anarchistes – Dépavage https://depavage.noblogs.org Dép' (pédés - "HSH", "homos", "gays"-) et luttes sociales >> Revue de presse, archives et contributions Wed, 08 Apr 2015 18:03:19 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1 Des choses à faire, par Mickael Kimble https://depavage.noblogs.org/post/2015/04/08/des-choses-a-faire-par-mickael-kimble/ Wed, 08 Apr 2015 18:03:19 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1402 Continuer la lecture →]]> break-the-chainsTraduction d’un texte de Mickael Kimble, compagnon pédé, noir et anarchiste condamné à la prison à perpétuité aux Etats-Unis. A propos de la solidarité avec les prisonniers.

 

Récemment, plus d’un compagnon m’a demandé comment ils pourraient faire preuve de solidarité avec les rebelles qui se retrouvent derrière les murs des prisons. Cela me donne l’impression qu’ils et elles sont un peu frustré-e-s et que le travail réalisé ne leur paraît ni productif ni satisfaisant au niveau personnel. Croyez-moi, moi comme d’autres rebelles emprisonné-e-s ressentons la même frustration pour le fait que nos efforts et notre investissement n’aient pas l’effet désiré. Mais pour être honnête, je veux que les compagnon-ne-s du dehors sachent que le travail d’éducation qu’ils et elles font dans les prisons à travers les livres et les fanzines est phénoménal. Les relations que les compagnon-ne-s du dehors construisent avec nous, le soutien financier, l’amour et les actes de solidarité sont très importants. Cela dit, nous avons besoin de choses plus fortes si nous cherchons à réellement provoquer des dégâts à ce système colossal de destruction humaine.

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Depuis l’intérieur, les prisonnier-e-s ont historiquement utilisé 5 méthodes basiques : les grèves de la faim, les grèves du travail, les mutineries, les demandes légales et les campagnes d’envoi de lettres ou d’appels pour visibiliser les conditions inhumaines qui existent au sein de cet environnement d’hostilité de ces porcs de matons, d’isolement, de négligences médicales, des programmes d’éducation/réhabilitation inexistants, des conditions d’insalubrité, etc. Mais aucune de ces luttes ne s’est faite pour l’abolition des prisons, seulement pour leur réforme. La plupart des prisonnier-e-s pensent que les prisons et la police sont des choses nécessaires, qu’elles doivent simplement être plus humaines. Triste mais vrai.

Depuis l’extérieur, celles et ceux qui soutiennent les prisonnier-e-s, dont les anarchistes, qui affirment vouloir abolir les prisons, utilisent principalement 3 ou 4 méthodes de teinte activiste pour faire preuve de soutien et de solidarité avec les luttes dans les prisons. Ces méthodes sont les campagnes d’envoi de lettres ou d’appels, les démarches légales, les manifestations et l’éducation publique. Toutes sont des méthodes autorisées qui ne font en réalité pas grand chose pour défier la légitimité des prisons, et elles ne les abolissent certainement pas. Ce sont de simples formes de protestations bourgeoises (légales / autorisées) qui essayent d’en appeler à la conscience morale des bureaucrates pour que ceux-ci traitent les prisonnier-e-s de façon plus humaine, et cela légitime uniquement le prestige de l’État.

Il ne plait bien sûr à personne de voir les prisonnier-e-s (humain-e-s) être maltraité-e-s et abusé-e-s. Ma critique est qu’aucune de ces méthodes ne peut en soi amener à la destruction de la prison/État. Et que celles et ceux du dehors s’impliquent dans des formes de lutte légales, alors que les prisonnier-e-s rebelles s’impliquent dans des formes de lutte illégales. La dissidence à l’intérieur de la prison est illégale et, pour cette raison, les prisonnier-e-s finissent par recevoir la brutalité, les attaques et les représailles de l’État.

Pendant des années, nous avons vu des mutineries sanglantes, des grèves de la faim ou du travail brutales et mortifères, des démarches légales à long terme, mais même après ça, il y a plus de prisons, plus de prisonnier-e-s, et plus de mauvais traitements. Aucune de ces méthodes utilisées par le passé n’est parvenue à créer le moindre dommage dans l’armure de l’État. Et il serait négligent de ma part de ne pas mentionner l’argument qui dit que nous ne devrions pas utiliser la violence révolutionnaire. La logique derrière tout cela selon laquelle si nous utilisons la violence révolutionnaire, l’État tirera avantage dans les médias et nous présentera comme des voyous, des criminel-le-s et des terroristes. Merde ! L’État a toujours le dessus dans les médias corporatifs de masse. La Presse est contrôlée par l’État à travers les grandes entreprises qui sont complices de l’État.

Dès lors que les prisons sont des centres dans lesquels se concentrent le plus l’autorité, la coercition et le contrôle sur la société, elles devraient être un point de mire de l’attaque, l’abolition des prisons devrait être au premier rang de tout mouvement contre l’autorité et pour la liberté, et les voix des prisonnier-e-s devraient avoir un espace à part dans le mouvement, simplement du fait de leur position unique. Cela n’a rien à voir avec le romantisme ou l’aventurisme, comme certain-e-s aiment l’affirmer pour justifier leur inertie. Bien sûr, personne ne peut nous dire quelles sont les stratégies et les tactiques qui réussiront à répandre la révolte, mais je ne peux que penser qu’il n’y a rien de plus clair que de les attaquer là où ça fait mal. Ainsi, et une fois tout cela dit, j’aimerais proposer quelques « choses à faire » que les compagnon-ne-s devraient considérer sérieusement.

Quelques choses à faire :

– Commencer à viser les entreprises qui tirent profit en investissant dans les prisons, à travers le sabotage, les manifestations bruyantes dans leurs locaux et des irruptions dans les maisons de leurs directeurs exécutifs.

– Commencer à cibler les surveillants de prison et les membres du conseil de liberté conditionnelle pour le fait d’être des harceleurs.

– Commencer à hacker le ministère de la direction pénitentiaire, les entreprises qui profitent des prisons, les ordinateurs des agents des prisons.

– Devenir des complices du crime de subversion.

– Détruire la propriété du ministère de la direction pénitentiaire.

– Saboter les engins de chantier de construction de prisons.

– Utiliser son imagination pour trouver des façons de faire chier l’État.

– Etudier des luttes qui se sont déroulées dans d’autres pays pour voir quelles tactiques utilisées là-bas peuvent être adoptées ici.

– Publier sur internet des informations personnelles d’agents de prisons / d’employés publiques / de directeurs d’entreprises.

– Lancer des représailles contre les surveillants de prison qui maltraitent les rebelles.

– Provoquer autant de désordre que possible.

Michael Kimble, prison de haute-sécurité ‘Holman’ à Atmore (Alabama, USA).

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Lui écrire :

Michael Kimble
#138017
3700 Holman Unit
Atmore, AL 36503

Le site de soutien : anarchylive.noblogs.org

Contact du groupe de soutien : anarchy_live[at]riseup.net

Trouvé sur Contrainfo et Le Chat noir émeutier.

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Allons plus loin, Mickael Kimble https://depavage.noblogs.org/post/2015/02/03/allons-plus-loin-mickael-kimble/ Tue, 03 Feb 2015 15:49:20 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1228 Continuer la lecture →]]> prisonerUn texte du compagnon Mickael Kimble, incarcéré depuis 28 ans à la prison de haute-sécurité ‘Holman’ à Atmore (Alabama, USA). Noir, homosexuel et anarchiste, il a été condamné à la prison à perpétuité pour avoir tué un blanc raciste et homophobe.

Allons plus loin

On peut dire que si nous voulons détruire l’oppression sous toutes ses formes, les prisons en sont le point de départ, d’autant plus que ces nombreuses formes sont davantage concentrées en prison que partout ailleurs dans la société, et que les prisonniers sont les cibles les plus vulnérables vis-à-vis de ces oppressions. De nombreuses personnes essayent de séparer les luttes en prison de la lutte globale pour la liberté et appellent cela “le mouvement anticarcéral”. J’ai moi-même pensé cela à une certaine période, mais nous ne pouvons pas séparer cela de la lutte globale.

En tant qu’anarchistes, nous attaquons en même temps toutes les formes d’oppression. Nous essayons de comprendre la connexion entre les différentes formes d’oppression afin de pouvoir les surmonter, ainsi qu’une façon de pratiquer la liberté MAINTENANT, plutôt que de la reléguer à un avenir lointain.

La prison a englouti des millions de gens. Ceux qui ont eu la chance d’en échapper ont des problèmes de logement, d’emploi et d’éducation parmi tant d’autres problèmes résultant de la captivité par l’Etat. Une fois digéré par l’Etat dans leurs prisons, on est toujours en ligne de mire de la discrimination et en outre de l’oppression par la société. Les prisons doivent être abolies et la seule façon d’en finir avec les prisons est de détruire l’Etat. La seule issue du “mouvement anticarcéral” est le réformisme. Nous devons aller plus loin. Nous devons rendre cette merde ingouvernable.

“Ils nous appellent criminels et nous le sommes en effet lorsque nous agissons en dehors des lois faites par l’Etat ; Nous sommes libres uniquement lorsque nous agissons en dehors des lois faites par l’Etat.”

 

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Lui écrire :
Michael Kimble
#138017
3700 Holman Unit
Atmore, AL 36503

Après de nombreux refus de libération conditionnelle par l’administration pénitentiaire, une nouvelle demande a été émise pour décembre 2015.

Le site de soutien : anarchylive.noblogs.org
Contact du groupe de soutien : anarchy_live[at]riseup.net

Repris du site Le Chat Noir Emeutier, article publié en janvier 2015.

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Bash Back ! (On est pas des cadeaux) https://depavage.noblogs.org/post/2014/10/02/bash-back-on-est-pas-des-cadeaux/ Thu, 02 Oct 2014 18:57:32 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=397 Continuer la lecture →]]>

Emission de radio On est pas des cadeaux !

http://blogs.radiocanut.org/onestpasdescadeaux/files/2013/01/BashBackemissionremontee128.mp3

L’histoire du mouvement anarcho queer américain Bash Back ! nous est racontée par un pédé de Millwaukee qui a participé à son émergence. A travers le récit des actions dans leur diversité de ce réseau actif entre 2008 et 2009 aux Etats-unis, revenons sur des thèmes majeurs qui secouent notre lutte de transpédégouines radicales : Qu’est ce que ça veut dire de lier une analyse anticapitaliste et radicalement anarchiste à notre envie de mettre fin à l’hétéropatriarcat ? Quelle place pour la violence en tant que stratégie ? Qu’est ce que la violence au fond ? Croyons nous que nous arriverons à nous faire accepter dans un monde meilleur ou s’agit il juste de montrer qu’on se laissera pas faire ?

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« Queer Ultra Violence » https://depavage.noblogs.org/post/2014/09/08/235/ Sun, 07 Sep 2014 23:18:55 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=235 Continuer la lecture →]]> http://infokiosques.net/IMG/pdf/QueerUltraViolence-cahier.pdf

Cette brochure est une traduction d’extraits du livre « Queer Ultra Violence : Bash Back ! Anthology » publié en 2011 par Ardent Press aux États-Unis, anthologie du mouvement queer insurrectionnaliste Bash Back !

« Les queers sont marquéEs comme des victimes tandis que la violence n’est jamais vue que comme l’outil des maîtres. Le projet anarcho-queer incarné par Bash Back ! est avant tout un refus du statut de victime et une réappropriation de la violence qui nous a été enlevée par l’idéologie progressiste et utilisée contre nous par nos agresseurs et par l’État. Le tournant opéré par Bash Back ! lors de sa rupture avec celleux qui ont refusé de reconnaître l’importance de cette réappropriation a été crucial. Il a permis de solidifier et de construire la cohérence de la tendance queer insurrectionnelle autour de la question de la violence… »

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Sommaire :
– Introduction à l’édition française
– Vers la plus queer des insurrections
– Intimité criminelle
– “L’Enfer n’a de Furie plus grande” : Chronologie de l’insurrection Genderfuck
– Vers un transféminisme insurrectionnel
– Théorie de la Pute
– Le Pronom que je préfère est la Négation
– Anarchie de la mode : Entretien avec Le Boulevardier
– Milwaukee : Solidarité avec toutes les Tueureuses de Flics
– Bash Back ! est mort ; Vive Bash Back !
– Glossaire

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