BashBack! – Dépavage https://depavage.noblogs.org Dép' (pédés - "HSH", "homos", "gays"-) et luttes sociales >> Revue de presse, archives et contributions Tue, 03 Feb 2015 17:38:12 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1 « Solidarité avec touTEs les tueurEUSEs de flics ! », Bash Back !, Milwaukee, 2009 https://depavage.noblogs.org/post/2014/11/09/solidarite-avec-toutes-les-tueureuses-de-flics/ Sun, 09 Nov 2014 15:17:37 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=619 Continuer la lecture →]]> Le 28 mars 2009

Le 21 mars 2009, Lovelle Mixon a tiré sur cinq officiers de police, en tuant quatre avant d’être elle-même tuée dans la fusillade. A Oakland, nous voyons le tissu de la normalité capitaliste être déchiré en lambeaux. Des cas quotidiens de violence raciste de la police sont transformés en rupture et balancés au visage de nos oppresseurs.

En janvier, plusieurs jours d’émeutes ont eu lieu à la suite de l’assassinat d’Oscar Grant par la police. Cette semaine, la mort de flics a fait danser les gens dans la rue. A l’hôpital, d’autres se sont infiltréEs aux urgences pour y crier que les tirs étaient l’expression de la vengeance contre la police. Des rassemblements ont eu lieu pour honorer la mémoire du nouvel héros populaire d’Oakland. Oakland, reterritorialisée comme terrain de guerre contre l’ordre social.

En 1959, dans les rues de Los Angeles, nous nous sommes battuEs avec la police qui harcelait des queers dans une boutique de donuts. En 1966, les violences policières envers les queens de la rue au Tenderloin se sont transformées en violences contre les flics, les queens les attaquant avec leurs sacs à main. En 1969 à New-York, une descente de police a priori ordinaire dans un bar queer a éclaté en quatre jours d’émeutes continues. En 1979, nous brûlions des voitures de flics dans les rues de San Francisco. Nous rencontrons des agresseurs de queers avec des briques, des masses et des matraques.

Riposter, c’est inverser les flux de pouvoir et de violence ; c’est faire exploser l’hyper-normalité et en faire jaillir des situations de révolte auparavant impensables. Nous ressentons donc l’affinité la plus profonde avec celleux qui se battent contre la pauvreté affective et l’oppression de ce monde.

Alors que la police et les médias font tout pour diffamer et calomnier Lovelle Mixon, nous lui exprimons notre totale solidarité.

Jusqu’à ce que touTEs les queerbashers soient passéEs à tabac et que la police ne soit plus qu’un souvenir.

Sincèrement vôtre pour la guerre sociale,

Une cellule inconnaissable de Bash Back !

Le 26 mars 2009, des agents de Bash Back ! ont lâché une banderole sur le syndicat de l’université de Wisconsin-Milwaukee. On pouvait seulement y lire : « We (heart/coeur) Lovelle Mixon ».

R.I.P. Lovelle Mixon.

 

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]]> Bash Back ! (On est pas des cadeaux) https://depavage.noblogs.org/post/2014/10/02/bash-back-on-est-pas-des-cadeaux/ Thu, 02 Oct 2014 18:57:32 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=397 Continuer la lecture →]]>

Emission de radio On est pas des cadeaux !

http://blogs.radiocanut.org/onestpasdescadeaux/files/2013/01/BashBackemissionremontee128.mp3

L’histoire du mouvement anarcho queer américain Bash Back ! nous est racontée par un pédé de Millwaukee qui a participé à son émergence. A travers le récit des actions dans leur diversité de ce réseau actif entre 2008 et 2009 aux Etats-unis, revenons sur des thèmes majeurs qui secouent notre lutte de transpédégouines radicales : Qu’est ce que ça veut dire de lier une analyse anticapitaliste et radicalement anarchiste à notre envie de mettre fin à l’hétéropatriarcat ? Quelle place pour la violence en tant que stratégie ? Qu’est ce que la violence au fond ? Croyons nous que nous arriverons à nous faire accepter dans un monde meilleur ou s’agit il juste de montrer qu’on se laissera pas faire ?

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« Queer Ultra Violence » https://depavage.noblogs.org/post/2014/09/08/235/ Sun, 07 Sep 2014 23:18:55 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=235 Continuer la lecture →]]> http://infokiosques.net/IMG/pdf/QueerUltraViolence-cahier.pdf

Cette brochure est une traduction d’extraits du livre « Queer Ultra Violence : Bash Back ! Anthology » publié en 2011 par Ardent Press aux États-Unis, anthologie du mouvement queer insurrectionnaliste Bash Back !

« Les queers sont marquéEs comme des victimes tandis que la violence n’est jamais vue que comme l’outil des maîtres. Le projet anarcho-queer incarné par Bash Back ! est avant tout un refus du statut de victime et une réappropriation de la violence qui nous a été enlevée par l’idéologie progressiste et utilisée contre nous par nos agresseurs et par l’État. Le tournant opéré par Bash Back ! lors de sa rupture avec celleux qui ont refusé de reconnaître l’importance de cette réappropriation a été crucial. Il a permis de solidifier et de construire la cohérence de la tendance queer insurrectionnelle autour de la question de la violence… »

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Sommaire :
– Introduction à l’édition française
– Vers la plus queer des insurrections
– Intimité criminelle
– “L’Enfer n’a de Furie plus grande” : Chronologie de l’insurrection Genderfuck
– Vers un transféminisme insurrectionnel
– Théorie de la Pute
– Le Pronom que je préfère est la Négation
– Anarchie de la mode : Entretien avec Le Boulevardier
– Milwaukee : Solidarité avec toutes les Tueureuses de Flics
– Bash Back ! est mort ; Vive Bash Back !
– Glossaire

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« Théorie de la pute » https://depavage.noblogs.org/post/2014/08/30/theorie-de-la-pute/ Fri, 29 Aug 2014 22:03:58 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=143 Continuer la lecture →]]> Un montage qui s’inspire assez peu fidèlement d’extraits de « Théorie de la Pute », traduction d’un pamphlet écrit par le mouvement queer insurrectionnaliste américain « Bash Back ! », (qui signifie riposter à l’agression des queers, des trans, des putes, des gouines ou des pédés)… On peut trouver la traduction originale dans la brochure « Queer ultraviolence » et ci-dessous.

Montage extrait de l’émission Haine des Chaînes du 1er avril 2013 (voir). Vous pouvez aussi le télécharger.

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Théorie de la Pute

Pour la pute, il est extrêmement important d’être à tout moment magnifique, à la fois en apparence et intellectuellement. En tant que fidèles déviantEs de la féminité, nous nous devons dans une certaine mesure d’afficher une haine bien sentie à l’égard de toute ce qui est immaculé et fade. Les petits garçons et les petites filles ont besoin de plus de modèles d’obscénité dans leur vie ; de plus de salopes magnifiques et cinglées à admirer. IlLEs doivent apprendre ce que c’est de vouloir, d’être des putes incapables de ravaler et réprimer leurs émotions.

« On ne naît pas pute, on le devient » ne veut rien dire, alors fermez vos putain de cahiers. Nous sommes des contradictions à la démarche fière, et on n’en a rien à battre. Si tu nous cherches, on va t’anéantir toi ainsi que tout ce qui t’est cher. Si tu baises avec nous, on te brisera le cœur ou on tombera peut-être amoureuSEs pour mieux te haïr à jamais. On est accros au dégoût de la société, Jeunes-Filles corrompues qui ne connaissent aucune retenue.

On veut tout détruire, en talons aiguilles sertis de diamants. La violence de nos désirs laisse un arrière goût qui ne ressemble à celui d’aucun autre fluide corporel, c’est un venin mortel que seuls les corps les plus masochistes peuvent déguster et atteindre en rampant pour en redemander. On invite des hommes chez nous, en attendant la dégradation qui garantira notre vengeance, et d’ici-là on se fourre leurs bites dans la bouche, et on avale. Rien à foutre.

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On contemple l’image de notre corps dans chaque reflet qui croise notre chemin, et on ne peut s’empêcher de passer la journée à baiser avec nous-mêmes, tellement notre beauté est incroyable. On arbore notre manque d’assurance tel une couronne dorée qui scintille sur nos jolies têtes ; fièrEs (ou honteuSEs) de nos nombreuses imperfections, à en crever. Nous sommes horriblement vaniteuSEs, et toutes les putes savent que seule une autre pute peut les satisfaire.

Être pute n’est pas une sexualité, une chose pareille n’existe pas. Nos orgasmes sont inséparables de notre haine, de notre sens de la mode et de nos peurs ; rien ne nous fait jouir qui ne nous révolte également, d’une manière ou d’une autre. Nous faisons l’expérience de ce monde comme s’il était un terrain de jeu, trop laid et étriqué pour nos fantasmes ; aucune des zones délimitées par le « sexe » ne peut contenir ces pensées cochonnes. Le sexe, pour nous, c’est faire tourner les têtes, se râper les genoux, et pisser n’importe où, mais surtout pas dans les toilettes.

Si tu vois une pute descendre une rue animée d’un pas chaloupé, tu remarqueras peut-être ses sourcils froncés alors qu’elle marmonne rageusement. C’est parce que ta présence la dérange. Chaque corps insignifiant qui la frôle risque d’être en proie à sa haine. La haine la fait bander. Elle ne perd pas une seconde à former des hypothèses sur toi en fonction de ce que tu portes – tes chaussures ne sont pas assez féroces, ta démarche n’est pas assez sexy, ton regard n’est pas assez intense. Tu n’es rien comparéE aux personnes sublimes qui se cachent dans la ruelle, à l’affût, prêtEs à t’agresser.

La politique n’intéresse pas la pute, la pute est la politique. SéduitE par la douleur incessante qu’est vivre, mourir et souffrir, elle se nourrit à la fois de sa peur de touts petits riens et de l’ivresse de n’avoir rien à perdre. Elle pense que toute tentative de parler de ce monde avec logique n’est que pure illusion : la rationalité, cette activité inutile, typique des connards bredouillants. Tenter de définir son contexte ou d’analyser son existence est tout à fait futile ; absolument rien ne fait sens chez elle. La pute n’a d’intérêt critique que pour l’astrologie, préférant l’opinion des constellations de nos cieux aux élucubrations de quelque vieux blanc à l’agonie.

Brillamment amère, la pute s’accroche au chagrin et à la colère comme à des pierres précieuses qui sertissent son cœur ; ses traumatismes coulent et palpitent avec amour dans ses veines, tels de minuscules éclats de verre. Elle aspire en partie à la tristesse et à la déception dont elle connaît la vérité ; elle est emplie de vide et d’ennui en son absence. Pour elle, voir le monde à travers le chagrin, c’est voir en couleur, sentir la sensation de la vie picoter dans chaque terminaison nerveuse de son corps. Sans lui, la joie aussi lui échappe.

La pute est tout à fait exposée – elle est une blessure à vif, qui suppure une excrétion douce et mortelle sur toute chose, toute personne qui la touche. Elle est nue, et dissimule ce qui lui est sacré aux yeux des autres, à jamais, dans la fente de son entre-jambes. Si tu y regardes de trop près, prépare-toi à ce qu’elle te brise un membre, la lèvre, ton putain de cœur, car tu ne peux atteindre ce qui lui est précieux. Sale espèce humaine de merde.

Une vraie pute sait, au fond d’elle-même, pourquoi ce monde fait semblant de la détester. Toute sa vie, elle a été dotée d’un charme irrésistible qui, doublé d’une versatilité inconvenante, a le pouvoir de révéler les plus indésirables de leurs désirs à ceLLEux qui l’entourent. Les messieurs mariés (et leurs épouses mortes d’ennui) se trémoussent à n’en plus pouvoir à la vue de son cul, alors que les universitaires desséchés se mouillent les lèvres avec enthousiasme, excitéEs par son esprit vulgaire. Lorsqu’elle quitte la pièce, un énorme soupir de soulagement se fait entendre : on n’est plus obligéEs de regarder ses perversités frémissantes en face. SeulEs dans leurs chambres modernes, ilLEs se branlent honteusement sur son image, en se détestant en silence et en maudissant la routine grossière de leur vie.

Elle rit aussi facilement qu’elle pleure. Lorsque Mercure est dans sa phase rétrograde, elle sait que la catastrophe est assurée si elle sort de son lit. Mais même le foutu alignement des planètes, qui travaille main dans la main avec cette société triviale et méprisable, ne peut empêcher sa folie de déteindre sur son entourage et son environnement. Les circonstances qui les font pleurer, elle et les autres putes, créent aussi des hystériques en puissance ; des îlots autrefois isolés dans la folie se rejoignent alors pour partager une bonne rigolade, et peut-être aussi une petite vengeance.

La pute est une salope, oui, mais c’est aussi unE clochardE et unE jeune délinquantE ; c’est une pédale, une queen, une gouine en colère, un manarchist insurrectionnaliste en talons hauts, unE travelo tyrannique. Elle est tout et rien, tout le monde et personne à la fois. Glamour sous ses nombreux déguisements et transparentE dans ses désirs obscènes. Elle déborde d’amour pour ceLLEux qui répandent la haine, toujours enchantéE par la beauté cachée sous cette stérile économie des corps. Rien ne lui donne plus de plaisir que de cracher au visage de l’humanité, en riant à gorge déployée alors que les gouttes de ses crachats puants dégoulinent sur les mentons pointus, avant de s’écraser avec délectation sur le trottoir sale qui se déroule sous ses pieds

Bash Back !

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Et quelques samples de journaux des années 60, du film J’embrasse pas et de propos de manifestantes à Toulouse, extrait de la même émission :

 

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