lgsm – Dépavage https://depavage.noblogs.org Dép' (pédés - "HSH", "homos", "gays"-) et luttes sociales >> Revue de presse, archives et contributions Sun, 28 Jun 2015 22:20:17 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1 [actu] Lutte des classes à la Pride de Londres, 30 ans après https://depavage.noblogs.org/post/2015/06/28/actu-lutte-des-classes-a-la-pride-de-londres-30-ans-apres/ Sun, 28 Jun 2015 20:26:16 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1536 Continuer la lecture →]]> lgsm-lonfonpride2015

Sur la présence des « Lesbians and Gays Support the Miners » (LGSM) et des multinationales à la Pride de Londres…

Lire l’article sur l’action des LGSM il y a 30 ans.

Une « London Pride » aux couleurs de la lutte des classes

Publié le 18 juin sur le média trostsko Révolution permanente.

Refusant de se plier au chantage de la cooptation, 30 ans après leur soutien exemplaire aux mineurs en grève ainsi que la participation massive des mineurs à la Marche des fiertés, les « Lesbians and Gays Support the Miners » (LGSM) ont décidé de ne pas défiler en tête de cortège aux côtés des grandes entreprises qui financent de plus en plus la Marche et font de celle-ci une opportunité pour se faire de la publicité, pour tenter se rallier aux cortèges de ceux qui luttent au quotidien contre le système.

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La sortie du film « Pride » et son succès de part et d’autre de La Manche ont conduit à un regain d’enthousiasme pour cet épisode marquant de la lutte des mineurs contre le gouvernement Thatcher dans les années 80. A l’époque, et bien avant que les Marches des Fiertés ne soient transformées en manifestations commerciales et publicitaires par les grandes entreprises prétendument « Gay Friendly », un secteur du mouvement LGBT londonien, regroupé sous le nom « Lesbians and Gays Support the Miners » (LGSM) avait décidé de prendre le parti des mineurs, qui luttaient contre la fermeture des mines et s’affrontaient à la politique brutalement néolibérale de Thatcher et sa police réactionnaire. En faisant tourner des caisses de solidarité dans les bars gays et lesbiens, en participant aux actions des mineurs, ils avaient donné un exemple éclatant de convergence des luttes et de solidarité de classe, ce que les mineurs leur avaient bien rendu en défilant à leurs côtés lors de la Pride de 1985.

Trente ans plus tard, et en s’appuyant sur la notoriété du film, les LGSM proposaient cette année de reprendre ce flambeau de lutte, et de défiler pour la Marche des Fiertés londonienne. Le thème de la Marche des fiertés 2015 à Londres étant « les héros », les grandes entreprises comme Starbucks ou Citibank ont profité de celui-ci pour instrumentaliser le succès du film et se placer en tant que principaux supporteurs voire représentants des « héros de Pride » au même titre que les LGSM. Cherchent-ils ainsi à nous faire croire qu’ils étaient à l’époque du côté des mineurs en lutte ? Cherchent-ils à nous faire croire qu’ils sont solidaires des travailleurs exploités, licenciés, opprimés, réprimés par la police ? S’ils veulent transformer cette lutte et alliance exemplaires, en publicité sur papier glacé ou en icônes à mettre dans des musées, grand bien leur en fasse ! Pour nous cependant, les LGSM ne sont pas des « héros », car nous n’avons pas l’habitude d’idolâtrer des militants. Ils ne sont pas non plus « hors du temps », et leur lutte possède une actualité brûlante, contre toutes les attaques austéritaires que nous subissons de plein fouet. En revanche, les LGSM sont nos camarades et ils le prouvent une nouvelle fois cette année dans leur attitude face à l’instrumentalisation de la Marche des Fiertés.

En effet, si le comité d’organisation de la « Pride » à Londres, avait accepté qu’ils défilent en tête de cortège avec les syndicats de mineurs, il a par la suite informé que ça ne pourrait se faire qu’en petit comité, « par manque de place ». Cet argument n’a cependant pas empêché de donner un espace privilégié aux grandes entreprises qui souhaitent faire de la Marche leur vitrine publicitaire, et avec lesquelles le comité d’organisation voulait faire marcher les LGSM. En quelque sorte, on leur proposait de se faire les cautions de gauche de nos exploiteurs, principaux responsables de la crise entraînant de graves conséquences pour la communauté LGBTI et qui par ailleurs font tout pour écraser la syndicalisation de ses travailleurs et travailleuses. Découvrant, le 21 mai dernier, que l’ordre des cortèges devait les faire défiler, en plus, à l’autre bout de celui des organisations de travailleurs et d’étudiants, les LGSM ont refusé ce « deal », réaffirmant ainsi ce qu’ils comptaient faire de cette manifestation : « Nous tenons à préciser que nous nous efforçons à faire en sorte que les questions de libération LGBT, de politique de classe, de syndicalisme, de solidarité, de la lutte anti-austérité et plus largement de toutes les autres luttes seront soient portées au sein de la Marche et que nous restons déterminés à apporter un caractère différent à la « Pride » de cette année. » [1] Mike Jackson, co-fondateur des LGSM, a ajouté dans une interview : “Cela aurait été un plaisir d’être en tête de la manifestation (« on the front line »), mais ce n’est pas important si nous ne le sommes pas. Il est plus important pour nous d’avoir été sur les piquets de grèves (« picket lines ») ».

Cette décision de rester fidèle à l’origine des LGSM, au cœur des luttes contre le système capitaliste et indépendants de tout ceux qui ne cherchent qu’à faire du profit sur notre dos, est tout à leur honneur : il doit nous inspirer pour toutes nos Marches des Fiertés !

Marah Macna, publié sur le média gauchiste Révolution permanente

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Le groupe Lesbien et Gay de soutien aux mineurs, UK 1984-85 https://depavage.noblogs.org/post/2014/09/04/le-groupe-lesbien-et-gay-de-soutien-aux-mineurs-uk-1984-85/ Thu, 04 Sep 2014 14:18:13 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=216 Continuer la lecture →]]> Texte en anglais trouvé sur le site anar britannique Libcom.org, dans sa rubrique « History », sous le titre « 1984-85: Lesbian and Gay Miners’ Support Group ».
La traduction a été réalisée par le Collectif Anarchiste de Traduction et de Scannerisation (CATS) de Caen en septembre 2011. ablogm.com/cats/

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Une courte histoire du Groupe Lesbien et Gay de Soutien aux Mineurs qui fut mis en place durant la grève des mineurs en 1984-85 et qui défia les préjugés portés par beaucoup de gens dans le mouvement ouvrier.

Avant la grève des mineurs il aurait été très difficile d’imaginer un minibus de mineurs grévistes circulant dans la vallée de Dulais en Galles du Sud avec sur ses portes et sur son tableau de bord un slogan disant :
« Ce véhicule a été donné par le Groupe Lesbien et Gay de Soutien aux Mineurs ».
En fait, en février 1985, il y avait 11 Groupes Lesbiens et Gays de Soutien aux Mineurs dans tout le pays. 6 d’entre eux ont répondu à notre enquête.
En décembre 1984, rien que le groupe de Londres avait réuni 11 000 £ grâce à un mélange de collectes dans les pubs, les clubs et les rues, de prestations, de fêtes et d’autres évènements. L’événement phare fut certainement le « Pits and Perverts gig» (littéralement le « concert des puits de mines et des pervers-es » NDT) à l’Electric Ballroom où Bronsky Beat était en haut de l’affiche et qui rapporta 5 650 £. Lors du concert David Donovan, un mineur des Galles du Sud déclara : « Vous avez gagné votre badge « Cole not Dole » (« Du charbon pas le chômage » NDT), et vous connaissez le sens du mot harcèlement, comme nous. Maintenant nous porterons votre badge sur nous, nous vous soutiendrons. Les choses ne changeront pas en une nuit mais maintenant 140 000 mineurs savent qu’il y a d’autres causes et d’autres problèmes. Nous savons pour les noirs, les gays et le désarmement nucléaire. Et nous ne serons jamais plus les mêmes. »
L’existence et l’activité des nombreux groupes prouvent que beaucoup de lesbiennes et gays soutenaient les mineurs. Comme le groupe de Southampton le remarquait dans sa réponse à notre enquête :
« Nos meilleures expériences furent de rencontrer des mineurs qui venaient en ville depuis Abercynon. Après être descendus ici de manière répétée et avoir rencontré des socialistes politiquement actifs, les voyant collecter de l’argent, de la nourriture et des vêtements et travailler d’une manière générale en soutien aux grévistes, leurs attitudes furent obligées de changer juste du fait de leurs propres expériences, parce qu’ils savaient que nous sommes justes des gens ordinaires, et des gens qui soutenaient leur lutte […] Ils ont dû changer beaucoup de leurs attitudes et comme cela a souvent été dit, les choses ne furent plus jamais les mêmes ».

Formation et activités
Les Groupes Lesbiens et Gays de Soutien aux Mineurs qui ont répondu à notre enquête furent formés plus tard que les autres groupes. Le groupe de Londres fut le premier à être créé en juillet 1984 et il démarra avec 11 membres. 6 mois plus tard, il était passé à 50. Répondant à notre questionnaire, ils et elles déclarèrent que la formation du groupe fut « l’un des développements les plus importants et positifs dans la communauté lesbienne et gay de Londres en 1984. »
Le Groupe Lesbien et Gay de Soutien aux Mineurs du Lothian (une région d’Écosse NDT) fut créé 2 mois plus tard en septembre 1984 avec 12 membres rassemblant chaque semaine 40 £ pour le centre gréviste de White Craige dans le Lothian de l’Est.
Les « Lesbiennes Contre les Fermetures de Mines », de Londres, suivirent en novembre 1984, impliquant plus de 20 femmes. Elles collectaient 50 £ par semaine pour le Groupe d’Action des Femmes de Rhodisia, à Worksop, et déclaraient : « Les activités des femmes dans la grève (les femmes des mineurs NDT) avaient évidemment une influence majeure sur nous ». Le soutien lesbien et gay aux mineurs a reçu une bonne couverture dans la presse de gauche et syndicale. À la « rencontre de la marge » des lesbiennes et gays, à laquelle participèrent 250 personnes, lors de la conférence du Parti Travailliste en octobre 1984, le NUM qui dominait la conférence*, envoya le message de soutien suivant :
« Nous soutenons les libertés civiles et la lutte des lesbiennes et des gays. Nous nous réjouissons des liens établis dans les Galles du Sud et ailleurs. Notre lutte est la votre. Victoire pour les mineurs. »
Et le Groupe de Soutien des Femmes de Notts, à qui le Groupe de Lesbiennes et de Gays de Londres « Soutenez Les Mineurs » avait donné 250 £ en décembre 1984, écrivait : « J’écris au nom du Groupe de Soutien des Femmes de Notts pour vous exprimer notre gratitude pour le soutien et la solidarité que vous avez montré en formant le Groupe de Lesbiennes et de Gays de Londres « Soutenez Les Mineurs ». Nous vous envoyons également notre solidarité totale et notre soutien dans la lutte contre toutes les formes d’oppression et de préjugés basés sur la sexualité. Nos luttes font parti, et sont des parcelles, du même combat. Nous vous sommes particulièrement reconnaissantes de nous avoir constamment tenu informées de vos activités et d’avoir contribué matériellement au soutien de groupes afin que la lutte puisse continuer jusqu’à la victoire. »

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Cet article est repris du site web « Hayes People’s History » et peut être trouvé là bas.

Note du traducteur :
* Le NUM est le National Union of Mineworkers, le syndicat des mineurs participant à la confédération TUC, Trade Union Congress, le grand syndicat réformiste, social-démocrate anglais. Son poids politique au sein du Parti Travailliste, parti qui est historiquement l’émanation politique des syndicats anglais, était fort à cette époque.
Le NUM, contraint par sa base à entrer dans une lutte longue (un an de grève environ) et très violente, fit beaucoup pour freiner et finalement étouffer la lutte des mineurs, lutte qui se termina par une lourde
défaite ouvrière.

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