International – Dépavage https://depavage.noblogs.org Dép' (pédés - "HSH", "homos", "gays"-) et luttes sociales >> Revue de presse, archives et contributions Thu, 02 Jul 2015 17:17:56 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1 2000 ans d’homophobie en 60 citations, 2003 https://depavage.noblogs.org/post/2015/01/28/2000-ans-dhomophobie-en-60-citations-2003/ Tue, 27 Jan 2015 23:13:58 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1083 Continuer la lecture →]]>

Mais qu’est-ce qui pourrait bien « rassembler » Himmler, Proudhon, Boutin, Mugabe, Eminem, Lacan, le Pape Jean-Paul II,  le Rabbin Sitruk et l’Ayatollah Musava Ardelsili… ?

Préambule au Dictionnaire de l’homophobie, sous la direction de Louis-Georges Tin, 2003

Les photos de manifs illustrant l’article sont celles de la mobilisation homophobe en faveur du mariage hétérosexuel (2013-2014). Les autres sont (aussi) des documents historiques.

Préambule au Dictionnaire de l’homophobie, Louis-Georges Tin, 2003

Florilège ? Pas vraiment. Un florilège est un bouquet de vers ou de poèmes, choisis pour leur beauté et pour leur grâce. Or il s’agit ici de propos homophobes divers, plus ou moins bêtes et méchants selon les cas. Anti-florilège donc, non pas pour constituer un bêtisier ou un catalogue raisonné de la haine, mais pour faire entendre quelques voix, quelques cris illustrant le propos, avant de passer à l’analyse proprement dite [1]. Dans ce triste voisinage se côtoient des personnages sinistres comme Himmler et des figures honorables, à l’instar de saint Paul. Dès lors, il ne s’agit pas, en pratiquant l’amalgame, de suggérer que tous ces gens se valent, dans une sorte de commune et ténébreuse ignominie, mais plutôt de montrer que les discours homophobes se retrouvent dans des contextes extrêmement variés, traversant les âges et les clivages, se chargeant chaque fois de significations très différentes… mais toujours homophobes.

Quoi qu’il en soit, cette sélection ne saurait constituer un échantillon représentatif, car au-delà des déclarations publiques plus ou moins tonitruantes, l’homophobie ordinaire se loge plutôt dans les interstices du silence. Silence, la nuit, des agressions physiques ou des brutalités policières ; silence, le jour, des petits mots et des non-dits. Dans la plupart des pays du monde, ces violences physiques, morales ou symboliques constituent en fait l’essentiel de l’homophobie, celle que les mots ne disent pas…

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Version théologico-politique

« L’homme qui couche avec un homme comme on couche avec une femme : c’est une abomination qu’ils ont tous deux commise, ils devront mourir, leur sang retombera sur eux » (Lévitique, 18, 22).

« Ni fornicateurs, ni idolâtres, ni dépravés, ni sodomites, ni voleurs, ni cupides, pas plus qu’ivrognes, insulteurs ou rapaces n’hériteront du royaume de Dieu » (Saint Paul, Corinthiens, 6, 9-10).

« Pas un seul autre vice ne pourrait être raisonnablement comparé à celui-ci, qui l’emporte sur tous les autres en impunité. Car ce vice apporte avec lui la mort du corps et la destruction de l’âme ; il souille la chair, étouffe la lumière de l’intelligence, jette l’Esprit saint hors de son temple, le cœur de l’homme, et installe à sa place le diable, l’éveille à des mauvais désirs ; il ferme absolument l’esprit à la vérité ; il trompe et oriente vers le mensonge ; il jette des rets sur le chemin et, quand un homme tombe dans la fosse, lui ferme toute fuite ; il ouvre les portes de l’enfer et ferme celles du Paradis » (Saint Pierre Damien, Liber Gomorrhianus, vers 1050).

« Celui qui est sodomite prouvé, doit perdre les couilles, et s’il le fait une seconde fois, il doit perdre le membre ; et s’il le fait une troisième fois, il doit être brûlé »

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« Femme qui le fait doit à chaque fois perdre un membre, et la troisième fois, doit être brûlée. Et tous leurs biens sont au roi » (Jostice et Plet, « ancienne coutume d’Orléans », vers 1260).

« Qui erre contre la foi, comme en mécréance, de laquelle il ne veut venir à voie de vérité, ou qui fait sodomiterie, il doit être brûlé » (Philippe de Beaumanoir, Les Coutumes de Beauvaisis, vers 1285).

« Dans chaque temple ou lieu de culte important, ils ont un homme ou deux, ou davantage, habillés en femmes depuis l’enfance, parlant comme les femmes et les imitant en manières, en vêtement et en tout. Les hommes, particulièrement les chefs, ont des relations charnelles impures avec eux les fêtes et les jours saints, comme s’il s’agissait d’un rite ou d’une cérémonie. Je le sais parce que j’en ai puni deux » (Cieza de Léon, Chroniques du Pérou, 1533).

« Si un homme consent à être sodomisé, les coupables seront condamnés au port de la cangue pendant un mois et à 100 coups de bâton » (Code de la dynastie Qing [Da Qing lüli], 1734).

« Je respecte les homosexuels comme je respecte les infirmes. Mais s’ils veulent transformer leur infirmité en santé, je dois dire que je ne suis pas d’accord » (Mgr Elchinger, évêque de Strasbourg, 1982).

« Dans certains domaines, tenir compte de la tendance sexuelle n’est pas une discrimination injuste, par exemple dans le placement des enfants à adopter ou leur mise en garde, dans l’engagement d’enseignants et d’entraîneurs sportifs et dans le recrutement militaire » (Cardinal Ratzinger, Jean-Paul II, Certaines considérations concernant la réponse à des propositions de loi sur la non-discrimination des personnes homosexuelles, 1992).

« S’appuyant sur la Sainte Écriture, qui les présente comme des dépravations graves, la Tradition a toujours déclaré que les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés. Ils sont contraires à la loi naturelle. Ils ferment l’acte sexuel au don de la vie. Ils ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable. Ils ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas » (Catéchisme de l’Église catholique, 2357 à 2359, 1997).

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« Pour les homosexuels, l’islam a prescrit les peines les plus sévères […] Après que la preuve a été établie conformément à la sharia, il faudra se saisir de la personne, la maintenir debout, la partager en deux avec une épée et soit lui trancher la tête, soit la fendre en deux tout entière. Il (ou elle) tombera […] Après sa mort, il faudra dresser un bûcher, placer le cadavre dessus, y mettre le feu et le brûler, ou bien l’emporter sur une montagne et le précipiter. Puis les morceaux du cadavre devront être rassemblés et brûlés. Ou alors, il faudra creuser un trou, y faire un feu et l’y jeter vivant. Nous n’avons pas de telles punitions pour d’autres crimes » (Ayatollah Musava Ardelsili, Téhéran, 1998).

Version laïque

« Sans aller jusqu’à la mort, je regrette que cette infamie qui commence à se propager parmi nous, soit traitée avec tant d’indulgence. Je voudrais qu’elle fût, dans tous les cas, assimilée au viol, et punie de vingt ans de réclusion » (Pierre-Joseph Proudhon, Amour et mariage, 1858).

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« L’homosexualité fait échouer tout rendement […] Nous devons comprendre que si ce vice continue à se répandre en Allemagne sans que nous puissions le combattre, ce sera la fin de l’Allemagne, la fin du monde germanique » (Heinrich Himmler, Discours du 18 février 1937).

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« Dans la société soviétique, de saine moralité, l’homosexualité est réprimée en tant que dépravation sexuelle et punie par la loi, sauf en cas de désordre psychique […]. Dans les pays bourgeois, l’homosexualité, signe de la décomposition morale des classes dirigeantes, est en fait impossible à punir » (Encyclopédie soviétique, « Homosexualité », t. 12, 1952).

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« Il faut sanctionner le prosélytisme homosexuel. En effet, le plus grave péril qui menace la terre, c’est la dénatalité du monde occidental affronté à la surnatalité du Tiers Monde. De ce fait, j’estime que l’homosexualité conduit, si elle se développe, à la fin du monde » (Jean-Marie Le Pen, président du Front national, Fréquence gaie, 1984).

« À moins d’un heureux hasard médical, d’ici trois ou quatre ans, parmi les options à débattre, il faudra envisager l’extermination des homosexuels » (Dr Paul Cameron, Conservative Political Action Conférence, 1985).

« L’hétérosexualité, c’est mieux » (Édith Cresson, Premier ministre, 1991).

« Je confesse qu’il doit y avoir des homosexuels au Front national, mais il n’y a pas de folles. Elles sont invitées à aller voir ailleurs » (J.-M. Le Pen, Université d’été du FN, septembre 1995).

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« Les homosexuels sont pires que les porcs et les chiens » (M. Mugabe, président du Zimbabwe, 1995).

« Si vous me demandez si un instituteur homosexuel déclaré peut enseigner, ma réponse est non. Ce serait peu éducatif et moralement inopportun qu’une personne homosexuelle déclarée ou qui considère la pédophilie, somme toute, comme une forme d’amour, puisse enseigner. Ils devraient être exclus de la fonction publique » (Gianfranco Fini, leader du mouvement politique italien, Alleanza Nazionale, 1998).

« Je ne peux être favorable à ceux que j’appelle les fossoyeurs de l’humanité, ceux qui n’assurent pas l’avenir, les homosexuels » (François Abadie, sénateur du Parti radical de gauche, Nouvel Observateur, juin 2000).

« Il n’est pas bon qu’un homme aille avec un autre homme, ou une femme, avec une autre femme. Cela va à l’encontre de la tradition africaine et des enseignements de la Bible » (Daniel Arap Moi, président du Kenya, 2000).

« Les lesbiennes utilisent l’orifice de vie dans leurs ébats. Par contre les homosexuels utilisent l’orifice de déjection » (Didier Ratsiraka, président de Madagascar, La Tribune de Madagascar, 27 mars 2001).

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Version scientifique

« Le pédéraste contrevient à l’hygiène, à la netteté et il ignore la lustration qui purifie. L’état des fesses, le relâchement du sphincter, l’anus en entonnoir ou bien la forme et la dimension du pénis signent l’appartenance à l’espèce nouvelle. Monstre dans la nouvelle galerie des monstres, le pédéraste a partie liée avec l’animal ; dans ses coïts, il évoque le chien. Sa nature l’associe à l’excrément » (Ambroise Tardieu, Études médico-légales sur les attentats aux mœurs, 1857).

« L’homosexualité est un stigmate fonctionnel de dégénérescence et une tare névro-psychopathologique » (Richard von Krafft-Ebing, Psychopathia Sexualis, 1886).

« L’homosexualité est la négation de la volonté humaine dans un de ses points les plus sensibles, car la volonté humaine porte d’une façon vivante en elle l’idéal d’une perpétuation. Ce simple fait suffit pour imposer l’hétérosexualité en tant que norme, et pour placer toute perversion, y compris la masturbation, au rang du crime, de l’égarement ou du péché » (Dr Alfred Adler, Le Problème de l’homosexualité, 1917).

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« En trente-huit ans, l’école n’a produit aucun homosexuel. La raison en est que la liberté donne des enfants sains » (Dr Alexander-Sutherland Neill, Libres Enfants de Summerhill, 1960).

« Que l’on ne vienne pas nous dire, sous prétexte que c’était une perversion reçue, approuvée, voire fêtée, que ce n’était pas une perversion. L’homosexualité n’en reste pas moins ce que c’est : une perversion » (Lacan, Séminaire, vol. VIII, « Le Transfert », 1960-1961).

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« L’homosexuel pur, indemne de tout potentialité de névrose, me paraît exceptionnel, nous ne le rencontrons pas dans nos cabinets de consultations » (Dr Marcel Eck, Sodome, 1966).

« L’homosexualité reste l’impasse de la non-fraternité et de la non-vie » (Dr Éliane Amado Lévy-Valensi, Le Grand Désarroi : aux sources de l’énigme homosexuelle, 1973).

« Ce virus [HIV] a eu le génie de s’attaquer à ceux qui ont transformé la physiologie de la reproduction en plaisirs frelatés […] En cette période où tout ce qui est contre la morale, même naturelle, est admiré, ce virus savait où frapper » (Pr German, président de l’Académie de pharmacie, 1991).

« L’homosexualité fait partie des états premiers de la sexualité humaine, elle ne représente pas la fin de la sexualité, qui, dans le meilleur des cas, s’achemine vers l’hétérosexualité. L’homosexualité n’est pas du tout un choix d’objet parmi d’autres mais un complexe qui signe l’échec de l’intériorisation de l’autre » (Tony Anatrella, prêtre et psychanalyste, Le Monde, 10 octobre 1998).

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Version littéraire

« Imaginez-vous ce que sont exactement les pratiques sexuelles entre deux hommes, et essayez de ne pas vomir » (Camille Mauclair, Les Marges, mars 1926).

« J’estime que cette perversion d’un instinct naturel, comme bien d’autres perversions, est un indice de la profonde décadence sociale et morale d’une certaine partie de la société actuelle » (Henri Barbusse, Les Marges, mars 1926).

« Pour qui a la responsabilité de parler et de nommer dans un contexte éducatif, d’enseignement, d’accompagnement, de régulation ou d’élaboration des normes, il m’apparaît relever de l’honnêteté intellectuelle et morale que d’oser affirmer la non-équivalence entre les forme d’affectivité homosexuelle ou hétérosexuelle. À la différence d’autres qualifications évoquées plus haut, des expressions comme “forme anormative de la sexualité” ou “conduites objectivement déficientes” ne me paraissent ni blessantes ni humiliantes pour les personnes. Qui ne connaît des déficiences en certains aspects de sa personnalité, en sa sexualité particulièrement ? La sexualité n’est pas seulement le lieu de nos capacités et de nos performances, elle est aussi celui de nos vulnérabilités et de nos défaillances » (Xavier Lacroix, L’Amour du semblable, Questions sur l’homosexualité, 1995).

« Je vais faire pousser des cris, mais je suis prêt à affirmer qu’on ne peut pas être homosexuel et heureux » (Sébastien, Ne deviens pas gay tu finiras triste, 1998).

« Mes mots sont comme un poignard à bord dentelé, ils te poignarderont dans la tête, que tu sois un pédé ou une gouine. […] Si je déteste les pédés ? La réponse est oui » (Eminem, The Marshall Mathers LP, 2000).

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Version défaitiste [2]

« La raison pour laquelle le couple homosexuel n’a pas accès au mariage est que celui-ci est l’institution qui inscrit la différence des sexes dans l’ordre symbolique, en liant couple et filiation » (Irène Théry, « Le cus en question », Notes de la Fondation Saint-Simon, cf. aussi Esprit, octobre 1997).

« Sodome réclame droit de cité » (H. Lécuyer, in « La Notion juridique de couple », Economica, 1998).

« Nous voilà revenus aux temps barbares » (Christine Boutin, députée UDF, membre du conseil pontifical de la Famille, Le Mariage des homosexuels ?, 1998).

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« Où placera-t-on la frontière, pour un enfant adopté, entre l’homosexualité et la pédophilie ? » (Christine Boutin, députée UDF, membre du conseil pontifical de la Famille, Le Mariage des homosexuels ?, 1998).

« Ce sont les fondements de la civilisation et de la démocratie qui seraient remis en cause » (Christine Boutin, députée UDF, membre du conseil pontifical de la Famille, Le Mariage des homosexuels ?, 1998).

« S’il y a des pédés ici, je leur pisse à la raie » (Michel Meylan, député DL, 1998).

« C’est l’homosexualité et toutes les perversions sexuelles qui envahissent la littérature, le cinéma, le théâtre, les médias et assaillent les très jeunes sans défenses appropriées » (tract de l’Association Avenir de la culture, 1998).

« Impropre à assurer le renouvellement des membres qui composent celle-ci [la société], l’homosexualité est, par nature, un comportement mortel pour la société. Ce n’est pas là une appréciation d’ordre moral et subjectif, mais une constatation biologique élémentaire » (Jean-Luc Auber, note sous arrêt Cour de cassation 3e Civ. du 17 décembre 1997, Recueil Dalloz, 1998, 9e cahier Jurisprudence).

« Il ne peut y avoir aucune équivalence entre couples hétérosexuels et couples homosexuels. Cette évidence ne s’inspire d’aucune considération morale ou intégriste » (Jean-François Mattei, député DL, 1998).

« Toutes les études sociologiques ont prouvé que généralement le couple homosexuel a des revenus supérieurs au couple hétérosexuel pour d’évidentes raisons. Il est donc déraisonnable d’offrir à tous les mêmes avantages dès lors que les justifications de ces avantages manquent » (Bernard Beignier, « Une nouvelle proposition de la loi relative au cus : copie à revoir », Droit de la famille, Jurisclasseur, Chronique, avril 1997).

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« Accepter que des couples puissent se constituer autrement que dans la relation conjugale d’un homme et d’une femme, c’est aller contre l’équilibre naturel établi par Dieu. Sous couvert de démocratie, notre société tend à légiférer selon l’évolution des mœurs. […] Lorsque l’homme porte atteinte à la nature, il porte atteinte à Dieu et à lui-même » (Joseph Sitruk, Grand Rabbin de France, Le Figaro, 2 juillet 1996).

« Stérilisez-les ! » (Pierre Lellouche, député RPR, 1998).

« Ne voient-ils donc pas que Pacs et clone, c’est la même chose ? À savoir la primauté du même au détriment de l’altérité. À savoir, la remise en question radicale de l’opposition incontournable et de la nécessaire complémentarité homme-femme » (Simone Korff-Sausse, psychanalyste, Libération, 1998).

« Un tas de pédés, de folles, de gouines, de timbrés, de malheureux, de malheureuses, d’escrocs, de minus habens, de camés, de lecteurs de Cyril Collard, vont enfin pouvoir se promener dans la rue comme monsieur et madame, après la sortie de la messe, avec le saint-honoré » (National Hebdo, 10 septembre 1998).

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« Le fait de confier des enfants à des couples d’homosexuels masculins (comme cela se produira un jour ou l’autre par l’évolution logique si le Pacs est adopté), ce fait-là ne manquera donc pas d’accroître encore les risques pédophiliques qui sont déjà en plein essor » (Emmanuel Le Roy Ladurie, Le Figaro, 19 octobre 1998).

« C’est une révolution. Voulez-vous que demain, à la porte de l’école, un couple d’homosexuels regarde sortir vos enfants ou vos petits-enfants ? Voulez-vous qu’ils aient pour petits camarades des enfants de leur âge qui n’auront pas de maman, mais deux “papa” ? Voulez-vous payer plus d’impôts uniquement pour que des invertis vivant en couple en payent moins ? Demain, la cohabitation homosexuelle va être reconnue à l’égal du mariage… Et le mariage lui-même sera rendu obsolète ! […] Vous le savez, l’offensive du lobby homosexuel est le fer de lance de la destruction des principes essentiels de notre civilisation » (tract de l’Association Avenir de la culture, 1998).

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« Ce projet suscite une répulsion profonde, y compris chez les électeurs socialistes. C’est une législation de temps de décadence, pire que celle de la fin de l’Empire romain » (Jean Foyer, ancien garde des Sceaux, 1998).

« Votre révolution du Pacs, c’est le retour à la barbarie » (Philippe de Villiers, député, 1998).

« Il y a des zoophiles aussi » (Jacques Myard, député RPR, 1998).

« Pas de neveux pour les tantouzes ! » (slogan de la manifestation anti-Pacs du 31 janvier 1999).

« Les homosexuels d’aujourd’hui sont les pédophiles de demain » (slogan de la manifestation anti-Pacs du 31 janvier 1999).

« Les pédés au bûcher ! » (slogan de la manifestation anti-Pacs du 31 janvier 1999).

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Notes

[1] Ce « florilège » a été publié en préambule du Dictionnaire de l’homophobie, coordonné par Louis-Georges Tin.

[2] Il s’agit ici, plus précisément, des propos apocalyptiques tenus par les adversaires du PACS au moment où celui-ci a commencé à entrer dans l’agenda politique.

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[actu] Inde : 20 ans de GPA et de tourisme procréatif https://depavage.noblogs.org/post/2014/11/01/actu-inde-gpa-tourisme-procreatif/ Sat, 01 Nov 2014 22:29:08 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=539 Continuer la lecture →]]> 920241-deux-meres-porteuses-clinique-anandCet article (qui laisse trop peu de place à la parole des premières concernées) est issu d’un mass média canadien, il a été publié le 16 octobre 2014.

Je le publie ici loin de toute considération sur la parentalité, pour informer sur ce système où des femmes pauvres se retrouvent à faire des enfants pour des couples riches, qu’ils soient hétéros ou homos.

Il ne s’agit pas de se questionner seulement sur la gestation pour autrui (GPA) mais bien sur ce que l’ensemble des prolétaires, et particulièrement les femmes, et plus encore parmi elles les immigrées ou habitantes des pays colonisés, sont contraintes de faire pour survivre dans ce monde capitaliste…

Ventres à louer en Inde

(Anand) Dans un immeuble anonyme d’une ville du nord de l’Inde, 85 femmes comptent les jours qui les séparent de leur accouchement. Pour tromper l’ennui, elles brodent, cousent et pensent à ce qu’elles feront avec l’argent qu’elles gagneront après avoir cédé leur nourrisson au couple qui a loué leur utérus. Bienvenue à Anand, la capitale mondiale du «tourisme procréatif».

Une lampe de poche projette un rayon cru entre les cuisses de Margareth Krishen. La jeune femme fixe le vide pendant qu’une longue aiguille insère dans son utérus l’embryon qu’elle a accepté de porter pour un couple de parfaits inconnus.

«Vous voyez la tache blanche?» La gynécologue Nayana Patel pointe l’image de l’embryon sur l’échographie qui capte le déroulement de la délicate intervention.

Si tout va bien, cette bulle vacillante deviendra un nourrisson qui partira vers l’Europe ou l’Amérique, pour le plus grand bonheur de ses parents. Margareth pourra alors rentrer chez elle, munie d’un chèque représentant environ 7500 $. Une fortune pour cette mère de deux ados dont le mari gagnait 3 $ par jour avant de tomber malade au point de ne plus pouvoir travailler.

D’un côté, un couple désespéré par son incapacité à procréer. De l’autre, une femme engluée dans la misère. Le phénomène controversé des mères porteuses, c’est d’abord et avant tout la rencontre entre deux tragédies.

Interdits par une majorité des pays, les contrats de gestation rémunérés sont légaux en Russie, en Ukraine et dans certains États américains.

L’Inde, elle, a légalisé la pratique en 2002. Depuis, c’est la folie. Quelque 3000 cliniques de mères porteuses ont essaimé dans le pays. Le chiffre d’affaires généré par cette ruée vers le ventre des Indiennes frôle le demi-milliard de dollars.

Les cliniques indiennes facturent environ 35 000 $ pour leurs services. Aux États-Unis, c’est deux à trois fois plus cher. Forte de ses prix concurrentiels et de la qualité de ses services médicaux, l’Inde est rapidement devenue la Mecque du «tourisme procréatif».

Et le coeur de cette industrie loge à Anand, ville de 150 000 habitants plongée dans le bourdonnement perpétuel des rikshas qui slaloment entre les vaches et les piétons.

Cette ville du Gujarat a été longtemps reconnue pour sa production laitière. Aujourd’hui, ce qu’on y fabrique, ce sont surtout des bébés, dont les deux tiers grandiront à l’étranger.

Nommée Akhanksha, ou Désirée, du nom du premier bébé à avoir été conçu dans son laboratoire, la clinique de Nayana Patel doit sa notoriété à quelques controverses juridiques qui ont forcé le gouvernement indien à règlementer l’industrie de la gestation pour autrui (GPA) – dont une célèbre affaire de fillette conçue pour des parents japonais qui ont divorcé avant sa naissance.

L’histoire a valu à Nayana Patel un passage chez Oprah Winfrey. Sa carrière internationale était lancée.

La «couveuse» d’Anand

En une décennie, plus de 800 bébés sont nés d’une mère porteuse dans la clinique de la Dre Patel. À la fin du mois de septembre, 85 femmes vivaient dans sa «maison des mères porteuses» en attendant le jour de l’accouchement.

Le tiers de ses clients vivent en Inde. Les autres viennent de partout: Irlande, États-Unis, Nigeria, Kazakhstan, Canada…

En plus de la somme encaissée à l’accouchement, les mères porteuses reçoivent une allocation mensuelle de 70 $ pendant la grossesse.

Originaires des bidonvilles d’Anand, ou des villages voisins, ces femmes rêvent d’acheter une maison ou de payer l’école de leurs enfants. Plusieurs reviennent pour une deuxième grossesse rémunérée – le maximum fixé par la loi indienne.

Purul, jeune trentaine, ressemble à une étudiante avec ses lunettes à monture carrée. Elle en est à sa deuxième GPA. La première fois, c’était pour aider son mari à partir travailler en Afrique du Sud. Là, c’est pour financer les études de ses deux enfants. Pour elle, ce séjour à Anand représente une chance unique de changer de vie.

Mais il y a un prix à payer. Les mères porteuses doivent passer neuf mois loin de leurs proches, dans une maison située à 10 minutes de riksha de la clinique de Mme Patel.

Pour louer son ventre, il faut avoir déjà eu au moins un enfant, exige la loi indienne. Bien nourries et bien soignées, Purul et ses compagnes s’ennuient de leurs gamins, qui n’ont droit qu’à une visite hebdomadaire. Les relations sexuelles leur sont strictement interdites, question d’éliminer tout risque d’ITS. Et elles ne quittent qu’exceptionnellement l’immeuble où elles couvent leur bébé.

«Les rues d’Anand ne sont pas hygiéniques, les routes sont défoncées. Parfois, après une sortie, les femmes commencent à saigner», plaide la gynécologue pour justifier sa politique d’isolement.

Argument de poids

Cet environnement ultracontrôlé est un argument de poids pour les couples infertiles hésitants. «Un ami a trouvé une mère porteuse en Ohio, mais il n’avait aucune idée de ce qu’elle consommait pendant sa grossesse», raconte un New-Yorkais croisé à l’hôtel Rama, où séjournent la majorité des clients étrangers de Nayana Patel venus récupérer leur bébé.

Sauvée in extrémis d’une rupture d’anévrisme, la femme de cet analyste financier ne pouvait plus prendre le risque d’une grossesse. «Ce qui nous a convaincus de venir ici, c’est le suivi serré des mères porteuses.»

Mais ce «contrôle de qualité» ajoute de l’eau au moulin de ceux qui critiquent ce commerce lucratif.

«Les contrats de gestation réduisent la grossesse à un service, et le bébé à un produit», dénonce le Centre indien pour la recherche sociale dans une récente étude. Ses auteurs ont interviewé une centaine de mères porteuses. Leur conclusion: «Les risques et inconvénients découlant des contrats de gestation sont souvent contraires à leurs intérêts et à ceux de l’enfant.»

«Pourquoi une femme pauvre devrait-elle souffrir physiquement pour un couple riche? C’est comme la vente d’organes ou la prostitution», tonne Ranjana Kumari, présidente de cette ONG.

«Les femmes qui travaillent en usine usent leur corps, elles aussi, où est la différence?», réplique Nayana Patel.

«Au moins, les mères porteuses reçoivent assez d’argent pour apporter des changements significatifs à leur vie.»

Nayana Patel y veille personnellement, en leur offrant des cours de broderie ou d’informatique et en les forçant à ouvrir un compte en banque.

«Madame ne nous utilise pas comme une marchandise, elle nous aide à devenir autonomes», souligne l’une des jeunes femmes.

Sacrifice

Les principales intéressées ne se plaignent pas trop de leur réclusion. «Je ne pourrais jamais gagner autant d’argent dans toute ma vie», dit Poola, dont la famille a été frappée par une cascade de drames.

«Mon beau-frère, ma belle-soeur et mon beau-père sont morts, il n’y avait plus personne pour gagner notre pain. Le reste de la famille a décidé que je deviendrais mère porteuse. Pourquoi pas, après tout, je ne couche pas avec un autre homme…»

Dans une chambre qu’elles partagent à la maison des mères porteuses, Jyoti, Sangita, Kailash et Reikha ouvrent les gamelles contenant leur repas du midi. Une odeur de curry se répand dans la pièce, meublée de cinq lits de camp.

À 33 ans, Sangita a deux fils, de 9 et 7 ans. Cette orpheline s’est retrouvée seule au monde à la mort de son mari. Une amie lui a parlé de la Dre Patel. Sangita a fait le saut. Elle a placé ses fils dans un pensionnat et ne les reverra pas avant l’accouchement.

«Le plus grand sacrifice, ce sont mes enfants qui le subissent, mais je n’avais aucun autre choix.»

Rejet et impuissance

Un coiffeur montréalais qui a eu des jumelles grâce à une clinique de Bombay résume son expérience en une formule saisissante: «Pour moi, une mère porteuse, c’est comme un four.»

Mais ce «four» vit en société et éprouve des émotions… Or, s’engager comme mère porteuse, c’est aussi s’exposer au rejet social. Âgée de 28 ans, Jyoti en est à sa deuxième grossesse rémunérée.

Au village, les voisins jasent. La pression est devenue tellement lourde que sa famille a dû déménager.

«Les gens ne comprennent pas que ce que je fais, c’est scientifique, il y en a qui croient que c’est de la magie», explique Jyoti.

Légalement, les mères porteuses indiennes ne peuvent pas utiliser leur propre ovule. Mais même si elle ne lui a pas transmis son bagage génétique, Jyoti pense souvent au garçon à qui elle a donné le jour, il y a deux ans, pour une Américaine. «Il a partagé mon sang, je me demande s’il marche, s’il court…»

Un matin de septembre, une dizaine de mères porteuses d’Anand célèbrent la cérémonie hindoue soulignant les sept mois de grossesse. Leurs saris tendus sur leurs ventres ronds, elles s’offrent mutuellement du riz dans un geste qui symbolise la bonne fortune.

Bien qu’enceinte de sept mois, Bhavana ne participe pas à ce «baby shower». Le couple qui a fait appel à ses services ne l’y a pas autorisée. Lors de sa première GPA, ses «clients» avaient refusé qu’elle tire son lait pour le nourrisson. Bhavana ne comprend pas les raisons de ces refus. Mais ce n’est pas elle qui décide.

Avortement en cas de malformation foetale? Envies alimentaires subites, comme ces mangues marinées dont rêve Jyoti? Accouchement naturel ou, comme ça arrive dans 70 % des cas, naissance par césarienne?

Les mères porteuses n’ont pas voix au chapitre. Ce sont les clients et la Dre Patel qui tranchent. Mais même celles qui le déplorent ne remettent pas leur engagement en question pour autant.

***

Une heure après le transfert d’embryon, Margareth Krishen se repose dans une pièce de la clinique, accompagnée de sa belle-soeur, qui essuie ses yeux remplis de larmes.

L’intervention médicale a-t-elle été douloureuse? «Pas vraiment», minimise la jeune femme.

«De toute façon, qu’est-ce que je pouvais faire d’autre? C’est mon unique option.»

Un rapport accablant

Un rapport d’enquête publié en 2013 par le Centre indien pour la recherche sociale soulève plusieurs zones d’ombre dans l’industrie des mères porteuses.

– Absence de normes régissant la médication imposée aux mères porteuses, qui ignorent ses effets secondaires.

– Les droits de l’enfant ne sont pas toujours respectés, notamment le droit à l’allaitement maternel.

– Les contrats sont souvent signés quand la grossesse est déjà avancée et ne couvrent donc pas les cas de fausse couche.

– La majorité des mères porteuses sont analphabètes et ne peuvent pas lire le contrat.

– Le nombre de tentatives de fertilisation n’est pas limité.

– Les femmes qui font une fausse couche ou portent des jumeaux sont mal dédommagées.

– La majorité des mères porteuses cachent leur choix à leur communauté.

– La grossesse a un impact négatif sur la vie familiale, la plupart des mères porteuses étant isolées pendant la grossesse.

L’Inde et la gestation pour autrui

1994 

Première naissance par mère porteuse en Inde

1997 

Première naissance d’une mère porteuse rémunérée

2002 

Légalisation des grossesses pour autrui (GPA) rémunérées

2005 

Le Conseil indien pour la recherche médicale adopte une série de règles régissant les GPA. Ces règles ont été resserrées il y a deux ans. Elles prévoient que:

– au moins un des «parents intentionnels» doit être le parent biologique du bébé, filiation à confirmer par un test d’ADN;

– le nom de la mère porteuse ne figure pas sur l’acte de naissance;

– une femme ne peut être mère porteuse plus de trois fois;

– elle ne doit pas utiliser son propre ovule;

– au moins un des deux parents est infertile.

Automne 2014 

La Cour suprême de l’Inde demande au gouvernement d’envisager la double citoyenneté pour les bébés nés d’une mère porteuse indienne pour le compte d’une mère biologique étrangère.

Agnès Gruda
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[actu] Un hackeur met en garde contre Grindr https://depavage.noblogs.org/post/2014/09/24/actu-un-hackeur-met-en-garde-contre-grindr/ Wed, 24 Sep 2014 12:45:36 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=271 Continuer la lecture →]]> Publié le 27 août sur le média gay suisse mainstream 360.

Un hackeur affirme avoir mis en garde 100’000 utilisateurs de l’application de drague gay contre la vulnérabilité du système, susceptible selon lui de mettre leur vie en péril.

La drague gay a toujours comporté des risques. A ce titre, les apps de rencontres ne sont guère plus sûres que les rencards nocturnes dans les parcs. Grindr, qui revendique 5 millions d’utilisateurs, a été utilisé par plusieurs auteurs d’agressions homophobes, récemment encore lors d’un double meurtre à Seattle. Toutefois, depuis quelques mois, un mystérieux hackeur met en garde les utilisateurs contre une menace de plus grande envergure: le piratage massif de données à des fins de chasse aux gays.

Extrême précision

De fait, selon lui (ou elle), la base de données de l’app gay vedette du moment est particulièrement perméable aux bidouilleurs plus ou moins bien intentionnés. Il le démontre dans une vidéo postée sur YouTube (voir ci-dessous). La localisation exacte des utilisateurs de Grindr sont facilement accessibles, même sans utiliser l’application. Au moyen de requêtes multiples au serveur de l’application via le système JSON (JavaScript Object Notation) et un calcul de triangulation, n’importe qui pourrait obtenir une signalisation extrêmement précise des utilisateurs d’une zone donnée, et les reporter sur une carte. «On peut dire s’il utilise Grindr dans sa salle de bain ou sur son sofa», précise l’individu.

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En outre, les protocoles utilisés par Grindr pourraient être court-circuités afin de créer de faux profils ou d’envoyer des messages aux utilisateurs de l’app, comme le relève le blog technologique du site indien NDTV. Notre hacker affirme avoir ainsi mis en garde quelque 100’000 gays dans 70 pays réprimant l’homosexualité contre le risque d’un piratage susceptible de dévoiler leur identité.

Responsabilité sociale

Grindr a balayé les accusations de faille de sécurité et la demande du hackeur de combler ces lacunes. L’entreprise a souligné qu’elle n’assumait pas la responsabilité sociale du partage de la géolocalisation, une fonctionnalité du système désactivable. Sur les blogs américains, où le sujet provoque une controverse passionnée, on souligne que l’abandon de la géolocalisation ferait perdre à Grindr tout intérêt. On rappelle également que les systèmes de ce type ont révolutionné la vie des gays à travers le monde. «De bien des manières, Grindr aide ceux qui se trouvent dans des régions peu gay-friendly à trouver des gens qui partagent la même sensibilité, commente l’expert Chris Ward dans le Huffington Post, mais il y a toujours un risque.»

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Mise à jour (29 septembre 2014) :  L’application de rencontres Grindr délivre désormais un message d’avertissement à ses utilisateurs égyptiens : «L’Égypte arrête des personnes LGBT, et la police peut se faire passer pour une personne LGBT afin de vous piéger. Veuillez être prudent lorsque vous prévoyez de rencontrer une personne que vous ne connaissez pas et soyez vigilant si vous publiez quelque chose qui pourrait révéler votre identité.»

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Nous resterons une honte pour la Nation – Eurocrade, Marseille 2013 https://depavage.noblogs.org/post/2014/09/04/nous-resterons-une-honte-pour-la-nation-marseille-eurocrade-2013/ Thu, 04 Sep 2014 13:04:30 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=199 Continuer la lecture →]]>

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A en entendre certain.e.s -de G. Bush à Ni putes Ni soumises en passant par Caroline Fourest !- notre monde serait aujourd’hui (comme à l’époque des Croisades) divisé en 2 camps : d’un côté le monde civilisé, démocratique, libéral, tolérant, antisexiste, respectant les « minorités sexuelles », plutôt blanc et judéo-chrétien, de l’autre c’est la barbarie, l’autoritarisme, l’intégrisme, l’homophobie, le sexisme, plutôt racisé et musulman. Cette vision est issue en partie de l’idéologie du « choc des civilisations », alimentée par la « guerre au terrorisme » post 11 septembre 2001 et se nourrissant de traditions coloniales et d’une réalité post-coloniale. En découle une islamophobie relayée par les médias des pays dits occidentaux (ex: l’industrie hollywoodienne, la série 24h Chrono, le film Zero dark thirty, ou encore le magazine Elle ou Cosette…) et accompagnée d’un renouveau de nationalisme. C’est ainsi que des groupes LGBT américains, européens, israéliens etc. (plus précisément les groupes où les gays et lesbiennes blanc.he.s et friqué.e.s imposent leur parole et écrasent celle des personnes racisées, précaires, des trans etc.) tolèrent ou soutiennent les politiques de leurs gouvernants. Ces derniers utilisent les luttes féministes et LGBT pour justifier leurs guerres capitalistes et leurs politiques impérialistes (en témoigne la campagne contre l’homophobie menée par les Etats-Unis dans des pays d’Afrique et du Moyen-Orient).

En parallèle, se développe tourisme et commerce gay et lesbien avec une courses aux destinations les plus gay-friendly. En France, Montpellier, ville étudiante fortement cloisonnée où les quartiers pauvres sont en périphérie, remporte la palme en célébrant le premier mariage d’un couple gay (intimes de la porte-parole du gouvernement) qui iront passer leur voyage de noces à Tel Aviv. Le fait qu’Israël, par exemple, soit vu comme le paradis des LGBT (grâce aux relais médiatiques européens entre autres) est censé rendre la destination plus attractive et faire de ce pays un modèle de modernité et de tolérance, en tentant de faire oublier qu’il est un État d’apartheid, fondé sur la colonisation et la guerre.

Le développement de mouvements gays ouvertement capitalistes et ethnocentrés, ainsi que la normalisation de la frange la plus aisée/blanche des LGBT, par le biais de l’accès privilégié qu’illes ont à la consommation, renforcent l’essor des mouvements homonationalistes.

On peut se rappeler de Pim Fortuyn, gay nationaliste néerlandais (amateur de jeunes marocains selon ses propres dires), élu député en 2001, et la présence d’un certain nombre de gays, plus ou moins avoués, chez les cadres du FN, ainsi qu’à l’UMP. Il existe d’ailleurs au moins une page Facebook de LGBT qui soutiennent Marine Le Pen : rien d’étonnant puisqu’elle surfe sur la laïcité et la défense des acquis des femmes et homosexuels face à l’Islam, passant sous silence les positions de son propre parti sur ces questions (et notamment d’un certain Jean- Marie qui parlait il y a quelques années de mettre les « sidaïques » dans des « sidatorium »). Ceci dans un contexte général où, par ailleurs, les prières de rue musulmanes sont unanimement condamnées, alors que les manifestations des anti-IVG catholiques sont protégés par les flics et ne font jamais la une des journaux.

Les groupes LGBT (Gaylib à droite, Homosexualités Et Socialisme à gôche) émergeant également au sein des partis au pouvoir, se bornent à la défense des « droits des LGBT », tout en soutenant les positions racistes et/ou islamophobes de leurs partis (ex: traque des Rroms et des migrant.e.s sans-papiers). Il est d’ailleurs fort probable qu’illes ne descendront plus dans la rue pour défendre le « Mariage pour Tous », alors que 11 nationalités (Maroc, Algérie, Tunisie, Pologne, Slovénie, Kosovo, Cambodge, Laos, Serbie, Bosnie-Herzégovine, Monténégro) restent exclues du cadre de la loi suite à une circulaire signée par Taubira1

En parallèle, les positions anti-voile de certaines féministes et LGBT relèvent aussi bien du racisme et de l’islamophobie déguisés sous le masque républicain de la laïcité. Les slogans “Mon corps m’appartient!” et “Ne me libère pas, je m’en charge!”, sont aujourd’hui vidés de leur sens par différents courants du féminisme, sans que ces derniers y voient une aberrante contradiction. Leurs arguments sont repris par les politiques de droite comme de gauche au nom de la libération des femmes, prétexte à des prises de position et à des lois racistes. L’instrumentalisation du voile (intégral ou pas) pour mettre au ban, empêcher certaines d’aller à l’école, d’exercer leur profession (dans les secteurs privé ou public), d’entraver leur circulation dans l’espace, ne camoufle-t-il pas un rappel à l’ordre et une mise à l’amende de toute une communauté (ex: loi de 20042, l’affaire Babyloup3) ? Ne s’agit-il pas également pour cette frange du féminisme, ou pour ceux qui l’instrumentalisent, d’un réflexe ethno- centré et arrogant, se traduisant par “Je sais mieux que toi ce qui est bon pour toi” et “Viens dans LA modernité, la mienne, la seule, l’unique ou alors casse toi” ? On sent bien là des relents de paternalisme à la sauce coloniale, et en prétendant sauver les femmes musulmanes (qui n’ont rien demandé), on stigmatise tou.te.s les musulman.e.s (ou les personnes vues comme telles), emboîtant le pas aux fachos et aux politicards. Alors que les agressions d’homosexuels et l’assassinat de Clément Méric par des militants d’extrême-droite soulèvent une indignation nationale et médiatique et des réactions légitimes de colère, le silence, notamment des féministes, face aux agressions d’Argenteuil4 a démontré à quel point la parole de femmes musulmanes voilées est ignorée ou considérée comme suspecte (ex: la sinistre chronique de France Culture « Le monde selon Caroline Fourest » du 25 juin 2013).

Par ailleurs, l’inter-LGBT d’Ile-de-France (organisation regroupant différents collectifs LGBT), en 2011, refusait l’adhésion de l’association Homosexuels Musulmans de France5 et proposait pour la GayPride une affiche (sur fond bleu), représentant un coq gaulois (blanc) portant un boa (de plumes rouges!) : difficile de trouver une meilleure image de l’homonationalisme ! L’affiche a finalement été retirée sous la pression des LOCS (Lesbiennes of Colors) entre autres. Cette année, l’€uropride organise une « conférence » sur le thème « LGBT et religion » qui se résume à une table ronde intitulée « Homo et chrétien, c’est possible » dans une ville où la moitié de la population est de culture musulmane.

Il ne s’agit pas pour nous de défendre des préceptes religieux mais de pointer des discriminations de fait, qui, drapées de républicanisme laïcard ou de féminisme, ne sont que des orientations racistes et xénophobes.

Nous défendons la liberté de chacun.e à disposer de son corps ainsi que de la façon dont chacun.e désire le mettre en scène dans l’espace, sans avoir à subir ni réflexion, ni restriction de circulation, ni répression !

Plus généralement, quand on n’est pas blanc.h.e, on est sous-représentés dans la prise de parole au sein des cercles LGBT. L’imagerie, de l’€uropride notamment, mais aussi de l’ensemble des représentations gaies dans les médias dominants, est construite autour de corps masculins blancs, lisses, musclés… Quand toutefois les personnes racisées sont représentées, comme dans l’industrie du porno gay, il s’agit de les exotiser et de les mettre en scène dans les clichés qui leurs sont associés : lascars, prisonniers, mâles bien montés en tenues coutumières folklorisées… On se trouve en permanence confronté à un rejet ou à la fascination exotique des spécificités physiques ou culturelles des personnes racisées. Être utilisé comme objet sexuel dans une société frustrée n’est en aucun cas une forme de reconnaissance.

Lorsque les médias dominants, les universitaires, les politiciens et la plupart des assos lgteubés parlent de la question des gays et lesbiennes dans les banlieues (celles que l’on appelle « zones urbaines sensibles »), ce n’est que pour les victimiser, généraliser des situations concrètes, invisibiliser et dévaloriser les stratégies des personnes concerné.e.s. En témoignent les propos du co-fondateur de Ni putes ni soumises6: ” La différence entre l’homophobie des campagnes et celle des cités, c’est le degré de violence directe. Les jeunes de cités sont menacés physiquement par des bandes de caïds ou leur entourage le plus immédiat (…); à deux ou trois stations de RER, en république française, être homo est un crime passible des pires châtiments”. C’est à la fois faire passer le climat homophobe et hétéronormé présent dans l’ensemble de la société pour une particularité des quartiers populaires, et stigmatiser au passage l’ensemble de la population des cités. En parallèle, l’Etat ne cesse de renforcer la présence policière, déjà musclée, dans les quartiers dits « sensibles » -comprenez quartiers pauvres- où logent en grande partie des populations qui subissent des contrôles au faciès.

Dans ce contexte global, en tant que « mauvaise élève », pas assez française, pas assez laïque -comprenez trop musulmane- Marseille va se faire redresser : la République s’est donné pour mission la reconquête de la ville, tant au niveau sécuritaire qu’économique. Euromed 1 et 2 (projets de restructuration urbaine), Marseille Provence 2013 Capitale Européenne de la Culture, et l’€uropride en sont des outils autant que les flics. Les politiques et entrepreneurs/investisseurs, aussi rétrogrades soient-ils, ont tout intérêt à y attirer des personnes ayant des revenus sensiblement supérieurs à ceux des habitants actuels, quitte à jouer la carte de l’ouverture et de la « tolérance » vis-à-vis des personnes LGBT.

Et certains groupes LGBT s’accomodent fort bien, voire soutiennent ouvertement ces politiques racistes et islamophobes. Ce soutien permet aux partis et gouvernements en question de conserver une image acceptable, du fait de leurs positions « progressistes » concernant les « minorités sexuelles ». C’est ce qu’on appelle le Pinkwashing, processus de récupération et d’instrumentalisation des luttes féministes et LGBT à des fins commerciales et/ou politiques.

Dans la droite ligne de ces politiques, l’€uropride se vante de son service d’ordre. Est-ce la peur des fachos et des catholiques intégristes ou s’agit-il plutôt de rassurer ses clients, les homos à fort pouvoir d’achat qu’il faut protéger des autochtones pauvres et non-blancs (donc a priori homophobes et voleurs). Ainsi, l’orga a mis en place un système de bracelets électroniques afin de sécuriser les paiements dans les lieux de consommation de la Pride, et une application pour smartphones ! A qui s’adresse l’évènement et comment des outils sécuritaires (les puces électroniques entre autres) peuvent être utilisés lors d’évènements soit disant militants? On nous fera bientôt croire que les caméras de vidéosurveillance sont là pour éviter les agressions homophobes ! D’ailleurs, le FLAG ! (asso des policiers et gendarmes LGBT ) qui aura un stand au village de l’€uropride nous montre qu’il n’y aurait pas d’incohérence à être LGB(Trans ?) et à participer à toutes les opérations de répression de l’état raciste : expulsions, reconduites à la frontière, traque des pauvres, des sans-papièr.e.s, des prostitué.e.s . C’était quoi les premières Prides déjà? Ah oui! C’est vrai, la commémoration des émeutes de Stonewall à New York en 1969, riposte aux violences policières sur les trav’, les trans et les homos! Alors, fier.e.s de quoi dans tout ça? De se faire géolocaliser, pucer, ou de claquer la bise à un flic, tout LGBT soit-ille?

NOUS, des trans, pédés, gouines, bi.e.s, queers, asexuel.les, et tordu.e.s en tous genres (majoritairement blanc.he.s, cisgenres et valides), refusons que les luttes de libération soient utilisées, détournées, dissoutes dans des discours racistes, coloniaux et sécuritaire et qu’elles servent d’argument pour exclure, stigmatiser, expulser. Les barbares sont ceux qui exploitent la misère, ceux qui donnent des leçons de démocratie à coups de canons, et ceux qui sont capables de « tolérer » n’importe quoi, de collaborer pourvu que leur capital ou leurs petites fesses s’en sortent.

Nos luttes sont globales! Notre force se nourrit de nos solidarités, de la construction collective de nos outils de défense et de nos ripostes! Nous ne voulons pas de frontières, nous ne voulons pas de drapeaux, nous sommes fier.e.s d’être une honte pour la Nation !

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Des féministes, trans, pédés, gouines, bi.e.s, queers, assexuel.le.s et tordu.e.s en tous genres (majoritairement blanc.he.s, cisgenres et valides).

1- Cette circulaire informe les maires qu’ils ne peuvent marier un ressortissant français et un ressortissant de l’un des 11 pays cités, en raison d’accords bilatéraux indiquant que la loi relative au mariage qui s’applique est celle du pays d’origine.
2- La loi du 15 mars 2004 interdit le port de tenues et de signes religieux « ostensibles » à l’école. Elle s’applique depuis la rentrée scolaire 2004/2005 et interdit de porter le voile, plus ou moins couvrant (hidjab, tchador, khimâr), la kippa, les grandes croix chrétiennes (catholique, orthodoxe), le dastaar, turban avec lequel les Sikhs cachent leurs cheveux, le bandana s’il est revendiqué comme signe religieux et couvre la tête. Qui est concerné ? Les élèves des établissements scolaires publics, même majeurs, tout le personnel scolaire, enseignants compris, et les parents accompagnant les sorties scolaires. Cette interdiction s’applique dans les écoles, collèges et lycées publics (classes préparatoires et BTS compris), et tous les lieux extérieurs accueillant des activités scolaires (gymnases…). Les universités ne sont pas concernées. Les risques encourus : une sanction disciplinaire pouvant aller jusqu’à l’exclusion si l’élève persiste dans son refus d’enlever le signe religieux après un dialogue prolongé avec le chef d’établissement.
3- Il s’agit du licenciement d’une salariée de crèche (Yvelines) pour refus d’enlever son voile. La cour de cassation a déclaré le licenciement illégal mais des Caroline Fourest, Elisabeth Badinter et autre Finkielkraut ainsi que la présidente de Ni Putes Ni Soumises (parmi tant d’autres) ont signé une pétition demandant une modification de la loi sur la laïcité afin d’interdire le voile dans toutes les structures privées ou publiques accueillant des enfants. La directrice de Babyloup a reçu lla médaille du Mérite des mains de Manuel Valls. La loi est en préparation.
4- Les 20 mai et 13 juin, deux agressions de femmes portant le voile ont eu lieu à Argenteuil: leur voile leur a été arraché, elles ont été rouées de coup (l’une d’elle, enceinte, a fait une fausse-couche) et ont reçu des insultes racistes et islamophobes.
5- Présents sur le programme de l’IDEM durant l’Europride
6- F. Chaumont , Homo-ghetto : Gays et lesbiennes dans les cités : les clandestins de la République.

>>> Trouvé sur marseilleonsencule.noblogs.org

 

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