Ecole – éducation – Dépavage https://depavage.noblogs.org Dép' (pédés - "HSH", "homos", "gays"-) et luttes sociales >> Revue de presse, archives et contributions Sun, 12 Jul 2015 15:11:52 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1 [actu] Parler de la sexualité redevient tabou à l’école https://depavage.noblogs.org/post/2014/12/07/sexualite-taboue-educationnationale/ Sun, 07 Dec 2014 01:43:37 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=731 Continuer la lecture →]]> 088Un enseignant d’un lycée parisien a été dénoncé par un syndicat de parents d’élèves pour son décryptage trop explicite de certaines œuvres littéraires.

Article du massmédia gay Yagg le 4 décembre.

Un prof gay témoigne : Parler de la sexualité redevient tabou à l’école

L’actualité récente montre que la «Manif pour tous» veut contrôler l’école et s’y infiltrer. Mais avant même que l’organisation homophobe soit parvenue à son but, «une chape de plomb est retombée» sur l’école, témoigne sur Yagg Damien, enseignant en français dans un lycée parisien (son prénom a été modifié). Ce professeur a eu la surprise d’apprendre qu’un syndicat de parents d’élèves avait envoyé un courrier à l’académie de Paris pour se plaindre de lui, après avoir évoqué les sous-entendus sexuels présents dans Manon Lescaut, œuvre jugée scandaleuse au XVIIIe siècle et à la dernière page du Père Goriot de Balzac.

Bisou mômes Anarchie

«DÉPASSER LES PRÉJUGÉS»
«On peut m’accuser de tout et n’importe quoi, on demande ma tête sans m’avoir rencontré parce qu’une élève dit que j’ai des propos tendancieux!», s’étonne Damien. Mais ce qui l’a le plus gêné dans cette affaire, c’est de ne pas avoir été protégé par l’institution scolaire: «En privé, l’inspectrice affirme qu’il ne faut pas castrer les textes, mais derrière, on n’a aucun soutien.»

Le quotidien de Damien est désormais fait «d’autocensure». «Auparavant, le 1er décembre, pour la journée de lutte contre le sida, je faisais un cours de vocabulaire, se souvient-il. Rapport bucco-génital, rapport anal, rapport vaginal, pénétration: des mots qui permettent aux élèves d’être en mesure de décrire leurs actes devant un médecin ou pour un test de dépistage. Ça se passait très bien. Mais maintenant, je ne le fais plus, parce que ça n’a plus de sens de prendre ce risque.»

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Le fait qu’il ait organisé des séances de théâtre au cours desquels il fait travailler les élèves sur leur respiration, notamment en s’appuyant sur le périnée – «Je leur expliquais qu’il est situé entre l’anus et la zone pubienne» – a aussi fait scandale. «Mieux respirer, ça les aide à mieux gérer leur stress, par exemple lorsqu’il faudra passer l’oral du bac de français, estime Damien. On est à l’école pour apprendre à dépasser les préjugés, mais maintenant, parler des fessées de Rousseau dans Les Confessions ou du désir charnel exprimé par Ronsard lorsqu’il écrit “Mignonne, allons voir si la rose”, je n’oserais plus le faire. Et de plus en plus de professeur.e.s se taisent sur la question de la sexualité.»

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IMPASSE SUR LES ŒUVRES D’AVANT-GARDE
Le mot «genre» étant devenu tabou dans les établissements scolaires, Damien fait désormais l’impasse sur les œuvres d’avant-garde qui explorent ce thème. «Tous les ans, en seconde, je faisais un cours sur les contraintes et les libertés, explique l’enseignant. Je les initiais à la façon dont le langage peut constituer une contrainte, mais que l’individu peut malgré tout être libre en créant sa propre langue au sein du langage codifié. Je leur présentais alors Anne Garréta, lesbienne et agrégée de grammaire, qui a écrit Sphinx, une histoire d’amour où le genre des protagonistes n’est pas dévoilé. Puisque le genre n’est pas marqué, je faisais réfléchir mes élèves à leurs projections, à la différence entre identité sexuelle et identité sexuée. Cette année, je ne l’ai pas abordé et des collègues m’ont d’ailleurs conseillé d’éviter cette œuvre.»

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«IL N’A QU’À PAS S’AFFICHER!»
Pour Damien, «on a d’un côté le mariage pour tous et le plan égalité, mais de l’autre une homophobie décomplexée et une liberté de parole réduite». Avec un élève qui lui a demandé rendez-vous et qui voulait visiblement évoquer la question de sa propre orientation sexuelle, Damien a été cash: «Je suis pédé, tu es pédé et on s’en fout». C’est la première fois que cet adolescent a pu parler de son homosexualité avec une personne adulte et il en a été soulagé, selon Damien, qui ajoute aussitôt: «Mais plus jamais je n’oserai faire ça, alors qu’on était dans un petit lycée de banlieue à l’époque. Les collègues diraient: “Il n’a qu’à pas s’afficher!” On vit dans une étrange et inquiétante situation, dans laquelle la parole est verrouillée, mais où on a droit à un psychodrame parce qu’on a donné un protège-cahier rose à un garçon. Mais l’école doit justement affirmer que oui, c’est possible pour un garçon.»

  Publié par Julien Massillon, massmedia Yagg
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[actu] La « Manif pour tous » voudrait contrôler l’école https://depavage.noblogs.org/post/2014/09/09/actu-la-manif-pour-tous-voudrait-controler-lecole/ Tue, 09 Sep 2014 00:33:30 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=249 Continuer la lecture →]]> 1796088_10200831098418544_6361005372832594105_o

Repris de la presse gaie bourgeoise Yagg. Publié le 29 septembre 2014.

À la rentrée 2013, la «Manif pour tous» avait incité les parents d’élèves à rejoindre des comités Vigi-gender ou à devenir délégué.e.s pour garder un œil sur les programmes scolaires et veiller à ce que l’égalité entre filles et garçons ne s’immisce dans les salles de classe. Dans la ligne de mire, les ABCD de l’égalité, alors en expérimentation dans plusieurs académies et aujourd’hui abandonnés au profit d’un plan d’actions pour l’égalité entre les filles et les garçons à l’école.

Outre la distribution de tracts devant les grilles des établissements scolaires, ces groupes avaient aussi entre autres fait naître une polémique autour de la diffusion dans les écoles du film Tomboy. Cette année, la mobilisation des anti-égalité n’a pas faibli et ils entendent désormais peser dans la balance à l’approche des élections des représentant.e.s de parents d’élèves qui ont lieu les 10 et 11 octobre prochains. Les représentant.e.s élu.e.s sont amené.e.s à participer à la vie de l’établissement et à donner leur avis sur le projet de l’établissement, le règlement intérieur, ou encore sur l’organisation d’activités complémentaires, éducatives, sportives ou culturelles. Farida Belghoul, à l’origine avec sa «Fédération nationale de parents engagés et courageux» des «journées de retrait de l’école», souhaite aussi rejoindre les sièges des délégué.e.s. Dès lors qu’ils ou elles seraient élu.e.s, des représentant.e.s issus de ces différentes groupes pourraient être en mesure de montrer leur opposition à des spectacles, des lectures ou des projections, ou même à des interventions d’associations telles que SOS homophobie ou le MAG Jeunes LGBT.

Les fédérations de parents d’élèves, qui déjà l’an dernier avaient été attentives à la progression aux abords des écoles de ces groupes en guerre contre l’égalité restent en alerte, et constatent que dans certains secteurs, ils pourraient effectivement trouver un écho favorable auprès de certaines familles: «Des listes pourraient passer dans des écoles et dans quelques collèges où la mixité n’existe pas forcément, où le climat entre parents et enseignants est tendu, explique Bruno Brisebarre, secrétaire départemental de la FCPE-Val-d’Oise, cité par Le Monde. Quoi qu’on leur dise, des familles continuent à craindre la théorie du genre.» Le travail de désinformation par la peur orchestré autour d’une pseudo «théorie du genre» pourrait donc porter ses fruits.

Repris de la presse gaie bourgeoise Yagg. Publié le 8 septembre 2014.

En Loire-Atlantique, l’organisation a envoyé un courrier aux 1048 chefs d’établissement.

Si la présidente de la «Manif pour tous Loire-Atlantique» France de Lantivy assure qu’elle n’a pas émis de «menace», elle a malgré tout envoyé un courrier intimidant aux 1048 chefs d’établissement de Loire-Atlantique en juillet, rapporte fRance Info.

TRANSPHOBIE
Le but? «Éveiller les équipes pédagogiques en disant attention, nous allons être vigilants aux ouvrages que vont manier nos enfants par votre biais, par rapport aux spectacles qui vont être donnés, aux films, à tous les outils pédagogiques parce qu’on dénonce cette théorie du genre qui pour nous est un mensonge», a-t-elle avancé. La lettre dénonce notamment la lecture de l’ouvrage pour enfants Tango a deux papas à une classe de moyenne section, ce qui serait «inacceptable».

L’homoparentalité n’est pas le seul problème de la «Manif pour tous» qui veut aussi taire l’existence des personnes trans’. «La théorie du genre, c’est quand on vient mettre un mensonge dans l’esprit des enfants en disant: “Tiens, voilà, toi, petit garçon, en fait, tu n’es pas forcément un petit garçon, mais tu peux aussi être une petite fille”», a expliqué France de Lantivy. D’après son compte Twitter, celle-ci a milité contre la diffusion du film Tomboy dans les écoles et estime que la libre circulation des travailleurs/ses en Europe serait un complot du «lobby LGBT» pour imposer la reconnaissance de l’ouverture du mariage à l’ensemble du continent.

«FANTASMES»
Les responsables éducatifs locaux ont réagi à ce courrier en donnant tort à la «Manif pour tous». «Les enseignants n’ont pas à être sous surveillance, a répliqué William Marois, le recteur de l’académie de Nantes. Ils enseignent les principes de la République, loin des fantasmes développés dans ce courrier par quelques groupes.» Même position du côté de Thierry Chouquet, le principal du collège Salvador-Allende à Rezé, qui se dit «assez mécontent» d’avoir reçu un tel courrier. «On a le sentiment d’être sous une éventuelle surveillance en dehors de tout cadre légal. On a l’impression qu’il se passera quelque chose si ces organisations estimaient qu’on ne fait pas notre travail. Je serais bien incapable d’enseigner la théorie du genre et je pense que les enseignants de nos établissements, pour eux c’est quelque chose qui n’existe pas.»

Par Julien Massillon, presse gay mainstream

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