Maghreb et Mashreq – Dépavage https://depavage.noblogs.org Dép' (pédés - "HSH", "homos", "gays"-) et luttes sociales >> Revue de presse, archives et contributions Tue, 28 Jul 2015 18:28:36 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1 [Livre] La Main devant le soleil, Expériences militantes et homosexualités en Afrique francophone https://depavage.noblogs.org/post/2015/07/27/livre-la-main-devant-le-soleil-experiences-militantes-et-homosexualites-en-afrique-francophone/ Mon, 27 Jul 2015 18:13:42 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1754 Continuer la lecture →]]> devantlesoleil-ariane Extraits de l’introduction et de la préface (par Patrick Awondo) du livre La Main devant le soleil, Expériences militantes et homosexualités en Afrique francophone, 2014, Éditions Le Tamis, Marseille.

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Du déni à la reconnaissance

(Extrait de l’introduction)

Dans la nuée des idées reçues et colportées sur le continent africain, celle selon laquelle l’homosexualité serait une déviance d’origine « occidentale », étrangère aux « cultures africaines », persiste et signe d’une encre tenace, et en fait couler abondamment sur les pages de presses. Ce rejet farouche découle des relations socio-politiques complexes, historiquement sédimentées, qui lient le continent avec le reste du monde. Des travaux récents montrent, en effet, comment l’entreprise coloniale a pu propager ses propres conceptions des pratiques sexuelles entre personnes de même sexe, notamment par le biais de lois répressives des métropoles promulguées dans les colonies. Le plus souvent maintenues par les administrations des États devenus indépendants, ces dispositions répressives ont été réappropriées et retournées de manière inédite contre les anciennes puissances coloniales. Ainsi, pour beaucoup, l’homosexualité incarne aujourd’hui « l’Occident décadent », et la lutte contre cet héritage exogène présumé est utilisée comme un moyen d’affirmation de la singularité et de la souveraineté des États africains face à la communauté internationale.

Le milieu scientifique a, quant à lui, longtemps ajouté son silence à propos des pratiques homosexuelles sur le continent. Alors que des ouvrages et témoignages historiques, parfois antérieurs au XXe siècle, évoquaient l’existence de pratiques sexuelles entre personnes de même sexe, il faut attendre les années 2000 pour que les chercheurs en sciences sociales s’intéressent à la question et fassent, selon l’expression de Christophe Broqua, la « découverte scientifique » de l’homosexualité en Afrique – masculine, essentiellement. Cette « découverte » est étroitement liée à la lutte contre le sida, mais avec un décalage surprenant. En effet, dès l’apparition de l’épidémie du VIH/sida dans les années 1980, les homosexuels masculins sont considérés, aux États-Unis et en Europe, comme un « groupe à risque » et focalisent l’attention des chercheurs. Mais tandis que l’épidémie se répand rapidement sur le continent africain, sa transmission hétérosexuelle est la seule à être reconnue et prise en charge. Après deux décennies de latence, la lutte contre le sida joue finalement un rôle dans le processus de visibilisation de ces pratiques.

En effet, quelques travaux précurseurs lèvent peu à peu le voile sur les pratiques homosexuelles du continent et témoignent de la vulnérabilité, tant sociale que sanitaire, des hommes concernés. Les conférences internationales sur le sida de Bangkok (2004) et de Toronto (2006) impulsent rapidement une dynamique de recherche d’envergure internationale, s’attachant à documenter les pratiques des hommes ayant des relations homosexuelles dans des contextes sociaux, économiques et sanitaires variés. Ainsi, ces premières études montrent que, sur le continent africain, ces hommes sont fortement exposés au risque de contracter le virus : en plus des risques accrus de transmission par voie anale, les discriminations et stigmatisations dont ils sont l’objet les éloignent des consultations médicales et des contenus de la prévention, amplifiant les risques de contamination. En objectivant la dimension homosexuelle de l’épidémie en Afrique, ces études légitiment la prise en charge de ces hommes par la santé publique qui, dès lors, les affecte à la catégorie de « groupe-cible » des actions mondiales de lutte contre le sida.

(…)

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(Extrait de la préface)

par Patrick Awondo

(…) Au cours des deux dernières décennies, l’oeuvre de documentation des expériences africaines au sujet de l’homosexualité, a surtout porté l’accent sur l’analyse des polémiques et des dynamiques liées à l’homophobie. Il est vrai qu’il se passe difficilement un mois entier sans qu’un acte d’homophobie ne soit signalé dans l’un des pays concernés par les récits présentés dans ce livre. Par ailleurs, il reste beaucoup à dire sur les dispositifs légaux à l’encontre des pratiques homosexuelles et des identités de genre non-hétérosexuel, ou sur les discriminations dans l’accès aux services de santé pour une partie des personnes concernées. De façon générale, les personnes affichant leur engagement, en tant que personnes homosexuelles militant contre le sida, en payent le lourd tribut. Les narrateurs des récits présentés dans ce recueil, vivent un quotidien tissé de peurs, dans lequel la violence risque à chaque instant un devenir endémique. Les figures de cette brutalité, à laquelle les militants africains doivent faire face, oscillent entre persécution policière et harcèlement familial. Ce tableau s’inscrit dans des contextes où pèse un certain conservatisme culturel et religieux et où s’exercent des politiques néfastes aux libertés individuelles. Il en va de même des accusations faites aux personnes homosexuelles d’appartenir à des cercles ésotériques, dans lesquels l’homosexualité serait une modalité de passation du pouvoir, et par conséquent, une figure du « mal » – accusations renforcées, en Afrique Centrale, par un retour en force de l’exorcisme. Dans ce sillage, sont entretenues des confusions scandaleuses entre homosexualité et franc-maçonnerie, ou encore homosexualité et pédophilie. Dans la banalisation de la parole de haine anti-homosexuelle, le Christianisme et l’Islam sont engagés dans une course effrénée dont les résultats, en terme de renforcement des stéréotypes et de stigmatisation des personnes soupçonnées d’homosexualité, sont nettement perceptibles. La force de tels imaginaires ne devrait pas être négligée. Partout, les médias répandent impunément des idées liberticides, sexistes et homophobes. Sous le fallacieux couvert d’une moralisation des sociétés, ces « paniques morales » ouvrent une véritable chasse aux sorcières. Qui a oublié la publication de ces listes de personnalités camerounaises accusées d’homosexualité, et ses conséquences dramatiques ? Le même scénario s’est reproduit deux ans plus tard au Sénégal, accompagné cette fois des photographies de jeunes hommes accusés d’homosexualité, et aboutissant aux mêmes résultats, c’est-à-dire des arrestations de personnes jugées comme transgressant les normes de sexualité et de genre. Autant de situations de violence qui font reculer la réponse à l’épidémie du sida, pourtant décrétée comme enjeu majeur de santé publique.

La « question homosexuelle » semble alors, le plus souvent, être un instrument dans les mains de personnalités de tous ordres – journalistes, responsables religieux, intellectuels, politiciens ou jeunes leaders en quête de popularité – qui usent de postures pseudomoralistes et nationalistes légitimant leur discours et participent à faire de l’homosexualité une figure de l’anti-impérialisme culturel. Encouragés par les manifestations anti-homosexuelles de pays occidentaux comme la France, où une partie de la population s’est opposée au « mariage pour tous », les anti-homosexuels rêvent, depuis le continent africain, à une coalition transnationale. La question de la possibilité d’une mobilisation à même de freiner le développement de l’homophobie se pose, dès lors, chez les observateurs de tous les horizons.

(…)

Lire la totalité de la préface en pdf.

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« Qu’on le veuille ou non, les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes existent. Il faut faire avec cette population. Comme on dit chez nous, on ne cache pas le soleil avec la main. Tu as beau le cacher, le soleil est toujours là ! Ces hommes existent, on le sait. Il faut s’occuper d’eux, et c’est tout. »

La main devant le soleil sur le site des Éditions Le Tamis.

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Rencontre avec le collectif Keske-Sor de Diyarbakır (Kurdistan, Turquie) https://depavage.noblogs.org/post/2015/07/13/le-collectif-keske-sor/ Mon, 13 Jul 2015 21:55:10 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1713 Continuer la lecture →]]> keskesorRetranscription d’une prise de notes faite lors d’une présentation-discussion avec le collectif LGBTI libertaire Keske-Sor (« arc-en-ciel » en kurde) publiée en mars 2015 sur Ne var ne yok ?.

[méfiance face à l'(homo)nationalisme, y compris de gôche]

Création du collectif

En 2012, une première réunion est organisée avec environ 60 personnes à la période du Newroz (fête kurde). Suite à cela, ils se retrouvent au Newroz avec un certain nombre de camarades : il y a des embrouilles avec les flics (gazage, violence, etc.), du coup le groupe s’est retrouvé éparpillé dans la ville. « On s’est retrouvé séparés et un peu perdus. Cette mauvaise expérience a rendu le groupe fragile et il y a eu des crispations et des tensions entre nous. Des camarades se sont retrouvés seuls face au flics. A partir de là, le groupe a souhaité s’organiser plus et mieux. » Keske-Sor se crée donc comme collectif militant en avril 2012. Des personnes de profils différents compose le groupe : des sans-emplois, des étudiants, des professeurs…

Avec le 1er mai 2012 le groupe scissionne, d’un côté Hebûn, de l’autre Keske-Sor. Avant le 1er mai, un appel avait été lancé pour se réunir, les personnes du futur Hebûn ne voulaient pas venir avec le drapeau arc-en-ciel, par peur des attaques homophobes. Les autres si. C’est ainsi que les positions se sont clarifiées. Dès lors les deux entités ne se sont jamais retrouvées réuni à nouveau. Hebûn s’est, avec le temps, transformé en une organisation plus formelle et institutionnelle, une véritable ONG en fait.

Le groupe Keske-Sor se revendique au contraire plus anarchiste, anti-autoritaire, et refuse la forme associative ou la structure d’organisation, qui, selon ces participants, éloignent le peuple des luttes.

D’où la différence des deux groupes. Au départ, les personnes qui participent au collectif n’étaient pas spécialement engagées sur les luttes LGBT, mais plus sur les questions antimilitaristes et les problématiques du mouvement kurde. Mais avec le temps, ils ont lutté autour de différentes causes, et c’est finalement devenu Keske-Sor LGBTI.

Luttes écologiques

Le collectif est très préoccupé par les questions écologiques, et les luttes contre les projets de grands barrages à Dersim [nom kurde de Tunceli] notamment. Il participe chaque année au Festival Munzur, un camp d’été écologiste qui se déroule à Dersim. Et le collectif Keske-Sor est très présent à Hasankeyf, pour venir grossir le nombre des opposants au projet du barrage local. Ils sont là-bas en liens avec d’autres organisation pour faire leurs actions.

L’an dernier, ils ont mené une lutte pour les jardins d’Esel, et ce sur leur propre initiative : l’État a commencé à couper des arbres pour faire un barrage, mais les camarades ont campé sur place, et ont mis en place des tours de garde.

A Diyarbakır, les luttes écologistes connaissent une forte dynamique en ce moment, et il y a peu de temps a été créée la « Coordination écologiste d’Amed » (nom kurde de Diyarbakır) à laquelle 3 membres de Keske-Sor participent activement.

Enfin, ils ne séparent pas les luttes écolos de la lutte contre la gentrification. Ainsi, un nouveau front s’est ouvert de luttes à propos du projet de construction de résidence pour riches sur le site d’une montagne sacrée pour les Kurdes, non loin de Diyarbakır.

Objection de conscience et antimilitarisme

Keske-Sor a organisé en 2013, sur 2 jours, une conférence sur l’objection de conscience, l’anti-militarisme, et le mouvement pour la paix. Profitant de l’annonce de paix d’Öcalan, ils se lancent dans l’organisation de cette conférence – une première pour à Diyarbakır. C’est une manière de faire entendre l’idée de la paix par plusieurs voies, dans un pays ultra-militariste comme la Turquie, et dans une région comme le Kurdistan en guerre de basse intensité depuis des décennies. 15 mois de service militaire sont obligatoires au sein de l’armée turque – 6ème armée du monde avec 758000 hommes.

En 2013, le collectif organise également une commémoration pour les 34 Kurdes tués à Roboski bombardés par l’armée turque. A cette occasion et pour symboliser le désir de paix, 8 personnes ont déclaré leur objection de conscience.

Luttes féministes et LGBT

En novembre 2013, le collectif organise une conférence sur la lutte des femmes intitulée « De Rojava à Gezi, la lutte des femmes », avec différent-e-s militant-e-s, et des jeunes femmes de la région de Diyarbakır (DTK – Congrès démocratique du Kurdistan, sorte d’assemblée des assemblées du Kurdistan du Nord -, commissions de femmes, etc.)

Keske-Sor fait aussi le suivi du procès pour l’assassinat de Rosin Çiçek, un jeune homme tué en 2012 à Diyarbakır par son père et ses deux oncles à cause de son homosexualité. Ce procès a été long, il y a eu plusieurs manifestations en 2014, de l’agitation faite autour, avec par exemple, des stickers avec différents slogans contre l’homophobie distribués avant le jugement, pour sensibiliser les gens. Il y a eu un changement des jurés en cours de procès et une demande du collectif LGBTI pour qu’il soit présent et représente la partie civile qui a été accepté. Ces deux éléments ont pesé pour la suite. Et même s’il était toujours difficile pour Keske-Sor de pouvoir intervenir au cours des audiences, sa présence a comptée. Et à la dernière audience, le collectif est parvenu à réunir 30 personnes pour se porter partie civile.

Le tribunal a condamné le père à la perpétuité sans remise de peine. Et les deux oncles à la perpétuité. C’est la première fois qu’une telle décision à lieu en Turquie et dans le verdict il était écrit « assassiné à cause de son homosexualité ». « Cette décision a fait écho au-delà de Diyarbakır, le pays sait que ce jeune a été tué pour homophobie. »

En 2014, pendant les élections locales, différentes activités ont été mises en place, en lien avec la municipalité émanant du mouvement kurde. Avant les élections, il y a eu des assemblées de jeunes et de femmes qui ont soumis leur souhaits, leurs revendications et propositions. Différents organismes ont participé et fait des propositions. Par exemple : une permanence de solidarité pour des conseils plus personnalisés, un lieu mis à disposition au sein de la mairie pour sensibiliser les familles, la population, faire des suivis psychologiques. C’est important pour le collectif LGBTI, c’est un moyen de rentrer en lien plus facilement avec la population. Et si la mairie prend en charge ce domaine d’intervention, ça laisse plus de possibilités. L’idée de créer un lieu d’information et de conseil est en étude. Le collectif ne souhaite pas forcément être le porteur du projet, ou l’initiateur, mais voudrait former les personnes de la mairie, et travailler avec elles et eux, en partenariat. Si Keske-Sor veut sensibiliser la mairie, et lui faire reconnaître son existence, c’est avant tout dans un sens tactique, pour que la population ait un accès toujours plus large aux questions liées à l’homophobie. C’est aussi pour que les agresseurs et les religieux comme le Hezbollah, aient un peu moins de marges de manœuvre dans leur discrimination et leurs actions homophobes.

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Véganisme

Keske-Sor se posent aussi des questions autour des problématiques animales et des choix alimentaires. Les membres du collectifs répètent une fois de plus qu’il faut faire toutes les luttes, que tout est lié dans la lutte contre le capitalisme ! « On dit toujours qu’Öcalan est un grand chef de l’armée du PKK, mais on ne souligne jamais qu’il est végétarien. »

Production écrite et travail d’information

Ils n’ont pas encore réalisé de réel travail écrit. Sans avoir fait de recherches poussées, ils ne peuvent pas prétendre à écrire quelque chose de sérieux. Mais ils organisent et participent a beaucoup de débats et discussion pour faire avancer les choses sur ces questions là. Ils alimentent également les médias sociaux sur internet. Et comme ils ne reçoivent aucune aide financière extérieure (« ce sont nos idéaux ! »), ils ont encore du mal à trouver assez d’argent pour imprimer affiches, brochures et livres.

La répression

« On vit toutes sortes de répressions. Sur les sites religieux fascistes, il y a les noms de certains camarades du collectif, en mode fiché, avec des photos… Ils sont montrés comme des pervers.

Mais faut pas penser que tout le monde est homophobe. » « Cette propagande fasciste aussi un moyen de lutter contre les kurdes, en disant qu’eux laisse les LGBTI exister sans les violenter. C’est souvent les journaux extrémistes qui se chargent de faire le travail, pour discréditer les kurdes. »

« Pour les trans et les gays, c’est très dangereux, ils sont souvent confrontés à des violences. Pour les femmes c’est déjà compliqué, être lesbienne ce n’est malheureusement qu’une continuité de l’agression, et de l’harcèlement. » Mais l’homophobie est quand même fortement présente partout et le collectif tente déjà de combattre les comportements violents du quotidien.

Plus d’infos :

Facebook du collectif Keske-Sor.
Voir aussi le site du groupe LGBT radical d’Ankara, KAOS-GL.

03/2015

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Fight Bachar, fight all nationalism… A bas tous les leaders…

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Témoignage d’un migrant, Paris, juillet 2015 https://depavage.noblogs.org/post/2015/07/10/temoignage-dun-migrant/ Thu, 09 Jul 2015 23:40:08 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1644 Continuer la lecture →]]> noborders_wired_birdJe m’appelle Maurice*, j’ai 20 ans, je viens d’un pays d’Afrique subsaharienne et je suis homosexuel. Je voudrais vous raconter mon histoire. (publié le 5 juillet sur la page Facebook du Comité de soutien des Migrants de la Chapelle)

Alors, je ne sais pas par où commencer. En 2013, je vivais avec mes parents et mes frères et sœurs, j’allais à l’école, et j’avais des amis. Quand je me suis aperçu de mon homosexualité, j’ai fréquenté un homme, et comme c’est mal vu dans mon pays, un ami à moi l’a raconté à mon père. Quand celui-ci a découvert que suis gay, il m’a demandé si c’était vrai, et comme je ne peux pas lutter contre ce que je suis, je lui ai dit la vérité. Mon père ne l’a pas acceptée, il m’a enchaîné et maltraité, il a refusé de m’envoyer à l’école, et a même arrêté de la payer pour que je ne puisse plus assister aux cours. Il m’a dit que je n’étais plus son fils, et tout le monde m’ignorait à la maison. Ils ne me comptaient plus pour les repas, refusaient de me nourrir ou de m’adresser la parole, et m’empêchaient même de sortir. Des fois je m’échappais et ils ne m’ouvraient plus la porte, et je restais des jours et des nuits entières à errer dans les rues. Personne ne voulait m’aider, c’est contre les traditions, contre la culture. À leurs yeux, je suis un criminel, je ne suis plus un homme, je suis condamné. Après un mois à vivre cette situation, ils m’ont abandonné. Ils m’ont dit de quitter la maison. Ils ne voulaient même plus me voir. J’ai donc vécu dans la rue pendant sept mois. Je dormais dehors, et je travaillais au marché la journée pour un salaire ridicule. Les gens que je fréquentais alors n’étaient pas au courant de mon homosexualité, et ceux qui savaient parmi mes amis ou ma famille m’ignoraient ou m’insultaient lorsqu’ils me croisaient dans la rue. Dans mon pays il n’existe pas d’associations pour défendre ou aider les homosexuels. J’étais tout seul, livré à moi-même. J’ai beaucoup souffert, et je souffre encore aujourd’hui.

J’ai alors décidé de quitter mon pays. Le 31 mai 2014, je suis parti en camion pour la Libye, avec le projet de travailler pour ensuite aller en France, terre d’asile et pays des droits de l’Homme, où je pensais pouvoir trouver la liberté d’exister et d’être qui je suis. Ça ne servait à rien de rester dans mon pays, où j’avais tout perdu, et où je ne pouvais pas vivre librement. Je pensais que ça allait être mieux en Libye.

Après 15 jours de voyage en camion dans le désert, en ne mangeant qu’une fois par jour, et en ne buvant qu’un verre d’eau le matin, et un autre le soir, nous sommes arrivés, moi et les 24 autres clandestins, à la frontière libyenne. Là, les douaniers nous ont attrapé, et nous ont amenés à la prison de Ajdabiya. J’ai été emprisonné et torturé pendant huit jours. Ils me demandaient de l’argent pour ma libération. J’ai donc appelé mon père, mais quand il a décroché et que je lui ai raconté la situation, il a dit que ce n’était pas son problème et m’a demandé de ne plus l’appeler. Puis ils m’ont relâché, et je me suis retrouvé de nouveau à la rue, sans rien ni personne. Sans argent, ni travail, ni adresse. J’ai dormi quatre jours dans la rue, puis j’ai rencontré des migrants soudanais. Je leur ai raconté la situation, en taisant le fait que je suis homosexuel. En effet, chez eux aussi, c’est mal vu, et c’est contraire à leur culture. Je ne voulais plus être seul, ni rejeté. J’avais besoin d’amis, de compagnons, et de soutien. Ils m’ont donc accueilli pendant 4 jours, et ils m’ont aidé à trouver un travail dans un restaurant soudanais. J’y ai travaillé pendant un an. En Libye il y a la guerre, et la sécurité est quasi inexistante. J’ai plusieurs fois été menacé, et volé dans la rue, ou dans le restaurant. Des civils entraient parfois armés de kalashnikovs et nous volaient tout. J’avais très peur de mourir.

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Après un an, avec 8 amis soudanais, nous avons payé un passeur pour traverser la Méditerranée et rejoindre l’Italie. La traversée a duré près de deux jours. Nous étions 114 personnes sur un bateau ne pouvant en supporter que 80. Avant de toucher terre, le bateau a calé en pleine mer, juste après avoir franchi la frontière italienne. Nous avons été contraints d’appeler les garde-côtes italiens pour qu’ils viennent à notre secours. On pensait qu’on allait mourir là. La majorité d’entre nous ne savaient pas nager, moi y compris.

Une fois à terre, ils ont relevé nos identités, ont pris les empreintes digitales de la plupart d’entre nous, et j’ai passé quelques heures en rétention. Quand j’en suis sorti, je suis allé me reposer, me laver et manger dans un centre d’accueil, puis je suis parti en direction de Milan. J’ai alors pris un autre train pour me rendre à Paris.

Je suis arrivé à Paris le 6 juin 2015 à 23h15 avec trois de mes compagnons soudanais. Épuisés, sans argent, mais enfin arrivés! On était tellement heureux! Je croyais être arrivé au paradis. En tant que demandeurs d’asile, nous savions qu’en France nous avions droit à un logement. Nous pensions que tout allait être facile. Mais quelle déception… Le soir même, nous nous sommes rendus au commissariat pour leur expliquer notre situation et leur demander de nous guider vers une association ou vers un organisme qui pourrait nous aider, mais ils nous ont rétorqué que tout était fermé, et que nous devions repasser le lendemain vers 9h. Je leur ai demandé où nous pouvions dormir cette nuit et ils nous ont dit qu’ils ne savaient pas. Nous avons passé la première nuit dans une petite rue près de Gare du Nord. Le lendemain à 9h, ils nous ont indiqué l’adresse de France Terre d’Asile, où nous nous sommes rendus, et où ils nous ont donné un rendez-vous pour le 9 Juillet, c’est à dire un mois plus tard. J’ai à nouveau demandé où est-ce que nous étions supposés nous loger en attendant le rendez-vous, et ils m’ont dit qu’ils ne s’occupaient pas du logement, et que pour ça je devais m’adresser à la préfecture.

On était le 8 juin, et ça faisait 6 jours que le campement de migrants de La Chapelle (18ème) avait été violemment démantelé et évacué, et quelques jours que les migrants avaient trouvé refuge sur une esplanade de la Halle Pajol. C’est là que nous nous sommes rendus. Et le jour même, la police a procédé à l’évacuation brutale de ce nouveau campement de fortune. Les policiers entrainaient de force migrants et riverains vers les camions, n’hésitant pas à les brutaliser et à les frapper. Ils nous ont gazé alors que nous nous résistions à nous laisser emmener. Je ne comprenais pas ce qu’il se passait, ni pourquoi la police était si violente avec nous ; nous n’avions rien fait!!! Nous nous sommes enfui, puis nous nous sommes à nouveau regroupés à Pajol.

Entre temps, l’association Bois Dormoy, qui possède un jardin participatif dans le quartier, avait accepté d’héberger les quelques 200 migrants qui avaient réussi à échapper à l’opération policière. Nous nous y sommes donc rendus, et là tout s’est très vite enchaîné. Nous avons prétendu être mineurs, nous avons rencontré une riveraine, qui nous a emmené chez une amie à elle qui a accepté de nous héberger le temps de trouver une solution. Ça fait maintenant un mois que je vis chez cette personne, qui maintenant sait que je suis majeur, qui est au courant de mon homosexualité, et qui est devenue mon amie. Aujourd’hui nous devons déménager, nous n’avons plus d’appartement, et nous ne trouvons plus de solutions.

Je n’ai avoué mon homosexualité qu’à peu de gens. Je sais que ça sera mal vu auprès des autres réfugiés, et même mes amis avec lesquels je voyage depuis la Libye ne sont pas au courant. Ici je commence peu à peu à m’assumer. J’ai rencontré des gens qui ne me jugent pas pour ma sexualité, et je souhaite continuer dans cette voie, pour enfin pouvoir m’installer quelque part, et enfin pouvoir commencer à être moi. Avoir des droits, être accepté, et être libre d’exister. Voilà mon histoire.

* pour des raisons d’anonymat le prénom a été changé.

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[actu] Istanbul : les anti-émeutes chargent la gay pride https://depavage.noblogs.org/post/2015/06/29/actu-istanbul-les-anti-emeutes-chargent-la-gay-pride/ Mon, 29 Jun 2015 00:17:33 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1542 Continuer la lecture →]]> istanbulLa police anti-émeutes turque a violemment réprimé dimanche 28 juin la Gay Pride d’Istanbul, lançant des gaz lacrymogène et utilisant des canons à eau pour disperser des milliers de manifestants rassemblées dans le centre. (mis à jour)

publication du site Kedistan :

Décidément Tayyip n’aime pas les pédés, les gouines, les trans et tout ce qui ne lui ressemble pas, et en mois de Ramadan encore moins…

Ce sympathique journée de dimanche devait marquer la fin de la Semaine des Fiertés d’Istanbul, organisée pour la 23ème fois. La gay pride, temps fort de cette semaine d’actions LGBTI était donc sur le point de démarrer à 17h. Des dizaines de milliers de manifestants s’impatientaient sur le lieu de rendez-vous à Taksim, et d’autres continuaient à les rejoindre. Des drapeaux arc en ciel flottaient, les pancartes et banderoles préparées d’avance exposaient des slogans plein d’humour.

Et là, surprise !

Le comité d’organisation apprend que la Préfecture d’Istanbul avait interdit la gay pride au dernier moment, sans aucune annonce préalable. Pourtant cette marche était prévue et organisée depuis des mois.

Si la police anti-émeutes était largement déployée, parée de projectiles lacrymogènes, canons à eau et balles en caoutchouc ce n’était pas pour rien. C’etait pour faire la fête de cette joyeuse foule, venue parler de l’égalité des droits, revendiquer la liberté, chanter l’amour.

La répression policière fasciste a chargé les couleurs arc-en-ciel, la joie, l’humour et l’enthousiasme.

Le comité organisateur disait dans un communiqué publié aussitôt :

La 13ème marche LGBT qui devait débuter à 17h à Taksim, a été subitement déclarée “interdite” par la Préfecture, en prétextant le Ramadan. La police charge des dizaines de milliers de personnes avec des balles en caoutchouc, gaz lacrymo et canons à eau. Toutes les rues menant vers Taksim et l’avenue Istiklal sont bloquées. Nous appelons le Préfet d’Istanbul, Vasip Şahin, à respecter la Constitution et cesser expressément les attaques ainsi que faire une déclaration publique. Nous invitons tous les participants à garder leur position et attendre à Beyoglu, jusqu’à ce que la marche démarre. Nous appelons nos ami(e)s et soutiens qui ne sont pas sur place à protester là où ils se trouvent, en faisant du bruit avec des casseroles. NOUS SOMMES LA ! NOUS NE PARTIRONS PAS ! HABITUEZ VOUS ! L’amour gagnera ! ‪#‎GelYanima‬ Comité de la 23ème Semaine des Fiertés d’Istanbul

Comme la répression policière n’était pas suffisant, un groupe de civils, nationalistes et islamistes qui s’étaient groupés près de l’avenue Istiklal, ont attaqué les journalistes venus couvrir l’événement, devant les yeux des policiers. Plusieurs d’entre eux ont été blessés, dont un photographe de l’AFP. Une vidéaste également de l’AFP qui filmait la violente intervention des policiers, a été brutalisée par ces derniers. Aux alentours de Taksim, notamment dans le quartier Tophane, des petits groupes de manifestants isolés ont été attaqués par des civiles.

Sommes-nous vraiment surpris ?

Pas vraiment…

Dans un pays où le patriarcat opprime, l’obscurantisme abrutit, le fascisme réprimande, les amoureux de la liberté ont du pain sur la planche. Mais rassurez-vous ils ne chaument pas. Ils luttent avec toute leur force, leur coeur et leur cerveau. Ils utilisent tous les moyens avec humour, créativité et courage. Il va falloir que ceux qui ont la trouille de la liberté s’y habituent. “L’amour gagnera” !

Pour vous mettre au parfum lacrymo stanbouliote… Voir ici quelques vidéos filmées par l’activiste photographe Zafer Kara…

Dépêche fr :

Lorsque des manifestants ont scandé des slogans dénonçant « le fascisme » du régime du président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan, la police, présente en nombre à l’entrée de la grande artère piétonne d’Istiklal, a chargé la foule, utilisant par endroits des balles en caoutchouc.

Avant le lancement de la marche, de nombreux policiers en tenue ont fermé l’accès à la place Taksim, sur laquelle s’ouvre la rue d’Istiklal, centre de la contestation contre le régime islamo-conservateur de l’été 2013.

Depuis, tout rassemblement est interdit sur la place et ses abords. Un groupe de civils, apparemment des nationalistes et islamistes qui s’étaient réunis près d’Istiklal, là où devait avoir lieu la marche, ont attaqué les journalistes couvrant l’événement, blessant légèrement plusieurs d’entre-eux dont un photographe de l’AFP.

La police n’a pas bronché à cette agression, selon les témoins et les médias. Une vidéaste de l’AFP a, quant à elle, été brutalisée par la police alors qu’elle filmait son intervention musclée. Au moins cinq manifestants ont été interpellés par la police.

Pourtant cette marche devait constituer la 13è édition de la marche des fiertés homosexuelles pour soutenir les droits des LGBT qui s’étaient dans le passé déroulées sans incidents graves en Turquie, où l’homophobie reste répandue, surtout dans les zones rurales.

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« Nous voulions simplement marcher. Cela fait des années que nous marchons ici en paix. nous n’avons ni pierre ni arme, nous voulons juste marcher », a expliqué, très incrédule, à l’AFP Can, un jeune militant LGBT. « Et maintenant ils tirent du gaz sur nous sans aucune impunité », a-t-il regretté.

Cette année, la manifestation a coïncidé avec le mois musulman du Ramadan. Des députés de l’opposition social-démocrate au Parlement qui assistaient au début de la marche ont voulu négocier avec la police et l’un d’eux, Mahmut Tanal, du parti républicain du peuple (CHP) est monté sur un véhicule blindé de la police, selon les images diffusés par les médias.

De nombreux internautes ont fait part de leur indignation après la dispersion de la marche. « Attaquer des gens qui défilent pour soutenir l’amour n’a pas de place dans la démocratie. C’est tout simplement une honte », a lancé sur son compte Twitter Erdem Yener, un comédien connu de Turquie.

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« Aucune quantité d’eau ne peut effacer les valeurs universelles d’égalité, de fierté, de diversité et d’espoir incarné par le drapeau arc-en-ciel », symbole de la communauté homosexuelle, a pour sa part écrit la romancière Elif Shafak.

La place de Taksim est devenue le symbole de la contestation contre Recep Tayyip Erdogan et de son régime pendant près d’un mois en 2013. Un mouvement, réprimé par la police, qui avait gagné toute la Turquie pour dénoncer la dérive conservatrice de l’homme fort du pays. La communauté LGBT était à l’avant front du mouvement qui s’était soldé par la mort de huit personnes.

(Source AFP)

Vidéo

https://www.youtube.com/watch?t=12&v=MAC17F2nDvk

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[actu] Maroc : condamnation de Lahcen et Mohsine https://depavage.noblogs.org/post/2015/06/28/maroc-condamnation/ Sun, 28 Jun 2015 20:07:44 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1517 Continuer la lecture →]]> 10487286_771874096190009_7678071024762266365_nLe 19 juin 2015 Lahcen et Mohsine ont été condamné par le tribunal de Rabat à quatre mois de prison ferme pour homosexualité et obscénité. Réactions du collectif Aswat, de la soeur de Lahcen et entretien avec leur avocate.

Voir le précédent article sur leur arrestation.

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Collectif Aswat, 21 juin 2015

Le procès de Lahcen et Mohsine pour Homosexualité ne respectait pas les normes d’un procès équitable [البيان بالعربية بالأسفل]

Ce vendredi 19 Juin , le tribunal de première instance de Rabat a rendu son verdict , Lahcen et Mohsine ont écopé de 4 mois de prison ferme et une amende de 500 DH chacun pour « Homosexualité » et « Obscénité » , les avocat-e-s ont déclaré que le procès n’était point équitable .

Suite à leur arrestation le 3 Juin dernier , les deux jeunes hommes ont été poursuivi pour des actes relevant de la liberté de circulation et autres droits garantis par la constitution ainsi que les lois internationales sur les droits humains .

Maitre Khadija Rougany , avocate des deux détenus , a déclaré au Collectif « Aswat » que plusieurs infractions des conditions de procès équitable y compris les garantis fournis par le code de procédure pénal ont eu lieu ; Maitre Hassan Tass , second avocat des deux jeunes hommes a aussi assuré que le procès n’était pas équitable.
Lahcen et Mohsine ont été sujet de torture physique et psychique, diffamation, incitation à la haine et discrimination, ils ont été forcé à signer les P.V. de par des coups, menaces et violence. Leurs avocat-e-s ainsi que la mère de Mohsine l’ayant visité à la prison de Salé ont confirmés ces faits au Collectif.
La défense s’était vu refuser la demande formulé au parquet pour effectuer un test médical suite aux traces de torture visibles au niveau de leurs visages et sur les images diffusées sur la chaine nationale «Al Oula ». Les objets réquisitionnés, comme l’appareil photo, les téléphones, les sacs, ne comportent aucun élément de preuve. Les avocat-e-s avaient demandé à les voir mais leur requête fut refusé. Ce refus et la non présentation des dites preuves devant les détenus et le tribunal est contraire aux principes d’un procès équitable.
Ces violations , et principalement celle de la présomption de l’innocence avant le début du procès même comme il nous fut déclaré par Maitre Khadija Rougany font que procès ne soit guère équitable : « Le communiqué publié par le Ministère de l’intérieur, la diffamation dont les deux détenus ont été sujet, et la diffusion de leurs images montrant les traces de tortures sont les outils d’une intervention directe sur le pouvoir législatif et juridique ainsi qu’une forme de grande pression afin de l’influencer, le procès en son ensemble et le refus des demandes de la défense est le meilleur exemple de celle-ci ».
Le Collectif « Aswat » fut aussi informé que nombre de personnes dont des journalistes avaient été interdits d’accès au du tribunal lors du procès tout en donnant l’impression que l’audience était public faute de la grande présence au niveau de la salle.
Les familles des deux détenus ont confirmé à « Aswat », qu’elles n’avaient pas été notifiés des arrestations ,et qu’elle ne l’ont su qu’à travers les médias. Les familles et proches vivent dans un état de traumatisme depuis.

La mère de Lahcen a expliqué que la diffamation que le ministère de l’intérieur à orchestré sur les médias et la divulgation de l’identité de son fils en l’accusant d’avoir commis des « actes contre natures » est similaire à une condamnation à mort pour lui et sa famille , au sein d’une société qui refuse cette « accusation », elle a aussi précisé que son état de santé s’est aggravé depuis la prononciation du jugement, et qu’elle a beaucoup de crainte vis-à-vis du futur de son fils – Mohsine – après avoir purgé sa ‘peine’.
Le Collectif « Aswat » à enregistré que l’état de santé de Mohsine actuellement à la prison de Salé est très critique.

Le jugement rendu de 4 mois de prison ferme et 500DH d’amende pour chacun selon l’article 489 pour un acte sexuel entre deux personnes du même sexe est injuste , l’inexistence de preuves, l’usage d’aveux obtenu par la torture , le contexte et les circonstances ne justifiant pas une relation sexuelle entre les deux jeunes hommes en plus du fait que le seul document abordant l’ « Obscenité » était celui présenté par le policier prétendant les avoir arrêtés en flagrant délit font de ce procès , un procès incontestablement inéquitable.

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Le Collectif « Aswat » demande à l’Etat Marocain d’assumer ses obligations constitutionnels et internationales en respectant les principes de non discrimination, de protection de la vie privée et de droit à un procès équitable et ce par :
– L’arrêt des persécutions et d’arrestations de citoyen-ne-s marocain-e-s en raison de leur identité genre ou orientation sexuelle
– L’abrogation de l’article 489 du Code pénal actuel : Punissant « de l’emprisonnement de six mois à trois ans et d’une amende de 200 à 1000DH , à mois que le fait ne constitue une infraction plus grave , quiconque commet un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe »
– La suppression de l’article 489 de l’avant-projet du nouveau code pénal , punissant « de l’emprisonnement six mois à trois ans et d’une amende de 2000 à 20 000 DH , quiconque commet un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe »

Le Collectif Aswat pour la lutte contre la discrimination fondée sur la sexualité et le genre

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Huffington Post Maroc, 21 juin 2015

La sœur de Lahcen, l’un des deux hommes condamnés pour « homosexualité » témoigne

Voir la vidéo (arabe non sous-titré).

TÉMOIGNAGE – Face à la caméra de Febrayer TV, la sœur de Lahcen, accusé d’avoir embrassé un autre homme devant la tour Hassan a fait part de ses impressions au lendemain de la condamnation de son frère à quatre mois de prison ferme et 500 dirhams d’amende pour « outrage public à la pudeur » et « acte contre nature avec un individu du même sexe ».

« Mon frère a été arrêté de manière humiliante », raconte la femme, visiblement désespérée. « Il avait reçu un invité à qui il faisait découvrir Rabat pendant la période Mawazine », poursuit la sœur de Lahcen qui note que son frère « a été violenté physiquement et psychologiquement ».

La jeune femme regrette d’avoir appris la nouvelle « à travers un portail d’information », ce qui a causé par la suite des manifestations à caractère homophobe devant le domicile des deux accusés. Après l’arrestation, pas de nouvelles du frère. « On ne nous a pas dit où il se trouvait. Après avoir cherché, nous l’avons retrouvé dans un état déplorable. Il avait le moral au plus bas », se remémore la sœur du condamné.

La sœur de Lahcen remet aussi en cause les circonstances du procès. « On a demandé à ce qu’ils ramènent son téléphone et son appareil photo avec lesquels il prenait des photos sur le site historique. Pourquoi ont-ils refusé de présenter ces preuves ? », s’insurge-t-elle. « Nous avons été très choqués par la condamnation. Est-il concevable qu’un homme commette des actes impudiques sur un site touristique ? »

« Ma mère est malade. Elle souffre de maladies chroniques, et c’est lui qui nous aide », conclut la sœur du jeune homme qui purge actuellement sa peine de prison, avant de fondre en larmes.

Par Youssef Roudab, mass-média HuffPost, 21 juin 2015
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Huffington Post Maroc, 16 juin 2015

Khadija Rougani, avocate des deux Marocains poursuivis pour homosexualité, dénonce des vices de procédure

HuffPost Maroc: Les deux Marocains qui se seraient embrassés devant la Tour Hassan sont poursuivis pour homosexualité et obscénité. Sur quoi est basée l’accusation?

Khadija Rougani: Sur rien justement, là est tout le problème. Le témoignage du policier en faction à la Tour Hassan est vague. Il y parle de gestes contraires aux bonnes moeurs et qui auraient attiré l’attention des gens, mais sans plus de précision. Nous avons demandé la convocation de ce policier au tribunal pour lui poser des questions sur ce qu’il a réellement vu. Nous avons aussi demandé à avoir accès à l’appareil photo numérique et au téléphone qui auraient servi aux deux accusés pour prendre des clichés. Ces fameuses photos existent-elles? En tout cas l’accusation ne les a pas montrées.

Vous avez demandé l’annulation des aveux des deux accusés, dénonçant au passage un vice de procédure. Sur quoi vous basez-vous?

Je me suis basée sur leurs déclarations. Ils ont affirmé avoir subi des violences physiques et morales durant leur interrogatoire: coups, insultes, humiliation. Nous avons aussi leurs photos prises après leur arrestation et qui ont été diffusées à la presse. Les deux accusés ont des traces de coups au visage.

La diffusion par le ministère de l’Intérieur des photos et des identités des accusés est-elle aussi un vice de procédure?

Oui, bien évidemment. C’est une atteinte au secret de la procédure judiciaire puisque leurs photos et leurs identités ont été diffusées dans la presse et les médias publics avant même que ne soit établie l’accusation. C’est une atteinte flagrante à la présomption d’innocence des deux accusés. Le ministère de l’Intérieur a, qui plus est, émis un communiqué où il a mélangé le cas des Femen expulsées pour s’être embrassées sur l’esplanade de la Tour Hassan et le cas de mes clients. Tout le monde a du coup fait l’amalgame entre un fait avéré, celui des Femen, et une accusation qui reste à prouver.

Lire aussi : les Femen, un féminisme de type néocolonial

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[actu] Maroc : les Femen, Aswat et la répression contre les homos https://depavage.noblogs.org/post/2015/06/12/actu-maroc-aswat-femen-repression/ Fri, 12 Jun 2015 01:21:05 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1486 Continuer la lecture →]]> 10171738_247656888691995_5726533087249488744_n [Mise à jour : manifestation homophobe devant le domicile des deux personnes arrêtées pour homosexualité.] Réaction du collectif Aswat après « l’action » des Femen et l’arrestation qui s’en est suivi. Puis une tribune de l’écrivain Abdellah Taïa.

Mise à jour du 12 juin 2015. Le mensuel Gay Maroc a fini, suite à la mobilisation du collectif Aswat et des internautes, par retirer de la vente le magazine avec en une « Faut-il brûler les gays ? ». Ce même mensuel avait déjà publié précédemment une une négrophobe (« Le péril noir »).

Lahcen et Mosine , les deux jeunes arrêtés ce 3 juin ont besoin de soutien pour obtenir leur liberté ! D’autant qu’une manifestation homophobe a été organisée le 7 juin devant le domicile des deux jeunes hommes. La manifestation a réuni des dizaines de jeunes du quartier scandant des slogans dénonçant cet acte et réclamant « les peines maximale envers les homosexuels ».  Les deux jeunes, après leur arrestation, ont été outés par la chaîne de télévision nationale Al Aoula qui a publié leurs photos. Le portail Cawalisse avait même révélé leurs noms complets ainsi que les quartiers où ils habitent, ce qui aurait facilité le repérage de leurs domiciles, les exposant aux menaces. Les deux hommes, arrêtés pour « exhibition impudique », risquent jusqu’à trois ans de prison ferme.

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2 et 3 juin 2015. Rabat. Esplanade de la tour Hassan. Deux militantes (blanches, européennes) des Femen ont été appréhendées pour avoir tourné une “séquence obscène au sein de ce lieu de culte, torse nu, en arborant un slogan portant atteinte à la moralité publique » « [« In gay we trust« ]. Elles ont été expulsées. Peu après, au même endroit, deux gays se prennent en photos en s’embrassant. Ils sont marocains. Ils sont arrêtés et emprisonnés.

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Pour rappel, « les actes licencieux ou contre nature avec un individu du même sexe. » sont passibles d’une peine de trois ans de prison selon l’article 489 du code pénal marocain.

Le Collectif Aswat critique l’action des Femen à Rabat

Après avoir observé un silence prudent au lendemain du « kiss-in » des Femen et des deux gays marocains sur l’esplanade de la Tour Hassan, le collectif Aswat pour la lutte contre l’homophobie s’est finalement prononcé sur ces événements qui ont défrayé la chronique.

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Aswat s’est défendu de tout lien avec l’action des Femen ainsi que l’initiative du groupe britannique Placebo à Mawazine.

L’organisation de ces deux événements « n’est aucunement liée au Collectif Aswat, comme le prétendent et propagent les médias nationaux », selon un communiqué de l’association, qui ajoute qu’Aswat ne peut « guère adhérer ou participer à une activité similaire à celle des Femen » car elle va « à l’encontre de notre vision d’un engagement et d’une lutte pacifique ».

 L’association révèle aussi que les deux homosexuels qui se sont embrassés devant la Tour Hassan « ont pris nombre de photos en guise de souvenir dans différents sites » de Rabat, avant d’être arrêtés par les forces de l’ordre qui « les ont encerclés sur l’esplanade et accusés ultérieurement d’avoir imité l’action des Femen ».

Lire aussi « Les Femen, un féminisme de type néocolonial ».

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Qui va sauver les homosexuels marocains?

(par Abdellah Taïa, écrivain marocain immigré en France)

J’ai vu hier soir un film japonais sur l’esclavage, le chef-d’oeuvre L’intendant Sansho de Kenji Mizoguchi, où un père donne à son fils ce dernier conseil : « L’homme sans pitié est inhumain. Sois dur pour toi et généreux pour autrui. »

Bouleversé par ces mots simples et tellement justes, je n’ai pu m’empêcher de faire immédiatement le lien avec les trois  hommes de Taourirt, cruellement condamnés il y a quelques jours à trois ans de prison (peine maximale) pour « homosexualité » et déjà oubliés par les Marocains. Certes la presse a évoqué leur histoire et Internet a impitoyablement relayé les photos humiliantes, dégradantes, de leur arrestation « en flagrant délit » par la police suite à une dénonciation. Mais depuis, rien. Les homosexuels marocains, ce n’est vraiment pas la priorité pour le pouvoir et les citoyens hétérosexuels de ce pays. C’est de leur faute, n’est-ce pas, « ces pédés » n’avaient qu’à se repentir, se soigner, s’abstenir, bien se cacher…

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L’homosexuel(le) n’est pas un monstre. Ce n’est pas une honte ni un malade. C’est un être humain. C’est ton enfant, ton frère, ta sœur, ton père, ta tante, ton voisin, ton ami(e), ton professeur, ta nièce, ton député, le mécanicien de ton bloc…

Cela fait au moins 10 ans que l’homosexualité est omniprésente dans les médias marocains, largement débattue. L’association LGBT Aswat ne cesse de lancer régulièrement et courageusement des initiatives pour demander sa dépénalisation. Les chanteurs ouvertement homosexuels Elton John, Mika et Ricky Martin ont été officiellement invités à se produire au festival Mawazine et leur concert transmis en direct sur 2M TV *. Mais, malgré cela, l’homosexuel marocain, lui, n’existe toujours pas. Il ne doit surtout pas exister si ce n’est comme un criminel. Quand il habite à Taourirt, là-bas, si loin de Rabat et de Casablanca, son sort n’intéresse personne au Maroc. Qui connaît d’ailleurs l’existence de la ville de Taourirt ? Qui jamais parle de Taourirt ? Ca se trouve où déjà, ce bled ?

Un sondage récent nous apprend que plus de 80% des Marocains se déclarent contre l’homosexualité. Ils assument franchement cette intolérance, cette discrimination, ce racisme : l’homophobie. Quand je lis cela, j’ai honte et j’ai envie de pleurer. Chialer. Tellement c’est insupportable !

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Le Marocain est-il à ce point égoïste, insensible, cruel ? Le malheur et l’injustice que subissent ses frères et sœurs (homosexuels ou pas) ne l’intéressent pas ? Ne le concernent pas ? Pourquoi cette indifférence, ce silence, cette terrifiante politique de l’autruche ?

Pour justifier leur condamnation de l’homosexualité, certains (la plupart en fait) évoquent sans aucune nuance l’islam, le Coran, nos traditions. Nous sommes des Arabes, des musulmans, nous n’acceptons pas parmi nous les invertis, les pervers ! A ceux-là, j’ai envie de répondre ceci : le Coran recommande le pardon, l’islam incite à ne jamais se hâter dans la condamnation de l’autre et nos traditions elles-mêmes ont un cœur tendre pour nous, tous, absolument tous !

Pourquoi alors persister au Maroc dans la cruauté ? Pourquoi la peine maximale de trois ans au mécanicien de Taourirt et à ses deux amis ? Il est vrai qu’ils n’ont pas la chance, eux, d’être de nationalité britannique comme l’homosexuel Ray Cole qui, arrêté à Marrakech fin 2014 avec un Marocain, a été emprisonné puis, suite aux pressions médiatiques de son pays, vite libéré. Il faudra que quelqu’un nous explique officiellement cette différence de traitement. Le Marocain homosexuel est-il plus coupable aux yeux de la justice qu’un Britannique homosexuel ? Au second, on pardonne tout et sur le premier, on s’acharne sans relâche ?

Tout cela est d’une tristesse absolue.

Si j’écris ce texte c’est parce que je me sens plus que solidaire avec le pauvre mécanicien de Taourirt et ses deux amis. Je pense à eux dans leur cellule en ce moment, à comment on les traite, à comment on les regarde. J’imagine tout, facilement. L’horreur. Et je ne cesse de me répéter que, malgré tout ce qu’on dira au Maroc, ils n’ont commis aucun crime. Ils essayaient juste de vivre, de voler un moment de liberté sexuelle que la société et l’État marocains leur interdisent officiellement. Mais où est ce Marocain, ou bien cette Marocaine, qui respecte intégralement tout ce que prévoient la religion et les lois du pays ? Est-ce qu’il/elle existe seulement ? La réponse est évidente. Et pourtant, quand on est « attrapé » au Maroc, on est si seul : plus personne pour vous reconnaître, vous aider, se battre avec vous. Bien au contraire : c’est alors pour beaucoup de monde l’occasion rêvée pour exister en vous enfonçant. Pas de pitié. Pas de générosité. Une mauvaise foi schizophrénique en veux-tu, en voilà.

Les libertés individuelles n’existent pas au Maroc. Il n’y a pas de lois pour protéger les citoyens qui, eux, veulent se libérer des contraintes, des condamnations sociales et assumer leurs choix de vie. Vivre librement ne signifie pas vivre d’une manière sauvage. Cela veut juste dire s’engager dans la société, en étant sincèrement qui on est, cesser de perdre son énergie à vouloir toujours satisfaire des exigences et des traditions depuis longtemps obsolètes.

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Quand est-ce qu’on va enfin comprendre dans ce pays qu’un Marocain libéré et épanoui travaillera mieux, pour lui et pour son groupe, pour la société, pour le monde ? Je ne suis sans doute ni le premier ni le dernier à poser cette question plus que légitime et qui attend toujours une réponse sérieuse, adulte, et non pas un rappel à l’ordre systématique.

Je suis écrivain. Je suis marocain. Je suis homosexuel. Et, sincèrement, j’en ai plus que marre de constater que même ceux qui d’habitude défendent la liberté avec vigueur ne sont jamais là pour soutenir les homosexuels marocains dans leur combat. Ils se dérobent, ils se cachent, après tout ce n’est pas leur problème… Ils ont peur d’être « salis », de perdre leur soit-disant crédibilité dans le milieu où ils évoluent. Il faut d’abord régler tant de questions ici avant d’aborder celle des homosexuels ! Ce n’est pas encore le moment ! Soyez patients ! Etc. Un discours hypocrite tout prêt et resservi à chaque fois avec beaucoup d’aplomb.

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Il n’y a pas si longtemps j’étais encore un adolescent homosexuel dans la ville de Salé livré quotidiennement aux mâles sexuellement frustrés du quartier, insulté, violé, battu, obligé de baisser continuellement la tête dans l’espoir qu’on me laisse tranquille. En vain. Tout le monde savait l’enfer qu’on m’obligeait à vivre. La violence inouïe. Personne ne m’a défendu. Personne. J’ai payé dans mon petit corps le prix des contradictions vertigineuses de ce pays. Ce qui m’est arrivé petit arrive aujourd’hui encore à beaucoup de jeunes Marocains homosexuels. Était-ce de ma faute ? Est-ce de leur faute ? Et que fait l’État pour protéger ces enfants, ces adolescents ?

L’homosexuel(le) n’est pas un monstre. Ce n’est pas une honte ni un malade. C’est un être humain. C’est ton enfant, ton frère, ta sœur, ton père, ta tante, ton voisin, ton ami(e), ton professeur, ta nièce, ton député, le mécanicien de ton bloc… Quelqu’un avec qui nous vivons tous et que nous tuons chaque jour un peu plus. Jusqu’à quand ces horreurs et cette inhumanité ? Qui va sauver enfin les homosexuels marocains ?

*Cette chronique a été écrite quelques jours avant la manifestation des Femen à Rabat et le concert de Placebo. 

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A Marseille, le difficile parcours des travestis algériens https://depavage.noblogs.org/post/2015/06/11/marseille-travestis-algeriens/ Thu, 11 Jun 2015 18:01:32 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1472 Continuer la lecture →]]>

travaljezair« Arrivés dans la cité phocéenne dans les années 1980, de nombreux travestis d’origine algérienne sont aujourd’hui victimes d’agressions physiques et verbales. Une association s’inquiète du rétablissement du délit de racolage passif, voté par le Sénat fin mars. » (Article de Stéphanie Plasse, ma$$média Le Monde Afrique du 29 mai 2015)

« Comme au bled, des personnes nous agressent parce que nous sommes homosexuels et différents, lance Rayane (*). On nous jette des cannettes, on nous insulte, on nous roue de coups. » Rayane a quitté Annaba, une ville de l’est de l’Algérie, pour rejoindre Marseille au milieu des années 1980. C’était à une époque où les Algériens pouvaient facilement obtenir un visa touristique d’une durée de trois mois pour la France. « C’est à cette période, comme l’observe le sociologue Laurent Gaissad, auteur d’une étude sur la prostitution algérienne à Marseille, que la plupart ont décidé de tenter leur chance en se prostituant de l’autre côté de la Méditerranée. »

Issus des milieux populaires, ils venaient de la métropole portuaire d’Annaba et de son arrière-pays, mais aussi d’autres grandes villes côtières comme Oran, Mostaganem ou Skida. Mais, à la différence de Rayane, les Algériens allaient à Marseille pour se constituer un pécule et repartaient ensuite au pays. « Pour beaucoup, la prostitution n’était qu’une étape pour un commerce en Algérie, acheter une voiture ou un appartement », explique Laurent Gaissad.

« L’étape du mariage »

La situation est devenue plus difficile avec le début de la guerre civile en Algérie en 1991, et l’instauration de la loi Pasqua en 1993 pour renforcer les mesures contre l’immigration clandestine. Les déplacements sont rendus compliqués, voire quasi impossibles pour les Algériens ayant fait l’objet d’une mesure d’expulsion en France. « L’étape du mariage est soudain devenue un enjeu collectif pour ces personnes qui souhaitaient rester et qui craignaient de retourner dans leur pays où les homosexuels étaient menacés », souligne Laurent Gaissad.

Depuis 1995, l’association Autres Regards organise des tournées dans les quartiers de la cité phocéenne dans un objectif de prévention, de réduction des risques sexuels et de lutte contre toutes les formes de violences à l’égard des prostitués. Parmi eux, les travestis, qui sont victimes au quotidien d’agressions physiques et verbales. Dans les locaux de l’association, on s’inquiète du rétablissement du délit de racolage passif, voté par le Sénat fin mars, et de la suppression de la pénalisation des clients. « Avec le rétablissement de ce délit, on fragilise et on vulnérabilise ces personnes au lieu de les protéger », s’insurge Jean-Régis Ploton, directeur d’Autres Regards.

Djamel (*) fait partie de ces prostitués algériens qui ont choisi de se marier pour assurer leur sécurité. Dans les années 1990, il a épousé une Française d’origine algérienne pour avoir la nationalité. « Elle était lesbienne et j’étais homosexuel. Ce mariage m’a permis d’avoir des papiers et de préserver l’honneur de nos deux familles. »

A 49 ans, Djamel continue de se prostituer aux abords de l’avenue du Prado à Marseille. « Quand je suis arrivé en 1985 à Paris, j’ai fait la connaissance de prostitués algérois qui s’habillaient en femme. Comme j’avais besoin d’argent, j’ai commencé cette activité. Au bout d’une semaine, je suis redescendue à Marseille et j’ai continué à vendre mes charmes du côté de la gare Saint-Charles », se souvient-il.

« Les clients nous préfèrent en femme »

A cette époque, les prostitués algériens arpentaient les rues de ce quartier de drague masculine, dont la proximité avec la gare et l’autoroute A7 en direction d’Aix-en-Provence et d’Avignon en faisait un lieu très fréquenté.

Aujourd’hui, les prostitués maghrébins ont pris possession d’autres quartiers : rue de la Bibliothèque, rue Adolphe-Thiers, rue de la Rotonde, avenue du Prado… Si ces hommes ont choisi de s’habiller en femme, c’est avant tout par nécessité économique et pour conserver un certain anonymat. « La prostitution en “homme” ne marche pas. Les clients nous préfèrent en “femme”. C’est également mieux pour moi. Dans la journée, je suis en garçon, je passe inaperçu et je peux mener ma vie librement », raconte Djamel. Aujourd’hui, les nouveaux arrivants se font rares. Seuls restent à Marseille les prostitués algériens venus dans les années 1980 qui, malgré les années, et les distances parcourues, vivent encore avec le poids du secret.

(*) Les prénoms ont été modifiés

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Algérie : « Homosexualité, ou la mort sociale » https://depavage.noblogs.org/post/2015/06/11/algerie-homosexualite-ou-la-mort-sociale/ Thu, 11 Jun 2015 16:55:58 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1355 Continuer la lecture →]]>

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Un article sur l’homosexualité en Algérie publié par Le Monde diplomatique en août 2014, un second de juin 2010 du blog A corps à coeur.

Sexe, jeunes et politique en Algérie

Homosexualité, ou la « mort sociale »

par Pierre Daum, août 2014

A première vue, comme le dit Latifa, une lesbienne rencontrée à Oran, « la vie des homosexuels est beaucoup plus simple et joyeuse en Algérie. » En effet, dans cette société où chacun vit cloisonné entre personnes du même sexe depuis le plus jeune âge, les possibilités de rencontres et de plaisirs homosexuels sont beaucoup plus nombreux. A 15 ans ou 25 ans, un garçon peut faire venir son amoureux à la maison, s’enfermer avec lui dans sa chambre, et même lui proposer de passer la nuit, sans que ses parents n’y voient malice. Pareil pour les filles. A 30 ans, 40 ans, deux hommes ou deux femmes peuvent partir en week-end, louer une chambre double à l’hôtel, personne ne dira rien.

Zoheir Djazeiri est un activiste important parmi les homosexuels algériens. Militant à l’association Abu Nawas (1), son action est strictement clandestine, et Zoheir Djazeiri (Zoheir L’Algérien) est un pseudonyme. « Tout cela est vrai, admet-il, mais attention, le pendant négatif est très lourd ! Nous vivons dans une société machiste. Etre homosexuel, pour un mec, c’est se dégrader au niveau inférieur de la femme. » Sans parler de la loi, qui réprime très durement ces pratiques à la fois « contre nature » et interdites par la religion d’Etat, l’islam (article 2 de la Constitution) (2). « Se faire arrêter pour homosexualité signifie la mort sociale, poursuit Zoheir. Tu es obligé de tout quitter : ta ville, ta famille, ton travail, tout ! » Détail important : En Algérie, aucun avocat n’est prêt à défendre publiquement les homosexuels. « Sa carrière serait ruinée. »

Malgré cela, non seulement il est possible d’avoir une vie homosexuelle, avec ses lieux de rendez-vous, ses bars et ses cabarets à Alger, Oran et Bejaia, mais beaucoup d’hétérosexuels algériens ont des pratiques homosexuelles : à l’école, lors du service militaire, à la cité U, etc. « La femme étant un produit rare, on se rabat sur les hommes. », rigole Mourad, 25 ans, rencontré à Alger, qui ne sait pas « si [il] préfère les hommes ou les femmes ». Un universitaire français travaillant sur l’homosexualité masculine à Alger raconte : « Les copains homos que j’ai rencontrés il y a huit ans sont tous en train de se marier. Avec le mariage, ils cessent plus ou moins leur vie homosexuelle. »

Tout engagement social ou politique représente un immense danger. L’association Abu Nawas, qui revendique via le Net 1.500 adhérents, est considérée par l’Etat comme une organisation faisant l’apologie d’un crime. « Nous sommes un noyau d’une vingtaine de militants, tous passibles de 10 ans de prison », explique Zoheir L’Algérien. Lors des mouvements contre un 4e mandat du président Abdelaziz Bouteflika (finalement réélu sur un fauteuil roulant le 17 avril 2014), Zoheir a dû s’enfuir pendant deux mois à l’étranger. Une chaine de télévision avait diffusé un reportage intitulé « Le complot », montrant sa photo entourée d’un cercle. A-t-il eu peur de se faire agresser, voire tuer ? « Non, ce n’est pas ça. Mais comme ma mère et les gens du quartier regardent ces chaines, j’avais trop peur qu’elle apprenne la vérité. »

Pierre Daum, Journaliste.

(1) Voir le site d’Abu Nawas. Il existe une deuxième association homosexuelle en Algérie, Alouen.

(2) L’article 333 du code pénal sanctionne l’« outrage public à la pudeur ». Et l’article 338 mentionne spécifiquement l’homosexualité : « Tout coupable d’un acte d’homosexualité est puni d’un emprisonnement de deux mois à deux ans et d’une amende de 500 à 2.000 DA. » Il est régulièrement appliqué, sans qu’aucun chiffre ne soit disponible.

Être gay en Algérie aujourd’hui

Vivant leur sexualité dans la clandestinité, les gays d’Algérie, occupent de plus en plus l’espace public et font face à une mentalité réactionnaire. Dans ce pays, où le code pénal condamne durement l’homosexualité, les gays sont confrontés à de sévères difficultés. A côté de cette bataille sexuelle, se joue aussi un combat social, déterminant pour leur avenir.

Alger : Avec ses faubourgs, ses minarets, et ses rues où déambulent les passants, un air de paix réside sur cette ville baignée par la mer et le soleil. Il est dix heures du matin. Salim, 25 ans, coiffeur aux allures de mannequin, quitte à pied son domicile afin d’aller au travail. Résidant le quartier populaire de Badjarah, à l’est d’Alger, il fait partie des gays qui vivent cachés.

Bien qu’il ait le sourire auprès de sa clientèle, il ne cache pas son désespoir.  » Je me demande pourquoi je ne suis pas comme les autres, assène le coiffeur. La vie est difficile ; pour échapper au jugement des autres, la seule solution reste la discrétion « Pour faire face à ses soucis du quotidien, Salim s’adonne à un seul plaisir, la musculation.  » Quand je vais à la salle de sport, je me sens radieux. Parfois, on peut faire de formidables rencontres. A la salle, les hommes créent parfois des affinités, alors que sur internet, on ne peut pas savoir qui se cache derrière  » raconte le jeune homme.

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Internet n’arrange pas les choses : Contrairement à certains pays arabo-musulmans, en Algérie, les sites gays ne sont guère bloqués par l‘administration. Nombreux sont les internautes qui surfent sur le web pour rencontrer leur prince charmant. Farouk, 30 ans, conseiller en communication, connaît bien le système.  » Sur le web, il s’agit de faire de la prise de rendez-vous. Pour ne pas se faire avoir, le mieux, c’est d’avoir une webcam, et de donner rendez-vous à la personne sur un lieu neutre « . Le système web n’est que la première étape. Un seul souci, la galère. Beaucoup de gays vivent soit en famille soit en couple avec leur femme. De ce fait, rares sont les gays qui peuvent se permettre de recevoir. Seule alternative : l’hôtel.  » Si on se présente à deux dans certains hôtels, le réceptionniste peut trouver que la situation est louche et nous empêcher de louer une chambre, et là, c’est cause perdue pour les gays « , déclare le conseiller.

Jeu de chat et de souris : Quand on ne trouve pas d’endroits, l’ultime solution est la fréquentation des lieux de dragues. Et là, la situation se complique, au point de voir les homos se faire embarquer par la police. Situés au centre, les principaux lieux de dragues sont l’escalier de la Pêcherie, du nom de Sahat Souhada, ainsi que la Kasbah. Dès la tombée de la nuit, les gays sont nombreux à s’y croiser. Mis à part le fait de jouer au chat et à la souris avec la police, les homos craignent d’être la cible d’agressions homophobes. Le conte de fée pourrait donc avoir des allures de cauchemar. Car c’est aussi dans ce même quartier que résident de nombreux islamistes modérés.  » Venir draguer, c’est bien. Mais même si on ressent l’air frais, dans le fond, c’est une prison, affirme Mahmoud, jeune homme de 26 ans. On a du mal à se libérer, mais les lieux de dragues sont les seuls endroits accessibles  » . Comme beaucoup de jeunes homos, Mahmoud est confronté à des difficultés sociales. Disposant d’un maigre budget, il ne peut que satisfaire ses besoins primaires.  » Si j’avais les moyens de quitter le pays, je l’aurais fait depuis un certain moment, déclare le jeune homme. La société nous rejette et la religion nous condamne. Dans tout ça, personne ne nous écoute « . Pour faire face à cette situation d’extrême précarité, l’instruction reste le seul remède.  » La seule solution, c’est la réussite professionnelle. Plus je me sens démuni, plus je me donne les moyens de me battre « .

La boïte de nuit : un luxe ! Hydra, quartier riche situé sur les hauteurs de la Capitale. C’est dans ce quartier huppé que se situe le principal endroit gay officieux ( sic : officiellement, l‘Algérie ne compte aucun endroit gay ), le bar, le Cappucino. A la terrasse, les familles dévorent des chawarma ( équivalent du kebab, NDRL ), tandis qu’à l‘étage, les gays et lesbiennes de la capitale se rassemblent.

Pour la plupart, ils ont connu Paris et le Marais. L’ambiance est plutôt bon enfant. Détendus comme ils ont l’air, les jeunes passent leur soirées à rigoler et à se connaître.  » Ici, on peut passer de meilleurs moments qu’à Paris. Bien qu’il n’ y ait pas de liberté pour les gays, tout se passe bien au Cappuccino  » résume Lotfi, étudiant en Commerce. Mais ne serait-ce pas juste une façade ? Etant une trentaine à squatter le bar, ils ne sont pas à même de représenter une part importante de la communauté LGBT établie en Algérie. Après la fermeture du bar, à 3 heures du matin, la soirée continue. Descendant la côte à bord de leurs voitures sentant le neuf, les gays les plus aisés passent leur temps à fréquenter les boîtes de nuit les plus denses. Le Pacha, night club côtoyant le prestigieux hôtel, El Djazair ( ancien Saint-Georges ), devient le deuxième quartier général des aficionados du Cappuccino.  » C’est là où y a les hommes les plus sexy de la capitale. En plus, les gens sont ouverts et accueillants, affirme Lotfi, on s’éclate comme au Queen à Paris « . Or, se payer un droit d’accès en boîte, reste bien sûr un luxe pour beaucoup de jeunes à travers le pays.

La santé en question : La situation des LGBT en Algérie est préoccupante. A côté des soucis relatifs à l’identité sexuelle, la communauté homosexuelle doit faire face à la recrudescence des cas de VIH et d‘IST ( Infections sexuellement transmissibles ). A ce jour, deux mille personnes séropositives sont recensées en Algérie. Stigmatisant les sidéens, la population intensifie de façon cruelle la culture du rejet et du mépris. Parmi les plus touchés, on retrouve comme partout : les homosexuels.  » La prévention à l’égard des gays commence à décoller en Algérie, déclare un activiste d’une association locale. Avec l’association Aides Maghreb, on met en place un projet visant à favoriser la prévention auprès de cette catégorie « . N’étant pas clairement informés des risques du VIH, les homosexuels sont en quelque sorte les  » martyrs  » de la maladie. Pour faire face à ce fléau, Yahia et son équipe en appelle à la solidarité internationale.

Ni l’Etat, ni les politiques, et encore moins la population algérienne ne porte une sensibilité à l’égard de la communauté gay. Les homosexuels n’ont qu’une seule envie : partir loin, de manière à échapper à une société qui leur fait tant de mal. La patience reste pour eux le seul moyen de faire face à cette crise sexuelle. Auront-ils assez de courage pour affronter leur différence ? Comme partout dans le monde musulman, les LGBT, n’attendent qu’une seule chose : le changement. La devise du président américain, Barack Obama :  » yes, we can  » , fera-t-elle recette, dans ce pays où le peuple a tant souffert ?

Une pensée : La communauté LGBT d’Algérie commémore tous les 10 octobre une journée internationale pour les droits LGBT en Algérie. Les Algériens et Algériennes du Maghreb, les beurs de France et de Belgique se retrouvent par la pensée en mettant à brûler une bougie chez eux, à la maison, dans leurs chambre, discrètement pour ne pas se faire pincer par les parents, voisins ou autres anti LGBT ou homophobes. Les plus hardis d’entre eux en mettent une à brûler sur le balcon, ou au salon.

Un site à découvrir : G.L.A ( Gays et Lesbiennes d’Algérie ) est un forum fondé par un groupe d’amis, dont l’objectif est de rassembler la communauté, promouvoir les activités des associations à orientation LGBT, échanger sur les sujets qui les intéressent, quel que soit le sexe, la race, la religion, et surtout, l’orientation sexuelle des membres.

Gays et Lesbiennes d’Algérie, Le forum des LGBT algériens : http://gay-lesbienne-dz.positifforum.com/

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[actu] Tunisie « Mawjoudin » https://depavage.noblogs.org/post/2015/04/08/actu-tunisie-mawjoudin/ Wed, 08 Apr 2015 17:29:51 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1388 Continuer la lecture →]]> Manifestation-homosexuels-au-BardoQuelques articles de  la presse mainstream et témoignages sur la lutte des LGBTQI contre l’homophobie la répression de l’homosexualité en Tunisie.

Des homosexuels manifestent à Tunis contre la discrimination

Un petit groupe de militants LGBT du groupe Mawjoudin («Nous existons») a manifesté à l’occasion du défilé qui marquait le Forum social mondial, qui se tient dans la capitale tunisienne.

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«Il est possible de changer les choses, de faire évoluer les mentalités et de casser les préjugés, mais pour réussir, nous devons bouger et être unis. En Tunisie, nous sommes traités comme des pestiférés et beaucoup d’entre nous ont été victimes d’agressions gratuites», a expliqué un jeune gay tunisien au site Kapitalis.net.

Vives réactions
L’événement symbolique a suscité des réactions contrastées sur le web: si beaucoup ont applaudi le courage des militants qui défilaient pour la première fois au grand jour, d’autres se sont montrés indignés ou inquiets devant une «provocation», une semaine après l’attentat du Musée du Bardo, revendiqué par Etat islamique (Daech). «Est-ce le moment? Cela va exciter encore plus les da[e]chiens. La Tunisie n’a pas besoin de cela par les temps qui courent», estime une internaute.

publié le 28 ars 2015 sur le mass média gay suisse 360ch.

TUNIS

Deux militantes pour les droits LGBT attaquées en une semaine

La survenue de deux actes de violences à l’encontre de femmes militantes pour les droits des LGBT en moins d’une semaine a poussé l’association tunisienne Chouf minorities à alerter la communauté internationale. Dans un communiqué, elle révèle qu’une membre du bureau de l’association a été violée. Une autre femme a quant à elle subi des coups en raison de son orientation sexuelle supposée.

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HOMOSEXUALITÉ PÉNALISÉE
Toutes deux ont porté plainte, mais impossible pour elles de mentionner auprès des autorités le fait qu’elles sont proches de la communauté LGBT. En vertu de l’article 230 du Code pénal, l’homosexualité est passible de trois ans d’emprisonnement en Tunisie, et elles auraient perdu le statut de victimes pour endosser celui de coupables.

La première a évoqué son viol sur le Huffington Post Maghreb. Armé d’un couteau, un homme l’a forcée à avoir une relation sexuelle avec lui. Lorsqu’elle est revenue sur les lieux avec la police, elle constate qu’il n’y a «pas de délimitation de la scène de crime et pas de police scientifique présente, on ne cherche pas de preuves sur le site». À l’hôpital, elle a été renvoyée pendant de nombreuses heures de service en service sans être prise en charge tandis que le personnel soignant abordait son cas sans la moindre empathie. La deuxième femme agressée a publié son récit sur le site de Chouf minorities: «Ce n’est pas la première fois que je me fais agresser ni insulter pour être simplement différente, pour ne pas ressembler à ce que je devrais, pour ne pas être cette “fille” qu’ils voient ou plutôt qu’ils aimeraient voir dans les rues», confie-t-elle.

(…) tant que l’homosexualité sera pénalisée, il sera impossible de cibler de façon directe les crimes LGBT-phobes. En attendant, Chouf minorities a adopté une stratégie féministe et veut apprendre aux femmes des techniques pour se protéger. L’association veut également élaborer des plaidoyers qui pourraient permettre, à terme, un plus grand respect des libertés individuelles et, pourquoi pas dans quelques années, l’abrogation de l’article 230.

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Ici, on vous bat, on vous tabasse pour être homosexuel.

Homosexuel ? Ici, on vous bat, on vous tabasse pour être homosexuel. Mère ! Pourquoi m’as-tu mise au monde ? C’est parce que je n’ai pas confirmé avoir été battue la première fois , je ressemble a un garçon ont ils dit ; en le déclarant à la police, « Rentre chez toi », m’ont-ils dit, « pourquoi sors-tu de chez toi en ressemblant à « ça » ? ». Ca a été leur seule et unique réponse.

Ce n’est pas la première fois que je me fais agresser ni insulter pour être simplement différente, pour ne pas ressembler à ce que je devrais, pour ne pas être cette « fille » qu’ils voient ou plutôt qu’ils aimeraient voir dans les rues – je n’appartiens pas à ces rues. Je ne mérite pas ces rues – je suis douloureusement consciente que personne ne pourra rien y faire, personne ne pourra arranger cela, personne ne me rendra mes droits, ni pour cette fois, ni pour toutes celles d’avant. Cette injustice est sans fin, tout comme ma peur. Je suis vidée, épuisée. Je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie. Je n’ai jamais été aussi bouleversée. Ces personnes me connaissent très bien, ils me l’ont bien fait savoir. Mon nom complet, où je vis, où je travaille, où je passe mon temps libre, ils savent tout de moi. J’ai été tellement frappée que j’ai senti mon visage se mouvoir, mais ils ont continué à m’écraser la tête, à me marcher sur la tête, et m’ont presque cassé le dos. Ils ont finalement conclu par une affirmation qui rôde dans mon esprit depuis :  « Nous n’allons pas t’épargner, nous reviendrons. » Où est ma place dans tout ça ? Où en suis-je ? Qu’est-ce que je dois faire maintenant dans cette jungle qu’on appelle Tunisie ? Cette Tunisie est censée être ma maison?

Une fois de plus, je me retrouve traînant mon âme et mon corps blessés jusqu’à la police pour entendre ces paroles inutiles et insignifiantes :       « Ils ont fait cela uniquement pour te faire peur. Ils ne s’en prendront pas à toi. Ce n’est rien. Rentre chez toi. Nous t’appellerons quand nous aurons du nouveau. » Cela fait sept jours, uniquement sept jours, mais j’ai l’impression que cela fait sept années. Je me sens suivie constamment, de façon permanente. Chaque ombre, chaque personne que je rencontre dans la rue me fait sursauter de peur. Je me dis au fond de moi que ce doit être l’un d’eux qui est venu pour me tuer, pour me poignarder, pour me faire souffrir. Je sens une menace constante, incessante, partout et de la part de tout le monde. Je ne suis en sécurité nulle part, pas même dans mon lit. Mon cerveau a cessé de fonctionner, pas une idée le traverse, rien, le NÉANT ! Je n’ai pas vraiment vu le visage de mes agresseurs, mais chaque mot résonne encore et encore dans ma tête. Je me rappelle de chaque phrase, de chaque insulte, et je m’en rappellerai jusqu’à mon dernier souffle. Mais je ne laisserai pas cela me changer, me transformer en quelqu’un que je ne suis pas. Cela ne changera pas la personne que je suis et la personne que je VEUX être. Ni maintenant, ni jamais. Peu importe la raison. Je suis là, j’existe ! Quiconque s’oppose à ce que je suis peut venir m’agresser, me battre à nouveau!

Après tout, cette jungle dans laquelle nous vivons le permet. « Il » a été plus fort cette fois-ci. Il m’a battu. Il aurait facilement pu me tuer et personne n’aurait bougé le petit doigt, parce qu’après tout, dans cette jungle, je ne suis qu’une vie insignifiante, qu’une vie en trop.

publié sur Chouf minorities le 22 mars 2015

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Les LGBTQI en Tunisie : entre la politisation de l’intime et la répression sociale

Un an après une nouvelle constitution qualifiée de progressiste, des voix s’élèvent pour réformer certaines lois jugées anticonstitutionnelles ou encore liberticides, à l’exemple de la loi 230 du code pénal qui condamne « la sodomie consentante entre adultes ». Si la relation amoureuse entre deux personnes du même sexe n’est pas condamnée explicitement par la loi, la Tunisie reste un pays homophobe où les personnes LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et trans) sont forcées à cacher leurs tendances sexuelles, à quitter le pays, ou à encaisser les conséquences judiciaires et les agressions physiques et morales impunies.

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Dans un café culturel au centre-ville de Tunis, il s’arrange bien pour choisir une table isolée où personne ne peut deviner ce qu’il fait derrière son écran. Autour, des jeunes en groupe, remplissent le café de papotages et de fumée. Sensible à l’odeur du tabac, «Aziz» reste quand même fidèle à ce coin, connu pour sa tolérance envers ses semblables. Ses cheveux noirs tombent avec fluidité sur son front pour cacher ses sourcils danses et foncés. Ses grands yeux noirs, son nez ajusté et ses joues mates et lisses, ne laissent aucun doute sur son jeune âge. «Aziz» vient de fêter ses 21 ans avec son nouvel amant au Sud.

Il relâche sa silhouette fine sur la chaise et dévie avec élégance les coins de la table par ses jambes longues. Il commence à parler de ses dernières vacances avec beaucoup d’humour. Puis, il vire au sérieux :

Nous sommes tout le temps obligés de nous cacher ou de faire semblant. Au fil du temps, la prudence finit par devenir de la paranoïa. Nous avons peur de l’espionnage sur Internet et de l’écoute téléphonique. La loi 230 du code pénal nous pèse de plus en plus. Quelques-uns prétendent avoir une copine, d’autres se marient carrément pour faire taire les rumeurs et se faire accepter par la société. Mais la majorité garde ce meilleur ami-amant que tout le monde matte avec méfiance. Personnellement, je refuse de jouer cette comédie. Avec le temps, j’ai appris à voler quelques moments de bonheur et d’intimité en sécurité et sans faire du bruit. Ma famille et mes amis proches sont au courant et ça ne me gêne pas tant que ça …explique Aziz.

Photographe à ses temps libres, Aziz est encore étudiant. Il se renferme de plus en plus dans un milieu d’artistes qui a l’avantage de rarement intimider les homosexuels. Concernant la loi 230, il pense que c’est le moment de la révoquer. « Mais la priorité reste sans doute, le changement des mentalités. Même si la loi change, le chemin reste long vers une égalité véritable. La discrimination actuelle me fait, petit à petit, perdre le sentiment d’appartenance à ce pays», ajoute Aziz avec amertume.

Militant de Droit de l’Homme depuis des années, «A» n’était pas seulement engagé dans le combat pour la cause des LGBT mais aussi dans plusieurs autres combats d’égalités et de libertés. Même s’il garde l’anonymat, plusieurs le reconnaissent en tant qu’initiateur de mouvement contre la politique de discrimination des homosexuels en Tunisie. Bientôt, son association de lutte contre l’homophobie sera mise en place pour créer « une sorte de refuge pour toutes les personnes LGBT ».

Je peux vous confirmer que je n’ai pas fait face à des incidents homophobes dans ma vie. Je ne me vois pas en tant que victime et je ne me considère pas comme minorité. Déjà, ce terme péjoratif n’est pas justifié car on ne peut jamais savoir si la communauté gay est minoritaire ou pas. À ce que je sache, jusqu’à maintenant, nous n’avons pas inventé de machine qui détecte l’orientation sexuelle de chacun. On ne pourra jamais savoir ce qui se passe entre les murs, ironise «A».

«A» considère que la constitution doit protéger la vie intime de ses citoyens. Selon lui, l’article 230 du code pénal est anticonstitutionnel. « Je demande aux députés à qui j’ai donné ma voix de supprimer l’article 230 du code pénal. 3 ans de prison ferme c’est trop et c’est stupide. À quoi bon s’occuper de la sexualité d’autrui ? À quoi bon chercher ce qui se passe dans le lit de X ou de Y? C’est de la violation de la vie intime. Si nous laissons cette porte ouverte, plusieurs autres droits vont être bafoués au nom du conformisme et de la religion » s’indigne «A».

Parmi les droits-de-l’hommistes, rares sont ceux qui affichent leur soutien à la cause des LGBT. Même certaines associations comme l’ATL (l’association qui lutte contre la transmission de maladies sexuellement transmissibles) s’arrêtent au niveau social et médical. La société civile ne met pas le doigt sur ce qui dérange le plus: le tabou de la sexualité dans la loi tunisienne.

Plusieurs nous disent que ce n’est pas le moment. C’est un faux argument, car si selon vous, l’État est occupé par la lutte antiterroriste, comment trouve-t-on le temps d’arrêter un tunisien et un suédois et de les condamner à 3 ans et 2 ans de prison ferme? Je fais là un appel aux pseudo-activistes, qui croient que les droits LGBT ne sont pas nécessaires: Arrêtez de lutter pour les droits humains! Si vous y croyez réellement, vous n’allez jamais les diviser ou les trier selon vos désirs, ajoute «A» en colère.

Il était bref au téléphone et voulait s’assurer que nous n’allions ni filmer ni mentionner son nom. « Je suis un homme marié. J’ai deux enfants et une famille … mais … je peux témoigner. Je le fais pour vous » nous dit «S» pour s’assurer de notre discrétion. Dans la réception d’un hôtel au centre-ville, il nous accueille avec un sourire gêné. Enveloppé dans un long manteau noir, «S» garde une légère barbe de lassitude. Ses yeux clairs et sa chevelure lisse, racontent une jeunesse révolue plutôt séduisante.

Jadis, je prenais ma sexualité à la légère. Je pensais que ma différence n’était qu’un cauchemar qui hantait mes nuits et nourrissait mes moments de solitude. J’étais et je suis encore l’homme correct qui incarne l’idéal tunisien. Après des études supérieures en architecture, je me suis marié avec une fille de bonne famille. J’avais hâte de me marier en pensant que cela allait corriger mes fantasmes. J’ai des enfants que j’adore. J’ai réussi ma vie professionnelle… Mais je ne suis pas heureux, avoue «S» avec regrets.

« Toute ma vie se résumait à vouloir cacher mes désirs. Je suis arrivé au point de refuser de faire la bise entre cousins ou amis (dit-il en rigolant). Jusqu’au jour où j’ai commencé à fréquenter des forums sur Internet. Même derrière mon pseudonyme, j’étais timide et très méfiant. Petit à petit, je me suis lâché tout en gardant mon identité cachée. Je n’ai jamais accepté de rencontrer des LGBT en groupe. Ces derniers organisent, régulièrement, des rencontres. J’optais plutôt pour les discussions privées à caractère érotique. J’ai eu quelques aventures, mais sans succès… Ma jeunesse passée, il y avait peu de propositions attirantes et vraiment sincères », raconte «S».

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Sans aucun espoir de changement, «S» n’espère rien pour lui mais plutôt pour les générations futures. Il estime que sa réussite sociale n’est qu’un mensonge. « Une maison de carton fragile, qui peut s’effondrer à tout moment », rajoute «S» pour décrire sa vie.

Je suis d’une famille normale de classe moyenne. J’entretenais une relation très solide avec mon père qui me comprenait beaucoup plus que ma mère. Malheureusement, il est décédé il y a quelques années. Avec ma mère, cela n’a jamais été vraiment facile. Nous sommes très différentes l’une de l’autre, commence à raconter «K».

Elle a 25 ans et vit chez sa mère. En relation amoureuse avec une jeune femme depuis des années, «K» ne s’affiche pas en tant que lesbienne. Elle craint, comme la plupart de ses semblables, la répression et l’exclusion de la société. Militante dans un parti de gauche progressiste, «K» affirme que l’existence d’une loi contre l’homosexualité installe chez elle, même implicitement, « une peur permanente de se trouver un jour, dénoncée par des ennemis ou des inconnus ».

Concernant ses expériences elle affirme : « après l’université, j’ai vécu plusieurs aventures mais je n’ai jamais été satisfaite. Et puis, tout d’un coup, j’ai décidé de m’ouvrir sur d’autres horizons. Quand j’ai côtoyé des lesbiennes, ce fut comme une révélation! J’ai compris que j’avais trouvé ma place et que c’est ce que je cherchais depuis tout ce temps! Au début, j’étais sur un nuage. Le monde des homosexuels me paraissait vaste, riche et sans fin. Puis, plus le temps passait plus je me rendais compte des problèmes. Tout d’un coup, mon monde est devenu progressivement petit par les restrictions et l’obligation de faire attention partout. C’est devenu invivable », se désole «K» avant de confirmer qu’elle ne quittera jamais la Tunisie et qu’elle continuera la lutte pour arracher ses droits.

La Tunisie s’accroche encore à la politisation de l’intime, qui stigmatise le mouvement de libération individuelle récemment commencé. Depuis le 14 Janvier, quelques médias ont parlé de l’homosexualité en gardant une approche moralisatrice pour éviter les critiques. Le seul homme politique qui a osé en parler, est Samir Dilou, à l’époque où il était ministre des Droits de l’Homme. Son seul commentaire consistait à aider les personnes LGBT à se faire soigner d’« une déviation psychologique ». En contrepartie, les efforts de la société civile demeurent invisibles et n’arrivent pas à briser le silence. Si selon «A», la volonté de mobilisation manque considérablement chez les grandes structures de la société civile, les victimes, quant à elles, évitent la confrontation et préfèrent rester dans l’ombre.

Trouvé sur Nawaat, presse tunisienne, 28 février 2015.

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[actu] Tunisie : répression et témoignages https://depavage.noblogs.org/post/2015/02/11/actu-tunisie-repression-et-temoignages/ Tue, 10 Feb 2015 23:44:20 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1257 Continuer la lecture →]]> shamsLa presse mainstream occidentale se soucie des lois réprimant l’homosexualité en Tunisie à l’occasion de la condamnation d’un Suédois à une peine de deux ans de prison. A lire aussi la réaction d’une association et des témoignages datant d’il y a quelques mois trouvés sur le blog de l’association Kelmty.

 

Présente dans le code pénal avant le renversement de Ben Ali, la loi réprimant la sodomie était alors relativement peu appliquée. Avec l’arrivée d’Ennahdha (islamistes modérés) au gouvernement jusqu’en 2014, il semble que la situation se soit tendue, comme en témoignait alors les lgbt qui ont pris la parole et les assos de préventions des MST qui relataient un retour à un certain ordre moral en terme de sexualité. Pour l’instant, le « nouveau » pouvoir (qui a des liens avec la dictature déchue), n’en décide pas autrement…

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Tunisie: Un Suédois condamné à deux ans de prison pour homosexualité

Un Suédois a été condamné à deux ans de prison pour homosexualité en Tunisie, a indiqué samedi la diplomatie suédoise, précisant que l’affaire avait été évoquée entre représentants des deux pays.

«Nous avons discuté du cas avec des représentants tunisiens et souligné la conception de la Suède selon laquelle l’égalité des droits quelle que soit l’orientation sexuelle est un principe démocratique fondamental», a déclaré une porte-parole du ministère des Affaires étrangères suédois. Contacté par l’AFP, le ministère tunisien des Affaires étrangères a confirmé la condamnation, sans autres précisions dans l’immédiat.

Les pratiques homosexuelles passibles de trois ans de prison ferme

«L’homme, âgé d’une cinquantaine d’années, a été condamné le 4 février à deux ans d’emprisonnement pour des actes homosexuels», selon la porte-parole. Selon le quotidien Aftonbladet, l’homme, domicilié en France depuis quelques années, aurait fait appel du jugement.

L’homosexualité est considérée comme un délit en Tunisie, précise la diplomatie suédoise sur son site consacré aux conseils aux voyageurs. Selon le Code pénal tunisien, les pratiques homosexuelles sont passibles de trois ans de prison ferme.

(Publié par le massmédia 20minutes avec l’AFP le 7 février 2015).

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Communiqué de l’association tunisienne Damj

Nous, activistes de « Damj pour l’égalité et la justice » dénonçons la condamnation du ressortissant suédois.

L’homosexualité en Tunisie est réprimée et toute personne susceptible d’avoir un « comportement homosexuel » est passible de trois ans de prison ferme et d’une amende comme le mentionne l’article 230 du code pénal tunisien.

Cet article du code pénal tunisien n’a plus sa place dans la Tunisie d’aujourd’hui.

Rappelons que l’article 21 de la constitution de la deuxième République précise que :

– Les citoyens et les citoyennes sont égaux en droits et devoirs. Ils sont égaux devant la loi sans discrimination aucune.

L’article 24 indique que :

-L’État protège la vie privée, l’inviolabilité du domicile, la confidentialité des correspondances, des communications et des données personnelles.

Dans ce sens, nous exhortons les autorités tunisiennes à abroger l’article 230 du code pénal. Cet article est une atteinte aux valeurs universelles des Droits Humains et nous rêvons d’une Tunisie meilleure où tous les citoyens soient traités sur le même pied d’égalité.

En Tunisie, les condamnations selon l’article 230 du code pénal reste très peu nombreuses. Face à l’absence de statistiques, nous nous référons aux cas, jugés notamment selon les articles 226 ou 226 bis, que nous traitons depuis la création de notre association en aôut 2011 pour la défense des droit des minorités et des groupes marginalisés en Tunisie.

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Etre gay en Tunisie « T’es pédé ou quoi ? »

Trouvé sur Kelmty.

Trois ans après le prin­temps arabe, être gay ou bi­sexuel reste un tabou et un acte ré­pré­hen­sible en Tu­ni­sie. Pour­tant la jeune gé­né­ra­tion homo compte bien se battre pour ses droits. En­core faut-il faire preuve de co­hé­sion. Et de cou­rage, aussi.

Jan­vier 2011 a été un mo­ment par­ti­cu­lier. Pen­dant les ma­ni­fes­ta­tions contre le dic­ta­teur Ben Ali, de jeune tu­ni­siens et tu­ni­siennes ont dé­gainé le dra­peau arc-en-ciel, sym­bole de la com­mu­nauté LGBT. Ce, pour la pre­mière fois, en pu­blic. Ràm’y a sau­ve­gardé une photo de l’évé­ne­ment sur son or­di­na­teur por­table. Dans un café de La Marsa, le quar­tier chic de Tunis, il la montre fiè­re­ment. Ça ne le dé­range pas que d’autres per­sonnes puissent la voir. Ici, dans ce lieu, il n’a pas à se ca­cher. Le café pour­rait se trou­ver aussi bien à Ber­lin ou Paris.  Hips­ter, jeune, la seule dif­fé­rence tient dans ce vent froid venu de la mer Mé­di­ter­ra­née qui souffle sur la ter­rasse.

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Ràm’y est assis là, il fume et ra­conte. Sa mère sait qu’il est ho­mo­sexuel. Pas son père. Lui, ça lui est égal. Il vit sa vie. Sur Fa­ce­book, il poste des pho­tos et des textes sur les ho­mo­sexuels, les bi­sexuels ou les les­biennes. Il ne mâche pas ses mots. Même si la plu­part des gens en sont dé­ran­gés et même s’il re­çoit ré­gu­liè­re­ment des com­men­taires tel que « T’es pédé ou quoi ? ». « Je veux que les gens s’y ha­bi­tuent. Avec le temps, l’ho­mo­sexua­lité va de­ve­nir quelque chose de nor­mal », com­mente-t-il. Ram’y s’ex­prime de ma­nière éton­nam­ment ré­flé­chie pour ses 20 ans. Il a beau­coup de plans pour son futur et sou­haite que, dans l’ave­nir, il soit plus fa­cile d’être homo en Tu­ni­sie. « J’ai­me­rais qu’il y ait plus de pos­si­bi­li­tés pour nous : une gay pride, un groupe d’en­traide, plus d’ac­cep­ta­tion. »

Il en va du de­ve­nir de jeunes gens dont l’iden­tité sexuelle est désap­prou­vée en Tu­ni­sie, par l’État et par la so­ciété. Le pa­ra­graphe 204, qui condamne un acte sexuel entre deux per­sonnes de même sexe jus­qu’à trois ans d’em­pri­son­ne­ment, n’est peut-être pas sou­vent mis en ap­pli­ca­tion, mais il rap­pelle que les ho­mo­sexuels et les les­biennes peuvent être pour­sui­vis à n’im­porte quel mo­ment à cause de leur iden­tité sexuelle. Pour la so­ciété tu­ni­sienne, les gays res­tent un tabou, tout comme les trans­sexuels.

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MARIÉ DEUX FOIS POUR PA­RAÎTRE HÉ­TÉ­RO­SEXUEL

Methi connaît bien ce rejet (le nom a été changé, nda). Au­jour­d’hui, il ha­bite à deux heures et demi de Tunis. Il avait be­soin d’avoir une cer­taine dis­tance avec sa fa­mille, « d’air pour res­pi­rer ». De­puis son stu­dio, il a vue sur la plage d’une ville tou­ris­tique de la côte est de la Tu­ni­sie. Des pein­tures à l’huile de fo­rêts vertes sont ac­cro­chées dans son ap­par­te­ment. Des fo­rêts al­le­mandes. Methi adore l’Al­le­magne. Il a vécu là-bas pen­dant sept ans et y a fait des études d’al­le­mand. Ça a été la pé­riode pen­dant la­quelle il s’est senti le plus libre de sa vie, ra­conte-t-il. Il a main­te­nant 35 ans. Il sait de­puis sa pu­berté qu’il est bi­sexuel, avec une pré­fé­rence pour les hommes. À l’époque, il n’était pas ques­tion de faire son co­ming-out. Au­jour­d’hui non plus. « Trop dan­ge­reux ». Sous la pres­sion fa­mi­liale, il a épousé par deux fois la même femme avec la­quelle il a eu un en­fant. Il est main­te­nant, pour la se­conde fois, di­vorcé. Et seul.

La ré­vo­lu­tion n’a pas changé grand-chose pour lui, tout comme pour beau­coup d’autres ho­mo­sexuels et bi­sexuels de plus de 30 ans. « La si­tua­tion n’est pas de­ve­nue si dif­fi­cile pour les ho­mo­sexuels sous Ben Ali car ils ne dé­ran­geaient pas son pou­voir », ex­plique Methi. Il craint même une dé­té­rio­ra­tion dans le cas où le mou­ve­ment sa­la­fiste, conser­va­teur, aug­men­te­rait en puis­sance.

Pour Methi, c’est clair : il va de nou­veau se ma­rier et vivre à la ma­nière d’un hé­téro. Par contre, il pense que les jeunes tu­ni­siens de­vraient bé­né­fi­cier du chan­ge­ment. « In­ter­net n’a pas seule­ment amené la ré­vo­lu­tion jus­qu’ici mais a aussi per­mis de ras­sem­bler de jeunes gens par­ta­geant les mêmes idées. C’est ça la vé­ri­table ré­vo­lu­tion », dit-il.

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LE PRE­MIER MA­GA­ZINE gay N’A PAS LA VIE FA­CILE

Le world wide web per­met aux ho­mo­sexuels de se re­trou­ver. La plate-forme de ren­contre pla­ne­tro­meo met des hommes en contact avec d’autres hommes – que ce soit pour le sexe, la re­cherche d’une re­la­tion ou pour se faire de nou­veaux amis. Sur Fa­ce­book, de nom­breux homos ont un deuxième pro­fil ano­nyme pour échan­ger avec d’autres et s’or­ga­ni­ser. De la même ma­nière, on y trouve des sites comme Kelmty, la pre­mière or­ga­ni­sa­tion LGBT de Tu­ni­sie à être ac­tive en ligne. Des ac­ti­vistes ont aussi créé le pre­mier ma­ga­zine homo de Tu­ni­sie sur In­ter­net : le Gay Day Ma­ga­zine. Après un ex­cellent dé­part, le site In­ter­net n’est ce­pen­dant plus que ra­re­ment ac­tua­lisé. De­puis que le mi­nistre tu­ni­sien pour les droits de l’homme a mis pu­bli­que­ment le ma­ga­zine au pi­lori, son fon­da­teur vit dans la peur. « Il dé­mé­nage presque tous les deux mois pour ne pas être trouvé », ex­plique Ali.

L’étu­diant de 25 ans s’in­ves­tit pour le ma­ga­zine, entre autres, comme ad­mi­nis­tra­teur web. Il est aussi actif à Am­nesty In­ter­na­tio­nal. C’est l’un de ces jeunes tu­ni­siens qui ap­par­tiennent à un ré­seau et se battent pour une dé­mo­cra­ti­sa­tion au sens large. Au lieu de pas­ser ses soi­rées de­vant la té­lé­vi­sion, il par­ti­cipe à des groupes de dis­cus­sion dans des centres cultu­rels al­ter­na­tifs. Ses amis et lui ne sont pas là par passe-temps. Ils veulent faire avan­cer les choses, dont les droits des ho­mo­sexuels. Mais ça de­mande du temps. Ali at­tend le bon mo­ment pour de­ve­nir actif. Ça le dif­fé­ren­cie d’autres gens qui, après la ré­vo­lu­tion, ont créé ra­pi­de­ment des ini­tia­tives : « tous ont com­mencé quelque chose sans sa­voir ce qu’ils vou­laient faire concrè­te­ment et quels étaient leurs buts ».

MÊME AU SEIN DE LA COM­MU­NAUTÉ LA SO­LI­DA­RITÉ MANQUE

Ali agit, lui, de ma­nière plus calme. Jus­qu’ici, il ana­lyse et ré­flé­chit à une stra­té­gie que le mou­ve­ment homo pour­rait adop­ter. Il dis­cute avec des ac­ti­vistes d’autres pays, cherche des conseils, es­saye de se mettre en contact avec d’autres homos. Et la der­nière tâche n’est vrai­ment pas fa­cile. Beau­coup ont peur que leur en­ga­ge­ment ne mène à un co­ming-out in­vo­lon­taire. Il n’existe pas de com­mu­nauté fixe d’ho­mos réunis au­tour des mêmes buts. Il y a bien des groupes in­for­mels de gays et de les­biennes dans les dif­fé­rents quar­tiers de Tunis, mais ceux-ci sont  par­tiel­le­ment en com­pé­ti­tion. « Si nous ne sommes pas so­li­daires entre nous, c’est dur de re­ce­voir de la so­li­da­rité de l’ex­té­rieur », dit Ali.

Pour lui, trois ans après la ré­vo­lu­tion, le mou­ve­ment homo se trouve tou­jours pra­ti­que­ment au point de dé­part. Mais le temps presse. Il y a en­core beau­coup de gays qui, comme Methi, sont for­cés au ma­riage et à une vie de fausse ap­pa­rence à cause du tabou de la so­ciété. Mau­vaise pers­pec­tive.

 Source: cafebabel.fr
 
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Vivre son homosexualité en Tunisie

La rédaction de Za-gay a accueilli un membre de kelmty qui a accepté de répondre aux questions des membres de Za-gay autour du thème de l’homosexualité en Tunisie.

Question basique et sûrement clichée mais : te considères-tu musulman pratiquant alors que ta religion condamne fortement l’homosexualité ? Et si oui, n’est-ce pas difficile d’allier religion et sexualité, d’être jugé et parfois même méprisé par des personnes qui se basent sur une interprétation d’un texte religieux ? – Question posée par Lermb, Drakon & Horus30 

Mahdy : C’est un peu dur de faire l’équilibre entre le culte et la sexualité et donner un avantage au culte ne ferait qu’aggraver la situation par un profond sentiment de culpabilité et de mensonge donc je préfère rester neutre et garder une petite partie de moi qui croit que Dieu pourrait me donner la force de comprendre et de me pardonner quelque chose que je n’ai pas choisi.

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• L’Albanie est un pays à majorité musulmane et dont le gouvernement s’est apprêté il y a environ huit mois à légaliser le mariage homosexuel. Il est possible que le mariage homosexuel soit légalisé en Albanie avant un bon nombre d’autres pays européens, comme la France par exemple. Qu’est-ce que ça t’inspire ? – Question posée par Mastermasque

Mahdy : Il ne faut pas oublier d’une part que l’Albanie grâce à sa situation géographique, se trouve à l’est d’une Europe qui l’influence en terme de libertés et d’autre part l’Albanie est un pays seulement  à majorité musulmane, alors que la Tunisie est véritablement un pays fondé sur la Charia, ce qui implique l’éthique et les règles de l’islam, pas en tout évidemment mais elle suit quelques règles aberrantes pour satisfaire les esprits islamistes les plus révoltés contre l’homosexualité.

• Historiquement les relations homosexuelles discrètes étaient plus faciles en orient qu’en occident. Mais alors qu’en occident les conditions des gays s’améliorent, j’ai le sentiment qu’en orient elles se dégradent (et plus généralement en Afrique). Penses-tu que j’ai tort ? – Question posée par Allomat69

Mahdy : Les facteurs historiques influent beaucoup, il faut prendre en compte qu’en occident suite à l’humanisme et à la révolution européenne, les occidentaux ont réussi à surmonter leur Église et leur religion dont les règles absurdes étiquetaient tout, pour bâtir des règles éliminant la majeure intrusion de l’Église qui contenait elle-même des pratiques homosexuelles même si c’était plus toléré en Orient et en Afrique.

 Certains pays continuent et ont toujours des rites anti homosexuels, souvent très extrémistes pour préserver leurs bonnes mœurs comme dans des pays centre africains avec la lapidation ou encore en Iran avec la pendaison publique. Les habitudes se perpétuent à travers les générations et s’incrustent pour faire naître l’homophobie ou bien la tolérance.

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• Ce que j’aimerais savoir, c’est comment est vue l’homosexualité féminine, par rapport à l’homosexualité masculine, est-ce qu’il y a vraiment une différence de perception dans la société tunisienne ou alors c’est vu de la même manière ? – Question posée parMastermasque.

Mahdy : Les stéréotypes de l’homosexualité féminine et masculine sont les mêmes pour toutes les personnes, chez les hommes c’est quelque chose de tabou le gay tunisien et une  » folle  » efféminée toujours en compagnie de filles et obsédé par le look ou l’apparence féminine, réticent à toute activité physique et autres choses considérées comme véritablement masculines.

On les insulte, on les exclue, on essaye de prouver qu’avec une présence masculine dans leur entourage leur homosexualité peut disparaître. Si le garçon n’est pas efféminé et s’avoue homosexuel il n’est pas forcément réprimandé ; s’il est passif c’est considéré comme de la curiosité, si il est actif cela est complètement normal, mais seuls les gays actifs sont totalement acceptés par la société, voire même cela est source de fierté.

Le sujet de l’homosexualité ne se limite alors qu’à qui pénètre qui et à si la personne est féminine ou masculine. Les gays actifs excluent même les gays passifs, même s’ils ont à peu près les mêmes orientations sexuelles.

Pour l’homosexualité féminine, elle est minimisée à un jeu entre amies qui sont extrêmement excitées mais ne voulant pas perdre leur virginité, la perte de la virginité étant considérée comme une honte pour la fille et sa famille. C’est alors considéré comme un jeu qui n’aura aucune fin et il sera dit que la fille en question finira par se rappeler de la présence masculine, se soumettra et finira par se marier.

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Dans des pays où on est toujours entre mecs, et ou on se tient par la main, ce n’est pas bien difficile d’avoir discrètement un copain non marié, même bi. Dans ces conditions, est-ce indispensable de faire son coming-out ? Au regard de la culture arabe, finalement, est-ce que ça choque tant que ça deux homosexuel(le)s qui vivent ensemble, ou alors c’est le fait qu’ils se disent homosexuels ou commencent à revendiquer des droits ?  Question posée par Allomat69 & Mastermasque

Mahdy : Dire « je suis homo et je l’assume et c’est comme ça » est extrêmement rare en Tunisie, se cacher est tellement devenu une habitude que l’assumer ne devient plus nécessaire, car l’habitude d’être caché est là, donc revendiquer un droit de quelque chose d’illégitime est insensé pour les homosexuels tunisiens.

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• Malgré le fait que le Codé Pénal tunisien sanctionne « la sodomie entre adultes consentants » de trois mois à trois ans de prison, les homosexuels ou homosexuelles prennent tout de même le risque de s’afficher ? Au Maroc par exemple, Abdellah Taïa qui est écrivain a pris le risque de s’affirmer homosexuel dans un de ses livres. Toi, par exemple où as-tu déjà affiché ton homosexualité et vis-à-vis de qui, comment ont-ils réagi ? Que crains-tu exactement si tes parents étaient amenés à l’apprendre ? – Question posée par Mastermasque & Horus30

Mahdy : Cette loi est juste un terrain d’entente entre tout le monde, cette loi existe mais presque jamais appliquée pour ne pas faire de polémiques et attiser la colère et pour ne pas donner une mauvaise image du Maghreb.

Pour moi, mon homosexualité et ma famille est une très longue histoire mais avouer qu’on est gay est très dur il faut une énorme confiance et surtout généralement le coming-out se fait par consentement mais pas par surprise.

• Sais-tu comment se passe les rencontres homosexuelles en Tunisie, est-ce qu’il y a des lieux de rencontre, est-ce que tout passe par internet, ou est-ce que les homosexuels prennent le risque d’aborder les gens dans la rue ? Toi, par exemple comment fais-tu, as-tu des connaissances, des amis homosexuels, enfin si tu as déjà rencontré d’autres homosexuels ? – Question posée par Horus30 & Mastermasque

Mahdy : La plupart des rencontres se passent au centre ville de Tunis, mais ces rencontres sont basées sur la connaissance par internet et certains prennent ce risque. Dans mon cas, je connais pas mal d’homos que je considère comme des amis alors pour m’engager dans une relation, c’est par internet que je peux faire de nouvelles connaissances. 

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Depuis quand sais-tu que tu es homosexuel ? Tu as mis du temps pour l’accepter ? Est-ce que tu as déjà parlé de ta sexualité à quelqu’un, ne serait-ce qu’un étranger qui vit à l’autre bout du monde, ou pas du tout ? – Question posée parMastermasque

Mahdy : Je pense que je suis homo depuis ma naissance. C’est à l’âge de 15 ans que j’ai compris ce que signifiait le mot « homosexuel », à l’âge de 17 ans j’ai eu des problèmes dans mon lycée à cause de ma sexualité et j’ai été obligé de le révéler à quelques amies mais heureusement « elles » ont été compréhensives.

• Les homosexuels ou homosexuelles, qui finissent par se marier et mener une double-vie, à ton avis, sont-ils nombreux ? Tu y songes ? Question posée par Mastermasque

Mahdy : Pour ma part, j’ai déjà entendu parler de quelques cas mais ça reste rare. En ce qui me concerne, je veux me marier avec une lesbienne. 

Est-ce que tu penses que depuis le départ de Ben Ali et la révolution qui se passe actuellement en Tunisie, cela pourrait changer des choses pour la situation des homosexuel(le)s Tunisiens, notamment en matière de libertés et de droit, des associations se sont-elles d’ailleurs déjà manifestées ? Ou au contraire n’as-tu pas peur que la situation puisse se dégrader si un parti islamiste venait au pouvoir ?
Car il semblerait que si on suit l’interprétation qui est faite des textes religieux, c’est la peine de mort qui préconisée pour les homosexuels. Bien que cette interprétation soit sans doute contestable, il semblerait que dans le Coran, il y ait aussi un passage sur les éphèbes qui sont promis au paradis qui est très ambigu, de même la peine capitale est préconisée pour beaucoup de choses. – Question posée par Ikiroh, Mastermasque, Drakon & Roquy69

Mahdy : Oui, depuis le départ de Ben Ali et la révolution qui se passe actuellement en Tunisie cela va je pense dégrader la situation des homosexuels car à mon avis le parti islamiste va avoir le pouvoir et ça risque de tourner mal.

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• Il a été dit lors d’une émission que la France était bien au courant de la « dictature » en Tunisie, qu’est-ce que tu penses de ça ? – Question posée par Drakon

Mahdy : La France était toujours là pour savoir tout ce qui se passait en Tunisie dans tous les domaines que ce soit politiques sociaux ou économiques,  en maintenant des relations qui favorisaient la dictature Ben Ali. 

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 • Il y a une chose qui m’a étonné, c’est ta présence sur Za-gay, il me semblait que les sites répertoriés gays étaient automatiquement censurés en Tunisie. Et donc, je me demande tout simplement si je me trompe ou si t’as usé de méthodes pour contourner cette censure ? – Question posée par Mastermasque

Mahdy : Za-gay, Tetu et d’autres sites n’ont pas été censuré en Tunisie  à mon avis car ils ne sont pas des sites pornographiques. Après la révolution, la censure a été enlevée et tous les sites sont désormais accessibles

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• Mehdi Ben Attia est aussi tunisien, il a réalisé un film sur l’homosexualité nommé « Le Fil » qui se passe en Tunisie, il me semble qu’il est interdit en Tunisie, malgré cela en as-tu eu des échos ? – Question posée par Mastermasque

 

 » Il s’agit de comprendre qu’à l’inverse des autres minorités, les homosexuels doivent apprendre à faire face à la discrimination seuls. Tous les noirs naissent de parents noirs, les arabes de parents arabes, les juifs de parents juifs. Face à un monde extérieur hostile, ils grandissent avec la certitude réconfortante de se savoir entourés par leurs semblables, leurs familles, leurs communautés, au sein desquelles ils se sentent protégés de l’intolérance des masses. Aucun homosexuel ne naît de parents homosexuels. Chacun d’entre nous doit faire face seul au sentiment d’être un étranger dans sa propre famille, à la négation de l’éventualité de notre différence, au potentiel rejet de ceux qui nous sont les plus chers. Au mépris, au dégoût, à l’horreur dans le regard de nos parents, nos frères, nos sœurs. »

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[actu] Egypte : haro sur les opposants, les islamistes, les athées et les homosexuels https://depavage.noblogs.org/post/2015/02/03/actu-egypte-haro-sur-les-opposants-les-islamistes-les-athees-et-les-homosexuels/ Tue, 03 Feb 2015 14:13:59 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1216 Continuer la lecture →]]> cairo-graffiti-2012-scott-longPar Mathilde du Pradel, chercheuse, le 2 février 2015 sur le média Orient XXI.

La répression est à un niveau jamais vu en Égypte depuis plus de trente ans. Les autorités la justifient par la nécessité de mener une guerre contre le terrorisme et l’islamisme, ce qui leur permet de mettre au pas les non conformistes de tout acabit. En plus des opposants, des activistes et des Frères musulmans, ce sont désormais les homosexuels et les athées qui font les frais de cette chasse aux sorcières.

La dernière opération de grande envergure anti-homosexuels s’est déroulée le 7 décembre 2014 : trente-trois hommes ont été arrêtés par la police dans un établissement de bains du centre ville. Mona Iraqi, présentatrice sur la chaîne de télévision Al-Qahira Wa el-Nas est à l’origine de l’intervention. Elle promettait de révéler la vérité sur «  le plus grand repaire de perversion homosexuelle  » au Caire, dans le cadre de son programme télévisé El-Mostakhabi («  ce qu’on nous cache  »). Les trente-trois hommes sont embarqués à demi nus dans les camions destinés à les emmener au poste devant les caméras d’Iraqi et de son équipe. La présentatrice publie en direct des photos sur sa page Facebook et se félicite de sa participation à l’arrestation : «  Aujourd’hui est une belle journée. Notre émission a pu dissoudre un lieu de perversion entre hommes et les capturer en flagrant délit  ».

En principe, l’homosexualité n’est pas condamnée en Égypte, mais les autorités se servent allègrement de l’article 9 (c) de la loi n° 10/1961 sur la lutte contre la prostitution qui fait de la «  pratique de la débauche  » un délit.

Durant leur détention, les hommes arrêtés le 7 décembre ont été humiliés et battus par la police. Vingt-et-un d’entre eux ont subi des examens rectaux, pratique exécrable utilisée afin de déterminer s’ils avaient eu des rapports anaux récents1. Les experts médico-légaux ont conclu que ce n’était pas le cas, mais que trois d’entre eux avaient été violés. Vingt-six des hommes ont été jugés pour «  pratique de la débauche  » et finalement acquittés le 12 janvier 2015. Ce verdict a été confirmé lundi 26 janvier par la cour d’appel d’Azbakeya, mettant un terme définitif au procès.

Ce procès n’est pas un cas isolé : en septembre, six hommes ont écopé de 2 ans de prison pour débauche, accusés d’utiliser leur appartement pour des «  activités homosexuelles  » et d’en faire la promotion sur Facebook  ; en novembre, huit autres ont été condamnés à trois ans de prison (peine réduite à un an en janvier), également accusés de débauche après avoir organisé un simulacre de mariage gay et posté la vidéo sur YouTube.

La persécution des homosexuels en Égypte n’est pas nouvelle. Déjà en 2001, cinquante-deux hommes avaient été arrêtés dans une boîte de nuit, le Queen Boat, accusés de «  débauche  » et de «  comportements obscènes  ». Après un long procès, vingt-deux d’entre eux avaient écopé d’une peine de trois ans de prison. Mais depuis la destitution de Mohamed Morsi et la chute des Frères musulmans en juin 2013, les arrestations, les pressions et la surveillance se sont intensifiées. La police utilise par exemple l’application Grindr de rencontre entre membres de la communauté LGBT2 pour les piéger. L’Egyptian initiative for personal rights (EIPR), ONG de défense des droits humains a dénombré plus de 150 arrestations depuis juin 2013.

Une répression qui fait écho à un conservatisme social fort

«  Cette intensification de la répression est un moyen pour les autorités de s’attirer le soutien d’une population égyptienne majoritairement conservatrice  », explique Scott Long, chercheur américain et défenseur des droits LGBT. D’après un sondage d’opinion du PEW Research center de 2013, 95 % des Égyptiens considèrent que l’homosexualité ne doit pas être acceptée. En janvier 2015, lorsque l’Union européenne (UE) a condamné la répression les visant et demandé à ce que leurs droits soient respectés, le ministre des affaires étrangères a déclaré que ces demandes ne correspondaient pas aux «  spécificités culturelles, religieuses et sociales de l’Égypte  », dénonçant l’insistance de l’UE à imposer «  des valeurs éloignées des valeurs de la société égyptienne  ».

Une même pression sociale s’exerce contre les athées. En témoigne la condamnation le 11 janvier 2015 dans la province de Bahaira d’un jeune homme de vingt-et-un ans à trois ans de prison et 1000 livres d’amende (environ 100 euros) pour insulte à l’islam car il avait mentionné son athéisme sur Facebook. Sa prise de position avait déclenché les foudres d’habitants et de journalistes. Alors qu’il venait déposer plainte pour harcèlement, le jeune homme a été arrêté. Son propre père a témoigné contre lui. Trois mois plus tôt, l’activiste alexandrin Ahmed Harqan avait lui aussi tenté de déposer plainte pour une tentative d’assassinat organisée après la diffusion d’une émission de télévision dans laquelle il défendait l’athéisme à visage découvert. La police l’avait alors arrêté, accusé de diffamer la religion, battu et détenu pendant une nuit, avant de finalement le relâcher.

L’administrateur d’une page Facebook dédiée aux athées égyptiens explique que «  beaucoup d’athées se sont sentis encouragés par la libération de la parole provoquée par la révolution de 2011 et ont commencé à s’exprimer dans les médias et sur les réseaux sociaux  ». En février 2013, sous la présidence de Morsi, un débat public sur l’athéisme avait même réuni athées et croyants dans une mosquée du vieux Caire, évènement jusqu’alors inédit. Mais ceux qui osent maintenant s’exprimer en paient chèrement le prix : à chaque fois, police et justice se rangent du côté de la majorité dérangée par leurs propos.

Là encore, le fait d’être athée n’est pas directement criminalisé par la loi égyptienne. Cependant l’article 98 (f) du Code pénal stipule que les personnes jugées coupables de diffamation ou d’insultes envers les trois religions monothéistes peuvent être condamnées à des peines de 6 mois à 5 ans de prison et à des amendes de 500 à 1000 livres égyptiennes (entre 50 et 100 euros.]].

Al-Azhar et l’Eglise copte unis

Selon un rapport publié en décembre dernier, le centre de recherche islamique et principale autorité en charge de l’émission de fatwas Dar al-Ifta, il y aurait 866 athées en Égypte. Un chiffre étonnamment précis et fortement débattu et sans aucun doute fortement sous-estimé, qui placerait l’Égypte en tête des pays arabes en matière d’athéisme. L’enquête conclut que ce chiffre doit «  tirer une sonnette d’alarme  » et faire réagir les autorités religieuses et politiques.

En juillet 2014 déjà, le ministère du culte (waqf) et le ministère des sports et de la jeunesse avaient lancé une grande campagne nationale pour combattre la diffusion de l’athéisme au sein de la jeunesse avec la coopération d’Al-Azhar (plus haute institution de l’islam sunnite). Depuis plusieurs mois, Al-Azhar et l’Église copte unissent leur voix et multiplient les déclarations sur les dangers de l’athéisme en promettant des propositions pour contrer sa propagation. Pour Ishaak Ibrahim, chercheur à l’EIPR spécialisé sur la liberté de croyance et d’expression, «  les autorités égyptiennes considèrent l’athéisme comme une maladie mentale, qui rend les personnes atteintes inaptes à prendre les bonnes décisions et qui requiert un traitement  ».

Dans les faits, cette lutte contre l’athéisme se traduit aussi par des actions coup de poing, à l’image de la fermeture d’un café du centre ville par les autorités municipales le 10 novembre 2014. Selon elles, des athées s’y rassemblaient régulièrement, entre autres pour y pratiquer «  le culte de Satan  » et y consommer de la drogue. Cette affaire participe aussi d’une campagne visant à discréditer la jeunesse contestataire auprès de l’opinion publique : nombre des adeptes des cafés du centre, dont sont dénoncées les pratiques «  déviantes  », sont militants et révolutionnaires.

Surenchères religieuses

«  Le gouvernement donne dans la surenchère en matière de répression des homosexuels et des athées pour assurer sa réputation de gardien de l’ordre moral et religieux, dans une sorte de compétition avec le mouvement islamiste  », commente Ishaak Ibrahim. Dès son discours d’investiture, le président Abdel Fattah Al-Sissi avait appelé «  toutes les familles, écoles, mosquées et églises  » à renforcer les valeurs morales. Tout en écrasant la confrérie des Frères musulmans — désormais classée organisation terroriste —, le régime veut montrer qu’il est bien plus capable que ses membres de jouer la carte de la moralité.

La répression s’accompagne d’un véritable travail de matraquage des médias pro-gouvernementaux, qui dénoncent sans cesse les menaces qui pèseraient sur l’Égypte. «  Par leurs discours sur les dangers de l’homosexualité ou de l’athéisme, les médias créent un climat très anxiogène  », explique Scott Long. En suscitant ainsi la peur, ils nourrissent un cercle vicieux et fertilisent le terreau conservateur qui donne une légitimité populaire à la répression.

Pour Long, tout cela vise surtout à détourner l’attention de la population des difficultés économiques et politiques réelles. Déjà en 2001, à propos de l’affaire du Queen Boat, Hossam Bahgat, avocat pour les droits humains renommé, avait souligné l’utilisation par le régime de Hosni Moubarak de procès sensationnalistes pour tenter d’éclipser la dégradation de l’économie. Quatre ans après la révolution du 25 janvier, la remise au goût du jour de ces pratiques semble être un élément de plus témoignant d’un retour à la case départ en Égypte.

Mathilde du Pradel

1Déclaration de Hicham Abdel Hamid, porte-parole du département médico-légal du ministère de la justice à Ahram Online

2NDLR. Lesbiennes, gays, transsexuel-le-s et bisexuel-els.

 

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[actu] Turquie : une prison réservée pour les LGBT ? https://depavage.noblogs.org/post/2015/01/28/actu-turquie-une-prison-reservee-pour-les-lgbt/ Wed, 28 Jan 2015 18:16:52 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1192 Continuer la lecture →]]> PrisonerSolidarityHeartsAprès avoir été condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme pour discrimination envers un détenu homosexuel, la Turquie a lancé la construction d’une prison qui n’accueillera que des détenus LGBT. Il s’agit d’une mauvaise solution.

En Turquie, les personnes LGBT (Lesbienne, gay, bi et trans) incarcérées sont soumises à de nombreuses discriminations. « Quand je suis arrivé en prison, je n’ai pas dévoilé mon orientation sexuelle. Mais l’administration pénitentiaire a vite découvert que j’étais homosexuel après avoir vu que j’avais participé à des manifestations LGBT », raconte un détenu à une journaliste d’Al-Monitor.

« Ils ont voulu me faire passer une visite médicale. J’ai refusé, parce que cette visite comporte un examen anal. Ils m’ont alors obligé à aller voir un psychiatre, parce que pour eux l’homosexualité est une maladie, et il me fallait donc un rapport médical. Ce rapport leur aurait permis de me mettre en cellule d’isolement, mais le psychiatre a refusé de rédiger le rapport. »

Le détenu, Koyuncu, explique comment il a commencé à faire l’objet d’insultes, d’agressions et de harcèlement, même de la part des gardiens. Jusqu’à ce qu’il finisse par craquer et décide d’accepter l’isolement que la prison cherchait à lui imposer depuis le début.

« La loi turque précise que l’isolement est réservé aux détenus condamnés à une peine de prison à vie, à ceux souffrant d’une maladie contagieuse et à ceux qui font l’objet de sanctions disciplinaires. La douzaine de détenus LGBT placés à l’isolement le sont donc en toute illégalité », pointe Al-Monitor.

Discrimination

Après qu’un détenu a porté plainte auprès de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), celle-ci a rejeté l’argument de la Turquie expliquant que les détenus LGBT pouvaient être placés à l’isolement « pour leur sécurité ». La CEDH a convenu qu’il s’agissait bien d’un cas de discrimination.

« Le résultat de cette décision de la CEDH, c’est que le ministère de la Justice turc a reconsidéré la question des détenus LGBT et a décidé de construire une prison uniquement pour eux », raconte Al-Monitor. Pour les personnes LGBT, cette solution n’est pas satisfaisante. Deux associations ont publié un communiqué pour expliquer qu’un tel projet ne ferait qu’accroître les discriminations.

« Si je peux choisir, je préfère évidemment être incarcéré dans une prison spéciale plutôt que de me retrouver à l’isolement. Mais la vraie solution, ce serait d’améliorer les conditions de détention. (…) A mon avis, il devrait y avoir des quartiers LGBT dans toutes les prisons », conclut Koyuncu.

Info issue du massmédia Courrier International, 23 janvier 2015.
 
 
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[actu] Syrie : situation des gays et des « personnes présentées comme homosexuelles » https://depavage.noblogs.org/post/2015/01/24/actu-syrie-situation-des-gays-et-des-personnes-presentees-comme-homosexuelles/ Sat, 24 Jan 2015 20:38:48 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=907 Continuer la lecture →]]>

Ar_Gay_SyrQuelques articles issus de mass médias sur la situation des homos et de ceux considérés comme tels en Syrie et dans la région…

 Voir les précédents articles.

14 exécutés en six mois pour adultère ou homosexualité

Publié le 14 janvier par le média gay dominant Tétu avec le média colonialiste AFP.

Les jihadistes et les groupes islamistes ont exécuté depuis la mi-juillet en Syrie sept hommes et sept femmes pour adultère ou homosexualité, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

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La dernière victime recensée est une femme accusée « d’infidélité » qui a été tuée par le Front al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaïda, dans la province d’Idleb (nord-ouest), selon cette ONG qui dispose d’un vaste réseau de militants et de sources médicales dans le pays.

Dans une vidéo postée par l’Observatoire, un groupe de combattants d’Al-Nosra attachent une femme avant de l’abattre avec un pistolet dans la ville de Maaret Noomane. Le supplice a lieu devant une foule de civils et de combattants tandis qu’un jihadiste accuse la femme « d’adultère ».

L’OSDH fait état de 13 autres personnes exécutées pour adultère ou homosexualité depuis juillet. Parmi elles figure un homme accusé aussi d’adultère et lapidé l’an dernier par le Front al-Nosra et d’autres groupes islamistes à Saraqeb, dans la province d’Idleb.

DEUX « GAYS » JETÉS D’UN IMMEUBLE
Les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) ont pour leur part donné la mort à trois femmes pour le même motif et à deux hommes « pour avoir eu des pratiques indécentes avec d’autres hommes ».

Un groupe islamiste dans la province septentrionale d’Alep et l’EI dans celle de Deir Ezzor (est) ont jeté chacun homme d’un immeuble avant de le lapider pour homosexualité.

D’autres groupes ont mis à mort trois femmes dans la province centrale de Hama pour adultère, dont une lapidée par son propre père.

Le directeur de l’OSDH Rami Abdel Rahmane a affirmé à l’AFP qu’il y avait eu sûrement d’autres exécutions de ce type en Syrie, mais qui n’avaient pas été documentées.

L’EI a émergé durant la guerre en Syrie au printemps 2013 et a proclamé un califat sur les larges pans de territoire qu’il a conquis en Irak et en Syrie.

 

Plusieurs associations mettent en garde sur le relai des messages de propagande véhiculés par Daesh.

Exécution de personnes présentées comme homosexuelles en Syrie: pourquoi il faut être prudent

Publié par le massmédia gay yagg.

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Sur plusieurs sites internet proches de l’État islamique, des photos présentant deux hommes jetés du haut d’un immeuble ont été publiées samedi 17 janvier. En légende, les mots suivants: «Cette exécution est une punition pour avoir commis le crime du peuple de Lot en les poussant depuis le sommet d’un grand immeuble». Ce que Daesh interprète comme le «crime du peuple de Lot» correspond en fait à l’homosexualité. Le mode opératoire des djihadistes n’a pas varié depuis les exécutions précédentes: le but recherché demeure de créer un spectacle fondé sur la terreur, comme l’expliquait à Yagg le spécialiste de l’islam politique Olivier Roy. Pour l’International Gay and Lesbian Human Rights Commission (IGLHRC) et l’association de défense des droits des femmes Madre, il convient de faire attention lorsque l’on évoque ces crimes afin de ne pas mettre en danger les personnes LGBT de la région.

«ENLEVER TOUTE CRÉDIBILITÉ À DES ADVERSAIRES»
Car les personnes présentées comme homosexuelles par Daesh ne le sont pas forcément. Compte tenu de la situation locale, il est très difficile d’obtenir des informations fiables sur l’orientation sexuelle des personnes exécutées, font valoir les deux organisations dans un communiqué. «Pour le moment, parler publiquement de ces hommes en tant que “gays” ne peut créer que des problèmes, préviennent-elles. Si ces hommes ne s’identifiaient pas comme homosexuels, cette allégation est incorrecte et rend plus obscures les motivations qui ont poussé l’État islamique à les présenter publiquement comme tels. Si ces hommes se considéraient effectivement comme des homosexuels,  il faut faire preuve d’une extrême prudence et consulter les personnes qu’ils aimaient pour déterminer si une large communication pourrait nuire à leur famille, à leurs proches et à leurs partenaires.»

Pour Madre et l’IGLHRC, Daesh pourrait utiliser l’homosexualité pour saper l’influence d’opposants: «Accuser des adversaires d’être homosexuel.le.s est une stratégie déjà utilisée à travers le monde entier pour enlever toute crédibilité à ces adversaires», rappellent les organisations. Celles-ci demandent à chacun.e de faire preuve de précision car les informations véhiculées par Daesh ont un impact direct sur la vie des populations locales: après des rumeurs de massacres en 2012, plusieurs personnes LGBT ont quitté le pays, se sont cachées ou ont songé au suicide, indique l’IGLHRC.

La stratégie de propagande mise en œuvre par l’État islamique reposant sur la terreur, propager les images de Daesh sans recul participe de cette stratégie.

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Etre gay en Syrie

Publié en décembre 2013 par le massmédia Foreign office / Slate.

Coincée entre le régime de Bachar el-Assad et les islamistes, la communauté gay de Syrie doit lutter pour sa survie. Ce qui, pour ces hommes qui n’ont nulle part où aller, veut bien souvent dire quitter la Syrie, pour un ailleurs peu sûr.

BEYROUTH (Liban)

Quand les rebelles syriens ont pris Racca en mars 2013, on aurait pu croire que la capture de cette cité nordique qui était jusque-là contrôlée par le régime du président Bachar el-Assad leur suffirait. Ils ne se sont pas immiscés dans la vie privée des citoyens selon Amir, un Syrien originaire de la ville.

Cette période de calme n’a hélas pas duré. Quand des groupes islamistes comme l’Etat islamique d’Irak et du Levant (ISIS) et le Front al-Nosra, tous deux apparentés à al-Qaida, ont commencé à monter en puissance, ils ont imposé leur interprétation de la justice islamique à la population.

«Petit à petit, ils ont entrepris de purifier la ville de ses éléments non islamiques, raconte Amir. Ailleurs, il y a des tribunaux, des procès… Mais avec eux, en un jour ou deux, ils peuvent décider de vous décapiter.»

La vie à Racca est rapidement devenue impossible pour Amir, qui est gay. Il a réussi à s’enfuir à Beyrouth. Il est sûr et certain d’être recherché par les djihadistes.

«Avant, avec le gouvernement syrien, on pouvait s’en sortir avec des pots-de-vin, nous explique-t-il. Mais certaines personnes sont tellement religieuses qu’elles résistent aux pots-de-vin.»

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Tandis que les violences en Syrie se poursuivent, de nombreuses personnes se sont réfugiées auprès de leurs communautés ethniques ou religieuses pour y trouver la protection. Mais contrairement aux autres groupes minoritaires comme les chrétiens, les kurdes et les alaouites, les minorités sexuelles, et en particulier les homosexuels, ne bénéficient d’aucune protection de la part des institutions politiques, ethniques ou religieuses. Les homosexuels syriens ne sont nulle part à l’abri: dans tout le pays, ils ont été à la fois la cible d’attaques de militants pro-régimes et de miliciens islamistes. Parfois à cause de leur orientation sexuelle, mais aussi parce qu’ils sont perçus comme une proie facile à dépouiller au milieu d’une guerre chaotique.

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Une violence qui peut aller jusqu’à la mort

 En tant que responsable du programme au Projet d’assistance aux réfugiés irakiens (Irap), j’ai eu l’occasion d’interviewer des dizaines de réfugiés homosexuels syriens qui ont fui au Liban pour échapper à la persécution. L’Irap fournit une assistance légale à des réfugiés de toutes nationalités pour les aider à se réinstaller. De nombreux Syriens homosexuels ont accepté de témoigner pour m’aider à écrire cet article, sans que ce soit lié à l’assistance qu’ils ont reçue de la part d’Irap. Au cours de nos conversations, ces hommes ont décrit une culture de la violence véritablement choquante, même quand on prend en compte les innombrables et incroyables violations des droits de l’homme commises par la Syrie.

Les homosexuels qui sont toujours en Syrie ne doivent pas seulement éviter d’être découverts, puisque la capture d’une de leurs connaissances peut également représenter une menace mortelle. Amir se rappelle d’un de ses amis homosexuels, Badr, qui a été kidnappé l’été dernier par le Front al-Nosra, avant d’être torturé pour obtenir des informations sur d’autres homosexuels puis exécuté:

«Quelques jours plus tard, le Front al-Nosra a rassemblé des gens sur la place et a dénoncé un autre type en disant qu’il était pédé, raconte Amir. Ils lui ont coupé la tête avec une épée.»

Toute cette violence ne semble pourtant pas uniquement liée aux croyances islamistes. Il se pourrait qu’elle soit également provoquée par une simple envie de manifester son pouvoir et son autorité. Certains homosexuels ont eux-mêmes participé à des actes de violence à l’encontre de leurs semblables, en toute conscience du fait qu’ils risquaient d’être démasqués.

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Imad raconte ainsi l’histoire d’une connaissance homosexuelle qui combat actuellement aux côtés d’un groupe islamiste:

«Il couchait avec un de mes amis homosexuels pour de l’argent, et puis il a disparu pendant quelques mois. En fait, il était en train de suivre un entraînement militaire à l’étranger. Il est revenu avec une longue barbe. Il est sûrement motivé par l’argent et par la protection qu’ils peuvent lui apporter.»

Les réfugiés qui fuient les violences en Syrie peuvent en général se contenter d’éviter les zones contrôlées par le groupe auquel ils s’opposent, mais dans le cas des homosexuels, les violences ne sont pas confinées à une seule zone géographique. Un résident de Damas, Najib, a fui sa maison après que son frère a découvert qu’il était gay. Son travail l’a conduit à rejoindre une banlieue de la capitale contrôlée par les rebelles, où il a entamé une relation avec un combattant islamiste. Le chef de la brigade, un musulman très conservateur, a commencé à avoir des soupçons sur leur relation, ce qui a forcé Najib à fuir une nouvelle fois pour se réfugier dans une banlieue plus proche de la ville.

Etat, opposition, tout le monde s’en prend aux homos

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Un matin, des miliciens pro-régime l’ont arrêté à un point de contrôle. Najib a reconnu l’un des hommes, Kheder: il l’avait vu dans un parc qui servait de lieu de rendez-vous non officiel pour les homosexuels avant la révolution. Les hommes lui ont bandé les yeux et l’ont amené à l’intérieur d’un bâtiment, avant de lui réclamer 15.000 dollars s’il ne voulait pas être livré aux autorités de l’Etat.

«Après ça, ils m’ont dit de me déshabiller. Ils ont pris mon téléphone et m’ont photographié, raconte-t-il. Un autre type m’a mis un coup de pied dans la tête et m’a traité de prostitué. Après ça, ils m’ont violé.»

Najib a apporté de l’argent le lendemain, et a promis qu’il amènerait le reste de la somme dans les jours qui suivraient. Au lieu de ça, il a fui au Liban.

«Une personne homosexuelle en Syrie est prise entre deux feux: celui du régime, et celui de l’opposition, explique-t-il. Le problème, c’est que la plupart des gens trouvent normal qu’on s’en prenne aux homosexuels.»

Même si les actes de violence sont devenus de plus en plus communs ces dernières années, la persécution des homosexuels en Syrie date de bien avant le soulèvement. Le code pénal syrien stipule qu’un acte sexuel «non naturel» est un crime qui peut entraîner une peine de prison de trois ans. Le manque général d’acceptation de la société syrienne envers l’homosexualité a toujours forcé les homosexuels à vivre cachés et à se voir en secret pour éviter d’être arrêtés ou de subir les représailles d’un «crime contre l’honneur».

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En 2009, la police a arrêté un groupe d’homosexuels à Racca après avoir obtenu un enregistrement de deux hommes en train de faire l’amour. Les policiers ont eu recours à la torture pour obtenir les noms d’autres homosexuels, avant de les arrêter eux aussi.

«Beaucoup de gens ont été attachés et roués de coup avant d’être interrogés. La plupart d’entre eux ont avoué leur homosexualité juste pour qu’on arrête de les torturer, m’explique Selim, un jeune homosexuel qui a fui Racca au printemps dernier, en parlant de la situation dans cette ville avant la révolution. Par contre, si on connaissait quelqu’un de haut placé au gouvernement, on pouvait s’en tirer. Tout le monde n’était pas arrêté. Certains subissaient juste un chantage alors que d’autres versaient des pots de vin à la police.»

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Beyrouth, un asile qui n’est pas le paradis

Pour certains Syriens homosexuels, des membres de leur propre famille pouvaient représenter la plus grande menace d’être découvert. Joseph, un chrétien originaire de Deir Ez-Zor, une ville de l’est du pays, a fui la Syrie il y a quelques mois après avoir oublié d’éteindre son ordinateur dans un café alors qu’il se trouvait avec ses cousins. Il était en pleine conversation avec son petit-ami.

«Le lendemain, ils sont venus me voir et m’ont dit de quitter la Syrie, parce que j’allais déshonorer notre famille. Ils m’ont menacé de me tuer si je refusais de partir.»

Dans les 24 heures, Joseph est parti pour le Liban.

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Même si Beyrouth est souvent considérée comme la ville la plus ouverte et libérée du Moyen-Orient, de nombreux réfugiés gays trouvent que leur situation n’y est pas beaucoup plus enviable. Dans la capitale libanaise, certains ont découvert qu’ils étaient exploités de la même manière que dans leur pays d’origine.

Hussein a fui le nord de la Syrie au printemps dernier, après qu’un membre de sa famille a essayé de l’assassiner en apprenant qu’il était gay. Il ne connaissait personne à Beyrouth et a commencé à dormir sur la plage. Il a été forcé de se prostituer pour survivre.

«Une fois, un type m’a ramassé pour coucher avec moi, me raconte-t-il. En fait, j’ai été violé par tout un groupe d’hommes libanais. Après l’agression, je suis retourné sur la plage parce que je n’avais nulle part où aller.»

Au cours de mes entretiens, quand je leur ai demandé s’ils ne pouvaient pas trouver un endroit plus sûr, la plupart des réfugiés homosexuels syriens m’ont toujours répondu la même chose: ils n’ont nulle par où aller. Cette situation doit changer: même s’il est difficile d’attendre plus de droits pour les homosexuels dans une société conservatrice en pleine guerre civile, les organisations d’aide aux réfugiés peuvent faire plus pour aider cette minorité oubliée. L’équipe devrait être particulièrement entraînée pour faire face aux besoins de cette population, on devrait développer les services d’aide aux hommes victimes de violences sexuelles, les individus les plus vulnérables devraient bénéficier d’un refuge plus sûr, et les réfugiés qui présentent le plus de risques devraient être déplacés dans un autre pays.

Yaman, un Syrien homosexuel qui a fui Kameshli, une ville au nord du pays, décrit son incapacité à trouver un logement à Beyrouth, et comment il a été ramassé dans la rue par un homme riche en échange de ses services sexuels. L’homme en question l’enfermait à l’intérieur de sa maison quand il partait travailler pour garder Yaman prisonnier.

«Après un temps, je ne pouvais plus le supporter, alors je suis parti, raconte-t-il. Je préfère encore être affamé et vivre dans la rue.»

Haley Bobseine
Responsable du programme Moyen-Orient du Iraqi Refugee Assistance Project

Traduit par Hélène Oscar Kempeneers

NDLE: Tous les noms ont été changés pour conserver l’anonymat des témoins.

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[actu] Egypte : la presse collabore avec le régime dans la traque aux homos https://depavage.noblogs.org/post/2015/01/23/actu-egypte-la-presse-collabore-avec-le-regime-dans-la-traque-aux-homos/ Fri, 23 Jan 2015 15:55:08 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=893 Continuer la lecture →]]> 2907dcb5-355d-4722-b0ee-d25d93540d82Publié par le média gay mainstream yagg.

L’affaire du sauna du Caire, au cours de laquelle 26 hommes ont été arrêtés début décembre dans un hammam de la capitale sous les projecteurs de caméras de télévision, interroge le rapport de l’Égypte aux médias et plus particulièrement les liens qu’entretient le pouvoir avec les organes de presse. Pour filmer l’arrestation des 26 hommes, la journaliste Mona Iraqi a étroitement collaboré avec la police.

Pour de nombreux journalistes égyptien.ne.s, elle est allée trop loin et a franchi des limites. Mais serait-elle la seule dans ce cas ?

SOUTIEN DES FAMILLES
D’après Ibrahim Monsour, le rédacteur en chef de Tahrir News, une publication libérale, le gouvernement transmet des instructions aux médias sur les sujets qu’ils doivent couvrir. Et les arrestations de personnes homosexuelles participent d’après lui de la stratégie pour faire diversion sur le fait que les objectifs fixés au moment de la révolution de 2011 sont loin d’être atteints. Le rédacteur en chef chargé de l’édition en ligne du journal le plus vendu El-Masry el-Youm, Mohammed El-Desoky Roshdy, assure quant à lui qu’il n’y a pas d’ordres directs du pouvoir, mais que les scandales liés à la sexualité font vendre. Les journaux ne feraient que suivre une tendance déjà très présente à la télévision. Le fait que cela aille dans le même sens que le régime, qui veut afficher son attachement à la morale d’après BuzzFeed, ne serait qu’une coïncidence.

Les associations de défense des droits humains se sont réjouies de l’acquittement des 26 hommes arrêtés dans le sauna. Cependant, cette décision juridique ne fera peut-être pas jurisprudence. Contrairement à toutes les autres affaires où l’on accusait une personne d’être homosexuelle, les familles des prévenus ont cette fois choisi d’entourer leurs proches et de montrer leur soutien, ce qui a peut-être incité la Justice à se montrer plus clémente. En partie parce que dans les familles ouvrières, les saunas sont souvent les seuls endroits où il est possible d’accéder à un point d’eau pour se laver. Mais dans la salle d’audience, les familles ont aussi exprimé leur énervement quant aux liens qui unissent le monde politique aux journalistes. Entourer les prévenus, c’était une façon de dire au régime qu’il était allé trop loin, analysent plusieurs observateurs/trices.

Le procureur a fait appel de l’acquittement. Les 26 hommes seront donc jugés de nouveau en appel, mais l’issue est toute aussi incertaine qu’en première instance.

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[actu] Maroc : 2 homosexuels condamnés à 3 ans de prison https://depavage.noblogs.org/post/2015/01/11/actu-maroc-2-homosexuels-condamnes-a-3-ans-de-prison/ Sun, 11 Jan 2015 05:38:46 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=824 Continuer la lecture →]]>

3146781352Le tribunal de première instance d’Al Hoceima a condamné, hier après-midi, deux hommes à trois ans de prison pour pratique homosexuelle. L’élu local, 6ième vice-président du conseil municipal d’Imzouren et l’étudiant  ont écopé de la peine maximale prévue par le très controversé article 489 du code pénal.

Les choses sont allées très vite pour les deux prévenus. Lors de la nuit de samedi 13 décembre, une patrouille de la gendarmerie de la commune rurale de Aït Youssef Ouali a procédé à l’arrestation des deux protagonistes sur la route côtière. Ils avaient alors été pris en flagrant délit alors qu’ils se livraient à un acte sexuel dans une voiture appartenant au conseil municipal d’Imzouren.

Immédiatement la machine judiciaire s’est mise à fonctionner à plein régime. Le même jour, les deux hommes sont placés en détention à la prison locale. Le lundi, ils comparaissent devant le procureur du roi près le tribunal de première instance. Le lendemain la cour examine l’affaire et jeudi, elle annonce le verdict à l’occasion de la deuxième audience. Un record.

L’élu homosexuel suspendu

Bien avant que la justice ne prononce son verdict, le conseil communal d’Imzouren, commune située à environ 18 km au sud d’Al Hoceima, avait pris des sanctions contre l’élu mis en cause. Toutes les fonctions dont il était en charge ont été gelées et son appartenance à toutes les commissions a été également suspendue.

Les autres conseillers ont d’ailleurs tout de suite tenu à prendre une certaine distance avec lui en précisant dans un communiqué que cette affaire était strictement personnel et n’avait aucun lien avec la gestion de la commune. Cette position est clairement dictée par des considérations électorales, d’autant que le prochain rendez-vous avec les urnes n’est qu’à quelques mois.

Les deux condamnés n’ont pas eu la chance du Britannique Ray Cole

Le verdict du tribunal de première instance d’Al Hoceima vient nous montrer que pour la justice marocaine les homosexuels ne sont pas tous logés à la même enseigne. Les Marocains sont condamnés à trois ans de prison alors que les étrangers ont le droit à un traitement de faveur. Il suffit de se référer au cas de Ray Cole. Le 2 octobre, une cour de Marrakech avait condamné, dans un premier temps, le Britannique à seulement quatre mois de prison. C’était une peine relativement clémente qu’on sait que la sentence minimale prévue par l’article 489 du code pénal est de 6 mois.

Les pressions d’association de défense des droits des homosexuels en Grande-Bretagne, soutenue par quelques députés et les menaces de boycotter la destination Maroc par les touristes anglais, ont finalement contraints la justice marocaine à abandonner les charges contre Cole. Choses auxquelles n’auront surement pas le droit les deux Marocains.

Yabiladi, GayMaroc.net

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[Les conditions dans les prisons marocaines sont particulièrement dures. Nombreux sont les prisonniers qui luttent pour faire entendre leur voix. C’est le cas de l’un d’entre eux, mort récemment pendant une grève de la faim. Une pensée pour ses proches et tous ceux qui se battent, ici et là-bas, contre la prison.]

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[actu] Egypte : une journaliste collabore à l’arrestation de 40 homosexuels dans un hamam https://depavage.noblogs.org/post/2014/12/17/actu-egypte-une-journaliste-collabore-a-larrestation-de-40-homosexuels-dans-un-hamam/ Wed, 17 Dec 2014 01:25:49 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=772 Continuer la lecture →]]>

Dimanche 7 décembre, 40 hommes ont été interpellés au Caire en Egypte après une intervention musclée des forces de l’ordre. Ces hommes ont été traînés nus hors du hammam dans lequel ils se trouvaient.

En effet, depuis déjà quelques mois, le régime du président égyptien Al-Sissi a durci considérablement la répression contre la communauté gay du pays en multipliant les rafles, les agressions et les arrestations. Les hommes emprisonnés sont ensuite condamnés à des peines lourdes pour des motifs divers, en rapport avec la « débauche ».

LGBT

Cette fois, la « journaliste » Mona Iraqi était à l’origine de l’intervention. Sur les images, il est possible de la voir en train de photographier et de filmer l’horreur de cette scène. Iraqi, présentatrice télé de l’émission « El Mostakhbi » (« Ce qui est caché »), a dévoilé publiquement les visages de ces victimes en promettant un épisode dédié à ce sujet:

« Lors de la prochaine émission, nous vous révélerons les détails à propos des nids de perversion collectifs au cœur de la capitale… ainsi que toute l’histoire de ces nids à sida. »

Une « réussite »

Sur son blog, Scott Long, militant pour les droits LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) affirme qu’un témoin sur place lui a confié qu’une femme journaliste était arrivée bien avant la police et a tenté d’entrer de force pour filmer à l’intérieur du hammam malgré l’interdiction du propriétaire. Les forces de l’ordre ne sont arrivées que plus tard.

Sur son compte Facebook, la journaliste s’est félicitée de cette « réussite »:

« Aujourd’hui est une belle journée… notre émission a pu dissoudre un lieu de perversion entre hommes et les capturer en flagrant délit… Mon dieu, la réussite est belle et atteindre ses buts est encore mieux… »

Depuis, des commentaires d’indignation inondent la page de la journaliste en question. Les activistes de leur côté continuent à exprimer leur soutien à la communauté homosexuelle en Egypte, entre autres sur la page « Solidarity with Egypt LGBT » (solidarité avec les LGBT égyptiens).

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[actu] Syrie : l’Etat islamique continue d’exécuter des homosexuels https://depavage.noblogs.org/post/2014/12/17/actu-syrie-letat-islamique-continue-dexecuter-des-homosexuels/ Wed, 17 Dec 2014 00:50:49 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=760 Continuer la lecture →]]> OFFENSE ETAT ISLAMIQUEDeux articles de mass médias publiés les 26 novembre et 10 décembre sur les assassinats d’homosexuels perpétrés par l’organisation islamiste de l’EI.

Solidarité avec celles et ceux qui luttent, au Rojava, en Syrie, en Irak, à la frontière turque et ailleurs, contre les atrocités commises par l’Etat Islamique, Bachal El Assad et les milices chiites, en autres. Pour plus d’info sur la situation sur place et en particulier dans la région du Rojava rojavasolidarite.noblogs.org (en Syrie syrianfacts.wordpress.com ou facebook.com/rev.syfr et en Irak solidariteirak.org)

 

L’Etat islamique revendique l’exécution d’«homosexuels»

L’organisation  prétend avoir procédé à la lapidation d’un jeune gay en Syrie, après la découverte d’images compromettantes sur son mobile.

26 nov. 2014, média gay suisse 360°

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L’Observatoire syrien des droits de l’homme, une organisation proche de l’opposition au régime syrien basée à Londres, a rapporté mardi l’exécution de deux «homosexuels» présumés par l’organisation Etat islamique. L’un d’eux, âgé d’une vingtaine d’années, aurait été lapidé à Mayadin, après avoir été accusé par les jihadistes d’avoir commis des «actes indécents avec d’autres hommes». Des vidéos auraient été retrouvées sur son téléphone portable. L’autre exécution se serait déroulée non loin de là, dans la ville de Deir Ezzor. La victime serait un jeune de 18 ans, opposant aux jihadistes.

En septembre dernier, les rebelles, qui contrôlent une large part des territoires syrien et irakien, dont la deuxième ville irakienne, Mossoul, avaient annoncé leur volonté de s’en prendre aux gays, comparé à des «animaux», et placés dans la même catégorie que les dealers de drogue et les pédophiles. Depuis son offensive en Irak, cet été, Etat islamique est accusé par l’ONU d’ atrocités de masse et de crimes contre l’humanité.

2014EIirak

L’Etat Islamique poste des images d’un gay jeté du toit d’un immeuble

Le groupe de djihadiste opérant en Syrie et en Irak a annoncé avoir balancé un homme soupçonné d’être homosexuel, avant de le lapider à mort.

10 déc. 2014

ISIS 1

Il y a quelques semaines, l’Etat Islamique revendiquait l’assassinat de plusieurs homosexuels. En plus d’étendre son territoire et s’en prendre aux soi-disants impies, les terroristes continuent de se vanter de tuer des hommes soupçonnés d’être gay, tout en n’oubliant pas de prendre des images de l’horreur. Dernier acte de barbarie en date: le groupe a jeté un homme du haut d’un immeuble. Une fois à terre, ils l’ont lapidé à mort.

Endroit inconnu

Les photos, publiées ce mardi, étaient accompagnées de «l’explication» d’un tel acte: «La cour islamique du wilaya de l’Euphrate [région s’étendant entre la frontière syrienne et irakienne, ndlr.] a décidé que l’homme ayant pratiqué la sodomie devait être jeté du plus haut endroit de la cité et lapidé à mort.»

L’endroit exact où a eu lieu le meurtre n’est pas communiqué. Sur les autres photos postées par l’Etat Islamique, on peut voir l’homme gisant à terre, mort.

(via 360° et Pink News média gay mainstream francophone et anglophone)
 
 
 
OFFENSE ETAT ISLAMIQUE
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[actu] Egypte : les homosexuels visés par le régime Sissi https://depavage.noblogs.org/post/2014/12/07/actu-egypte-les-homosexuels-vises-par-le-regime-sissi/ Sun, 07 Dec 2014 03:00:13 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=752 Continuer la lecture →]]>
 Article de massmédia trouvé sur gaymaroc.net

2907dcb5-355d-4722-b0ee-d25d93540d82Depuis l’accession du Maréchal Al Sissi au pouvoir, une atmosphère pesante règne sur l’Égypte. La loi égyptienne sur les manifestations, adoptée en 2013 par le régime militaire, a probablement participé à faire renaitre un silence citoyen et un climat de peur inaudible.

Récemment, les autorités égyptiennes ont pris pour cible la communauté gay en multipliant les rafles et les arrestations de masse alors que la communauté mondiale demeure indifférente.

Au début des années 2000, l’affaire connue sous le nom de « Queen Boat » en référence à l’arrestation de cinquante deux hommes à bord d’une boîte de nuit qui était amarrée sur le Nil a fait grand bruit. Cette nuit là, ces hommes ont été arrêtés après avoir été battus et malmenés par la police. Exhibés comme des « pervers » et « présumés coupables », ils ont été lynchés par les médias qui ont divulgué leurs identités. Finalement, diverses charges ont été retenues contre eux et ils ont été condamnés à des peines différentes allant jusqu’à cinq ans de prison ferme.

A présent, alors que la traque des homosexuels est revenue sur le devant de la scène, les chiffres sont alarmants. Interrogé par le HuffPost Tunisie sur le nombre et les conséquences des arrestations de masse, Scott Long, militant international des droits humains et qui travaille couramment sur la question des droits LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) en Egypte répond:

« Les arrestations sont approximativement estimées au nombre de 90. Presque tous les cas ont abouti à des condamnations et à des peines draconiennes avec différentes charges, toutes liées à la « débauche » et allant jusqu’à 12 ans de prison. »

Le dernier scandale en date a été l’arrestation de huit hommes suite à la diffusion sur internet d’une vidéo présentée comme celle d’un « premier mariage gay en Egypte ». La vidéo montre vaguement deux hommes. L’un d’eux offre une bague à l’autre alors qu’une dizaine d’individus présents semblent célébrer. Cette vidéo a fait le tour des médias arabes et occidentaux alors que les procès sujets à plusieurs vices de procédures ont manqué de médiatisation. A ce sujet, Scott Long indique:

« Dans certains cas, les juges ne tiennent manifestement pas compte des preuves. Par exemple, dans le cas de la vidéo du présumé mariage gay, les accusés ont été inculpés pour « circulation de pornographie » alors que la vidéo n’était aucunement pornographique et qu’il n’y avait aucune preuve que les défendeurs avaient quelque chose à faire avec sa diffusion. Les juges prêtent parfois un seul regard à la partie défenderesse puis décident selon les apparence – en particulier s’il s’agit d’une femme transsexuelle ou d’un homme « efféminé » – que c’est une personne immorale et tranchent ainsi selon leurs propres convictions. »

Dans ce cas spécifique, les huit hommes ont finit par être condamnés à trois ans de prison, assortis de trois ans supplémentaires de contrôle judiciaire.

Le constat établi par la société civil égyptienne dénonce un agenda politique qui se cache derrière les rafles de police de plus en plus fréquente dans les rues, aux points de contrôle de police ou dans des clubs.

D’un côté, cette croisade vise une réhabilitation du dispositif sécuritaire, méprisé par les foules après la révolution du 25 janvier mais aussi au contrôle et à la surveillance de la vie privée. D’un autre côté, plusieurs activistes ont certifié que cet intérêt soudain pour la communauté gay était tout simplement une instrumentalisation de ces minorités par le régime Al Sissi en vue de se construire une façade conservatrice. Contacté à ce sujet par le HuffPost Tunisie, Mo. R., activiste anonyme en faveur des droits sexuels et corporels et des libertés individuelles témoigne:

« Le régime tente d’apparaître comme le gardien de la morale en Egypte afin de ne pas permettre aux mouvements politiques à tendance islamiste de les attaquer. »

En effet, les récents événements ont été largement récupérés par le camp islamiste. Des déclarations de leaders du parti d’opposition déplore le déclin morale de la société égyptienne. L’ancienne député Azza El Garf parle même sur son compte Twitter d’une détérioration des valeurs islamiques en faveur d’un agenda venu de l’ouest.

 

Selon Mo. R., ce battage médiatique en Egypte vise uniquement des enjeux politiques:

« La police connaît bien tous les hommes gays ainsi que leurs adresses et s’ils voulaient vraiment les arrêter, ils auraient pu le faire depuis bien longtemps. Cette mascarade est tout simplement politique! Ils profitent de ces histoires pour créer un buzz afin de détourner l’opinion publique d’autres questions importantes. »

Le ras-le-bol de la société civile est évident et fait suite à la détérioration continue de la situation globale des droits humains qui sont intrinsèquement liés:

« La situation des droits de l’homme est la pire que j’ai vu depuis près de quinze années de travail en Egypte. La presse est muselée, les protestations sont sévèrement punies, l’emprise de la police est omniprésente. Des dizaines de milliers de personnes sont détenues sans procès alors que les inculpations sont de plus en plus injustes », déplore Scott Long.

Face à ce chaos collatéral, des groupes de pression s’organisent pour agrémenter la lutte digitale. Les réseaux sociaux ont été actifs notamment sur twitter avec le hashtag #StopJailingGays (Arrêtez d’emprisonner les gays) et sur Facebook avec la page « Solidarity with Egypt LGBT » (solidarité avec la communauté LGBT en Egypte). Cette campagne a engendré des manifestations devant les ambassades d’Egypte à travers le monde.

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L’application de rencontres gays « Grinder » a même prévenu ses usagers égyptiens suite aux rumeurs d’utilisation de cette outil par les forces de l’ordre afin de piéger des individus LGBT. Les créateurs ont plaidé en faveur de la vigilance et de l’anonymat.

A ce jour, il n’existe pas encore en Egypte un signe d’accalmie. L’optimisme n’est pas de rigueur puisque les cas de violence physique et d’abus sexuels sont recensés tous les jours dans les rues tout autant que dans les prisons. Selon Scott Long, la tranche la plus touchée est celle des transexuels qui sont sujets à la perversité des gardes et à la curiosité des détenus. Depuis, les demandes d’asile, et tout spécialement celles de minorités sexuels ont augmenté.

« Les LGBT égyptiens qui tentent de trouver refuge à l’étranger rencontrent souvent une toute nouvelle gamme d’abus et de discrimination. Je viens de recevoir aujourd’hui les nouvelles d’un demandeur d’asile égyptien au Royaume-Uni dont le cas a été rejeté sur la base d’un prétexte absurde qui cache en réalité des dessous racistes. Depuis, il a vécu dans la rue pendant un moment, et a tenté de se suicider. Pour de nombreuses personnes LGBT égyptiennes, il semble n’y avoir personne vers qui se tourner », a-t-il conclu.

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[actu] Egypte : tout-répressif contre les homosexuels, les activistes, etc. https://depavage.noblogs.org/post/2014/11/02/actu-egypte-repression/ Sat, 01 Nov 2014 23:50:53 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=550 Continuer la lecture →]]> 544929_299499286914550_1285253077024712053_nAnglophone ? Vous pouvez lire un article sur cette histoire de « mariage gay » et sur la situation des femmes, homos et trans en Egypte sur Tahrir-ICN.

Dans la Sissicratie, la répression à l’encontre des opposants au régime, des activistes ou des homosexuels se poursuit de plus belle. Articles issus des mass-médias.

Trois ans de prison pour avoir été filmés à un «mariage gay»

Huit jeunes Egyptiens ont été condamnés ce samedi [1er novembre] par un tribunal du Caire à trois ans de prison pour être apparus dans la vidéo d’un «mariage gay» largement relayée sur les réseaux sociaux. La justice n’a retenu qu’un seul chef d’inculpation : «publication d’images indécentes», selon une avocate de la défense, Nesrin Nabil.

Les accusés étaient poursuivis pour «incitation à la débauche et outrage à la morale publique». La vidéo, qui avait été partagée par de nombreux internautes sur Facebook, Twitter et YouTube, montre un couple d’homosexuels célébrant leur union en petit comité et échangeant des alliances, sur un bateau au Caire, au milieu de leurs amis qui chantent et lancent des youyous.

Les huit jeunes, qui dissimulaient leurs visages avec des journaux au moment d’entrer dans le tribunal, ont écopé de la peine maximale dans ce genre d’affaires. Ils seront par ailleurs soumis à un contrôle judiciaire durant trois ans à l’expiration de leur peine. La défense fera appel de cette décision, a ajouté Me Nabil.

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La loi égyptienne n’interdit pas formellement l’homosexualité, mais plusieurs personnes ont été condamnées pour «débauche» ces dernières années, accusées d’avoir pris part à des fêtes rassemblant des homosexuels, des affaires qui ont défrayé la chronique dans des médias égyptiens prompts à les dénoncer, voire publier leurs photos.

En Egypte l’homosexualité est condamnée comme une «déviance» par l’islam comme par l’Eglise copte, obligeant la communauté gay à rester discrète. En 2013, un sondage réalisé par le centre de recherches américain Pew révélait que seuls 3% des Egyptiens estimaient que « la société devait accepter l’homosexualité ».

Trois Egyptiens ont été condamnés en avril à huit années de prison pour avoir, selon les autorités, organisé «une fête déviante» et pratiqué «la débauche». L’affaire la plus retentissante a eu lieu en 2001 lorsque 52 personnes avaient été arrêtées à bord d’un bateau-discothèque amarré au Caire, pour avoir participé à une fête réunissant des homosexuels. Vingt-trois avaient été condamnés à des peines allant d’une à cinq années de prison, notamment pour « débauche ».

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[Publié le 1er novembre 2014 par l’AFP média occidental]
 
 
 
 
 
 

23 militants condamnés à de lourdes peines

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Sa dernière journée de liberté, Alaa Abdelfattah l’a passée devant l’Académie de police de Tora, dans la banlieue du Caire. Derrière l’enceinte hautement gardée, où le tribunal pénal d’Héliopolis tenait audience dimanche 26 octobre, les proches et amis du célèbre blogueur égyptien assistaient eux, choqués, à la condamnation de sa sœur Sanaa et de 22 autres militants à trois ans de prison pour « participation à une manifestation illégale, vandalisme et entrave au trafic routier ». Un verdict dénoncé comme « politique » et « sans fondement » par leurs avocats. En juin, Sanaa Seif, 20 ans, avait pris part à une manifestation devant le palais présidentiel pour protester contre la loi limitant le droit de manifester, sous le coup de laquelle son frère et 25 autres personnes étaient poursuivis. Le militant de 32 ans avait été appréhendé à son domicile, la veille de la publication de la loi au journal officiel, le 26 novembre, après avoir manifesté contre l’extension de la juridiction des tribunaux militaires en matière civile.

A l’annonce du verdict de sa sœur, fataliste, Alaa a écrit sur son compte Twitter : « J’espérais le meilleur d’eux, pensant qu’ils libéreraient Sanaa et m’emprisonneraient à la place. Il semblerait qu’ils vont nous emprisonner tous les deux. » Une prophétie qui n’a pas tardé à se réaliser. Après plusieurs allers-retours en prison, Alaa a de nouveau été placé en détention à la réouverture de son procès en appel, lundi. (…)

[Publié par le média payant et contre-révolutionnaire Le Monde le 29 octobre 2014.]
 
 

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Abû Nuwâs, poésie arabe https://depavage.noblogs.org/post/2014/10/05/abu-nuwas/ Sun, 05 Oct 2014 19:48:26 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=402 Continuer la lecture →]]> أبو نواس الحسن بن الهانئ الحكمي

Abû Nuwâs  est un poète arabo-persan, né entre 747 et 762 à Ahvaz (Iran actuel), mort dans sa cellule à Bagdad (Irak actuel) en 815.

A l’heure où l’islamophobie et l’homophobie nous inondent de leur odeur nauséabonde, ses textes intemporels nous amènent un peur d’air frais du Moyen-Âge…

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M’aimes tu 

Quand j’ai vu ce beau jeune homme
il riait à belles dents

Nous étions tous deux, en somme,
seuls avec Dieu, cependant, 

Il mit sa main dans la mienne
et me fit tout un discours. 

Puis me dit:” Est-ce que tu m’aimes?”
“Oui, au-delà de l’amour”

“Donc, dit-il , tu me désires?”
“Tout est désirable en toi”

“Crains Dieu alors, oublie-moi!”
“Si mon cœur veut m’obéir.”

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L’amour en fleur 

Je meurs d’amour pour lui, en tous points accompli
et qui se perd en attendant de la musique

Mes yeux ne quittent pas son aimable physique
sans que je me merveille à le voir si joli. 

Sa taille est un roseau, sa face est une lune
et sa joue en feu ruisselle la beauté

Je meurs d’amours pour toi, mais garde mon secret:
le lien qui nous unit est une corde sûre. 

Que de temps il fallut, pour te créer, aux anges!
tant pis pour les envieux : je chante ta louange.

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Me tuera-t-il? 

Ses larmes coulent sur les roses de ses joues
parce que je l’ai embrassé à l’improviste.
Mais quand je lui tendis un verre, déjà ivre,
il défit sa ceinture en faisant un mou.
Malheur à moi, quand il sortira du sommeil
de l’ivresse! Me tuera-t-il à son réveil?
Pour, des yeux, me punir de sa mésaventure?
N’ai-je pas dérangé le nœud de sa ceinture?

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Au bain maure 

Ce que les pantalons ont caché se révèle.
Tout est visible. Rince toi l’œil à loisir.

Tu vois une croupe, un dos mince et svelte
et rien ne pourrait gâcher ton plaisir.

On se chuchote des formules pieuses…
Dieu, que le bain est une chose délicieuse!

Même qu’en venant avec leurs serviettes,
les garçons du bain ont troublé la fête.

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Pour si peu 

Je lui demande quelque chose
“Oh non, j’ai honte” m’a-t-il dit,
“Va voir un autre et propose
ce que nos pères ont interdit”

Je lui dis: “Je ne veux rien d’autre.”
“C’est mal, dit-il, c’est une faute.”
Et il voile sa jeune peur
D’un pan d’étoffe des ses pleurs. 

 

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[actu] « Si tu es homosexuel (et palestinien)… Israël va transformer ta vie en enfer » https://depavage.noblogs.org/post/2014/09/14/actu-si-tu-es-homosexuel-et-palestinien-israel-va-transformer-ta-vie-en-enfer/ Sat, 13 Sep 2014 23:31:49 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=254 Continuer la lecture →]]>
Publié par Jeune Afrique le 12.09.2014

Une quarantaine de soldats de réserve de la plus prestigieuse unité de renseignement militaire israélien ont décidé de ne plus en endosser l’uniforme pour ne plus avoir à participer aux injustices commises selon eux contre les Palestiniens. Il s’agit de l’une des plus importantes expressions d’objection de conscience depuis des années en Israël.

« Nous, anciens de l’unité 8200, réservistes mobilisés ou mobilisables, déclarons que nous refusons de prendre part à des actions contre les Palestiniens et de continuer à être instrumentalisés pour renforcer le contrôle militaire sur les Palestiniens dans les territoires occupés », écrivent 43 officiers et soldats signataires d’une lettre adressée au Premier ministre et au chef d’état-major israéliens et transmise vendredi à l’AFP dans une version anonyme.

« Nous ne pouvons plus continuer à servir ce système et à dénier leurs droits à des millions de personnes tout en gardant bonne conscience », disent les signataires.
Publiée moins de trois semaines après la guerre dans la bande de Gaza, la lettre est sans lien avec elle. Mais elle est un pamphlet contre la politique globale du « régime » et les pratiques du Renseignement mises au service de cette politique.

La NSA israélienne

Il y est question de mise sous surveillance de millions de Palestiniens sans distinction, jusque dans leur vie privée. Ces refuzniks (terme désignant des Israéliens refusant de servir) dénoncent « la persécution politique » à laquelle participe leur activité d’espionnage; des tribunaux militaires rendant leurs jugements sans que les Palestiniens aient accès aux preuves rassemblées contre eux et des agissements montant les Palestiniens les uns contre les autres.

Ils s’en prennent plus largement à la règle militaire sous laquelle des millions de Palestiniens vivent depuis plus de 47 ans ainsi qu’à la colonisation et à l’hypocrisie d’une politique invoquant les nécessités de sécurité pour se justifier. L’armée a nié la réalité de ces accusations et a affirmé dans un communiqué ne « pas avoir d’informations selon lesquelles des violations spécifiques mentionnées dans cette lettre ont eu lieu ».

Ce « manifeste des 43 » émane d’une unité qui, par la force des choses, sort rarement de l’ombre. L’unité 8200 est un service d’élite du renseignement militaire. Spécialisée dans la cyberdéfense, chargée des écoutes, elle est souvent comparée à la NSA (National Security Agency) américaine. Dans un pays où l’armée joue un rôle prééminent et où l’opinion a très majoritairement soutenu la récente guerre à Gaza, la dernière manifestation marquante d’objection de conscience remonte à 2003, lors de la seconde Intifada. Vingt-sept pilotes de l’armée de l’air avaient refusé de mener des opérations de liquidation dans les Territoires palestiniens.

Ils ont perdu le sommeil

« Je pense que nous avons tous signé cette lettre pour la même raison: parce que nous n’arrivons plus à dormir la nuit », résume une des 43 dans un entretien publié vendredi dans le quotidien à grand tirage Yediot Aharonot. Une femme parle de l’erreur d’identification qu’elle a commise et qui a conduit selon elle à la mort d’un enfant. D’autres s’émeuvent d’avoir à écouter les conversations les plus intimes de Palestiniens.

« Si tu es homosexuel, et que tu connais quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît l’homme que l’on recherche, Israël va transformer ta vie en enfer », explique un autre à titre d’exemple.

« C’est comme cela qu’on recrute des agents partout dans le monde, cette méthode du chantage se trouve dans n’importe quel manuel du renseignement de n’importe quelle armée », commente le colonel de réserve Itamar Yaar, ancien vice-président du Conseil de sécurité nationale interrogé par l’AFP.

« Les soldats sont aussi des citoyens et ont aussi une opinion politique. J’aurais préféré que cette lettre n’existe pas, mais elle est là, et c’est une chose normale », dit-il.

Un responsable sécuritaire a minimisé l’impact de ce « manifeste des 43 ». « Ils lavent leur linge sale en public avant même de se tourner vers l’armée. C’est la preuve qu’ils sont dans une démarche d’activisme politique plutôt qu’une volonté de faire changer le système », a dit à l’AFP ce responsable sécuritaire sous couvert d’anonymat. Selon lui, ces 43 personnes représentent moins d’1% du nombre total de réservistes de l’unité 8200.

(Mass média – Jeune Afrique avec AFP)

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[actu] Le Conseil d’Etat permet à un couple gay franco-marocain de se marier https://depavage.noblogs.org/post/2014/08/29/actu-le-conseil-detat-permet-a-un-couple-gay-franco-marocain-de-se-marier/ Fri, 29 Aug 2014 21:52:29 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=61 Continuer la lecture →]]> L’état Francais donne un visa à un homosexuel marocain pour qu’il puisse se marier

publié le Dim. 27 Juil. 2014

Le mercredi 9 juillet 2014, le Conseil d’État a sommé le gouvernement de délivrer sous 24 h un visa à un homme homosexuel d’origine sénégalaise vivant au Maroc pour qu’il puisse épouser son conjoint Français le samedi. Cette décision est une première , elle vient sanctionner « une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale de se marier », car le Maroc interdit les unions homosexuelles. Habitant à Casablanca, l’homme a décidé d’épouser son conjoint dès lors que la loi Taubira ouvrant le mariage aux couples homosexuels prévoit que si l’un des époux est ressortissant d’un pays interdisant ce type d’union, le mariage ne peut pas être célébré par les autorités diplomatiques et consulaires françaises – comme c’est fréquemment le cas pour les couples hétérosexuels – mais qu’il doit avoir lieu en Franc. Le 26 mai, il déposa donc une demande de visa au consulat français qui fût refusée un peu moins d’un mois plus tard. Il s’est donc adressé au tribunal administratif de Nantes qui a refusé lui aussi. Il s’est enfin tourné vers la plus haute juridiction administrative, le Conseil d’État. A cette audience, le ministère de l’intérieur a remis en cause la sincérité de l’union. Pour justifier le refus de visa le ministère évoque les antécédents migratoires de l’intéressé qui est venu en France sans papier en 2010. Soulignant par ailleurs que les deux hommes ont trente-cinq ans d’écart. Néanmoins, le juge a déclaré que le refus de visa portait « une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale de se marier » étant donné que le Maroc n’autorise pas le mariage homosexuel. Le juge a également démenti le doute de la sincérité de l’union en soulignant le fait que les deux hommes vivaient ensemble à Casablanca depuis quatre ans, que le jeune sénégalais y travaillait et que les demandes de séjours n’avaient pour but que de passer des vacances. Le Conseil d’État a donc donné au gouvernement français 24h pour délivrer le visa et l’a condamné à verser 5.000 euros au demandeur.

(source mainstream : za-gay)

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