Famille – Dépavage https://depavage.noblogs.org Dép' (pédés - "HSH", "homos", "gays"-) et luttes sociales >> Revue de presse, archives et contributions Sun, 09 Aug 2015 14:29:17 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1 Cours camarade, le vieux monde est derrière toi ! Le Fléau Social, juin 1972 https://depavage.noblogs.org/post/2015/08/01/cours-camarade/ Sat, 01 Aug 2015 18:45:19 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1787 Continuer la lecture →]]> vlcsnap-2013-06-21-19h47m58s255Édito du numéro 1 du Fléau social, journal du groupe 5 du FHAR. « Si on s’appelle Le Fléau Social c’est cause de l’amendement Mirguet de 1962 qui nous assimile à l’alcoolisme et à la tuberculose. Ouai ! »     fléau-social-01

Cours camarade, le vieux monde est derrière toi ! Depuis le temps qu’on en parlait, depuis le temps qu’on nous le demandait, eh bien c’est fait, le F.H.A.R. (ou ce qu’il en reste) a un journal. Comme tout le monde, on a notre joujou, notre gadget, le réceptacle et le média de toutes nos bonnes pensées du soir. Cette feuille de chou que vous avez entre les mains est un journal du F.H.A.R., ça ne signifie nullement qu’il soit le journal du F.H.A.R., il a été conçu par un groupe, minoritaire comme tout groupe, issu du F.H.A.R., membre de l’I.H.R., et qui, en ayant archi-marre de la pagaille et du bordel sciemment entretenu, a décidé de se donner à lui-même un instrument de travail et de diffusion de ce travail. Ce canard, on l’a voulu clair, simple et facile à lire. On aurait pu comme c’est à la mode le faire avec plein de couleurs et puis un air un peu bricolé de traviole, ça aurait été très dans le vent, très « in », mais les modes, on s’en branle. Certains diront qu’il est chiant, eh bien il est l’image de la vie qu’on mène, moderne et glacée. Notre chaleur humaine et notre joie de vivre, c’est pas dans du papier journal qu’on l’enveloppe. En exergue, il faudrait noter cette phrase : C’est que toute pensée dès qu’on la fixe devient débile et est forcément dépassée. Sur cette bonne parole (c’est sûrement encore un masque), il faudrait préciser pour que la récupération soit tout à fait claire notre conception d’un front homosexuel d’action révolutionnaire et pour la raison énoncée plus haut c’est pas facile. Pour commencer, on est censé être un mouvement politique volontairement inorganisé (pas de centralisme), un front c’est-à-dire un large éventail de filles et de garçons de tous âges que rassemble une lutte spécifique : la lutte sur le front sexuel et non pas seulement homosexuel et encore, cette approche est-elle une manière d’aborder le sujet plus vaste qu’est la révolution communiste globale.

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On s’explique, l’oppression dont sont victimes celles et ceux qui ne baisent pas comme le voudrait l’évangile n’est que l’épigone le plus voyant d’une répression beaucoup plus subtile dont sont victimes sur le plan sexuel tous les individus. En effet, le sexe est ce qu’il y a de plus fort et de plus vivant dans l’homme, c’est sa force vive et toute cette formidable énergie est entièrement canalisée au profit de la société : au profit de la reproduction, au profit de la famille (structure aliénante et réduite de la société) et au profit de la production-consommation. Eu schématisant, on peut dire que les structures économiques de la société capitaliste bourgeoise et judéo-chrétienne reposent sur des pulsions sexuelles déviées de leur objet, d’où la hantise qu’a toujours manifesté cette société dès qu’on aborde ce sujet, dès qu’on essaye d’analyser ces problèmes autrement que sur le plan strictement individuel et « médical ». Les rapports « spectaculaires-marchands » qui régissent cette société sont des rapports sexuels déviés et les rapports dits sexuels sont devenus des rapports spectaculaires-marchands (voir problème du désir). La société judéo-chrétienne n’est qu’une énorme supercherie et tous ses prétendus idéaux sont faussés à la base, d’où l’échec de toutes les tentatives révolutionnaires qui n’osent pas remettre en question les «valeurs traditionnelles » que sont : la sexualité dite « normale », la famille, la situation de la femme, l’Etat, le pouvoir, le travail, la production et les notions mêmes de société, de culture et de civilisation (piège à con). Heureusement, depuis 1968, et, n’en déplaise aux révolutionnaires professionnels, tout cela bouge et est remis en question, d’où la naissance et l’intérêt d’un mouvement comme le F.H.A.R. qui, à la limite, se situe comme une structure d’accueil pour tous ceux qui pensent que la révolution c’est d’abord dans leur tête et dans slip qu’elle doit se faire ou, plus exactement, que repenser les rapports économiques est inutile si on ne repense pas en même temps les rapports sociaux et les rapports sexuels, si on ne transforme pas radicalement en même temps les codes de référence (culture) de la société aliénée.

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QUELQUES PROPOSITIONS :

1″ L’homosexualité, ça n’existe pas (seulement dans la tête de ceux qui se croient hétéros ou que les prétendus hétéros ont réussi à persuader qu’ils étaient homos, ouf!).

2″ L’hétérosexualité n’existe pas davantage, la sexualité ne peut être que globale et ne souffre pas de partition ou de division, toute spécification est arbitraire et illusoire et les comportements fixés ne le sont que face aux archétypes que propose notre culture.

3″ Toute spécialisation est inventée et flattée par la classe dominante pour favoriser les uns au détriment des autres et vice versa afin de mieux s’imposer ; d’ailleurs, les transgressions quand elles n’entraînent pas une modification du statut social sont parfaitement tolérées.

4″ Homos et hétéros sont à titre égal les victimes du système, ils sont simplement utilisés, exploités et opprimés à des niveaux différents.

5″ Normal et naturel sont des mots à bannir, rien de ce qui touche à l’homme n’est naturel, en quittant le règne animal pour devenir social, le bipède humain a abandonné tout naturel, il s’est dégagé de la nature. Rien de ce qui est spécifiquement humain n’est naturel.

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AUTRES PROPOSITIONS :

6″ Repenser l’éducation des enfants dans un sens non autoritaire assurant leur libre développement (rien à voir avec les expériences-bidon, type méthode Frenet ou Summerhill).

7″ Destruction de la famille en tant que mini-société répressive et hiérarchisée.

8″ Destruction de tous les rôles.

9″ Destruction de toute « échelle de valeur», les valeurs sont une notion bourgeoise.

10″ La culture est une notion bourgeoise.

11″ Toute domination physique ou intellectuelle d’un individu sur un autre est une déviation de l’instinct sexuel non épanoui (domination des hommes sur les femmes, des adultes sur les enfants).

12″ Le but de la révolution n’est pas la prise du pouvoir par le « prolétariat », c’est la destruction de l’idée même de pouvoir et de prolétariat.

13″ Le concept de «lutte des classes » est à repenser complètement.

14″ La démocratie est une latrine.

15″ Autogestion généralisée de la vie.

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PROPOSITION SUBSIDIAIRE :

L’esprit fait plus de chemin que le cœur mais va moins loin. Le projet révolutionnaire global qui semblait utopique autrefois est aujourd’hui parfaitement réalisable dans les sociétés occidentales grâce à l’accumulation du capital, grâce aux « progrès» techniques réalisés.

Ces quelques propositions au hasard parmi tant d’autres ne constituent absolument pas une plate-forme politique, ce sont simplement des idées de discussion.

Si nous voulons faire la révolution, il faut nous en donner les moyens et pas seulement les moyens techniques mais aussi les moyens moraux, c’est-à-dire les motivations. Ça n’est pas sur des problèmes de salaire ou d’aménagement du travail qu’on mobilisera les masses pour autre chose qu’un aménagement du système.

Changer la vie, c’est bien joli, mais, comme disait Léon (Trotro) « pour changer la vie, faut d’abord la connaître », et pour l’instant nous n’en sommes qu’à la survie à l’intérieur d’un système injustifiable et dégradant.

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On le voit, il n’est pas pour nous question de nous cantonner sur le terrain d’une lutte pour la «révolution sexuelle» laquelle est totalement récupérée, le cul, ça se vend bien et les pédés, croyez-moi, il y a tout un marché (et les gouines donc !), la prospection ne fait que commencer, suffit de jeter un oeil sur les films qui sortent en ce moment sur le sujet, c’est encore timide mais la saloperie gagne, la gangrène s’étale. Bien sûr, avec l’étiquette d’homosexuel, qu’on assume volontairement la liaison avec les luttes ouvrières, ça va pas être du gâteau, le mythe du prolo à gros bras et grosse pine et de la femme reproductrice a les reins solides et pourtant c’est là qu’il va falloir frapper.

Libérer les bourgeois n’a aucun intérêt, bien que ce soit pourtant eux qui les premiers viennent au F.H.A.R., qui prennent les attitudes les plus radicales en apparence, tentant de monopoliser le mouvement et nous offrant en spectacle le psychodrame de leurs contradictions intimes et de leur paranoïa dont on a vraiment rien à foutre. La lutte des classes, c’est d’abord à l’intérieur du mouvement qu’on doit la mener contre ceux qui imposent la violence et le terrorisme de l’intellect ou qui confondent maquillage et révolution, Mme Arthur et Rosa Luxemburg. Tout ça, c’est très rapide, c’est des idées jetées comme ça, c’est à vous et à nous de les développer et de les mettre dès maintenant en pratique. La révolution, ça n’attend .pas, elle est déjà commencée. « Cours, camarade, le vieux monde est derrière toi… »

 

GROUPE 5 du FHAR.

in Le Fléau Social n°1 – juin 1972

 

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photos tirées du film Le Sexe des anges de Lionel Soukaz (1977)
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[actu] Tunisie : répression et témoignages https://depavage.noblogs.org/post/2015/02/11/actu-tunisie-repression-et-temoignages/ Tue, 10 Feb 2015 23:44:20 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1257 Continuer la lecture →]]> shamsLa presse mainstream occidentale se soucie des lois réprimant l’homosexualité en Tunisie à l’occasion de la condamnation d’un Suédois à une peine de deux ans de prison. A lire aussi la réaction d’une association et des témoignages datant d’il y a quelques mois trouvés sur le blog de l’association Kelmty.

 

Présente dans le code pénal avant le renversement de Ben Ali, la loi réprimant la sodomie était alors relativement peu appliquée. Avec l’arrivée d’Ennahdha (islamistes modérés) au gouvernement jusqu’en 2014, il semble que la situation se soit tendue, comme en témoignait alors les lgbt qui ont pris la parole et les assos de préventions des MST qui relataient un retour à un certain ordre moral en terme de sexualité. Pour l’instant, le « nouveau » pouvoir (qui a des liens avec la dictature déchue), n’en décide pas autrement…

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Tunisie: Un Suédois condamné à deux ans de prison pour homosexualité

Un Suédois a été condamné à deux ans de prison pour homosexualité en Tunisie, a indiqué samedi la diplomatie suédoise, précisant que l’affaire avait été évoquée entre représentants des deux pays.

«Nous avons discuté du cas avec des représentants tunisiens et souligné la conception de la Suède selon laquelle l’égalité des droits quelle que soit l’orientation sexuelle est un principe démocratique fondamental», a déclaré une porte-parole du ministère des Affaires étrangères suédois. Contacté par l’AFP, le ministère tunisien des Affaires étrangères a confirmé la condamnation, sans autres précisions dans l’immédiat.

Les pratiques homosexuelles passibles de trois ans de prison ferme

«L’homme, âgé d’une cinquantaine d’années, a été condamné le 4 février à deux ans d’emprisonnement pour des actes homosexuels», selon la porte-parole. Selon le quotidien Aftonbladet, l’homme, domicilié en France depuis quelques années, aurait fait appel du jugement.

L’homosexualité est considérée comme un délit en Tunisie, précise la diplomatie suédoise sur son site consacré aux conseils aux voyageurs. Selon le Code pénal tunisien, les pratiques homosexuelles sont passibles de trois ans de prison ferme.

(Publié par le massmédia 20minutes avec l’AFP le 7 février 2015).

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Communiqué de l’association tunisienne Damj

Nous, activistes de « Damj pour l’égalité et la justice » dénonçons la condamnation du ressortissant suédois.

L’homosexualité en Tunisie est réprimée et toute personne susceptible d’avoir un « comportement homosexuel » est passible de trois ans de prison ferme et d’une amende comme le mentionne l’article 230 du code pénal tunisien.

Cet article du code pénal tunisien n’a plus sa place dans la Tunisie d’aujourd’hui.

Rappelons que l’article 21 de la constitution de la deuxième République précise que :

– Les citoyens et les citoyennes sont égaux en droits et devoirs. Ils sont égaux devant la loi sans discrimination aucune.

L’article 24 indique que :

-L’État protège la vie privée, l’inviolabilité du domicile, la confidentialité des correspondances, des communications et des données personnelles.

Dans ce sens, nous exhortons les autorités tunisiennes à abroger l’article 230 du code pénal. Cet article est une atteinte aux valeurs universelles des Droits Humains et nous rêvons d’une Tunisie meilleure où tous les citoyens soient traités sur le même pied d’égalité.

En Tunisie, les condamnations selon l’article 230 du code pénal reste très peu nombreuses. Face à l’absence de statistiques, nous nous référons aux cas, jugés notamment selon les articles 226 ou 226 bis, que nous traitons depuis la création de notre association en aôut 2011 pour la défense des droit des minorités et des groupes marginalisés en Tunisie.

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Etre gay en Tunisie « T’es pédé ou quoi ? »

Trouvé sur Kelmty.

Trois ans après le prin­temps arabe, être gay ou bi­sexuel reste un tabou et un acte ré­pré­hen­sible en Tu­ni­sie. Pour­tant la jeune gé­né­ra­tion homo compte bien se battre pour ses droits. En­core faut-il faire preuve de co­hé­sion. Et de cou­rage, aussi.

Jan­vier 2011 a été un mo­ment par­ti­cu­lier. Pen­dant les ma­ni­fes­ta­tions contre le dic­ta­teur Ben Ali, de jeune tu­ni­siens et tu­ni­siennes ont dé­gainé le dra­peau arc-en-ciel, sym­bole de la com­mu­nauté LGBT. Ce, pour la pre­mière fois, en pu­blic. Ràm’y a sau­ve­gardé une photo de l’évé­ne­ment sur son or­di­na­teur por­table. Dans un café de La Marsa, le quar­tier chic de Tunis, il la montre fiè­re­ment. Ça ne le dé­range pas que d’autres per­sonnes puissent la voir. Ici, dans ce lieu, il n’a pas à se ca­cher. Le café pour­rait se trou­ver aussi bien à Ber­lin ou Paris.  Hips­ter, jeune, la seule dif­fé­rence tient dans ce vent froid venu de la mer Mé­di­ter­ra­née qui souffle sur la ter­rasse.

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Ràm’y est assis là, il fume et ra­conte. Sa mère sait qu’il est ho­mo­sexuel. Pas son père. Lui, ça lui est égal. Il vit sa vie. Sur Fa­ce­book, il poste des pho­tos et des textes sur les ho­mo­sexuels, les bi­sexuels ou les les­biennes. Il ne mâche pas ses mots. Même si la plu­part des gens en sont dé­ran­gés et même s’il re­çoit ré­gu­liè­re­ment des com­men­taires tel que « T’es pédé ou quoi ? ». « Je veux que les gens s’y ha­bi­tuent. Avec le temps, l’ho­mo­sexua­lité va de­ve­nir quelque chose de nor­mal », com­mente-t-il. Ram’y s’ex­prime de ma­nière éton­nam­ment ré­flé­chie pour ses 20 ans. Il a beau­coup de plans pour son futur et sou­haite que, dans l’ave­nir, il soit plus fa­cile d’être homo en Tu­ni­sie. « J’ai­me­rais qu’il y ait plus de pos­si­bi­li­tés pour nous : une gay pride, un groupe d’en­traide, plus d’ac­cep­ta­tion. »

Il en va du de­ve­nir de jeunes gens dont l’iden­tité sexuelle est désap­prou­vée en Tu­ni­sie, par l’État et par la so­ciété. Le pa­ra­graphe 204, qui condamne un acte sexuel entre deux per­sonnes de même sexe jus­qu’à trois ans d’em­pri­son­ne­ment, n’est peut-être pas sou­vent mis en ap­pli­ca­tion, mais il rap­pelle que les ho­mo­sexuels et les les­biennes peuvent être pour­sui­vis à n’im­porte quel mo­ment à cause de leur iden­tité sexuelle. Pour la so­ciété tu­ni­sienne, les gays res­tent un tabou, tout comme les trans­sexuels.

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MARIÉ DEUX FOIS POUR PA­RAÎTRE HÉ­TÉ­RO­SEXUEL

Methi connaît bien ce rejet (le nom a été changé, nda). Au­jour­d’hui, il ha­bite à deux heures et demi de Tunis. Il avait be­soin d’avoir une cer­taine dis­tance avec sa fa­mille, « d’air pour res­pi­rer ». De­puis son stu­dio, il a vue sur la plage d’une ville tou­ris­tique de la côte est de la Tu­ni­sie. Des pein­tures à l’huile de fo­rêts vertes sont ac­cro­chées dans son ap­par­te­ment. Des fo­rêts al­le­mandes. Methi adore l’Al­le­magne. Il a vécu là-bas pen­dant sept ans et y a fait des études d’al­le­mand. Ça a été la pé­riode pen­dant la­quelle il s’est senti le plus libre de sa vie, ra­conte-t-il. Il a main­te­nant 35 ans. Il sait de­puis sa pu­berté qu’il est bi­sexuel, avec une pré­fé­rence pour les hommes. À l’époque, il n’était pas ques­tion de faire son co­ming-out. Au­jour­d’hui non plus. « Trop dan­ge­reux ». Sous la pres­sion fa­mi­liale, il a épousé par deux fois la même femme avec la­quelle il a eu un en­fant. Il est main­te­nant, pour la se­conde fois, di­vorcé. Et seul.

La ré­vo­lu­tion n’a pas changé grand-chose pour lui, tout comme pour beau­coup d’autres ho­mo­sexuels et bi­sexuels de plus de 30 ans. « La si­tua­tion n’est pas de­ve­nue si dif­fi­cile pour les ho­mo­sexuels sous Ben Ali car ils ne dé­ran­geaient pas son pou­voir », ex­plique Methi. Il craint même une dé­té­rio­ra­tion dans le cas où le mou­ve­ment sa­la­fiste, conser­va­teur, aug­men­te­rait en puis­sance.

Pour Methi, c’est clair : il va de nou­veau se ma­rier et vivre à la ma­nière d’un hé­téro. Par contre, il pense que les jeunes tu­ni­siens de­vraient bé­né­fi­cier du chan­ge­ment. « In­ter­net n’a pas seule­ment amené la ré­vo­lu­tion jus­qu’ici mais a aussi per­mis de ras­sem­bler de jeunes gens par­ta­geant les mêmes idées. C’est ça la vé­ri­table ré­vo­lu­tion », dit-il.

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LE PRE­MIER MA­GA­ZINE gay N’A PAS LA VIE FA­CILE

Le world wide web per­met aux ho­mo­sexuels de se re­trou­ver. La plate-forme de ren­contre pla­ne­tro­meo met des hommes en contact avec d’autres hommes – que ce soit pour le sexe, la re­cherche d’une re­la­tion ou pour se faire de nou­veaux amis. Sur Fa­ce­book, de nom­breux homos ont un deuxième pro­fil ano­nyme pour échan­ger avec d’autres et s’or­ga­ni­ser. De la même ma­nière, on y trouve des sites comme Kelmty, la pre­mière or­ga­ni­sa­tion LGBT de Tu­ni­sie à être ac­tive en ligne. Des ac­ti­vistes ont aussi créé le pre­mier ma­ga­zine homo de Tu­ni­sie sur In­ter­net : le Gay Day Ma­ga­zine. Après un ex­cellent dé­part, le site In­ter­net n’est ce­pen­dant plus que ra­re­ment ac­tua­lisé. De­puis que le mi­nistre tu­ni­sien pour les droits de l’homme a mis pu­bli­que­ment le ma­ga­zine au pi­lori, son fon­da­teur vit dans la peur. « Il dé­mé­nage presque tous les deux mois pour ne pas être trouvé », ex­plique Ali.

L’étu­diant de 25 ans s’in­ves­tit pour le ma­ga­zine, entre autres, comme ad­mi­nis­tra­teur web. Il est aussi actif à Am­nesty In­ter­na­tio­nal. C’est l’un de ces jeunes tu­ni­siens qui ap­par­tiennent à un ré­seau et se battent pour une dé­mo­cra­ti­sa­tion au sens large. Au lieu de pas­ser ses soi­rées de­vant la té­lé­vi­sion, il par­ti­cipe à des groupes de dis­cus­sion dans des centres cultu­rels al­ter­na­tifs. Ses amis et lui ne sont pas là par passe-temps. Ils veulent faire avan­cer les choses, dont les droits des ho­mo­sexuels. Mais ça de­mande du temps. Ali at­tend le bon mo­ment pour de­ve­nir actif. Ça le dif­fé­ren­cie d’autres gens qui, après la ré­vo­lu­tion, ont créé ra­pi­de­ment des ini­tia­tives : « tous ont com­mencé quelque chose sans sa­voir ce qu’ils vou­laient faire concrè­te­ment et quels étaient leurs buts ».

MÊME AU SEIN DE LA COM­MU­NAUTÉ LA SO­LI­DA­RITÉ MANQUE

Ali agit, lui, de ma­nière plus calme. Jus­qu’ici, il ana­lyse et ré­flé­chit à une stra­té­gie que le mou­ve­ment homo pour­rait adop­ter. Il dis­cute avec des ac­ti­vistes d’autres pays, cherche des conseils, es­saye de se mettre en contact avec d’autres homos. Et la der­nière tâche n’est vrai­ment pas fa­cile. Beau­coup ont peur que leur en­ga­ge­ment ne mène à un co­ming-out in­vo­lon­taire. Il n’existe pas de com­mu­nauté fixe d’ho­mos réunis au­tour des mêmes buts. Il y a bien des groupes in­for­mels de gays et de les­biennes dans les dif­fé­rents quar­tiers de Tunis, mais ceux-ci sont  par­tiel­le­ment en com­pé­ti­tion. « Si nous ne sommes pas so­li­daires entre nous, c’est dur de re­ce­voir de la so­li­da­rité de l’ex­té­rieur », dit Ali.

Pour lui, trois ans après la ré­vo­lu­tion, le mou­ve­ment homo se trouve tou­jours pra­ti­que­ment au point de dé­part. Mais le temps presse. Il y a en­core beau­coup de gays qui, comme Methi, sont for­cés au ma­riage et à une vie de fausse ap­pa­rence à cause du tabou de la so­ciété. Mau­vaise pers­pec­tive.

 Source: cafebabel.fr
 
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Vivre son homosexualité en Tunisie

La rédaction de Za-gay a accueilli un membre de kelmty qui a accepté de répondre aux questions des membres de Za-gay autour du thème de l’homosexualité en Tunisie.

Question basique et sûrement clichée mais : te considères-tu musulman pratiquant alors que ta religion condamne fortement l’homosexualité ? Et si oui, n’est-ce pas difficile d’allier religion et sexualité, d’être jugé et parfois même méprisé par des personnes qui se basent sur une interprétation d’un texte religieux ? – Question posée par Lermb, Drakon & Horus30 

Mahdy : C’est un peu dur de faire l’équilibre entre le culte et la sexualité et donner un avantage au culte ne ferait qu’aggraver la situation par un profond sentiment de culpabilité et de mensonge donc je préfère rester neutre et garder une petite partie de moi qui croit que Dieu pourrait me donner la force de comprendre et de me pardonner quelque chose que je n’ai pas choisi.

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• L’Albanie est un pays à majorité musulmane et dont le gouvernement s’est apprêté il y a environ huit mois à légaliser le mariage homosexuel. Il est possible que le mariage homosexuel soit légalisé en Albanie avant un bon nombre d’autres pays européens, comme la France par exemple. Qu’est-ce que ça t’inspire ? – Question posée par Mastermasque

Mahdy : Il ne faut pas oublier d’une part que l’Albanie grâce à sa situation géographique, se trouve à l’est d’une Europe qui l’influence en terme de libertés et d’autre part l’Albanie est un pays seulement  à majorité musulmane, alors que la Tunisie est véritablement un pays fondé sur la Charia, ce qui implique l’éthique et les règles de l’islam, pas en tout évidemment mais elle suit quelques règles aberrantes pour satisfaire les esprits islamistes les plus révoltés contre l’homosexualité.

• Historiquement les relations homosexuelles discrètes étaient plus faciles en orient qu’en occident. Mais alors qu’en occident les conditions des gays s’améliorent, j’ai le sentiment qu’en orient elles se dégradent (et plus généralement en Afrique). Penses-tu que j’ai tort ? – Question posée par Allomat69

Mahdy : Les facteurs historiques influent beaucoup, il faut prendre en compte qu’en occident suite à l’humanisme et à la révolution européenne, les occidentaux ont réussi à surmonter leur Église et leur religion dont les règles absurdes étiquetaient tout, pour bâtir des règles éliminant la majeure intrusion de l’Église qui contenait elle-même des pratiques homosexuelles même si c’était plus toléré en Orient et en Afrique.

 Certains pays continuent et ont toujours des rites anti homosexuels, souvent très extrémistes pour préserver leurs bonnes mœurs comme dans des pays centre africains avec la lapidation ou encore en Iran avec la pendaison publique. Les habitudes se perpétuent à travers les générations et s’incrustent pour faire naître l’homophobie ou bien la tolérance.

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• Ce que j’aimerais savoir, c’est comment est vue l’homosexualité féminine, par rapport à l’homosexualité masculine, est-ce qu’il y a vraiment une différence de perception dans la société tunisienne ou alors c’est vu de la même manière ? – Question posée parMastermasque.

Mahdy : Les stéréotypes de l’homosexualité féminine et masculine sont les mêmes pour toutes les personnes, chez les hommes c’est quelque chose de tabou le gay tunisien et une  » folle  » efféminée toujours en compagnie de filles et obsédé par le look ou l’apparence féminine, réticent à toute activité physique et autres choses considérées comme véritablement masculines.

On les insulte, on les exclue, on essaye de prouver qu’avec une présence masculine dans leur entourage leur homosexualité peut disparaître. Si le garçon n’est pas efféminé et s’avoue homosexuel il n’est pas forcément réprimandé ; s’il est passif c’est considéré comme de la curiosité, si il est actif cela est complètement normal, mais seuls les gays actifs sont totalement acceptés par la société, voire même cela est source de fierté.

Le sujet de l’homosexualité ne se limite alors qu’à qui pénètre qui et à si la personne est féminine ou masculine. Les gays actifs excluent même les gays passifs, même s’ils ont à peu près les mêmes orientations sexuelles.

Pour l’homosexualité féminine, elle est minimisée à un jeu entre amies qui sont extrêmement excitées mais ne voulant pas perdre leur virginité, la perte de la virginité étant considérée comme une honte pour la fille et sa famille. C’est alors considéré comme un jeu qui n’aura aucune fin et il sera dit que la fille en question finira par se rappeler de la présence masculine, se soumettra et finira par se marier.

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Dans des pays où on est toujours entre mecs, et ou on se tient par la main, ce n’est pas bien difficile d’avoir discrètement un copain non marié, même bi. Dans ces conditions, est-ce indispensable de faire son coming-out ? Au regard de la culture arabe, finalement, est-ce que ça choque tant que ça deux homosexuel(le)s qui vivent ensemble, ou alors c’est le fait qu’ils se disent homosexuels ou commencent à revendiquer des droits ?  Question posée par Allomat69 & Mastermasque

Mahdy : Dire « je suis homo et je l’assume et c’est comme ça » est extrêmement rare en Tunisie, se cacher est tellement devenu une habitude que l’assumer ne devient plus nécessaire, car l’habitude d’être caché est là, donc revendiquer un droit de quelque chose d’illégitime est insensé pour les homosexuels tunisiens.

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• Malgré le fait que le Codé Pénal tunisien sanctionne « la sodomie entre adultes consentants » de trois mois à trois ans de prison, les homosexuels ou homosexuelles prennent tout de même le risque de s’afficher ? Au Maroc par exemple, Abdellah Taïa qui est écrivain a pris le risque de s’affirmer homosexuel dans un de ses livres. Toi, par exemple où as-tu déjà affiché ton homosexualité et vis-à-vis de qui, comment ont-ils réagi ? Que crains-tu exactement si tes parents étaient amenés à l’apprendre ? – Question posée par Mastermasque & Horus30

Mahdy : Cette loi est juste un terrain d’entente entre tout le monde, cette loi existe mais presque jamais appliquée pour ne pas faire de polémiques et attiser la colère et pour ne pas donner une mauvaise image du Maghreb.

Pour moi, mon homosexualité et ma famille est une très longue histoire mais avouer qu’on est gay est très dur il faut une énorme confiance et surtout généralement le coming-out se fait par consentement mais pas par surprise.

• Sais-tu comment se passe les rencontres homosexuelles en Tunisie, est-ce qu’il y a des lieux de rencontre, est-ce que tout passe par internet, ou est-ce que les homosexuels prennent le risque d’aborder les gens dans la rue ? Toi, par exemple comment fais-tu, as-tu des connaissances, des amis homosexuels, enfin si tu as déjà rencontré d’autres homosexuels ? – Question posée par Horus30 & Mastermasque

Mahdy : La plupart des rencontres se passent au centre ville de Tunis, mais ces rencontres sont basées sur la connaissance par internet et certains prennent ce risque. Dans mon cas, je connais pas mal d’homos que je considère comme des amis alors pour m’engager dans une relation, c’est par internet que je peux faire de nouvelles connaissances. 

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Depuis quand sais-tu que tu es homosexuel ? Tu as mis du temps pour l’accepter ? Est-ce que tu as déjà parlé de ta sexualité à quelqu’un, ne serait-ce qu’un étranger qui vit à l’autre bout du monde, ou pas du tout ? – Question posée parMastermasque

Mahdy : Je pense que je suis homo depuis ma naissance. C’est à l’âge de 15 ans que j’ai compris ce que signifiait le mot « homosexuel », à l’âge de 17 ans j’ai eu des problèmes dans mon lycée à cause de ma sexualité et j’ai été obligé de le révéler à quelques amies mais heureusement « elles » ont été compréhensives.

• Les homosexuels ou homosexuelles, qui finissent par se marier et mener une double-vie, à ton avis, sont-ils nombreux ? Tu y songes ? Question posée par Mastermasque

Mahdy : Pour ma part, j’ai déjà entendu parler de quelques cas mais ça reste rare. En ce qui me concerne, je veux me marier avec une lesbienne. 

Est-ce que tu penses que depuis le départ de Ben Ali et la révolution qui se passe actuellement en Tunisie, cela pourrait changer des choses pour la situation des homosexuel(le)s Tunisiens, notamment en matière de libertés et de droit, des associations se sont-elles d’ailleurs déjà manifestées ? Ou au contraire n’as-tu pas peur que la situation puisse se dégrader si un parti islamiste venait au pouvoir ?
Car il semblerait que si on suit l’interprétation qui est faite des textes religieux, c’est la peine de mort qui préconisée pour les homosexuels. Bien que cette interprétation soit sans doute contestable, il semblerait que dans le Coran, il y ait aussi un passage sur les éphèbes qui sont promis au paradis qui est très ambigu, de même la peine capitale est préconisée pour beaucoup de choses. – Question posée par Ikiroh, Mastermasque, Drakon & Roquy69

Mahdy : Oui, depuis le départ de Ben Ali et la révolution qui se passe actuellement en Tunisie cela va je pense dégrader la situation des homosexuels car à mon avis le parti islamiste va avoir le pouvoir et ça risque de tourner mal.

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• Il a été dit lors d’une émission que la France était bien au courant de la « dictature » en Tunisie, qu’est-ce que tu penses de ça ? – Question posée par Drakon

Mahdy : La France était toujours là pour savoir tout ce qui se passait en Tunisie dans tous les domaines que ce soit politiques sociaux ou économiques,  en maintenant des relations qui favorisaient la dictature Ben Ali. 

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 • Il y a une chose qui m’a étonné, c’est ta présence sur Za-gay, il me semblait que les sites répertoriés gays étaient automatiquement censurés en Tunisie. Et donc, je me demande tout simplement si je me trompe ou si t’as usé de méthodes pour contourner cette censure ? – Question posée par Mastermasque

Mahdy : Za-gay, Tetu et d’autres sites n’ont pas été censuré en Tunisie  à mon avis car ils ne sont pas des sites pornographiques. Après la révolution, la censure a été enlevée et tous les sites sont désormais accessibles

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• Mehdi Ben Attia est aussi tunisien, il a réalisé un film sur l’homosexualité nommé « Le Fil » qui se passe en Tunisie, il me semble qu’il est interdit en Tunisie, malgré cela en as-tu eu des échos ? – Question posée par Mastermasque

 

 » Il s’agit de comprendre qu’à l’inverse des autres minorités, les homosexuels doivent apprendre à faire face à la discrimination seuls. Tous les noirs naissent de parents noirs, les arabes de parents arabes, les juifs de parents juifs. Face à un monde extérieur hostile, ils grandissent avec la certitude réconfortante de se savoir entourés par leurs semblables, leurs familles, leurs communautés, au sein desquelles ils se sentent protégés de l’intolérance des masses. Aucun homosexuel ne naît de parents homosexuels. Chacun d’entre nous doit faire face seul au sentiment d’être un étranger dans sa propre famille, à la négation de l’éventualité de notre différence, au potentiel rejet de ceux qui nous sont les plus chers. Au mépris, au dégoût, à l’horreur dans le regard de nos parents, nos frères, nos sœurs. »

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Retour sur 5 fantasmes qui circulent autour de la PMA … et des luttes féministes https://depavage.noblogs.org/post/2014/11/25/5-fantasmes-autour-de-la-pma/ Tue, 25 Nov 2014 15:35:13 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=690 Continuer la lecture →]]> family_by_pyxelated-d50fh1kAu nom de la critique de la technologie, un certain nombre d’idées commencent à circuler dans les revues libertaires qui ont de moins en moins avoir avec la PMA et de plus en plus avoir avec des fantasmes sur la PMA… et sur le féminisme. Voici le top 5 des idées incongrues qui circulent aujourd’hui sur la Procréation médicale assistée (PMA).

1) La PMA c’est la marchandisation du vivant et l’avènement de la technoscience ? En France, lors des débats sur le mariage pour tous, la revendication des lesbiennes pour l’accès à la PMA était une revendication d’égal accès à un don de sperme. La PMA en France est un don de sperme, aujourd’hui autorisé de façon anonyme pour les héteros stériles dans les banques de sperme et remboursé par la sécurité sociale. Si le don de fluide corporel doit être questionné au regard de la technoscience, il est étrange que ce débat arrive avec la PMA alors que le don de sang existe depuis bien plus longtemps. Pourquoi porter systématiquement le débat de la PMA sur la « marchandisation » et la « médicalisation » et nier qu’aujourd’hui, le don de sperme est gratuit, anonyme et remboursé par la sécurité sociale pour les hétéros ? Le don de sperme artisanal ouvre quant à lui droit à une filiation alors qu’il faudrait justement pouvoir distinguer « donneur » et « parent » : si on peut être les deux, ce n’est pas toujours le cas. Il s’agit ici du risque de voir le géniteur revendiquer en toute légalité son rôle de père et sa paternité sur l’enfant au couple de femmes à qui il a « donné » son sperme. Comme l’indique Aude Vidal [1] , un couple de lesbiennes n’a pas à subir les intrusions d’un donneur dans leur vie. La revendication porte sur le droit de ne pas être à la merci d’un bon copain qui décidera peut-être un jour, quand le gosse sera propre ou qu’il sera devenu intéressant, de faire valoir ses droits de donneur, pardon de père. Pour toutes ces raisons, il faut des banques de spermes gratuites pour toustes.

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2) Si on se bat pour la PMA, on nie les problèmes de pollution qui sont responsables des problèmes d’infertilité massive ? Les lesbiennes n’ont pas de problème d’infertilité massive. Il n’y a aucun lien entre la revendication portée par les lesbiennes et les problèmes de pollution. Les lesbiennes revendiquent l’égal accès à un don de sperme (légal pour les héteros, illégal pour les lesbiennes). Comment rattacher la question de la pollution à la question du don de sperme pour les lesbiennes ? S’il n’y a pas de lutte secondaire, pourquoi faut-il choisir entre luttes féministes, sociales et luttes écolo : ne peut-on pas lutter pour la justice sociale, contre une société hétéronormée et contre la destruction capitaliste ?

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3) Ne faudrait-il pas plutôt avoir recours à l’adoption contre la marchandisation du vivant inhérente à la PMA ? Dans notre contexte, au nom de quel principe, l’adoption serait-elle, en soit, plus noble et plus propre que la PMA ? On pourrait estimer que depuis le séisme d’Haiti en 2010 [2] ou même le scandale de l’association de l’Arche de Zoe au Tchad en 2007 (les enfants victimes du Darfour), trop souvent, l’adoption rime avec transaction et trafic. De même, le pouvoir médical est également présent lorsque les futurs parents hétéros doivent cocher une case des listes des maladies et/ou handicaps qu’ils sont prêts à accepter ou pas au sein de leur futur foyer. Voir en l’adoption une alternative non marchande et non médicale à la PMA est un positionnement plus que douteux d’autant plus que les lesbiennes et homosexuels n’ont pas le droit d’adopter à l’étranger dans la plupart des pays.

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4) Les lesbiennes revendiquent le « Droit d’avoir un enfant », la preuve qu’elles sont consuméristes ? Il n’y a jamais eu de revendication du « droit d’avoir un enfant » durant les manifs de 2013-2014 en défense du mariage pour tous. C’est au sein du Lmpt (La manif pour tous) que cette expression sémantique est née pour ridiculiser et décrédibiliser la revendication d’accès des lesbiennes à la PMA et à l’adoption [3]. Puis, lorsque les sénateurs ont déposé un recours au conseil constitutionnel contre la loi du mariage pour tous, ils ont repris l’expression en indiquant que les droits « de » l’enfant devaient primer sur le droit « à » l’enfant . C’est avec ces mots que les sénateurs ont formulé le recours au conseil constitutionnel : « Le législateur consacre donc la volonté d’adultes de s’affranchir de toutes références à la procréation pour avoir un droit à l’enfant et s’approprier l’enfant afin d’établir à son égard un lien de filiation qui fasse délibérément obstacle à la vraisemblance biologique. Ainsi, en permettant l’adoption plénière par des couples de même sexe, le législateur méconnait l’intérêt général et notamment l’intérêt de l’enfant. » [4] Pourquoi parle-t-on de “droit à l’enfant” uniquement dans le cadre des couples homosexuels ? Pourquoi parler de « droit à l’enfant » au lieu de parler d’égal accès à l’adoption et à la PMA comme les hétéros ?

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5) On ne peut pas nier qu’il y a une différence des sexes dans notre société ? Le féminisme s’est battu contre l’idéologie naturaliste. Ainsi, détruire la différence des sexes, c’est supprimer la hiérarchie qui existe actuellement entre deux termes dont l’un est référé à l’autre, et infériorisé dans cette comparaison. On ne peut revendiquer le « droit à la différence », car cela signifie le droit à l’oppression. Cela ne signifie pas que « nous voulons devenir des hommes », car dans le même temps que nous détruisons l’idée de « La Femme », nous détruisons aussi l’idée de « l’Homme ». C’est le système patriarcal qui nous pose « différentes » pour justifier notre exploitation, la masquer. C’est lui qui nous impose l’idée d’une « nature », d’une « essence » féminine.[5]

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Aujourd’hui, lorsque LMPT (la manif pour tous) ou autres revendiquent qu’un enfant a besoin d’un papa et d’une maman, c’est bien l’ensemble des femmes qui sont renvoyées à la cuisine, à leur rôle, à leur place.

C’est bien une attaque contre toutes les femmes. Et il faut bien dénoncer ce discours patriarcal et lesbophobe.

 

SCAM (section carrément anti-masculiniste) scam(at)riseup.net

Vu
 
Texte publié le novembre 2014 sur Paris-Luttes.info

> Lire aussi, sur le même sujet :

Retour sur le passage d’Alexis Escudero à Paris et son livre « La reproduction artificielle de l’humain »

Hervé Le Meur ou la faillite de l’écologie à prétention radicale

 

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Hervé Le Meur ou la faillite de l’écologie à prétention radicale https://depavage.noblogs.org/post/2014/11/14/herve-le-meur-ou-la-faillite-de-lecologie-a-pretention-radicale/ Fri, 14 Nov 2014 19:54:59 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=631 Continuer la lecture →]]>
240px-Schwarm_Wanderheuschrecke« Le moins que je puisse dire, c’est que je reste pantois devant le fait que des libertaires diffusent de pareils textes sans y mettre le moindre bémol. Triste époque, en vérité. »
A propos de la loi sur le mariage gay… par André Dréan, août 2013

A propos de la loi sur le mariage « gay »

Hervé Le Meur ou la faillite de l’écologie à prétention radicale

Par André Dréan, août 2013

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Depuis plusieurs semaines, je reçois, y compris en provenance de personnes d’obédience libertaire, le texte d’Hervé Le Meur « Faut-il changer la nature de la filiation ? », paru dans le numéro d’été de la revue « L’Ecologiste ». En règle générale, il n’est pas accompagné de commentaires, ou alors parfois flatteurs. J’ai donc lu et relu le texte en question et je constate, sans surprise d’ailleurs, qu’il ne recèle rien de plus que les habituels préjugés qui constituent la ligne de défense commune de l’échiquier politique français hostile à la nouvelle loi sur le mariage « gay », échiquier qui inclut en partie des idéologues d’extrême droite, de droite, de gauche et même des écologistes. Loi que, bien entendu, je n’accepte pas, pas plus que les modes de domination qu’elle sanctionne et favorise, déjà pour la raison que je suis hostile à l’institution du mariage. Voici, en bref, ce que je pense du texte d’Hervé Le Meur que Yannick Blanc, le principal animateur du site « Pièce et Main d’œuvre », fait circuler dans le sillage de la rédaction de « L’Ecologiste », fondé par des écofascistes du genre de Teddy Goldsmith. Il montre, comme s’il était encore nécessaire de le prouver, que écologie ne rime pas nécessairement avec radicalité et que sous la même étiquette, nous pouvons retrouver toutes les couleurs de l’arc-en-ciel politique, la brune y compris.

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1 Si Hervé Le Meur s’était contenté de dire qu’il y a de l’incréé, dans notre monde, y compris en nous, bref des déterminations qui ne sont pas sociales, créées stricto sensu par notre activité transformatrice du monde, activité à la fois individuelle et sociale, je serais d’accord. De telles déterminations dites naturelles, bien qu’elles soient difficiles à cerner en tant que telles, tant elles sont imbriquées aux autres déterminations sociales, politiques, religieuses, morales, etc., depuis des temps immémoriaux, n’en existent pas moins. Par exemple, nous sommes aussi des mammifères et, jusqu’à preuve du contraire, ce n’est pas la domination qui nous a constitués ainsi, à moins de croire que depuis l’aube de l’humanité des modes de domination aient disposé des pouvoirs surhumains attribués à Dieu. Aujourd’hui, à l’ombre de l’Etat, il est vrai que la technoscience, en particulier dans le domaine de la procréation, tente de nous domestiquer à outrance, de nous réduire encore plus au statut de choses, manipulables à volonté, sous le prétexte de répondre aux désirs des individus tels qu’ils sont formatés par la société du capital. L’actuelle procréation assistée par la médecine, même si elle est différente de la transgenèse proprement dite dans la mesure où les procédés qu’elle utilise ne touchent pas au génome, participe à ce processus de domination. Mais entre le discours des gourous de la technoscience médicale, qui frise parfois l’eugénisme, et la réalité de leur puissance, il y a de notables différences. Leur ambition démiurgique rencontre des limites, à commencer par celles que leur opposent les individus qui n’entendent pas accepter leurs diktats. De toute façon, le pouvoir biomédical n’est ni plus, ni moins totalisateur que le mode de domination dont il est partie intégrante, lequel ne pourrait exister de façon quelque peu durable s’il était effectivement capable de nous transformer en totalité en cyborgs, y compris dans le domaine de la procréation. En ce sens, le « Meilleur des mondes » d’Aldous Huxley, le livre référence de bien des individus hostiles à l’institution médicale, relève de l’acceptation de l’utopie technoscientiste du capital, fusse pour la rejeter, alors qu’elle n’est pas à prendre au pied de la lettre.

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2 Mais concernant la notion clé de « nature », Hervé Le Meur définit comme « naturel » ce qui n’est pas « produit et contrôlé » par des « experts », ce qui revient à attribuer ce qualificatif à des déterminations sociales, y compris à celles spécifiques à des modes de domination, même millénaires, pour autant qu’ils ne présentent pas les traits de la domination technoscientiste la plus en pointe. Et donc, à les justifier. Il passe donc sans problème de la notion de déterminations naturelles à celle de nature, au sens des métaphysiciens, avec le moralisme d’origine chrétienne qu’elle charrie : « Nous pensons que tout écologiste garde une tendresse pour ce qui est naturel, c’est-à-dire non produit ou contrôlé par un expert et, parfois, moins efficace, moins joli… La nature devient alors l’instance extérieure qui garantit qu’un phénomène n’est pas contrôlé, est libre. Dans le domaine humain, elle justifie la liberté, l’altérité, le caractère sauvage, la finitude et la modestie mais elle est aussi un antidote contre l’idéologie de la croissance, de la population comme de l’économie, la volonté de toute-puissance et le consumérisme y compris dans la relation à l’autre. » Le caractère réactionnaire de telles envolées idéologiques, puant le mysticisme, n’est pas nouveau et il a déjà été signalé par de nombreux critiques du concept de « nature », avec son corollaire, celui « d’artificiel », y compris par moi, dans mon texte « La Société industrielle, mythe ou réalité ». Mais je ne suis ni le premier, ni le seul à le faire. Pour preuve, je citerais l’excellent passage de l’ouvrage collectif, « Contre L’Encyclopédie des nuisances », consacré à la métaphysique de la Nature, qui constitue la base commune de l’idéologie réductionniste des milieux hostiles à la prétendue « société industrielle » : « Au règne autocratique de la domination technique, il fallait donc pouvoir opposer un autre absolu. Il était tout trouvé : seule la Nature, adversaire métaphysique intraitable de la technique, était à même de faire sauter le verrou. Dans la langue de tartufe des “encyclopédistes” cela donnera un récit à haute teneur épique : l’assaut de la technique contre “la nature extérieure” et “la nature en l’homme”. La virulence criminelle de leur critique est tout entière dédiée à la dénonciation de la profanation de l’ordre immuable de la nature. Cet outrage soulève tellement le cœur endurci des “encyclopédistes” qu’à partir de cette horreur sacrée, ils peuvent déployer le théâtre où nature vierge et technique entreprenante radotent leur éternelle scène de ménage. Ils pouvaient alors glisser à vive allure vers les formes les plus baroques de l’écologisme radical pour partager avec ce dernier une même façon de concevoir le cours des choses et la contradiction centrale qui l’affecte : l’opposition fondamentale de notre temps résiderait dans les limites que la nature offre aux activités productives des sociétés humaines. » Nous le voyons, Hervé Le Meur n’a rien inventé et il n’est guère étonnant que, à partir de cette prétendue critique heideggerienne de la technologie, qui constitue la base commune de bon nombre d’écologistes, écofascistes inclus, il soit applaudi par d’autres partisans du « naturel » contre « l’artificiel », tel le site des journalistes chrétiens et d’autres lobbies de la même veine. Ce qui est inévitable car, dans l’approche d’Hervé Le Meur, la Nature n’est manifestement que le Dieu du christianisme sécularisé, doté pour l’essentiel des mêmes attributs. Comme d’aucuns s’en remettent à la grâce de Dieu comme sauveur suprême, il s’en remet, lui, à celle de la Nature.

 

Opponents to gay marriage, adoption and procreation assistance wave flags and shout slogans during a demonstration in Marseille

3 A partir de là, il n’est pas étonnant qu’Hervé Le Meur affirme « en préambule que si le mariage gay avait été séparable de l’adoption, nous n’aurions vu aucun argument lié à nos convictions écologistes qui s’y oppose. Le mariage est une institution et pas un fait de nature, alors que l’engendrement en est un. » Passons sur le fait qu’il parle de mariage en général, en dehors du temps et de l’espace, alors que la discussion porte sur l’institution du mariage actuel en France. En d’autres termes, il n’est pas hostile à la permanence de l’une des principales institutions de l’Etat moderne mais seulement à l’adoption par des gays ! Il atteint là le summum de la pensée naturaliste régressive. Que la procréation ait aussi des dimensions sociales, des plus diverses d’ailleurs selon les époques, les modes d’être et de représentation sociales, politiques, religieuses, etc., c’est quelque chose qui ne peut être négligé que par les adeptes du biologisme le plus vulgaire. Même bon nombre d’anthropologues actuels ne défendent plus depuis longtemps de pareilles inepties, sauf, dans l’école française, les continuateurs du structuralisme de Claude Lévi-Strauss, telle Françoise Héritier, éminence grise du pouvoir actuel, qui parle, à propos de l’acte de procréer, « d’invariant biologique ». Or, la séparation tranchée entre le « naturel » et le « social » n’est que l’un des préjugés les plus tenaces, propre à l’Etat issu de la prise du pouvoir par la bourgeoisie à l’époque de la révolution française, l’Etat républicain dont la France fut le modèle. La biologie, comme d’ailleurs l’ensemble des prétendues sciences de la nature, n’est que l’une des sciences sociales qui n’avoue pas son nom. Ce qui est confirmé, de facto, par Hervé Le Meur puisque c’est la possibilité d’adoption par des gays qui le préoccupe au premier chef, à savoir la question de la filiation, question sociale par excellence qui ne découle même pas nécessairement, dans les Etats modernes, de la procréation. En France, l’adoption est basée, pour l’essentiel, sur le type de famille sanctionné par l’Etat, à savoir les familles constituées à partir de couples composés de personnes des deux sexes, tels que le pouvoir d’Etat lui-même les a définis. La chose qui révulse manifestement Hervé Le Meur, c’est que des couples constitués de personnes du même sexe puissent adopter et que cela soit sanctionné par la loi. Il y voit quelque atteinte intolérable à « l’altérité », ne se posant même pas la question de savoir si des individus de sexe identique, du moins tels que la sexologie officielle et le pouvoir d’Etat les appréhendent sous nos latitudes, puissent être différents, ni même si l’assignation de tel ou tel individu à tel ou tel sexe déterminé n’est pas déjà réductionniste, etc. Or, de telles assignations, dans lesquelles la sexualité au sens plein du terme, définie comme l’une des inclinaisons spécifiques aux individualités humaines, serait déterminée stricto sensu par les organes reproducteurs que les bipèdes humains possèdent entre les jambes, sont depuis longtemps rejetées par des libertaires comme Jeanne Humbert. Il y a presque cent ans, dans ses conférences, contre les pères La Pudeur de la famille, de l’église et de l’Etat, elle affirmait, avec ironie, que « chez les humains, le principal organe sexuel est le cerveau ». Manifestement, Hervé Le Meur n’en est même pas là. Bien sûr, à la suite de ce qui est reconnu aujourd’hui par l’Etat hexagonal, il reconnaît que des personnes ne doivent pas être condamnées, voire persécutées, pour leurs préférences sexuelles, même multiples. Sans plus. Mais, pour lui, la question des relations affectives entre adultes et non-adultes, qu’il pose dans les limites de la définition de la famille, reste subordonnée à celle de la sexualité des premiers. Son discours sur « l’altérité » ne signifie rien d’autre.

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4 Dans la même optique, « la loi sur le mariage gay rend donc légal le mensonge aux enfants sur leur filiation. » Paralogisme qui relève de l’imposture pure et simple et qui assimile, comme le premier intégriste venu, procréation et filiation ! Même les théologiens actuels les plus fins, tel le jésuite présentement installé au Vatican, reconnaissent du bout des lèvres, dans la veine des dernières encycliques papales, que le mariage repose sur « l’amour, en particulier l’amour des enfants que les pères et les mères élèvent », ce qui implique de facto que procréation et filiation soient dissociables, donc géniteurs et parents, dans les limites évidemment du maintien de la famille chrétienne, adaptée à des conditions que l’Eglise ne peut plus ignorer sous peine de perdre encore du terrain. Dans la même veine moraliste d’origine chrétienne, Hervé Le Meur évoque l’intérêt de la descendance, de façon démagogique, pour justifier l’injustifiable, à savoir le maintien de l’institution actuelle de la famille nucléaire hétérosexuelle, à commencer par l’institution de la maternité, posée, comme la procréation en général, en termes de pure naturalité, hors du temps et de l’espace. L’idéologie des droits de l’homme, ici sous la forme des droits de l’enfant, est donc convoquée au tribunal de l’idéologie naturaliste pour condamner d’aussi impardonnables atteintes au Code de la famille. Amen.

 

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5 Bien entendu, Hervé Le Meur sait qu’il évolue là en terrain miné et il hésite à faire sienne telle quelle la position des partisans du mode de filiation actuel, bien qu’il soit indigné par « l’affirmation qu’un enfant puisse avoir deux mamans. Et donc pas de papa ! » Aussi, il appelle à de nouvelles études, autres que celles « qui auraient prouvé que les enfants élevés par des parents homosexuels ne se portent ni mieux ni plus mal que les autres ». Ainsi, des études américaines récentes prétendent, d’après lui, « montrer que les enfants dont un parent a une relation homosexuelle ont beaucoup plus de problèmes de développement ». Que des bambins élevés par deux personnes, ou plus, du même sexe, ou même bisexuelles, soient a priori plus névrosés que ceux élevés par des personnes de sexe différent vivant en couple, légalisé ou non, est l’un des principaux préjugés de la pédopsychiatrie institutionnelle, alors même que toute l’évolution de la famille nucléaire prouve sans conteste le contraire. Nul besoin d’études spécialisées additionnelles pour le montrer. La réalité de la vie, en particulier dans les Etats modernes, en fait témoignage. De même, Hervé Le Meur voit dans l’anonymat du géniteur, sanctionné par l’Etat, l’une des sources principales des névroses des bambins adoptés ou nés par le biais de la procréation médicament assistée. Mais, en lui-même, l’anonymat de l’un des géniteurs, voire des deux, ne génère rien de tel. Il est source de névroses lorsque la famille est de type nucléaire, en particulier aujourd’hui où, en pleine crise comme l’ensemble de la société, elle apparaît parfois, de façon illusoire, comme l’ultime roue de secours face à l’atomisation et au déboussolage général. Mais si nous suivons le schéma d’Hervé Le Meur, la descendance de familles basées sur la polyandrie, par exemple dans l’Himalaya, devrait être composée a priori de névrosés, vu que les bambins connaissent leur génitrice, mais pas leur géniteur et que, par suite, tous les hommes adultes de la famille sont leur pères ! D’ailleurs, il existe encore des clans dans l’aire himalayenne qui, non contents d’être polyandres, acceptent l’homosexualité entre adultes en leur sein ! La polyandrie, bien qu’en régression, est encore suffisamment ancrée là-bas pour qu’elle soit inscrite dans la constitution du Bhoutan. Je ne fait pas l’apologie de tels modes de vie familiale, évidemment, vu ce qu’ils impliquent souvent en termes de hiérarchie et de distribution de rôles figés, mais je voulais souligner à quel point Hervé Le Meur fait de la famille nucléaire, telle qu’elle est sanctionnée ici par l’Etat, le modèle de référence. Comme le premier citoyenniste venu.

 

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6 Hervé Le Meur a beau jeu de brocarder sur les aliénations réelles qui peuvent exister dans les milieux gays, en particulier sur leur propension à s’en remettre à la technoscience pour tenter de dépasser le cadre de la famille nucléaire hétérosexuelle. Alors même que, via l’acceptation de la nouvelle loi, ils ne font qu’élargir le champ des aliénations spécifiques à ladite famille nucléaire sans les dépasser. Sans même voir qu’ils ouvrent la porte à des insanités transhumanistes et eugénistes relatives à la prétendue amélioration des individus via la biologie, ou même la génétique, insanités qui ne leur sont d’ailleurs pas spécifiques. Sans même parler du choix du sexe de la descendance, grâce à des manipulations sur les cellules germinales, que nous promettent les généticiens les plus à la mode et sur lesquelles ils commencent à plancher. Bref, le rejet de l’idéologie naturaliste, poussé parfois à l’absurde, génère l’idée que les déterminations naturelles ne sont, a priori, que des constructions sociales qu’il faut donc déconstruire au nom de la liberté individuelle, dans l’optique initiée par les idéologues de la déconstruction, à commencer par Michel Foucault, à la réputation radicale usurpée. Il n’est guère étonnant que les plus acharnés nihilistes en la matière, comme des féministes que j’ai eu l’occasion de rencontrer dans les années 1970, soient devenus des partisans des délires eugénistes en matière de procréation et donc du choix du sexe de la descendance par manipulation du génome. Sans même comprendre que, au nom de la critique d’aliénations millénaires, ils acceptent les formes les plus sophistiquées de l’aliénation actuelle, avec les fantasmes de puissance infinie qui l’animent. Car, comme les possédés de Fédor Dostoïevski, « partis de l’idée de liberté illimitée », ils en « arrivent à celle de despotisme illimité ». Sans sombrer dans de telles extrémités, il est clair qu’il y a très peu de critiques de la technoscience dans les milieux et les lobbies gays d’aujourd’hui, comme d’ailleurs dans l’ensemble de la société, et qu’ils placent en partie leurs espoirs dans la puissance qu’elle déploie même lorsqu’elle les inquiète. Quelle régression par rapport à l’époque de la « révolution du désir » issue de Mai 68, lorsque le Front homosexuel d’action révolutionnaire affirmait son hostilité au mariage, y compris entre individus partageant les mêmes inclinaisons sexuelles, et, parfois même, prenait ses distances, à travers des personnes comme Françoise d’Eaubonne, écoféministe, envers le culte de la technoscience. Mais ce n’est pas une raison pour justifier les vieilles lunes de la domination, comme le fait Hervé Le Meur.

 

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Voilà, je pense avoir cerné l’essentiel. Nous sommes donc bien loin de ce qui apparaissait, de prime abord, comme le refus de la procréation assistée par la médecine et, de façon générale, comme le refus radical de « l’artificialisation de la vie », pour reprendre le nom du comité auquel participe Hervé Le Meur. Concernant son dernier texte, je n’hésite pas à dire que ledit refus n’est que la feuille de vigne qui cache les préjugés les plus conservateurs en la matière. Sous prétexte de rejeter le progressisme, il glisse sur la pente savonneuse du conservatisme, en bas de laquelle l’attentent les défenseurs les plus vulgaires de la religion, de la famille et de l’Etat. Il ne manquait plus que le discours écologiste des chercheurs contestataires pour justifier leurs pieux délires. Il le leur procure. Décidément, il n’y a rien de bien neuf sous le soleil blême de l’idéologie. J’avais assisté à des spectacles analogues, il y plus de dix ans déjà, lors des oppositions aux biotechnologies en France, lorsque des partisans de l’idéologie réductionniste « encyclopédiste » n’étaient même pas capables de déceler dans la rédaction de « L’Ecologiste » des écofascistes, comme je l’ai signalé dans « La lettre ouverte à des amis anglais sur “L’Ecologiste” ». Concernant « Faut-il changer la nature de la filiation ? », le moins que je puisse dire, c’est que je reste pantois devant le fait que des libertaires diffusent de pareils textes sans y mettre le moindre bémol. Triste époque, en vérité.

André Dréan,
Août 2013.

Pour toute correspondance :
nuee93(at)free.fr

Télécharger le texte en pdf.

Pour poursuivre la réflexion, par le même auteur  : A la conquête de l’Est. De l’influence de l’idéologie conservatrice nord-américaine dans les milieux anti-industriels français à lire en brochure sur Basse Intensité.

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]]> « Ils se sont rangés du côté d’une imitation des relations normales. », René Schérer, 2010 https://depavage.noblogs.org/post/2014/10/24/scherer-mariage/ Fri, 24 Oct 2014 03:26:33 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=472 Continuer la lecture →]]> photo_mariage_homo1Pour toi, le mariage et l’adoption pour les couples homosexuels représentent des avancées ou une conformation à la norme hétérosexuelle ?

 

René Schérer : J’ai signé, sur la demande de Didier Eribon, en faveur du mariage homosexuel parce que si je n’avais pas signé je me rangeais du côté de ceux qui criaient au scandale. Mais, en moi-même, relativement à mes propres pensées, je garde sur le mariage des idées qui sont un peu archaïques, celles héritées du XIX° siècle, de la critique fondamentale du mariage chez Fourier, chez les anarchistes, chez Marx jusqu’à Sartre. Cette critique a disparu. Le mariage ne marquerait pas une récession dans le mouvement homosexuel mais une normalisation. Les homosexuels se sont rangés, ils ont abandonnés un certain nombre d’idées jugées comme exagérées ou inopportunes comme les idées révolutionnaires, comme l’idée de changer fondamentalement les liens sociaux. Ils se sont rangés du côté d’une imitation des relations normales. Il y a une tendance vers la normalisation, étrange normalisation d’ailleurs parce que lorsque ça va du côté des revendications d’adoption ou de parenté, ça devient un peu étrange mais peut-être légitime. Si l’on se range du côté de Fourier, il y a le familialisme, ou le parentisme, ou le paternisme qui se trouve être une passion à part entière à côté des autres passions comme l’amour qui est représenté matériellement par l’affection sexuelle. L’homosexualité peut donc cohabiter avec ce qu’on peut appeler le parentisme ou une passion parentale. En tant que fouriériste, ça ne me choque pas bien que le mariage ne soit pas une chose qui soit présent dans les conceptions fouriéristes. Il est critiqué sous la forme qu’il appelle civilisée comme étant une manière non pas comme le disait Marx et Engels de « prostitution légale », mais parce qu’il limite les liens sociaux, il se limite au couple, à une forme mesquine de la relation sociale. Pour Fourier, la multiplicité des liens, une sorte de polygamie généralisée sont représentées comme la forme maximum de l’éventail des passions. À l’intérieur de cela, on peut bien y insérer également le parentisme, si ce n’est d’ailleurs que ce parentisme ne signifie plus rien dans une société telle que l’envisage Fourier où l’éducation des enfants, la vie des enfants se fait en dehors d’une famille fermée et où ces sentiments sont purement bénévoles ou gratuits, sans être du tout accompagné d’une autorité quelconque ni de l’enfermement des enfants à l’intérieur de maisons particulières. Il faudrait faire des nuances qui pourraient apparaître comme un peu byzantines mais qui sont intéressantes malgré tout : distinguer le sentiment de parentalité et d’autre part le fait qu’il a peut-être dans cette idée des homosexuels une idée beaucoup moins admissible et louable qui est la possession des enfants, c’est-à-dire pourquoi les homosexuels ne pourraient pas se permettre ce que les hétérosexuels se permettent, c’est-à-dire des enfants qui soient aussi leur propriété, leur reproduction, ce sur quoi ils peuvent avoir une certaine forme de contrôle. La relation parentale à un enfant est toujours extrêmement louche donc on ne peut pas en traiter d’une façon simple. Sauf dans le cas où un homosexuel est en relation avec un autre homosexuel qui a un enfant, que l’on permette à cet enfant de vivre avec ces deux homosexuels est tout à fait admissible. Maintenant le fait que des homosexuels qui n’auraient pas d’enfant aient l’intention d’adopter, c’est peut-être aussi légitime mais à condition que ça ne soit pas pour constituer autour de cet enfant quelque chose qui ressemblerait à une autorité parentale. Ça me parait intéressant comme ce qu’on pourrait appeler figure de combinaisons passionnelles qui montrent qu’il y a beaucoup plus de complexité dans les relations humaines et dans les passions et dans les affections que l’on pourrait en mettre. La logique binaire ne fonctionne pas plus dans ce cas là qu’ailleurs. Tout se trouve d’une façon également ou inégalement distribuée chez chaque individu. C’est tout ce que je peux dire sur ce sujet. Je ne peux pas formuler de pensée très précise sauf le fait que dans l’ordre actuel qui maintient, sinon un ostracisme, du moins un préjugé très grand contre l’homosexualité, relativement également à des pays où l’homosexualité est bannie, punie de mort, toujours je serai du côté de ces formes de revendications que je les approuve ou non, que je les partage ou non.

in Les Lettres françaises, N°76, 6 novembre 2010.

Lire la totalité de l’interview.

 

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Egalité des droits ? (slam) https://depavage.noblogs.org/post/2014/08/31/egalite-des-droits/ Sun, 31 Aug 2014 13:28:04 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=166 Continuer la lecture →]]> Égalité des droits, non mais vous croyez quoi
égalité des droits, au regard de quoi
Décadent, décadent. Quand je serai dedans, moi aussi je pourrai rejeter les décadents.
Courir après, m’assimiler
Si intégré j’peux exister
Nantis, nantis. On va quand même pas rester planqués parmi les nantis. Pourquoi se réinventer un autre radeau quand on peut se pousser derrière le chefton en écarquillant un peu les parois du paquebot.
Avec mes pales papiers de blanc j’me fonds aux murs du bateau
les autres coulent, derrière, dans les tréfonds de l’océan
tant pis, y’a pas d’la place pour tous les manants
Faut bien q’y’en ai qui crèvent en sourdine pour flatter notre orgueil de couard
égalité des droits, non mais vous croyez quoi
égalité des droit, mais pour qui dans quelle voie
Avoir le choix de pouvoir se marier
ça c’est un combat, de pouvoir avoir le choix, ça s’appelle l’égalité
« je ne veux pas me marier mais je veux pouvoir avoir le choix de me marier »
Vas-y répète, j’ai pas compris, pas capté ta logique, mais je pense t’as pas le
temps de m’expliquer, ta logique tombe sous le sens
Va, rentre dans la danse, une alterno gaucho qui veut révolutionner c’est bien
beau mais ça va pas nous avancer bien haut,
Ni homme ni femme Zombie
ils sont bien rigolos ces jeunots mais bon un peu de sério
déjà tout le monde ne jure que par cela l’égalité des droits, et faudrait encore
leur expliquer, z’avez qu’à lire, on a pas le temps, faites pas semblant de pas
comprendre, normalisation des revendications,
et des trans qui se font castagner ? C pas la question, on ne parle pas de ça là,
des sans paps qui se font rembarrer ? Plus tard, dans la lutte y’a des priorités
des gouines qu’osent pas s’outer ? Les petits gais marchent fièrement devant Coq
au poing, colons avides, oubliant les sœurettes derrière
La cellule binaire reproductrice, un repère de rêve, pourquoi nous autres lgbt
s’en affranchir ?
C bien ce qui nous distingue, gouine, trans et pédés
Comme si ça pouvait nous ressembler, de faire exploser la cellule familiale
Comme si ça pouvait avoir du sens, de pas se retrouver assimilée à un ventre à féconder
Comme si on voulait s’échapper du piège de l’amour, comme seul repère
d’existence- se trouver d’autres possibles qu’une aliénation dans une cage, flambant
le rose bonbon
Abolition du mariage ? S’arracher le pactole du CAC 40 plutôt que de picorer les
baisses d’impôts des infortunés élus.
égalité des droits, mais pour qui dans quelle voie
égalité des droits, parmi vous j’en veux pas
« Je ne veux pas me marier mais je veux pouvoir avoir le choix de me marier »
Tiens c’est marrant ça me fait penser aux mecs qui ne veulent pas aller aux marches
féministes, non non ça les intéresse pas, mais qui veulent pouvoir avoir le choix
d’y aller !
J’assume mon sectarisme, j’veux vraiment pas avoir droit à la même réalité que
toi, j’aime pas les trompes l’œil ça déforme la vue, l’ordre des valeurs et des
priorités dans une vie. Parce que nos réalités sont différentes, dans une hétéro-
normativité oppressante jamais je serai ton égale alors j’veux même pas essayer !
Et viens me parler, viens de ton pote sans paps’ avec qui tu te maries, me parle
pas de contre- argumentaire, on partage des mêmes choix par défaut dans une
réalité borgne. Ça m’empêche pas de crier les idéaux qui planent au-dessus de
ma tête à chaque instant de ma lutte !
Quand est-ce que tu comprendras que ta lutte de suiveur toute tracée elle étrangle
ma rage à foison ? Parce que, p’tetr t’y crois qu’une fois le droit au mariage on
se rappellera des violences conjugales ? L’APGL est juste derrière, tapie dans
le coin, prête à rebondir au vol, la dernière pierre à l’édifice, que le tableau soit
complet à vos étroites réalités. Et viens pas me charger, que je suis une facho
contre la parenté des gais et des lesbiennes, dis-moi dans ton histoire c à quel
moment qu’on crée de la solidarité à plusieurs, même dans nos chaumières ?
Dans le genre, les luttes prioritaires, une meuf qui crève tous les deux jours et
demi sous les coups de son mari, ça te parle pas, ? T’as envie de ressembler à ça ?
Arrête steuplait, de caresser ton p’tit cul dans le bon sens du poil avec le mal
hors de ta portée
La violence de la cruelle normalité, elle frappe à ta porte, tu peux plus te détourner
Se raccrocher au symbole judéo-chrétien qui nous scelle les deux pieds liés sous
la croix et la bannière- t’abuse, la bonne idée !
Courir au diapason derrière la première connerie lâchée, vous avez pensé avant
de vous culbuter ?
Le devoir conjugal, nous aussi on y a droit ! Non si la nature m’a mise de côté
j’tirerai la nappe-forteresse de mon côté, j’renverserai à tort et à travers tous ces
20bouts de pied mêlés j’botterai en touche et me fouterai la tête dans le sable, plutôt
que de ressembler à vos gueules d’apôtres !
Parce que la réalité d’aujourd’hui c’est des gamines de 20 ans qui veulent se
marier et avoir des enfants, qui s’endettent déjà jusqu’aux dents parce qu’elles
ont pas le temps de penser autrement, et q’ça me fait flipper !
Parce que dans cette course à cotiser jamais on se tourne du côté de son voisin
pour lui serrer la main et chercher, c quoi ensemble qui nous ferait un peu de
bien ?
Parce qu’on faillit à chaque marche sur les routes de la solidarité, on a pas appris,
plutôt que la compétitivité ?
Parce que l’égalité des sexes ça se passe comme, des bofs bobos qu’offrent leur
bouquet aux meufs à la journée de la meu-fa, comme ça p’tetr bien qu’ils se les
taperaient, moi je joue pas dans cette cour-là !
Parce que l’homophobie est la première cause de mortalité des 12-25, pour cause
la virilité comme culte de la personnalité a trouvé son ennemi public number one.
égalité des droits, parmi vous j’en veux pas
égalité des droits, vraiment très peu pour moi

(Trouvé sur basseintensité.internetdown.org)

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[actu] Conformiste, bourgeois, romantique : le mariage gay épouse les traditions https://depavage.noblogs.org/post/2014/08/30/actu-conformiste-bourgeois-romantique-le-mariage-gay-epouse-les-traditions/ Fri, 29 Aug 2014 22:15:36 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=65 Continuer la lecture →]]> Au cœur de mariages de couples homos par «M», le magazine du «Monde»
publié le 29/08/2014 par le média mainstream Yagg
À en croire l’auteure de l’article, les couples qui se sont mariés jusqu’ici ont privilégié la tradition à la subversion.

«Je considère que, lorsqu’on occupe une position sociale supérieure, la vie privée n’existe plus et qu’il faut se montrer pour aider les jeunes gays vivant dans des milieux moins libéraux», a confié Jean-Paul Cluzel, le président du Grand Palais, à la journaliste du Monde Raphaëlle Bacqué. Il lui a donc ouvert les portes de son mariage avec Nicolas Droin, le directeur de l’Orchestre de chambre de Paris. Parmi les invité.e.s, Alain Juppé, Valérie Trierweiler, la directrice de la danse de l’Opéra de Paris Brigitte Lefèvre, le PDG de la Fnac Alexandre Bompard, et des énarques… Une ambiance bon chic bon genre, où l’on pouvait se frotter à «des costumes élégants et des cravates en soie».

L’ouverture du mariage avait beau être décriée comme un élément de rupture avec des traditions millénaires, dans de nombreux cas, les couples d’hommes et les couples de femmes qui se disent oui respectent à la lettre l’étiquette. «J’avais insisté pour que l’annonce de notre union soit publiée dans le Bulletin quotidien, cette bible des élites administratives françaises», souligne ainsi Jean-Paul Cluzel, lui aussi sorti de l’ENA et membre de l’Inspection des finances. Finalement, «ce fut un mariage classique avec alliances, champagne et quelques non-dits» puisque les familles des mariés ne leur ont pas offert de cadeau, sans donner d’explication particulière.

L’article de M, le magazine du Monde, décrit d’autres mariages mondains, mais aussi des unions de couples moins en vue. «On y retrouve les mêmes rituels, alliances, bouquets et vins d’honneur comme si, célébrées sous les ors de la République, les amours homosexuelles adoptaient aussi les conformismes de l’hétérosexualité», écrit Raphaëlle Bacqué. La journaliste, parfois avec quelque maladresse, relève quelques particularités propres aux couples gays ou lesbiens. Pour certain.e.s, le mariage serait «trop ringard» ou cette cérémonie vue comme «une forme de compromission». Les couples de même sexe se permettent aussi quelques excentricités, constatées ça et là. Mais dans l’ensemble, «on ne moque surtout pas l’institution, lorsqu’on choisit de s’y soumettre, et l’on rêve au contraire de “normalité”», peut-on lire. Un rêve que l’on touche déjà du doigt, semble-t-il: ouvrir le mariage «accélère la banalisation de l’homosexualité, et donc son acceptation», n’hésite pas à affirmer M. Cette mesure qui a réveillé le pire – les défilés en rose et bleu – charrierait aussi le meilleur, comme le veut la formule consacrée.

 par Julien Massillon
(source mainstream : yagg)
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