’expression de leur identité sexuelle, y compris leurs prothèses, tant à l’intérieur de l’établissement que lorsqu’ils et elles sont transférés par le personnel des services correctionnels, sauf s’il peut être démontré qu’il existe des préoccupations prédominantes ne pouvant être atténuées. Ces préoccupations seront clairement expliquées au détenu ou à la détenue».

Leur accès aux douches et aux toilettes sera individualisé et privé «à des fins de sécurité et de respect de la vie privée».

Le ministère a souligné que des «ressources et possibilités éducatives sont mises à la disposition des membres du personnel pour rehausser leur sensibilisation aux personnes trans et les aider à mettre en œuvre la politique». La formation débutera en mars.

Publié par Fugues – 04 février 2015.
 
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A la prison centrale pour hommes de Los Angeles, une aile pour les gays et transgenres

Il n’existe pas d’équivalent, aux Etats-Unis, de la «K6G» de la prison centrale pour hommes de Los Angeles. Parmi les 21 plus grands établissements pénitentiaires urbains des Etats-Unis, celui de LA est le seul à disposer d’une aile totalement réservée aux gays et transgenres, où ils vivent séparés du reste de la population carcérale. C’est ce que l’on découvre dans un reportage du Los Angeles Weekly, qui est allé y filmer des scènes de vie quotidienne.
Dans la K6G, les prisonniers peuvent s’exprimer: ils décorent leur chambre, organisent des «dortoirs-dating» ou un défilé de mode avec des vêtements créés à partir de leurs draps de prison et de leurs objets du quotidien:
«Techniquement, les détenus détruisent la propriété du Département quand ils réutilisent leurs blouses de prison, les rasoirs et t-shirts officiels. […] cependant […] la réprimande n’a pas tellement de sens quand les détenus sont engagés dans des activités inoffensives»
L’entraide est aussi bien plus importante. Les «House mouth», ces détenus connus pour leur attitude de soumission ou leur connivence avec les supérieurs, sont mieux vus que dans le reste de l’établissement. Ils sont élus par les autres prisonniers et chargés de rapporter les doléances à l’administration.
Mais surtout, cette aile est un relatif «havre de paix» au sein de la prison centrale pour hommes de Los Angeles. L’établissement est connu pour sa violence: sept geôliers ont été condamnés cette année pour usage excessif de la force contre les détenus, dont la population est décrite comme un «chaudron de tensions raciales».
L’aile K6G a été créée en 1985, en réponse à un procès intenté par l’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), afin de protéger les homosexuels de la violence physique. En prison, ces derniers y sont particulièrement exposés:
«En 2007, une étude des détenus californiens a montré que 5% des détenus hétérosexuels ont été victimes d’agressions sexuelles incluant le viol, contre un chiffre stupéfiant de 67% pour les détenus gays, bisexuels et transgenres.»
Le concept a marché au point que le caractère plus sécurisant de cette aile attire des détenus hétérosexuels, qui font semblant d’être gays pour pouvoir l’intégrer. Ce sont notamment les ex-membres de gangs qui craignent la confrontation avec de vieux ennemis, explique le reportage. Ducan Roy, le producteur du reportage, évoque aussi les détenus qui se font arrêter pour rejoindre leur partenaire ou les hétérosexuels attirés par les femmes transexuelles.
Les autorités ont donc pris des mesures:
«Le département du Shérif emploie un “agent de classification” pour éliminer les imposteurs, à travers une série de questions test discutables sur la culture gay […] par exemple de demander aux détenus gays de nommer un bar local gay qu’ils fréquentent. Si un détenu entrant nomme correctement un bar gay à LA, Machado [le shérif] leur pose immédiatement une suite de questions plus difficiles, comme “Quels sont les droits d’entrée?”»
Il n’existe pas d’équivalent, aux Etats-Unis, de la «K6G» de la prison centrale pour hommes de Los Angeles. Parmi les 21 plus grands établissements pénitentiaires urbains des Etats-Unis, celui de LA est le seul à disposer d’une aile totalement réservée aux gays et transgenres, où ils vivent séparés du reste de la population carcérale. C’est ce que l’on découvre dans un reportage du Los Angeles Weekly (repéré par Reader), qui est allé y filmer des scènes de vie quotidienne.
Dans la K6G, les prisonniers peuvent s’exprimer: ils décorent leur chambre, organisent des «dortoirs-dating» ou un défilé de mode avec des vêtements créés à partir de leurs draps de prison et de leurs objets du quotidien:
«Techniquement, les détenus détruisent la propriété du Département quand ils réutilisent leurs blouses de prison, les rasoirs et t-shirts officiels. […] cependant […] la réprimande n’a pas tellement de sens quand les détenus sont engagés dans des activités inoffensives»

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L’entraide est aussi bien plus importante. Les «House mouth», ces détenus connus pour leur attitude de soumission ou leur connivence avec les supérieurs, sont mieux vus que dans le reste de l’établissement. Ils sont élus par les autres prisonniers et chargés de rapporter les doléances à l’administration.
Mais surtout, cette aile est un relatif «havre de paix» au sein de la prison centrale pour hommes de Los Angeles. L’établissement est connu pour sa violence: sept geôliers ont été condamnés cette année pour usage excessif de la force contre les détenus, dont la population est décrite comme un «chaudron de tensions raciales».

L’aile K6G a été créée en 1985, en réponse à un procès intenté par l’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), afin de protéger les homosexuels de la violence physique. En prison, ces derniers y sont particulièrement exposés:
«En 2007, une étude des détenus californiens a montré que 5% des détenus hétérosexuels ont été victimes d’agressions sexuelles incluant le viol, contre un chiffre stupéfiant de 67% pour les détenus gays, bisexuels et transgenres.»
Le concept a marché au point que le caractère plus sécurisant de cette aile attire des détenus hétérosexuels, qui font semblant d’être gays pour pouvoir l’intégrer. Ce sont notamment les ex-membres de gangs qui craignent la confrontation avec de vieux ennemis, explique le reportage. Ducan Roy, le producteur du reportage, évoque aussi les détenus qui se font arrêter pour rejoindre leur partenaire ou les hétérosexuels attirés par les femmes transexuelles.
Les autorités ont donc pris des mesures:
«Le département du Shérif emploie un “agent de classification” pour éliminer les imposteurs, à travers une série de questions test discutables sur la culture gay […] par exemple de demander aux détenus gays de nommer un bar local gay qu’ils fréquentent. Si un détenu entrant nomme correctement un bar gay à LA, Machado [le shérif] leur pose immédiatement une suite de questions plus difficiles, comme “Quels sont les droits d’entrée?”»
Le directeur exécutif du Centre pour la Justice sexuelle de Washington estime que ces questions se fondent sur des stéréotypes de la culture LGBT, et peuvent par exemple exclure certains hommes gays et transgenres qui ne s’intéressent pas à la vie nocturne.
Il ne faudrait enfin pas croire que l’aile K6G a éliminé tous les problèmes de la vie en milieu carcéral. Les violences y existent encore, qu’elles soient liées aux relations entre prisonniers ou exacerbées par les symptômes du manque chez les transexuels qui prennent des hormones. Le système carcéral n’est pas non plus équipé pour gérer les problèmes d’addiction.

Pourtant, comme l’exprime Ducan Roy, qui a lui-même séjourné au sein de la K6G:
«On est toujours à la recherche d’espoir en prison, l’espoir que les choses vont changer, l’espoir d’une libération anticipée. Les gens vivent toujours dans l’espoir que les choses vont être différentes, qu’elles changeront.»

Publié par Slate le 21 novembre 2014
 
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« 5 choses que j’aimerais bien que les mecs gays sachent à mon sujet », Matt Kailey, 2010 https://depavage.noblogs.org/post/2015/02/03/5-choses-que-jaimerais-bien-que-les-mecs-gays-sachent-a-mon-sujet-matt-kailey-2010/ Tue, 03 Feb 2015 14:27:10 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1233 Continuer la lecture →]]>

6503_NpAdvHover« Beaucoup des hommes gay que je rencontre ne sont même pas au courant que des hommes trans existent au beau milieu d’eux. »

Traduction publiée sur Transmecs & mecs le 30 novembre 2014

 

5 choses que j’aimerais bien que les mecs gays sachent à mon sujet

par Matt Kailey, 2010

En tant que rédacteur en chef pour l’une des plus vieilles publications LGBT du pays – et en tant qu’homme trans s’identifiant comme gay — je passe beaucoup de temps au milieu d’hommes gay non-trans.

Je travaille avec eux, je travaille pour eux, je les interviewe, je passe du temps avec eux, je vais à leurs soirées, je vais aux événements qu’ils organisent, je leur parle, j’écris pour eux, et j’écris sur eux. Et quelquefois je leur fait peur — pas de manière délibérée, mais parce que, en dehors de la communauté militante, beaucoup des hommes gay que je rencontre ne sont même pas au courant que des hommes trans existent au beau milieu d’eux.

Ils s’attendent à ce qu’on puisse nous remarquer d’une manière ou d’une autre, ou encore leur définition de trans regroupe les femmes trans et Chaz Bono — ils ne sont pas du tout familiers de la population plus large des hommes trans.

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Si je vous ai fait peur récemment (ou un jour), voilà ce que j’aimerais que vous sachiez :

  1. Vous n’êtes pas obligés de sortir avec moi ou de coucher avec moi, et vous n’êtes pas transphobes, superficiels, ou des cons, si vous n’en avez pas envie (vous êtes peut-être tout ça, mais votre désintérêt ne signale pas ça automatiquement). Il est fort possible que je n’ai pas envie de sortir ou de coucher avec vous moi non plus. Bavarder de manière amicale peut être une manière pour vous et moi de prendre une décision à ce sujet. Et, des fois, une discussion amicale est juste ça — une discussion amicale, rien de plus. Parfois un cigare est juste un cigare.
  2. Juste parce que j’ai été un peu socialisé de manière féminine, ça ne veut pas dire que j’ai envie de me marier ou même d’être monogame. Vous avez regardé trop de films hétéros sur la chaîne Lifetime.
  3. Vous n’avez pas besoin de faire attention à ce que vous dites en ma présence. C’est ok d’aimer les verges et même de le dire à voix haute. Vous ne me faites pas de peine. Je les aime aussi. Et c’est ok de me dire « ma chérie » et « elle » si vous appelez les autres mecs gays comme ça. Vous n’avez pas à vous excuser et à expliquer que ce n’était pas une erreur et que vous n’êtes pas en train de me manquer de respect et que, vraiment, vous dites ça aux autres mecs gays. Je sais faire la différence.
  4. Si je ne me présente pas à vous comme “Matt Kailey, homme trans”, ce n’est pas parce que j’essaie de vous « tromper ». C’est juste pas nécessaire par moment. Si nous en arrivons au stade de la « conversation amicale », vous serez au courant. Et j’apprendrai probablement des choses à votre sujet que, vous aussi, vous ne m’avez pas dit quand vous m’avez dit votre nom.
  5. Si vous voulez savoir ce que ça fait de coucher « avec une femme », je peux vous présenter à quelques-unes qui pourraient être intéressées. Si vous voulez savoir ce que ça fait de coucher « avec un homme trans », je ne peux probablement pas vous aider, parce que « un » n’est pas un échantillon représentatif. Si vous voulez savoir ce que ça fait de coucher avec moi, ça peut éventuellement s’arranger. (Attention je vous raconte la fin : ce n’est pas trop mal, à ce qu’on m’a dit.)

Mais le thème traversant tout ceci est : relax. Je suis peut-être le premier homme trans que vous ayez jamais rencontré de votre vie. C’est plus probable que non. Je suis juste le premier qui vous en ait parlé ou au sujet de qui vous étiez au courant. Mais, peu importe, vous n’avez pas à faire ou dire quoi que ce soit de différent. Vous n’avez pas à vous comporter différemment.

Je vis comme je suis. Vous avez juste à être qui vous êtes. Quoi qu’il se passe après ça ne pose pas de problème.

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[actu] Existrans 2014 : fête et défaite des trans et des intersexes ? https://depavage.noblogs.org/post/2014/10/22/existrans-2014/ Tue, 21 Oct 2014 23:02:22 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=445 Continuer la lecture →]]> L’Existrans 2014, c’était le 18 octobre.

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« La France, comme d’autres pays d’Europe, dégringole vers les idéologies réactionnaires, naturalistes et misogynes. Chaque nouvelle indignité de la majorité nous fait craindre plus encore qu’auparavant celles et ceux qui lui succèderont. Le nationalisme est une menace pour les trans, tout comme il constitue un danger pour les séropositifVEs. »

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(…) nous exigeons :

  • Le changement d’état-civil libre et gratuit devant un officier d’état-civil, sans condition médicale (ni stérilisation ni suivi psychiatrique), sans homologation par un juge
  • Le libre choix des parcours médicaux, sur la base du consentement éclairé, avec le maintien des remboursements en France et à l’étranger
  • Le démantèlement des équipes et protocoles hospitaliers et la formation des médecins et chirurgiens français pour un suivi médical de qualité, respectueux et dépsychiatrisé
  • La formation et la sensibilisation des personnels en contact avec les personnes trans et Intersexes (santé, éducation, social, administratif, justice, prisons, etc), en lien avec les associations trans et Intersexes
  • La mise en place de mesures pour favoriser l’accès au monde du travail et aux études et pour protéger les salariéEs trans et Intersexes
  • Le financement de campagnes de sensibilisation, en collaboration avec les associations trans et Intersexes, pour lutter contre la transphobie et pour la visibilité des Intersexes
  • Le financement de la recherche et de la communication sur la santé des personnes trans et Intersexes et de leurs partenaires (VIH/sida, hépatites, IST, effets des traitements à long terme, interactions médicamenteuses, etc)
  • L’abandon des projets de lois contre le travail du sexe précarisant et mettant en danger les personnes trans et Intersexes concernées et l’abandon de tout projet visant à pénaliser les clientEs
  • Le respect des droits humains pour les personnes trans et Intersexes en milieu carcéral
  • La reconnaissance et la prise en compte de l’extrême fragilité sociale des personnes trans et Intersexes migrantEs sans papiers dans les demandes de régularisation
  • La prise en compte par les médias du kit de l’Association des Journalistes LGBT (AJL) pour le respect des personnes trans et Intersexes
  • L’arrêt immédiat des opérations et des mutilations sur les enfants Intersexes, l’accompagnement psychologique de leurs parents et l’accompagnement à l’auto-détermination des Intersexes, conformément à la résolution 1952 (2013) du Conseil de l’Europe pour le droit des enfants à l’intégrité physique
  • L’accompagnement des enfants et adolescents dans leur autodétermination, y compris le respect et la protection de toute expression de genre, le respect des prénoms et genre choisis, notamment dans le cadre scolaire, l’accès sur la base du consentement éclairé aux traitements hormonaux et/ou bloquant la puberté, comme aux autres traitements ou opérations, et l’accès au changement d’état-civil

(…)

Sans aucun droit, stigmatiséEs et maintenuEs dans un système violent, discriminant, et injuste, les personnes trans et intersexes restent soumiSEs à l’arbitraire médical et juridique, à la psychiatrisation et à la pathologisation, à la stérilisation ou à la non reconnaissance légale de leurs identités.

 

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Extrait d’un article sur le site Contrepoints :

« Intersexe, avec un ‘i’ comme ‘invisible’

Pour les personnes intersexes, (…) juges, fonctionnaires de l’état civil et requérants font face à un flou total, la loi ne reconnaissant ni l’existence de sexe variable, plus ou moins « intermédiaire » ou absent, ni la possibilité d’un genre autre ou ambigu. Un manque souligné par l’évolution des autres pays de l’Union Européenne : ainsi outre-Rhin il est possible d’être reconnu à la naissance comme relevant d’un troisième genre, ni féminin ni masculin, depuis le 1er novembre 2013. Mais même cette avancée ne suffit pas à couvrir la complexité de la réalité : seule une partie de la cinquantaine (environ) de conditions d’intersexualité connues, dont beaucoup restent très sous-diagnostiquées même aujourd’hui, sont visibles à la naissance, les autres n’étant décelables qu’à la puberté ou à l’âge adulte.

Dans les cas décelés à la naissance, en dehors de rares complications mettant en péril leur santé, les nouveau-nés sont souvent opérés pour « normalisation génitale » dans un pur souci de confort social et cosmétique pour les parents (souvent très mal informés des conséquences par les médecins). Au prix, pour les victimes de telles réassignations sexuelles forcées, d’une perte de fonction sexuelle voire reproductrice, et d’effets secondaires néfastes (risques infectieux accrus, cicatrices importantes), quand ils ne se voient pas carrément assignés un genre qui ne leur correspond pas.

Pour toutes ces raisons, Existrans réclame comme l’OII l’arrêt de ces opérations de normalisation, afin de laisser les enfants se développer le plus naturellement possible et décider par eux-mêmes, une fois en âge de choisir, s’il y a lieu d’intervenir.

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Communiqué d’Act Up-Paris :

Act Up-Paris sera présente ce samedi 18 octobre à l’Existrans, la marche des trans et intersexes et de celles et ceux qui les soutiennent.

Au-delà du plaisir de nous retrouver, de marcher et d’être visibles, ensemble, cette marche est proprement désolante. Elle entérine une défaite.

En 2006 déjà, à la suite d’une action d’Act Up-Paris, François Hollande, alors premier secrétaire du Parti Socialiste, assurait qu’il était favorable au changement d’état civil libre et gratuit.

Il s’engageait également à une réelle politique de lutte contre le sida chez les personnes trans, notamment en encourageant la recherche sur la santé des trans séropositives et par la mise en place de campagnes de prévention ciblées et vigoureuses.

Après bientôt deux ans et demi de mandat, qu’en est-il aujourd’hui ?

Les réactionnaires de tous poils et de toutes obédiences sont sortiEs de leurs égoûts. Le gouvernement, effrayé de risquer la perte de quelques soutiens, se terre dans l’inaction, ne mentionnant notre existence qu’à de rares occasions, dont l’apparente sollicitude masque mal le mépris.

Lorsque, pétrie de fantasmes transphobes, une part grossissante de l’opinion s’inquiète de la « théorie du genre », le gouvernement se fait conciliant : il n’est pas question d’encourager les élèves des écoles à commencer une transition. Nous voilà rassuréEs !

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Le gouvernement n’a pas déposé de projet de loi facilitant le changement d’état-civil. De temps à autres, quelques parlementaires s’attellent à la question. Dire que le résultat n’est pas à la hauteur est un euphémisme : les propositions de loi qui en découlent nous mettent directement en danger, comme celle qui proposait que les changements d’état-civil soient publiés au Journal Officiel ! Le récent retour du Sénat à droite rend encore plus improbable l’adoption d’une loi qui n’aille pas de pair avec l’institutionnalisation des violences contre tout ou partie d’entre nous.

Lourde défaite. Le changement d’état civil libre et gratuit, sans condition d’opération ou de traitement hormonal ni de test de vie réelle, sans passer devant un juge, aurait permis, sans pour autant les faire disparaître, d’atténuer les violences, discriminations et exclusions auxquelles nous faisons face.

L’état-civil est un vecteur essentiel de notre exclusion sociale : il pèse un poids très important dans l’échec scolaire, universitaire, dans l’extrême difficulté de l’accès à l’emploi, dans les violences récurrentes au sein des institutions médicales. Ces déboires législatifs ne doivent pas être notre seule préoccupation : les gouvernements reculent, le VIH et les IST avancent.

Les femmes trans sont en France un des groupes les plus touchés par l’épidémie de sida. La prévalence parmi elles équivaut à plusieurs dizaines de fois celle de la population générale, et s’élève à plus d’un tiers parmi les femmes trans migrantes ayant exercé le travail du sexe.

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Si cela ne suffisait pas, des chiffres inquiétants nous parviennent de divers hôpitaux : les autres IST se répandent. Sur une file active de personnes trans traitées pour le VIH, ce sont ici 31 %, là-bas 51 % d’entre elles qui doivent en plus faire face à la syphilis. Une syphilis, une hépatite, une gonorrhée multi-résistante sur un sida sont autant de difficultés supplémentaires dans le parcours de soin. Difficultés que seul le préservatif permet pour l’instant d’éviter.

De campagnes de prévention vigoureuses et ciblées, nous n’entendons pas parler. Elle existent pourtant dans d’autres pays : les pouvoirs publics français sont à la traîne, tant ils craignent de froisser l’opinion publique, ou rechignent à attribuer des financements suffisants pour permettre une diffusion optimale des rares campagnes existantes.

La France, comme d’autres pays d’Europe, dégringole vers les idéologies réactionnaires, naturalistes et misogynes. Chaque nouvelle indignité de la majorité nous fait craindre plus encore qu’auparavant celles et ceux qui lui succèderont. Le nationalisme est une menace pour les trans, tout comme il constitue un danger pour les séropositifVEs. Une menace à laquelle le gouvernement nous expose chaque jour un peu plus, et un danger dont une loi, bien que nécessaire, ne nous protègera pas.

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C’est pour cela, et parce que nous savons combien les violences et discriminations nous rendent vulnérables face au virus, que nous le répétons : plus que jamais nous devons rester solidaires, soudéEs, organiséEs, nous parler, constituer des réseaux… arracher des conquêtes.

(ActUp-Paris)

Photos Naïel

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Non à l’instrumentalisation de la question trans par les soutiens du patron de La Mutinerie https://depavage.noblogs.org/post/2014/09/01/non-a-linstrumentalisation-de-la-question-trans-par-les-soutiens-du-patron-de-la-mutinerie/ Mon, 01 Sep 2014 00:51:30 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=190 Continuer la lecture →]]> Texte de juillet 2014.

Nous sommes trans et non blancs/racisés. Nous vivons dans notre chair le fait que ces deux aspects de nous-mêmes nous précarisent. Nous sommes à la fois grévistes et soutiens de la grève à la mutinerie. Nous en avons plus que marre que le patron de ce bar et tous ceux qui le soutiennent utilisent la question trans pour faire diversion sur les questions d’exploitation capitaliste, raciste et sexiste dénoncées par les grévistes.

Les rappels sur la transidentité du patron sont malhonnêtes car on dirait que lui seul était trans et concerné par des oppressions de genre et sexualité.  Or le patron de la mutinerie n’est pas un trans perdu tout seul au milieu de personnes cis (c’est à dire non trans). Il est un trans dans un milieu queer : il y avait d’autres trans, précaires et aussi non blancs. A la mutinerie, peu importe ses opinions politiques ou identités, il est un patron. Un patron qui a comme employé-e-s des meufs, trans ou cis, des mecs trans et des gouines. Ce n’est donc pas sa transidentité qui est déterminante, mais le fait qu’il est le patron de ces personnes.

Un patron, qu’il/elle soit homo, bi, lesbienne, trans, ou tout ce qu’on voudra, est un ennemi de classe face à ses employé-e-s. Le capitalisme a de beaux jours devant lui s’il suffit que le patron ne soit pas l’homme hétérosexuel cis pour qu’on arrête de le combattre avec la même détermination.

Combien de trans ont accès à la possession d’une entreprise ? Sûrement très peu. Ce ne sont que des privilèges de classe qui peuvent le permettre dans un monde aussi transphobe, et cela a des implications concrètes. En possédant un bar, le patron de la mutinerie n’est pas concerné par les discriminations à l’emploi puisque c’est lui qui embauche . Pareil, pour trouver un logement, il est favorisé contrairement aux autres trans qui n’ont pas les filets de sécurité dont il dispose pour constituer un dossier. Tant mieux pour lui, mais qu’il n’essaie donc pas de se transformer en une victime d’un complot transphobe quand ses employé-e-s noirs et arabes, queers et trans, précaires, se rebellent contre lui. On accuse les grévistes « d’utiliser le politique » mais que font le patron et celles/ceux qui le soutiennent avec la question trans ?

Quand des trans sont précaires, exposé-e-s à de grandes difficultés matérielles, sans emploi et logement,  nous refusons catégoriquement qu’un sujet aussi sérieux que la transphobie serve à défendre un patron bourge.  Alors oui nous sommes trans, mais redisons ici que le patron de la mutinerie est un ennemi de classe. Dans ce contexte, la transidentitié ne suffit pas à nous rendre frères et soeurs, et vu le racisme et le classisme qu’a révélé cette grève, nous ne le serons jamais.

Enfin, si tous ceux qui soutiennent le patron parce qu’il est trans s’intéressaient vraiment à la condition des trans :    

  • Pourquoi ont-ils été plus pris de compassion pour la situation du trans patron et pas du tout pour celle du trans gréviste ?  

  • Pourquoi n’ont-ils pas non plus hésité à salir de manière raciste les trans non blancs en soutien à la grève, en les accusant par exemple de vouloir « casser le bar », choses qu’ils n’ont jamais dites ? [Ajout : le 21/08/14 nous tenons à préciser ce point qui illustre le racisme, particulièrement envers les pauvres de cité : un des deux trans racisés qui a tenté une médiation avec le patron avant la grève a été accusé par le patron de l’avoir menacé, de vouloir le taper dans une ruelle, et pour finir, d’être avec 10 mecs pour casser le bar … On retrouve là le discours des soit disant « bandes de mecs dangereux de cité »…]

  • Et puis comment ont-ils pu penser qu’ils défendaient réellement la cause trans en utilisant autant de procédés anti féministes, en persistant à dire, malgré le nombre croissant de personnes impliquées dans la grève et en soutien, que ce n’est qu’une histoire « de meuf frustrée d’avoir été larguée » même quand ceci est totalement faux ?

Ce texte a été distribué et affiché aux UEEH 2014

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Trans Rentboys : recueil de textes sur des travailleurs du sexe trans https://depavage.noblogs.org/post/2014/08/30/trans-rentboys/ Sat, 30 Aug 2014 04:44:17 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=123 Continuer la lecture →]]> gay_transmen_stickers-r5ac340c828074e8eb3f439dfa0eea8ae_v9waf_8byvr_512

Extraits de la brochure :

« Je pense qu’assez peu de gens savent qu’il existe des mecs trans travailleurs du sexe, notamment parce que nous ne sommes pas très présents dans le porno. Il y a beaucoup de porno avec des hommes cis, avec des femmes cis, ou avec des femmes trans (bien que pour ces dernières, l’appellation est un peu différente, et pas forcément… élogieuse) donc c’est ça qui vient à l’esprit des gens, je pense.»

« Une fois, quelqu’un m’a demandé si mes clients étaient majoritairement des hommes, et s’ils étaient plutôt hétéros ou gays. Oui, pour le moment, je n’ai eu que des hommes. Puis j’ai vu la personne faire une drôle de tête en prenant conscience de sa question sur l’orientation sexuelle de mes clients. Et la réponse, c’est oui, j’ai eu des clients hétéros, gays, et curieux. »

(Jet Young, travailleur du sexe trans)

Une brochure traduite par Transkind  à télécharger en format pdf, page par page ou livret.

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