adoption – Dépavage https://depavage.noblogs.org Dép' (pédés - "HSH", "homos", "gays"-) et luttes sociales >> Revue de presse, archives et contributions Mon, 26 Jan 2015 20:09:44 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1 Retour sur 5 fantasmes qui circulent autour de la PMA … et des luttes féministes https://depavage.noblogs.org/post/2014/11/25/5-fantasmes-autour-de-la-pma/ Tue, 25 Nov 2014 15:35:13 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=690 Continuer la lecture →]]> family_by_pyxelated-d50fh1kAu nom de la critique de la technologie, un certain nombre d’idées commencent à circuler dans les revues libertaires qui ont de moins en moins avoir avec la PMA et de plus en plus avoir avec des fantasmes sur la PMA… et sur le féminisme. Voici le top 5 des idées incongrues qui circulent aujourd’hui sur la Procréation médicale assistée (PMA).

1) La PMA c’est la marchandisation du vivant et l’avènement de la technoscience ? En France, lors des débats sur le mariage pour tous, la revendication des lesbiennes pour l’accès à la PMA était une revendication d’égal accès à un don de sperme. La PMA en France est un don de sperme, aujourd’hui autorisé de façon anonyme pour les héteros stériles dans les banques de sperme et remboursé par la sécurité sociale. Si le don de fluide corporel doit être questionné au regard de la technoscience, il est étrange que ce débat arrive avec la PMA alors que le don de sang existe depuis bien plus longtemps. Pourquoi porter systématiquement le débat de la PMA sur la « marchandisation » et la « médicalisation » et nier qu’aujourd’hui, le don de sperme est gratuit, anonyme et remboursé par la sécurité sociale pour les hétéros ? Le don de sperme artisanal ouvre quant à lui droit à une filiation alors qu’il faudrait justement pouvoir distinguer « donneur » et « parent » : si on peut être les deux, ce n’est pas toujours le cas. Il s’agit ici du risque de voir le géniteur revendiquer en toute légalité son rôle de père et sa paternité sur l’enfant au couple de femmes à qui il a « donné » son sperme. Comme l’indique Aude Vidal [1] , un couple de lesbiennes n’a pas à subir les intrusions d’un donneur dans leur vie. La revendication porte sur le droit de ne pas être à la merci d’un bon copain qui décidera peut-être un jour, quand le gosse sera propre ou qu’il sera devenu intéressant, de faire valoir ses droits de donneur, pardon de père. Pour toutes ces raisons, il faut des banques de spermes gratuites pour toustes.

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2) Si on se bat pour la PMA, on nie les problèmes de pollution qui sont responsables des problèmes d’infertilité massive ? Les lesbiennes n’ont pas de problème d’infertilité massive. Il n’y a aucun lien entre la revendication portée par les lesbiennes et les problèmes de pollution. Les lesbiennes revendiquent l’égal accès à un don de sperme (légal pour les héteros, illégal pour les lesbiennes). Comment rattacher la question de la pollution à la question du don de sperme pour les lesbiennes ? S’il n’y a pas de lutte secondaire, pourquoi faut-il choisir entre luttes féministes, sociales et luttes écolo : ne peut-on pas lutter pour la justice sociale, contre une société hétéronormée et contre la destruction capitaliste ?

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3) Ne faudrait-il pas plutôt avoir recours à l’adoption contre la marchandisation du vivant inhérente à la PMA ? Dans notre contexte, au nom de quel principe, l’adoption serait-elle, en soit, plus noble et plus propre que la PMA ? On pourrait estimer que depuis le séisme d’Haiti en 2010 [2] ou même le scandale de l’association de l’Arche de Zoe au Tchad en 2007 (les enfants victimes du Darfour), trop souvent, l’adoption rime avec transaction et trafic. De même, le pouvoir médical est également présent lorsque les futurs parents hétéros doivent cocher une case des listes des maladies et/ou handicaps qu’ils sont prêts à accepter ou pas au sein de leur futur foyer. Voir en l’adoption une alternative non marchande et non médicale à la PMA est un positionnement plus que douteux d’autant plus que les lesbiennes et homosexuels n’ont pas le droit d’adopter à l’étranger dans la plupart des pays.

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4) Les lesbiennes revendiquent le « Droit d’avoir un enfant », la preuve qu’elles sont consuméristes ? Il n’y a jamais eu de revendication du « droit d’avoir un enfant » durant les manifs de 2013-2014 en défense du mariage pour tous. C’est au sein du Lmpt (La manif pour tous) que cette expression sémantique est née pour ridiculiser et décrédibiliser la revendication d’accès des lesbiennes à la PMA et à l’adoption [3]. Puis, lorsque les sénateurs ont déposé un recours au conseil constitutionnel contre la loi du mariage pour tous, ils ont repris l’expression en indiquant que les droits « de » l’enfant devaient primer sur le droit « à » l’enfant . C’est avec ces mots que les sénateurs ont formulé le recours au conseil constitutionnel : « Le législateur consacre donc la volonté d’adultes de s’affranchir de toutes références à la procréation pour avoir un droit à l’enfant et s’approprier l’enfant afin d’établir à son égard un lien de filiation qui fasse délibérément obstacle à la vraisemblance biologique. Ainsi, en permettant l’adoption plénière par des couples de même sexe, le législateur méconnait l’intérêt général et notamment l’intérêt de l’enfant. » [4] Pourquoi parle-t-on de “droit à l’enfant” uniquement dans le cadre des couples homosexuels ? Pourquoi parler de « droit à l’enfant » au lieu de parler d’égal accès à l’adoption et à la PMA comme les hétéros ?

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5) On ne peut pas nier qu’il y a une différence des sexes dans notre société ? Le féminisme s’est battu contre l’idéologie naturaliste. Ainsi, détruire la différence des sexes, c’est supprimer la hiérarchie qui existe actuellement entre deux termes dont l’un est référé à l’autre, et infériorisé dans cette comparaison. On ne peut revendiquer le « droit à la différence », car cela signifie le droit à l’oppression. Cela ne signifie pas que « nous voulons devenir des hommes », car dans le même temps que nous détruisons l’idée de « La Femme », nous détruisons aussi l’idée de « l’Homme ». C’est le système patriarcal qui nous pose « différentes » pour justifier notre exploitation, la masquer. C’est lui qui nous impose l’idée d’une « nature », d’une « essence » féminine.[5]

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Aujourd’hui, lorsque LMPT (la manif pour tous) ou autres revendiquent qu’un enfant a besoin d’un papa et d’une maman, c’est bien l’ensemble des femmes qui sont renvoyées à la cuisine, à leur rôle, à leur place.

C’est bien une attaque contre toutes les femmes. Et il faut bien dénoncer ce discours patriarcal et lesbophobe.

 

SCAM (section carrément anti-masculiniste) scam(at)riseup.net

Vu
 
Texte publié le novembre 2014 sur Paris-Luttes.info

> Lire aussi, sur le même sujet :

Retour sur le passage d’Alexis Escudero à Paris et son livre « La reproduction artificielle de l’humain »

Hervé Le Meur ou la faillite de l’écologie à prétention radicale

 

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« Ils se sont rangés du côté d’une imitation des relations normales. », René Schérer, 2010 https://depavage.noblogs.org/post/2014/10/24/scherer-mariage/ Fri, 24 Oct 2014 03:26:33 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=472 Continuer la lecture →]]> photo_mariage_homo1Pour toi, le mariage et l’adoption pour les couples homosexuels représentent des avancées ou une conformation à la norme hétérosexuelle ?

 

René Schérer : J’ai signé, sur la demande de Didier Eribon, en faveur du mariage homosexuel parce que si je n’avais pas signé je me rangeais du côté de ceux qui criaient au scandale. Mais, en moi-même, relativement à mes propres pensées, je garde sur le mariage des idées qui sont un peu archaïques, celles héritées du XIX° siècle, de la critique fondamentale du mariage chez Fourier, chez les anarchistes, chez Marx jusqu’à Sartre. Cette critique a disparu. Le mariage ne marquerait pas une récession dans le mouvement homosexuel mais une normalisation. Les homosexuels se sont rangés, ils ont abandonnés un certain nombre d’idées jugées comme exagérées ou inopportunes comme les idées révolutionnaires, comme l’idée de changer fondamentalement les liens sociaux. Ils se sont rangés du côté d’une imitation des relations normales. Il y a une tendance vers la normalisation, étrange normalisation d’ailleurs parce que lorsque ça va du côté des revendications d’adoption ou de parenté, ça devient un peu étrange mais peut-être légitime. Si l’on se range du côté de Fourier, il y a le familialisme, ou le parentisme, ou le paternisme qui se trouve être une passion à part entière à côté des autres passions comme l’amour qui est représenté matériellement par l’affection sexuelle. L’homosexualité peut donc cohabiter avec ce qu’on peut appeler le parentisme ou une passion parentale. En tant que fouriériste, ça ne me choque pas bien que le mariage ne soit pas une chose qui soit présent dans les conceptions fouriéristes. Il est critiqué sous la forme qu’il appelle civilisée comme étant une manière non pas comme le disait Marx et Engels de « prostitution légale », mais parce qu’il limite les liens sociaux, il se limite au couple, à une forme mesquine de la relation sociale. Pour Fourier, la multiplicité des liens, une sorte de polygamie généralisée sont représentées comme la forme maximum de l’éventail des passions. À l’intérieur de cela, on peut bien y insérer également le parentisme, si ce n’est d’ailleurs que ce parentisme ne signifie plus rien dans une société telle que l’envisage Fourier où l’éducation des enfants, la vie des enfants se fait en dehors d’une famille fermée et où ces sentiments sont purement bénévoles ou gratuits, sans être du tout accompagné d’une autorité quelconque ni de l’enfermement des enfants à l’intérieur de maisons particulières. Il faudrait faire des nuances qui pourraient apparaître comme un peu byzantines mais qui sont intéressantes malgré tout : distinguer le sentiment de parentalité et d’autre part le fait qu’il a peut-être dans cette idée des homosexuels une idée beaucoup moins admissible et louable qui est la possession des enfants, c’est-à-dire pourquoi les homosexuels ne pourraient pas se permettre ce que les hétérosexuels se permettent, c’est-à-dire des enfants qui soient aussi leur propriété, leur reproduction, ce sur quoi ils peuvent avoir une certaine forme de contrôle. La relation parentale à un enfant est toujours extrêmement louche donc on ne peut pas en traiter d’une façon simple. Sauf dans le cas où un homosexuel est en relation avec un autre homosexuel qui a un enfant, que l’on permette à cet enfant de vivre avec ces deux homosexuels est tout à fait admissible. Maintenant le fait que des homosexuels qui n’auraient pas d’enfant aient l’intention d’adopter, c’est peut-être aussi légitime mais à condition que ça ne soit pas pour constituer autour de cet enfant quelque chose qui ressemblerait à une autorité parentale. Ça me parait intéressant comme ce qu’on pourrait appeler figure de combinaisons passionnelles qui montrent qu’il y a beaucoup plus de complexité dans les relations humaines et dans les passions et dans les affections que l’on pourrait en mettre. La logique binaire ne fonctionne pas plus dans ce cas là qu’ailleurs. Tout se trouve d’une façon également ou inégalement distribuée chez chaque individu. C’est tout ce que je peux dire sur ce sujet. Je ne peux pas formuler de pensée très précise sauf le fait que dans l’ordre actuel qui maintient, sinon un ostracisme, du moins un préjugé très grand contre l’homosexualité, relativement également à des pays où l’homosexualité est bannie, punie de mort, toujours je serai du côté de ces formes de revendications que je les approuve ou non, que je les partage ou non.

in Les Lettres françaises, N°76, 6 novembre 2010.

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