France – Dépavage https://depavage.noblogs.org Dép' (pédés - "HSH", "homos", "gays"-) et luttes sociales >> Revue de presse, archives et contributions Fri, 17 Jul 2015 19:48:34 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1 Mon parcours d’homo dans la classe ouvrière, Rachid Stali https://depavage.noblogs.org/post/2015/07/10/mon-parcours-dhomo-dans-la-classe-ouvriere-rachid-stali/ Fri, 10 Jul 2015 19:54:07 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1654 Continuer la lecture →]]> arb03A l’usine, chaque fois que j’ouvrais mon placard, on me demandait pourquoi je n’avais pas de photos de filles nues comme tous les autres. (Par Rachid Stali)

Le parcours de Rachid est loin d’être un cas isolé, et pourtant, son histoire est celle de millions de travailleurs et de travailleuses dans l’ombre. Si assumer sa sexualité, lorsque celle-ci ne correspond pas à la norme hétérosexuelle reste un parcours du combattant dans toutes les couches de la société, ceci est d’autant plus dur lorsqu’on est ouvrier et que les patrons s’en servent pour nous humilier et nous maintenir sous leur domination. Malheureusement, l’histoire des personnes LGBTI dans la classe ouvrière a souvent été aussi celle de la marginalisation de leur lutte au sein de certaines organisations du mouvement ouvrier. Par exemple, l’homosexualité a été pour les appareils staliniens jusque dans les années 1970 “une tradition étrangère à la classe ouvrière”. Or, comme le récit de Rachid le montre bien, la classe ouvrière est aussi gay, lesbienne, bisexuelle, trans, intersexe, etc. Voici un récit de vie et de lutte contre un système qui exploite, opprime et répand son idéologie dans tous les recoins de la société. [intro du site qui publie, Révolution permanente.com, un courant d’extrême-gauche trotskiste – tout aussi hétérosexiste que les stal dans les années 70, cf. publications du FHAR a propos des articles dans Rouge, journal de la LCR].

Mon père est arrivé d’Algérie en 1947. Il a d’abord travaillé dans les mines du Nord de 47 à 51, puis chez Faure Electroménager, puis chez Porcher, fabriquant d’équipements sanitaires, chez qui il a fini sa carrière. Il s’est marié en 1959 avec ma mère, avec qui il a eu quatre enfants. Je suis le deuxième, né en 1961, un an avant la guerre d’Algérie. A l’âge de 16 ans je savais déjà que j’étais différent.

A quatorze ans, j’avais des copains du quartier avec qui on se posait sur l’herbe l’été parce qu’on n’avait pas d’argent pour partir ailleurs. Tout le monde pense qu’à quatorze ans on s’intéresse aux filles, mais moi je regardais les garçons. Alors que mon frère regardait toujours sous la jupe des filles, je me demandais : « est-ce que je suis normal ? ». Dans ma tête je me disais que j’avais un problème…

A l’époque j’étais apprenti pâtissier en alternance. J’allais à l’école trois semaines, puis trois semaines j’étais en stage. On commençait le travail à quatre heures du matin au lieu de six heures. Le patron disait qu’il fallait fermer sa gueule et les autres employés étaient aussi très désagréables. En fin de comptes, j’étais traité comme un esclave. Je travaillais six jours sur sept et je n’étais même pas payé ! Au bout des trois semaines de travail, on me donnait comme « salaire » deux tartes et une brioche. Quand je rentrais à la maison, mon père était écœuré parce qu’il voyait que son fils, un fils d’immigré, se faisait humilier au travail.

Durant ces années je ne montrais aucun signe de qui j’étais au fond, même si j’avais un penchant pour un copain du quartier. Chaque fois que je le voyais, je vibrais, mais je ne pouvais pas l’exprimer par peur du « qu’en dira-t-on ». Les choses se sont compliquées quand je suis entré dans le monde du travail. Mon père m’avait fait embaucher chez Porcher en 1979, j’avais 18 ans. Le samedi, on sortait en discothèque avec des copains du quartier, et pour montrer que j’étais comme eux, je dansais avec des filles. Et il m’arrivait même d’en embrasser ! Mais je le vivais mal, parce que je savais que j’étais différent. Un jour je me suis regardé dans la glace et je me suis dit : « Je suis pédé, comment je vais faire pour m’en sortir ? » Il y avait une peur par rapport aux autres, tu as 18 ans, tu as peur de ton futur.

A l’usine, chaque fois que j’ouvrais mon placard, on me demandait pourquoi je n’avais pas de photos de filles nues comme tous les autres. Dans la classe ouvrière on a beaucoup de ces photos. Les autres me disaient : « T’as vu la belle chatte ? » Je ne disais rien, je n’en avais rien à foutre, j’étais totalement indifférent. On me demandait : « Ce week-end, c’était comment en discothèque ? T’en as baisé beaucoup ? » Je disais que oui, que j’avais beaucoup flirté. Ce n’était pas possible de dire que j’étais homo, surtout quand tu habitais dans un petit bled comme le mien. Les choses se sont empirées quand un collègue a commencé à me dire tous les lundis : « Ça va artaïl ? », qui veut dire pédé en arabe. Je répondais « ferme ta gueule ! », mais ça me faisait mal, parce que c’était la vérité et j’étais obligé de me protéger.

Je suis parti faire mon service militaire en Algérie de 84 à 86 et ça a été très compliqué. A la caserne, j’étais entouré de beaux garçons, mais je me retenais ! Je savais qu’à la caserne il se passait des choses, je savais que l’homosexualité était présente. J’étais tout le temps partagé entre le désir et l’abstinence. Pendant le ramadan, j’ai même repoussé un garçon parce que je ne voulais pas que ça se sache, et pourtant il était très beau ! Une fois que je suis rentré en France j’ai enchaîné différents boulots. J’ai travaillé quelques années dans un fastfood à Paris, puis je suis parti ensuite en Savoie pour travailler sur les chantiers des Jeux Olympiques pendant deux ans.

Finalement, en 1993, j’ai rencontré quelqu’un, un africain bisexuel, et c’est à ce moment là que j’ai commencé à m’assumer. C’est là que ma vie sexuelle a commencé. Je pense que les ouvriers aussi ont droit à une sexualité et aussi droit au bonheur. La classe ouvrière doit aussi être heureuse ! Avec le recul, j’ai des regrets parce que j’aurais du m’assumer plus tôt, mais la situation ne me le permettait pas, surtout en province et dans un petit bled.

Dans ma famille on commençait à se demander pourquoi je n’étais pas marié alors que tout le monde était casé et avait des enfants, ils voulaient me voir comme eux. A un moment je commençais à être asphyxié par les questions et les histoires de mariage, j’ai donc décidé de faire mon coming out. Je l’ai d’abord annoncé à un de mes frères. A l’époque j’étais très amaigri, j’avais l’air malade, c’est pour ça que mon frère a eu peur quand je lui ai dit que j’avais quelque chose à lui dire, il a pensé que j’allais lui annoncer une maladie. Mon autre frère qui travaille à la SNCF, qui est quelqu’un de très sensible, s’est mis à pleurer en disant que je serai toujours son petit frère, mais qu’il avait peur des agressions possibles (qui à l’époque étaient monnaie courante) et des conséquences auprès de la famille ou dans le quartier. Quant à mon père, il est décédé avant mon coming out. C’était bien sûr une grande douleur, mais je suis content de ne pas lui en avoir parlé, je ne voulais pas le blesser. Mes frères étaient d’accord, je ne sais pas comment il aurait réagi.

En 2005 je suis arrivé dans les cuisines d’un établissement de l’enseignement supérieur. Le chef avait l’air sympa au début et les collègues aussi. En 2007 ils savaient tous que j’étais homo, et le chef disait que ça ne lui posait pas de problème, mais ce n’était pas vrai dans le fond, la suite l’a montré. Il m’invitait dans son bureau, où il me montrait des images porno sur son ordi pour voir ma réaction, ou parfois il me poussait sur une collègue en disant « vas-y ! ». Mais je fermais ma gueule parce que j’étais en CDD ! J’étais le pédé de service et ils me le faisaient tous savoir. Tout ça parce que j’étais précaire. Si je n’avais pas été précaire, je ne me serais pas laissé faire ! Et la direction de l’établissement n’a rien fait pendant des années. C’était vraiment pire qu’à l’usine.

Un jour, après une première assemblée générale, une grève éclate. Je croise le chef et je dis « bonjour chef, vous allez bien ? » et il me répond « ça va petit pédé ? ». Le masque était tombé… Il se servait de ma précarité et de ma sexualité pour m’écraser. Il s’en prenait à moi parce que j’avais décidé de faire grève. Cette grève contre la précarité a aussi servi à dénoncer cette hiérarchie. Des gens étaient en souffrance dans le service parce que le chef était aussi sexiste et raciste, il fallait qu’il parte. A la fin, on a gagné la grève, on a obtenu des CDI et le chef est parti. Malheureusement il a seulement été muté de service, il est toujours là quelque part.

La classe ouvrière a droit au bonheur. On doit défendre la diversité entre les travailleurs et être heureux c’est important. Il y a beaucoup de boulot à faire là-dessus.

Rachid Stali

Publié en juin 2015 par le site Révolution permanente.

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Témoignage d’un migrant, Paris, juillet 2015 https://depavage.noblogs.org/post/2015/07/10/temoignage-dun-migrant/ Thu, 09 Jul 2015 23:40:08 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1644 Continuer la lecture →]]> noborders_wired_birdJe m’appelle Maurice*, j’ai 20 ans, je viens d’un pays d’Afrique subsaharienne et je suis homosexuel. Je voudrais vous raconter mon histoire. (publié le 5 juillet sur la page Facebook du Comité de soutien des Migrants de la Chapelle)

Alors, je ne sais pas par où commencer. En 2013, je vivais avec mes parents et mes frères et sœurs, j’allais à l’école, et j’avais des amis. Quand je me suis aperçu de mon homosexualité, j’ai fréquenté un homme, et comme c’est mal vu dans mon pays, un ami à moi l’a raconté à mon père. Quand celui-ci a découvert que suis gay, il m’a demandé si c’était vrai, et comme je ne peux pas lutter contre ce que je suis, je lui ai dit la vérité. Mon père ne l’a pas acceptée, il m’a enchaîné et maltraité, il a refusé de m’envoyer à l’école, et a même arrêté de la payer pour que je ne puisse plus assister aux cours. Il m’a dit que je n’étais plus son fils, et tout le monde m’ignorait à la maison. Ils ne me comptaient plus pour les repas, refusaient de me nourrir ou de m’adresser la parole, et m’empêchaient même de sortir. Des fois je m’échappais et ils ne m’ouvraient plus la porte, et je restais des jours et des nuits entières à errer dans les rues. Personne ne voulait m’aider, c’est contre les traditions, contre la culture. À leurs yeux, je suis un criminel, je ne suis plus un homme, je suis condamné. Après un mois à vivre cette situation, ils m’ont abandonné. Ils m’ont dit de quitter la maison. Ils ne voulaient même plus me voir. J’ai donc vécu dans la rue pendant sept mois. Je dormais dehors, et je travaillais au marché la journée pour un salaire ridicule. Les gens que je fréquentais alors n’étaient pas au courant de mon homosexualité, et ceux qui savaient parmi mes amis ou ma famille m’ignoraient ou m’insultaient lorsqu’ils me croisaient dans la rue. Dans mon pays il n’existe pas d’associations pour défendre ou aider les homosexuels. J’étais tout seul, livré à moi-même. J’ai beaucoup souffert, et je souffre encore aujourd’hui.

J’ai alors décidé de quitter mon pays. Le 31 mai 2014, je suis parti en camion pour la Libye, avec le projet de travailler pour ensuite aller en France, terre d’asile et pays des droits de l’Homme, où je pensais pouvoir trouver la liberté d’exister et d’être qui je suis. Ça ne servait à rien de rester dans mon pays, où j’avais tout perdu, et où je ne pouvais pas vivre librement. Je pensais que ça allait être mieux en Libye.

Après 15 jours de voyage en camion dans le désert, en ne mangeant qu’une fois par jour, et en ne buvant qu’un verre d’eau le matin, et un autre le soir, nous sommes arrivés, moi et les 24 autres clandestins, à la frontière libyenne. Là, les douaniers nous ont attrapé, et nous ont amenés à la prison de Ajdabiya. J’ai été emprisonné et torturé pendant huit jours. Ils me demandaient de l’argent pour ma libération. J’ai donc appelé mon père, mais quand il a décroché et que je lui ai raconté la situation, il a dit que ce n’était pas son problème et m’a demandé de ne plus l’appeler. Puis ils m’ont relâché, et je me suis retrouvé de nouveau à la rue, sans rien ni personne. Sans argent, ni travail, ni adresse. J’ai dormi quatre jours dans la rue, puis j’ai rencontré des migrants soudanais. Je leur ai raconté la situation, en taisant le fait que je suis homosexuel. En effet, chez eux aussi, c’est mal vu, et c’est contraire à leur culture. Je ne voulais plus être seul, ni rejeté. J’avais besoin d’amis, de compagnons, et de soutien. Ils m’ont donc accueilli pendant 4 jours, et ils m’ont aidé à trouver un travail dans un restaurant soudanais. J’y ai travaillé pendant un an. En Libye il y a la guerre, et la sécurité est quasi inexistante. J’ai plusieurs fois été menacé, et volé dans la rue, ou dans le restaurant. Des civils entraient parfois armés de kalashnikovs et nous volaient tout. J’avais très peur de mourir.

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Après un an, avec 8 amis soudanais, nous avons payé un passeur pour traverser la Méditerranée et rejoindre l’Italie. La traversée a duré près de deux jours. Nous étions 114 personnes sur un bateau ne pouvant en supporter que 80. Avant de toucher terre, le bateau a calé en pleine mer, juste après avoir franchi la frontière italienne. Nous avons été contraints d’appeler les garde-côtes italiens pour qu’ils viennent à notre secours. On pensait qu’on allait mourir là. La majorité d’entre nous ne savaient pas nager, moi y compris.

Une fois à terre, ils ont relevé nos identités, ont pris les empreintes digitales de la plupart d’entre nous, et j’ai passé quelques heures en rétention. Quand j’en suis sorti, je suis allé me reposer, me laver et manger dans un centre d’accueil, puis je suis parti en direction de Milan. J’ai alors pris un autre train pour me rendre à Paris.

Je suis arrivé à Paris le 6 juin 2015 à 23h15 avec trois de mes compagnons soudanais. Épuisés, sans argent, mais enfin arrivés! On était tellement heureux! Je croyais être arrivé au paradis. En tant que demandeurs d’asile, nous savions qu’en France nous avions droit à un logement. Nous pensions que tout allait être facile. Mais quelle déception… Le soir même, nous nous sommes rendus au commissariat pour leur expliquer notre situation et leur demander de nous guider vers une association ou vers un organisme qui pourrait nous aider, mais ils nous ont rétorqué que tout était fermé, et que nous devions repasser le lendemain vers 9h. Je leur ai demandé où nous pouvions dormir cette nuit et ils nous ont dit qu’ils ne savaient pas. Nous avons passé la première nuit dans une petite rue près de Gare du Nord. Le lendemain à 9h, ils nous ont indiqué l’adresse de France Terre d’Asile, où nous nous sommes rendus, et où ils nous ont donné un rendez-vous pour le 9 Juillet, c’est à dire un mois plus tard. J’ai à nouveau demandé où est-ce que nous étions supposés nous loger en attendant le rendez-vous, et ils m’ont dit qu’ils ne s’occupaient pas du logement, et que pour ça je devais m’adresser à la préfecture.

On était le 8 juin, et ça faisait 6 jours que le campement de migrants de La Chapelle (18ème) avait été violemment démantelé et évacué, et quelques jours que les migrants avaient trouvé refuge sur une esplanade de la Halle Pajol. C’est là que nous nous sommes rendus. Et le jour même, la police a procédé à l’évacuation brutale de ce nouveau campement de fortune. Les policiers entrainaient de force migrants et riverains vers les camions, n’hésitant pas à les brutaliser et à les frapper. Ils nous ont gazé alors que nous nous résistions à nous laisser emmener. Je ne comprenais pas ce qu’il se passait, ni pourquoi la police était si violente avec nous ; nous n’avions rien fait!!! Nous nous sommes enfui, puis nous nous sommes à nouveau regroupés à Pajol.

Entre temps, l’association Bois Dormoy, qui possède un jardin participatif dans le quartier, avait accepté d’héberger les quelques 200 migrants qui avaient réussi à échapper à l’opération policière. Nous nous y sommes donc rendus, et là tout s’est très vite enchaîné. Nous avons prétendu être mineurs, nous avons rencontré une riveraine, qui nous a emmené chez une amie à elle qui a accepté de nous héberger le temps de trouver une solution. Ça fait maintenant un mois que je vis chez cette personne, qui maintenant sait que je suis majeur, qui est au courant de mon homosexualité, et qui est devenue mon amie. Aujourd’hui nous devons déménager, nous n’avons plus d’appartement, et nous ne trouvons plus de solutions.

Je n’ai avoué mon homosexualité qu’à peu de gens. Je sais que ça sera mal vu auprès des autres réfugiés, et même mes amis avec lesquels je voyage depuis la Libye ne sont pas au courant. Ici je commence peu à peu à m’assumer. J’ai rencontré des gens qui ne me jugent pas pour ma sexualité, et je souhaite continuer dans cette voie, pour enfin pouvoir m’installer quelque part, et enfin pouvoir commencer à être moi. Avoir des droits, être accepté, et être libre d’exister. Voilà mon histoire.

* pour des raisons d’anonymat le prénom a été changé.

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A Marseille, le difficile parcours des travestis algériens https://depavage.noblogs.org/post/2015/06/11/marseille-travestis-algeriens/ Thu, 11 Jun 2015 18:01:32 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1472 Continuer la lecture →]]>

travaljezair« Arrivés dans la cité phocéenne dans les années 1980, de nombreux travestis d’origine algérienne sont aujourd’hui victimes d’agressions physiques et verbales. Une association s’inquiète du rétablissement du délit de racolage passif, voté par le Sénat fin mars. » (Article de Stéphanie Plasse, ma$$média Le Monde Afrique du 29 mai 2015)

« Comme au bled, des personnes nous agressent parce que nous sommes homosexuels et différents, lance Rayane (*). On nous jette des cannettes, on nous insulte, on nous roue de coups. » Rayane a quitté Annaba, une ville de l’est de l’Algérie, pour rejoindre Marseille au milieu des années 1980. C’était à une époque où les Algériens pouvaient facilement obtenir un visa touristique d’une durée de trois mois pour la France. « C’est à cette période, comme l’observe le sociologue Laurent Gaissad, auteur d’une étude sur la prostitution algérienne à Marseille, que la plupart ont décidé de tenter leur chance en se prostituant de l’autre côté de la Méditerranée. »

Issus des milieux populaires, ils venaient de la métropole portuaire d’Annaba et de son arrière-pays, mais aussi d’autres grandes villes côtières comme Oran, Mostaganem ou Skida. Mais, à la différence de Rayane, les Algériens allaient à Marseille pour se constituer un pécule et repartaient ensuite au pays. « Pour beaucoup, la prostitution n’était qu’une étape pour un commerce en Algérie, acheter une voiture ou un appartement », explique Laurent Gaissad.

« L’étape du mariage »

La situation est devenue plus difficile avec le début de la guerre civile en Algérie en 1991, et l’instauration de la loi Pasqua en 1993 pour renforcer les mesures contre l’immigration clandestine. Les déplacements sont rendus compliqués, voire quasi impossibles pour les Algériens ayant fait l’objet d’une mesure d’expulsion en France. « L’étape du mariage est soudain devenue un enjeu collectif pour ces personnes qui souhaitaient rester et qui craignaient de retourner dans leur pays où les homosexuels étaient menacés », souligne Laurent Gaissad.

Depuis 1995, l’association Autres Regards organise des tournées dans les quartiers de la cité phocéenne dans un objectif de prévention, de réduction des risques sexuels et de lutte contre toutes les formes de violences à l’égard des prostitués. Parmi eux, les travestis, qui sont victimes au quotidien d’agressions physiques et verbales. Dans les locaux de l’association, on s’inquiète du rétablissement du délit de racolage passif, voté par le Sénat fin mars, et de la suppression de la pénalisation des clients. « Avec le rétablissement de ce délit, on fragilise et on vulnérabilise ces personnes au lieu de les protéger », s’insurge Jean-Régis Ploton, directeur d’Autres Regards.

Djamel (*) fait partie de ces prostitués algériens qui ont choisi de se marier pour assurer leur sécurité. Dans les années 1990, il a épousé une Française d’origine algérienne pour avoir la nationalité. « Elle était lesbienne et j’étais homosexuel. Ce mariage m’a permis d’avoir des papiers et de préserver l’honneur de nos deux familles. »

A 49 ans, Djamel continue de se prostituer aux abords de l’avenue du Prado à Marseille. « Quand je suis arrivé en 1985 à Paris, j’ai fait la connaissance de prostitués algérois qui s’habillaient en femme. Comme j’avais besoin d’argent, j’ai commencé cette activité. Au bout d’une semaine, je suis redescendue à Marseille et j’ai continué à vendre mes charmes du côté de la gare Saint-Charles », se souvient-il.

« Les clients nous préfèrent en femme »

A cette époque, les prostitués algériens arpentaient les rues de ce quartier de drague masculine, dont la proximité avec la gare et l’autoroute A7 en direction d’Aix-en-Provence et d’Avignon en faisait un lieu très fréquenté.

Aujourd’hui, les prostitués maghrébins ont pris possession d’autres quartiers : rue de la Bibliothèque, rue Adolphe-Thiers, rue de la Rotonde, avenue du Prado… Si ces hommes ont choisi de s’habiller en femme, c’est avant tout par nécessité économique et pour conserver un certain anonymat. « La prostitution en “homme” ne marche pas. Les clients nous préfèrent en “femme”. C’est également mieux pour moi. Dans la journée, je suis en garçon, je passe inaperçu et je peux mener ma vie librement », raconte Djamel. Aujourd’hui, les nouveaux arrivants se font rares. Seuls restent à Marseille les prostitués algériens venus dans les années 1980 qui, malgré les années, et les distances parcourues, vivent encore avec le poids du secret.

(*) Les prénoms ont été modifiés

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[actu] France, Lyon : pas de gay pride dans le quartier des touristes et des fafs !? https://depavage.noblogs.org/post/2015/06/11/actu-france-lyon-pas-de-gay-pride-dans-le-quartier-des-touristes-et-des-fafs/ Thu, 11 Jun 2015 15:09:56 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1465 Continuer la lecture →]]> 14283264472_97f8045ae8_oLa Lesbian and Gay Pride de Lyon n’a pas apprécié que le 5e arrondissement leur soit refusé. Dans un communiqué, elle explique que les services de la préfecture du Rhône s’étaient engagés à ne plus organiser de manifestations sur place pour « cause de risques de trouble à l’ordre public ». Sauf que lundi soir, les anti-GPA étaient 400 à se rassembler devant les Assises du Rhône dans le 5e. Articles de mass médias.

Lyon: la Lesbian and Gay Pride interdite de Vieux-Lyon

Publié le 10 juin par le média gay ripoublicain Yagg.

Selon la LGP de Lyon, «en refusant le passage de la 20e marche des fiertés LGBT (…) dans le Ve arrondissement, l’État laisse ainsi cet arrondissement aux mains de l’extrême droite la plus radicale». Lundi 8 juin, la «Manif pour tous» locale manifestait à nouveau contre la GPA.

Le 20 juin prochain, la marche des fiertés lyonnaise, organisée par la Lesbian and Gay Pride (LGP) de Lyon, fêtera sa 20e édition. Les organisateurs/trices de la pride, où 18.000 personnes sont attendues, voulaient donc marquer le coup en défilant par le quai Romain-Rolland dans le Ve arrondissement de Lyon, un coin du Vieux Lyon qu’ils et elles évitent depuis des années parce que les identitaires y ont leur quartier et ont l’habitude de manifester.

Des négociations ont même été entreprises en février dernier, mais «le 24 mars dernier, la préfecture nous a assuré qu’elle ne tolérait plus aucune manifestation dans ce secteur pour cause de risques de troubles à l’ordre public», raconte David Souvestre, secrétaire de la LGP de Lyon à metronews. Un argumentaire qui aurait pu faire retomber la tension si la préfecture n’avait pas autorisé lundi 8 juin un rassemblement anti-gestation pour autrui (GPA), à l’appel de la «Manif pour tous» locale, devant le vieux palais de justice de Lyon situé… quai Romain-Rolland!

«HYPOCRISIE» ET «DOUBLE DISCOURS»
Dans un communiqué daté du 10 juin, «Vieux Lyon: l’extrême droite dicte sa loi au Préfet !», la LGP Lyon a violemment réagi en dénonçant l’hypocrisie et le double discours que laisse supposer cette décision préfectorale. «Dans notre République, l’État ne peut tolérer des no-go-zones pour les LGBT. Nous tenons à rappeler notre attachement au respect inaliénable de la liberté de manifester pourtant bafouée à Lyon», clame Edwige Marty, présidente de la LGP de Lyon.

Car pour l’organisation, cette interdiction fait entièrement le jeu des identitaires. «En refusant le passage de la 20e marche des fiertés LGBT, qui prône pourtant les valeurs de notre pacte républicain, dans le Ve arrondissement, l’État laisse ainsi cet arrondissement aux mains de l’extrême droite la plus radicale». Et la LGP Lyon de prévenir: «En juin 2016, nous manifesterons dans le Ve arrondissement. La Préfecture du Rhône et ses services ont maintenant un an pour s’y préparer». Interrogée par 20 minutes, la préfecture persiste: «Ce n’est pas une question de fond mais bien de sécurité». «L’objectif est d’éviter un blocage complet du centre-ville. Il n’était par ailleurs pas possible d’envisager de bloquer plusieurs ponts au même moment», justifie la préfecture à metronews. De quoi rester perplexe quand on sait que 24000 personnes défilent à Montpellier… Sans difficultés.

par Florian Bardou, journaliste du média gay mainstream Yagg.

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Y a-t-il tout de même des quartiers plus difficiles à vivre que d’autres ces derniers temps ?

D.S. : Pour la Gay pride, la Préfecture refuse que l’on passe dans le 5e arrondissement à cause de la pression d’extrême droite. On a changé le tracé cette année et on voulait passer dans le 5e, devant le Palais de justice, pour montrer qu’aucun quartier n’est infréquentable pour les LGBT. La Gay pride ne passera pas dans le 5e mais nous persistons : nous organisons un buffet inaugural le 12 juin au musée Gadagne pour la quinzaine des cultures LGBT. Il n’est pas normal que l’Etat sanctuarise des quartiers, même si c’est au nom de la sécurité publique.

(extrait d’une interview donnée à LyonCapitale par David Souvestre, membre de la Lesbian & Gay Pride de Lyon, le 17 mai dernier)

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Enracinement. Une «hypocrisie» et un «double discours» que dénonce Edwige Marty, présidente de la Lesbian and Gay Pride de Lyon. La préfecture a en effet autorisé à deux reprises, le 8 et le 18 juin, des rassemblements de militants anti-GPA devant le palais de justice, situé dans le même arrondissement. La première de ces manifestations, dispersée en début de soirée, s’est même reformée vers 22 heures. Cortège à pied suivi de quelques véhicules, banderoles et mégaphone : les habitants du Ve n’ont pas tous apprécié. «Dans notre République, estime Edwige Marty, l’Etat ne peut tolérer des « no-go zones » pour les LGBT et abandonner des quartiers entiers à des groupes factieux.»

«Saint-Jean est à nous !» est devenu le cri de ralliement des groupuscules d’extrême droite, dont l’enracinement dans ce quartier historique remonte à 2010. En cinq ans, au moins une vingtaine d’agressions ont été recensées – des bars et des restaurants (dont des kebabs) étant régulièrement mis à sac.

Il y a d’abord Rebeyne, la branche lyonnaise de Génération identitaire. Puis il y a les ultranationalistes de l’Œuvre française et des Jeunesses nationalistes, théoriquement dissoutes en 2013, après le décès de l’antifa Clément Méric. S’y mêlent les «rats noirs» du GUD (Groupe union défense), une «armée des ombres» d’extraction étudiante, ainsi qu’ils se désignent, recréée à Lyon en 2011. Sans compter les supporteurs ultras de l’Olympique lyonnais, les Bad Gones du virage nord de Gerland et les Cosa Nostra du virage sud (officiellement dissous en 2010), qui s’affilient à l’une ou l’autre des tendances au gré des beuveries.

Plan de LyonPlan de Lyon

«Aberrant». Au-delà de leurs visées racistes, islamophobes, antisémites et homophobes, ils ont en commun cet attachement au Vieux-Lyon, considéré comme le territoire «naturel» de leurs revendications, une «adresse» garante de leur identité. «C’est un piratage de patrimoine, s’insurge un commerçant du quartier. Ils se réclament d’un enracinement historique complètement aberrant.» Et profitent de l’élan de la Manif pour tous pour asseoir leur emprise sur l’espace public. Si les agressions physiques ont un peu diminué cette année, la logique d’occupation territoriale continue de prévaloir. Collage de stickers et tractage dans les boîtes aux lettres, stand d’affiches «Je suis Charlie Martel» devant la cathédrale Saint-Jean ou les entrées de métro, jeu de rôle grandeur nature sur la place du Change… Tous les moyens sont bons pour s’inviter sur la photo souvenir.

1) Le bar «saucisson» des identitaires

Montée du Change et rue Juiverie. Depuis octobre 2010, les identitaires lyonnais de Rebeyne ont ouvert la Traboule, montée du Change, un «lieu de rassemblement de tous les jeunes qui résistent à la culture globale et à la destruction de nos identités», explique leur site internet. L’essayiste antisémite Renaud Camus y tient ce dimanche une réunion publique à l’invitation du Bloc identitaire, sur le thème du «grand remplacement».

La Traboule, c’est un bar avec «saucisson biologique» au menu, mais aussi une bibliothèque, un ciné-club pour le «combat métapolitique» et une salle de sports dédiée aux entraînements de «boxe-défense» de l’association Lugdunum Torgnole. Le local, rarement ouvert en semaine, accueillerait une poignée de personnes le week-end, et plusieurs dizaines lors des événements qui s’y déroulent. Le QG a déjà servi de point de départ et de refuge lors d’agressions.

Autre hobby des membres de cette «simple MJC de droite» : vandaliser les plaques de la rue Juiverie, toute proche. «La pression est insidieuse, voilée», estime Philippe Carry, l’horloger dont la boutique est voisine de la Traboule. L’artisan, membre d’une association de riverains hostile aux identitaires, condamne le «détournement» des symboles de la culture populaire lyonnaise.

Il montre un tract avec Guignol armé d’une batte de base-ball, sous le slogan «Zone anti-racailles» : «Guignol, à l’origine, c’est l’histoire d’un ouvrier canut qui souffre de l’égoïsme des nantis, ouvert aux autres et qui s’attache à casser les barrières», raconte-t-il. Loin des «slogans idéologiques malsains» de l’extrême droite identitaire.

2) Où le foot rallie  les hools

Quartier Saint-Jean. Il est de notoriété publique que les soirs de match, mieux vaut éviter la rue Saint-Jean et ses pubs anglo-saxons où se retrouvent entre autres, autour du foot, les GUDards, les supporteurs radicaux de Gerland et les hooligans. En fonction du score et de la consommation d’alcool, la situation peut rapidement dégénérer, surtout pour les membres de «minorités visibles».

De «vrais gones» et de «vraies fenottes» (des «enfants» en parler lyonnais) : l’une des ficelles rhétoriques de ces groupuscules d’extrême droite consiste à se désigner comme étant les «véritables» récipiendaires des particularismes locaux. «Alors qu’ils ne sont pas du tout représentatifs des habitants, explique Antoine Tasseau, directeur de la MJC du Vieux-Lyon, située place Saint-Jean. Ce quartier est l’un des rares de la ville où l’on trouve encore des familles qui sont là depuis des générations.» Et c’est sur ces «trésors de mémoire» qu’il «faut communiquer», estime Antoine Tasseau : «Le pire serait que cette emprise de l’extrême droite s’ancre dans les mentalités.»

Le porte-parole de Génération identitaire, qui s’était distingué en 2011 avec la «marche des cochons» (immédiatement interdite par le préfet), minimise ce danger au sujet de la population LGBT : «La Gay Pride, on s’en fout complètement, c’est un non-événement pour nous. Ils sont un peu parano à la préfecture.» Et d’ajouter : «Mais si les gays veulent faire du militantisme, ils pourraient essayer de faire passer leur cortège à Vénissieux, en banlieue. Ça, ce serait courageux, un peu punk.»

3) Le repère de l’Œuvre française

Quartier Saint-Georges. En novembre, a été inaugurée en toute discrétion la Maison bleue, le repère d’Alexandre Gabriac (exclu du FN pour un salut nazi) et d’Yvan Benedetti, fondateurs de l’Œuvre française et de sa branche «jeunes», les Jeunesses nationalistes, deux organisations officiellement dissoutes en 2013 après la mort de Clément Méric. Ce local comprendrait, selon leur site internet, une buvette, une «boutique nationaliste» et une salle d’entraînement de boxe.

Rue Saint-Georges, il faut s’attarder pour repérer cette façade aux volets marron continuellement fermés, aux dires du voisinage. Non loin, sur le trottoir d’en face, l’organisation a pignon sur rue, avec le bar Par Saint-Georges. Croix celtiques, écharpes de supporteurs radicaux lyonnais et russes, tête de maure (les racines corses sont l’une des clés de voûte de la geste benedettienne) : la décoration, peu visible de l’extérieur, et les discussions de comptoir ne laissent aucun doute sur l’obédience de ce zinc.

Quelques jours après l’ouverture de la Maison bleue, Alexandre Gabriac et Yvan Benedetti ont été mis en examen pour «reconstitution de ligue dissoute». «L’Œuvre française existe toujours car ce n’est pas à un gouvernement qui a deux ans d’existence de prononcer l’interdiction d’un mouvement qui existe depuis 1968», aurait déclaré Yvan Benedetti au juge. L’instruction est toujours en cours, a indiqué à Libération le procureur de Lyon, Marc Cimamonti. Alexandre Gabriac n’a quant à lui pas souhaité commenter son attachement au Vieux-Lyon.

A Saint-Georges, pour contrer l’emprise des sympathisants d’extrême droite, la résistance a été prise en main par les Irlandais : ils sont une poignée de patrons de pubs qui fonctionnent en réseau. «Quand on exclut un client de chez nous, il est interdit de séjour partout», explique Boris, barman au Johnny’s Kitchen. Le nerf de la guerre, pour décourager les agités des soirs de match : la programmation télé. «Jamais de sports de combats, très peu de foot avec des équipes françaises et surtout des sports gaéliques», résume Boris.

4) La paroisse tradi,  nid de scouts d’Europe

44, rue Saint-Georges et place François Bertras.«L’interculturalité» et la «créolisation» de la société : voilà le fer de lance de la Maison des passages, qui subit régulièrement des tentatives d’intimidation. En 2013, lors d’une soirée littéraire intitulée «Des voix s’élèvent contre le fascisme ordinaire», une vingtaine de militants d’extrême droite ont voulu s’inviter dans la salle. Les organisateurs ont eu le temps de s’enfermer et requièrent depuis une surveillance policière pour ce type d’événement. «C’est vraiment emmerdant», commente Marcel Beauvoir, l’un des fondateurs de l’association, qui regrette le «profil bas» des autorités : «Je rêve d’un édito de Gérard Collomb sur le fait que Lyon soit une ville métissée, qui prendrait le contre-pied de cette bêtise qu’est l’idée d’identité lyonnaise éternelle.» Un discours cher aux voisins de la Maison des passages, les paroissiens de l’église Saint-Georges, des traditionalistes tendance scouts d’Europe. Même s’ils ne revendiquent pas toujours leur proximité avec l’extrême droite, «ces gens qui font la messe en latin ont fait beaucoup de tort à Saint-Georges, un quartier très populaire à la base», pointe Philippe Carry, l’horloger de Saint-Paul.

Maïté DARNAULT Correspondante à Lyon de Libération

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[actu] France : DSK et le procès pour sodomie, Ovidie https://depavage.noblogs.org/post/2015/02/15/1344/ Sun, 15 Feb 2015 19:33:49 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1344 Continuer la lecture →]]> 4210368-le-cochon-souriantRéaction d’Ovidie au procès de DSK dans l’affaire du Carlton et à son traitement médiatique : un procès qui devient celui de la sodomie et de la prostitution quand il est pourtant question de viol et de mépris de classe.

 

 

DSK

C’est un bien curieux procès qui se déroule actuellement à Lille. Un procès où certains termes ne sont pas prononcés. « Boucherie », « parties fines », « bestialité »… Il m’a fallu un moment avant de comprendre de quoi DSK était précisément accusé dans cette affaire. « Proxénétisme aggravé ». C’est étrange, à la lecture des divers témoignages, je n’aurais pas dit ça. J’aurais dit pire, à vrai dire. Mais bon, je ne suis pas magistrat, alors je me contente d’observer de loin son traitement dans les médias, perplexe.

Non, vraiment, j’ai du mal à comprendre les termes de ce procès. Franchement, qu’un homme politique ait eu recours à des escorts, soyons sérieux, ce ne serait certainement pas la première fois. En revanche, la particularité du personnage qui semble se dessiner, si on rassemble les témoignages antérieurs de Tristane Banon, Nafissatou Diallo, et des prostituées actuellement à la barre, c’est cette propension à la violence. Si le témoignage de la prostituée est vrai (je dis bien « si », car jusqu’à nouvel ordre il n’a pas été jugé coupable), pourquoi ne parle-t-on pas clairement de viol ? Dans la presse, on évoque une « boucherie », et autre périphrases. Mais quand l’une des prostituées raconte que David Roquet lui a tenu les mains pendant que DSK la sodomisait contre son gré, pourquoi personne n’emploie le mot « viol » ? Vous me rétorquerez que les prostituées n’ont pas porté plainte, et que par conséquent cette accusation n’a pas été retenue. Mais franchement, si elles avaient porté plainte, les aurait-on crues ? Qu’auraient-elles gagné, excepté des intimidations et une belle campagne de dénigrement ? Quand on voit à quel point Nafissatou Diallo a été traînée dans la boue, on peut comprendre leurs réticences. Sophie de Menthon, dans les « Grandes Gueules » sur RMC suggérait même au sujet de cette dernière que « c’est ce qui lui serait arrivé de mieux« , qu’elle « n’a rien pour elle, elle ne sait pas lire pas écrire, elle est moche comme un cul« . Si on a été capable de dire cela d’une femme de chambre, imaginez ce qu’on dirait d’une pute. Nous voilà donc spectateurs d’un procès où la presse relate le témoignage d’une prostituée parlant d’un acte sexuel contre son consentement pour lequel je me demande pourquoi personne ne parle pas de « viol ». Finalement, ce n’est pas le coeur du problème, il n’est question que de « proxénétisme ». Ah.

Le tabou de la sodomie

Il y a également ce terme de « sodomie », employé par l’avocate de DSK Frédérique Beaulieu si embarrassant, et que bon nombre de journalistes hésitent à écrire et à prononcer. Et d’ailleurs, même la témoin connue sous le nom de « Jade » évite d’employer ce terme avec précision. Il est question « d’empalement qui déchire» .  S’il est si difficile pour les prostituées de parler de sodomie à la barre, c’est parce que la médiatisation de ce procès amplifie la honte qu’elles peuvent ressentir. Dire « DSK m’a sodomisée », même de force, c’est toujours dire publiquement que l’on a été « enculée », avec tout ce que cela draine comme jugement. Rappelons qu’il s’agit encore d’une insulte dans la langue française, et que dans certains pays des personnes sont condamnées à mort pour cela.

La pratique de la sodomie décrite en filigrane à plusieurs reprises semble être la grande star de ce procès, le clou du spectacle. C’est elle qui est brandie comme preuve que DSK savait pertinemment que ces femmes étaient rémunérées. Un curieux raccourci qui laisse à penser que si une femme accepte de se laisser sodomiser, c’est qu’elle est rémunérée. Et même, plus tordu encore, que si elle est rémunérée, alors on peut la sodomiser à merci. Or, dans un rapport sexuel, rémunéré ou non, si on décide en cours de route de dire « non », et bien c’est « non ». DSK rappelle qu’il n’y a pas de « pratique sexuelle dévoyée », et le pire c’est qu’il a raison. Il affirme qu’il a « le même rapport avec les autres femmes, tout aussi rude, mais ça n’a pas de lien avec la prostitution« , et c’est peut-être bien vrai. Mais encore une fois, ne sommes-nous pas en train de nous tromper d’accusation ? Pour une spectatrice comme moi, qui lit ce que les médias rapportent, si les accusations des prostituées sont vraies, il me semble tout de même que ce procès ne devrait pas être celui de la prostitution ni de la sodomie, mais celui de ce qui est décrit comme pouvant s’apparenter à un viol. ans Il s’agirait d’un autre procès.

Mépris de classe

Je serai claire, s’il y a encore des personnes qui minimisent ce dont on accuse DSK, c’est parce que ces femmes n’étaient pas du même rang social. Si on apprenait par exemple qu’une personne du même milieu que lui avait été un jour neutralisée sur un lit pendant que celui-ci la sodomisait de force, croyez-moi que les réactions auraient été différentes. Alors qu’une domestique, des putes, ma foi, pas de quoi fouetter un chat. On se rappelle à titre d’exemple du très élégant « troussage de domestique » de Jean-François Kahn. Toutes ces histoires révèlent avant tout le problème de l’impunité, du pouvoir de l’argent, et de la domination d’une classe sociale sur une autre.

Un bien curieux procès en vérité, qui se déroule alors que le Sénat vient d’annoncer qu’il examinera de nouveau la proposition de loi pénalisant les clients de prostitué(e)s les 30 et 31 mars alors qu’on la croyait jetée aux oubliettes.

Par Ovidie, février 2015.

Un site d’argumentaires contre la pénalisation des clients.

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[actu] Souvenirs souvenirs (Coming-out d’un flic gay) https://depavage.noblogs.org/post/2015/01/11/actu-souvenirs-souvenirs-coming-out-dun-flic-gay/ Sun, 11 Jan 2015 05:13:01 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=817 Continuer la lecture →]]> Publié enofficer pig - Copie janvier 2015 par l’Obs

Il aimait la « chasse », l’adrénaline, était devenu policier par vocation. Mais Michel Lapierre est gay : dans ces années-là, même après mai 1968, c’était « interdit ». Il a dû quitter l’uniforme à contre-cœur en 1977, à la suite de son coming out.

Aujourd’hui âgé de 66 ans, l’ex-policier a choisi de se raconter dans un livre où il revendique, en titre, Le droit à l’indifférence racontant avoir fait son « coming out chez les flics ».

Michel Lapierre a vécu et grandi à Lyon au sein d’une famille unie, avec une mère « aimée et aimante », le père étant décédé lorsqu’il avait dix ans.

La police s’est imposée car, dit-il, « j’étais très tôt un épris de justice, je ne supportais pas un vol de billes ». Ses maîtres d’école le voient « futur gendarme », lui rêve de Maigret et réussit à intégrer la police par la petite porte, à la faveur de recrutements massifs, en 1970.

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« J’AI TOUT FAIT POUR LE CACHER »
Il se fait vite remarquer jusqu’à traquer le fameux « gang des Lyonnais » ou courir après des voleurs en série âgés d’à peine 16 ans « qui auraient pu finir par tuer ». « C’était l’époque des grands flics, des anciens qui prenaient les jeunes sous leur coupe, j’ai tout aimé, j’étais toujours le premier sur le terrain et sur les planques », raconte-t-il.

Mais l’expérience, à Lyon puis Annecy, a été « trop courte », dit-il, « à peine onze ans ». Parce qu’homosexuel. « Vu mon éducation et le fait que je voulais être policier », se souvient-il, « c’était exclu, c’était un interdit ». « J’ai tout fait pour me le – et leur – cacher, je refusais d’analyser la chose, j’ai connu et aimé des femmes mais il n’y avait rien à faire, j’étais attiré par les beaux garçons… »

Il le dissimule en jouant les « gros bras » et les boute-en-train. Il donne le change et, bien intégré, commence à s’en ouvrir à deux ou trois collègues qui l’acceptent. Plus ou moins: « Cela a commencé à se savoir », rapporte l’ex-policier.

RAFLES DANS LES MILIEUX GAYS
Un jour de 1977, il est convoqué par son « patron »:

– P’tit, j’ai appris que t’étais pédé…
– Oui et alors?
– Tu serais marié et tu aurais des maîtresses, j’en aurais rien à foutre, mais ça je te le pardonne pas, tu me donnes ta démission.

Lapierre résiste. Mais doit vite céder face aux quolibets, aux sous-entendus dans une atmosphère insupportable. Il quitte la police. Sonné : « mon rêve, mon monde se sont écroulés ».

Il évoque une anecdote lourde de sens pour résumer, selon lui, le contexte : « À l’époque, un commissaire s’était fait draguer par un petit jeune. Les jours suivants, il a organisé des rafles dans les milieux homosexuels, j’étais pas fier! Et mal à l’aise avec nos clients ». « On pouvait alors mettre n’importe qui en garde à vue. Ils ne se sont pas gênés ! », ajoute-t-il.

« Ma sexualité m’a enfermé dans un carcan dont je n’ai jamais su et pu sortir », résume-t-il de sa vie cachée.

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« NE PAS SE TAIRE »
Il dit aujourd’hui que « les lois et les mentalités ont changé » dans la police « et fait évoluer les choses » mais « il y a toujours deux ou trois cas de discriminations par an ». « C’est sûr que j’agirais autrement aujourd’hui, j’aurais été mieux écouté », dit-il.

Comme, par exemple, de Danielle Thiéry, l’une des toutes premières femmes ayant accédé au grade de commissaire divisionnaire de police, en poste notamment à Lyon. En retraite, auteure de polars à succès, celle qui affirme souvent avoir dû « pousser les portes » dans la police « parce que femme », juge l’histoire de Lapierre « édifiante ».

C’était « en 1977 », écrit-elle en conclusion du livre, après mai 1968 « où le mot liberté étourdissait les plus réservés d’entre nous ». « Le temps ne fait rien à l’affaire, les vieux démons ne meurent jamais », assure-t-elle. Il faut « faire du bruit, ne pas se taire ».

Le droit à l’indifférence, coming out chez les flics, éditions Michalon. Sorti le 8 janvier 2015.

Presse fétichiste de l’uniforme. Avec AFP
 
 
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Vous peut-être, mais moi je ne suis pas Charlie ! https://depavage.noblogs.org/post/2015/01/10/pascharlie/ Sat, 10 Jan 2015 01:11:13 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=800 Continuer la lecture →]]> bak13aoutislamophobialQuelques textes et quelques infos pour rompre avec l’union nationale, les amalgames ou l’hypocrisie dominante. Parce que les ennemis de nos ennemis ne sont pas nos amis. Parce qu’islamophobie, négrophobie, misogynie, homophobie … même « de gauche », même en blague, ne font sourire que les dominants… Parce que l’union sacro-sainte derrière la laïcité et la démocratie font frémir, surtout quand elles sous-entendent  le repli, l’exclusion et la stigmatisation.

Quelques réfléxions par Quartiers libres, Non-Fides, Claude Guillon, et des liens rapport à la montée de l’islamophobie…

Ça faisait longtemps que Charlie Hebdo ne faisait plus rire, aujourd’hui il fait pleurer.

Publié le 7 janvier par Quartiers Libres

Il est minuit moins le quart dans le siècle. Nous sommes à un point de bascule historique sur l’islamophobie et le déchaînement du racisme en France et plus largement en Europe. La lecture simplifiée à l’extrême par les médias  de cette journée du 7 janviers 2015 va se résumer et s’imprimer dans de nombreux cerveaux « par l’attaque meurtrière contre un journal « de Gauche » par des Musulmans. Cela va déstabiliser et retourner des positionnements politiques. La Peur, la colère, la tétanie, l’incompréhension, la panique morale vont chez certains laisser largement place à la Haine.

Au-delà des paramètres d’opportunité militaire qui ont pu justifier le choix de ce journal par ce commando cette attaque correspond à une logique et à une vision politique des tak-taks : précipiter l’affrontement et la radicalisation de fractions importantes de la population. Charlie Hebdo bénéficie d’un capital symbolique encore important à gauche : il est encore considéré comme antiraciste et incarnant la liberté d’expression par de nombreuse personnes. Ce n’est pas Minute ou le Figaro qui ont été visés.
Les tak-tak savent que si la digue antiraciste de gauche saute, alors c’est toute l’Europe qui bascule dans le déchaînement d’une violence raciste symbolique et physique dont les musulmans sont les premières proies. Dans ce scenario les guerriers tak-taks qui se fantasment en défenseurs de l’Islam espèrent que les populations musulmanes alors violemment opprimées viendront trouver protection derrière eux.  Un peu comme les sionistes toujours prêts a instrumentaliser les vagues d’antisémitisme pour justifier l’existence de l’état d’Israël en refuge des populations juives opprimées, les tak-taks ont besoin de l’oppression de l’Islam pour conquérir les cœurs des croyants.

Ne soyons pas hypocrites, Charlie Hebdo n’est pas un ami politique. Depuis des années, il a basculé dans le camp de la pensée dominante et participe au développement d’une islamophobie de gauche. Pourtant personne ne peut ni ne doit se réjouir de l’exécution de ses journalistes. Rien ne peut justifier cet acte dans le contexte actuel de la France. Mais cette attaque ne doit pas faire taire non plus les critiques à l’encontre de Charlie Hebdo et de la presse en général sur sa ligne rédactionnelle et humoristique islamophobe.
Aujourd’hui, porter la guerre dans la salle de presse de Charlie hebdo c’est comme poser une bombe à la gare de Bologne. C’est un acte de terreur pour désorienter.

Sur cet acte, complotisme et islamophobie vont prospérer. L’attaque contre Charlie Hebdo permet la prise en otage de millions de personnes de confession musulmane en France et en Europe.

Les seuls gagnants de cette attaque sont les réactionnaires de tous bords, islamophobes en tête. En face, les tak-taks qui veulent le repli sur elle d’une communauté musulmane hétérogène se frottent les mains. Cette attaque, c’est un verrou qui est mis en place pour nous bloquer entre le marteau des takfirs et l’enclume du néo-libéralisme.

Les multiples sensibilités présentes dans les quartiers vont faire face à la sommation de choisir l’embrigadement à la Cause nationale ou la marginalisation et la criminalisation.

Les conditions permettant l’arrivée d’une telle catastrophe étaient réunies, nous le craignions.
Le PS a liquidé durant des années toute opposition à gauche, et surtout celle qui tentait de se construire dans les quartiers populaires. Cela a contribué à laisser le terrain libre à ce qui peut se faire de pire en matière de nihilisme. Parce qu’au delà de la ligne réactionnaire, ce qui marque ce genre d’action c’est l’impasse politique économique et sociale dans laquelle l’Europe se retrouve à chaque crise économique. Le nihilisme d’une partie des nôtres prospère sur la misère que sèment les gouvernements capitalistes en Europe.

Ce qui s’est passé ce 7 janvier, c’est la possibilité offerte par les tak-taks à ceux qui nous oppriment de couper des liens de solidarité et de détruire une communauté de destin entre croyants et non croyants. C’est la possibilité de condamner à l’avance n’importe qui en fonction de sa croyance ou de son faciès.

Les analyses biaisées servant de propagande aux pires réactionnaires, les appels à l’ordre républicain,  à l’unité nationale, à la laïcité, à la liberté d’expression, à la démocratie parlementaire comme rempart face à la barbarie de l’ennemi intérieur nous tombent dessus comme une déferlante. Dans ce contexte la ritournelle sur « l’angélisme » dont la « gauche coupable » a fait preuve envers l’immigration et les Musulman.e.s risque de faire basculer bien des personnes raisonnables dans le camp de la haine de l’autre.

La population vivant en France se retrouve coincée dans ce contexte de crise économique entre l’enclume néolibérale qui ne donne pas de solution autre qu’individuelle et le marteau réactionnaire qui met les origines culturelles ou biologiques des classes populaires en compétition. La seule chose à faire est de tenir la ligne qui permette de nous sortir de ce piège : se battre collectivement pour la justice économique et sociale. Pris entre le marteau et l’enclume nous devons stopper le forgeron. Dans cette période sombre nous devons nous inspirer de ce qui se passe ailleurs dans le monde comme au Kurdistan coincé entre l’impérialisme occidental et les réactionnaires de Daesh. Ici comme ailleurs, nous avons la possibilité de créer les conditions de notre libération.

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Je ne suis pas Charlie et je t’emmerde

Publié le 8 janvier 2015 par Non-Fides

Les parisiens se sont réveillés ce matin, et à travers eux le monde entier, dans une odeur macabre de poudre. Quelques fanatiques religieux, ce ne sont pas les premiers, ce ne seront pas les derniers, ont ouvert le feu lors de la réunion hebdomadaire de la rédaction du journal satyrique Charlie Hebdo. Une douzaine de morts et des blessés, dont une majorité de journalistes et caricaturistes connus de tous et habitués des mass médias, ainsi que deux flics, qui à la différence des autres, recevaient salaire pour se faire tirer dessus. Hormis peut-être chez quelques vieux loups de guerre, la première réaction que ces événements suscitent est l’empathie face à la terreur de cet assaut. En effet, cet attentat qui est le plus meurtrier en France depuis celui, fasciste, du train Strasbourg-Paris le 18 juin 1961 lors de la guerre d’Algérie, ne peut que faire résonner l’effroi face à la détermination et la fuite en avant de ses perpétrateurs. L’effroi, également, face à l’infamie religieuse qui détourne plus que jamais une bonne partie de l’humanité d’une véritable réflexion sur le monde qui l’entoure. A cela, pour nous anarchistes et révolutionnaires, vient s’ajouter l’effroi de la sempiternelle union nationale. Cette union nationale que l’on nous ressort à chaque fois que les États ont besoin de chair à canon prolétarienne. Car ce sont toujours les mêmes à qui l’on demande de se sacrifier sur les sentiers de la gloire pour des intérêts qui ne sont pas les leurs, comme la nation, la « paix » ou la république, pendant que les décisionnaires se grattent le dos sous les dorures de leurs palais.

On nous avait déjà fait le coup il y a cent ans, en 1914, nous exhortant à l’unité face aux « boches », ou il y a quelques années avec « l’affaire Merah », et c’est pareil aujourd’hui. Patrons et travailleurs, prisonniers et matons, flics et « délinquants », riches et pauvres, tous unis main dans la main pour observer le deuil national. Aujourd’hui, il n’y a plus de classes, plus de barrières entre les gens, ni de barricades, pourtant des centaines de milliers de personnes défilent dans les rues de toute la France (et même ailleurs). Mais au fait, qui cela arrange-t-il ? Certainement pas les indésirables qui peuplent les rues de Paris et du monde. Soudain, le terrorisme d’État, le terrorisme républicain et démocratique, les terroristes du fric, versent leurs larmes de crocodiles et se font passer pour les gentils, les djihadistes leur servent l’opportunité sur un plateau qui prend les proportions de l’univers, à tel point qu’il ne nous manque plus aujourd’hui que le maréchal pour prendre la tête de l’organigramme. Mais aujourd’hui il ne s’agit pas de récupérer l’Alsace-Lorraine, il s’agit de « défendre les valeurs de laïcité et la liberté d’expression ». Que de la merde, en somme, pour nous qui voulons détruire toutes les religions, et qui refusons toute liberté d’expression à tout ce qui porte une cravate, une soutane ou n’importe quel autre uniforme ou titre de noblesse.

Chacun y va de son petit commentaire lacrymal, chaque parti, chaque organisation, de tous les bords imaginables et possibles, libertaires inclus [1], nous recrache le discours prémâché des « barbares » à l’assaut du « vivre-ensemble ».

Mais c’est quoi au juste un barbare ?

Arrêtons-nous un instant sur ce terme. Du grec bárbaros (« étranger »), le mot était utilisé par les Grecs anciens pour désigner les populations n’appartenant pas à leur civilisation, définie par la langue et la religion helléniques. Le barbare est donc l’autre, celui qui ne partage pas la même soupe, ou bien celui qui ne la mange pas à la même table. Montaigne disait : « Nous appelons barbarie ce qui n’est pas de notre usage ». Comme nous l’avions déjà dit ailleurs, nous ne connaissons pas de barbares, nous ne connaissons que des individus survivant au sein de cette civilisation morbide. Nous ne connaissons pas d’en-dehors, nous connaissons des exclus, oui, mais ils ne pourraient pas être plus dedans qu’ils ne le sont déjà.
Les « barbares » du jour sont bien loin d’être en-dehors de la civilisation, bien qu’il soit probablement rassurant de le penser pour ses défenseurs. Tout comme le fameux « gang des barbares » en son temps, ils sont bien de purs produits de la civilisation. Ils en connaissent les codes, en utilisent les outils, et ne sont pas bien loin de ceux qui les fustigent en toute hypocrisie. Car cela ne fait que peu de différence, au fond, si les assassins portent un uniforme vert ou noir, s’ils crient « vive la démocratie » ou « Allahu akbar », s’ils portent un drapeau tricolore ou djihadiste, s’ils sont sanctionnés par l’opinion publique ou non, si leurs boucheries sont légales ou illégales, s’ils nous massacrent pour nous apporter leurs Lumières ou leur obscurité. En commettant leurs macabres exactions ils se mettent tous au même niveau, à partir du moment où ils refusent à l’individu de se réaliser comme il l’entend.

Le terrorisme n’est pas une pratique barbare, c’est une pratique hautement civilisée, la démocratie n’est elle pas née de la Terreur ? C’est pour cette raison qu’il faut combattre la terreur au même titre que la civilisation qui la produit et en a besoin, des « septembriseurs » de 1792 aux peines de prison exterminatrices et à Daesh aujourd’hui. Qui sont ils, ces porcs en cravate qui envoient leurs armées à l’assaut des populations de Centrafrique, d’Afghanistan et d’ailleurs, et qui aujourd’hui nous donnent des leçons de pacifisme lorsque douze personnes sont assassinées à Paris ? Ils sont exactement tous ceux qui défilent actuellement à la TV pour verser quelques larmes à peu de frais pour gagner ou ne pas perdre un ou deux misérables points de plus dans leurs tout aussi misérables sondages d’opinion.

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Aujourd’hui, nous ne sommes pas plus Charlie qu’hier, et la mort ne transforme pas nos adversaires ou nos ennemis d’hier en amis d’aujourd’hui, nous laissons ce rapport au monde aux hyènes et aux vautours. Nous n’avons pas pour habitude de pleurer sur les tombes de journalistes (mêmes vaguement alternatifs ou libertaires) et de flics, car cela fait bien longtemps que nous avons identifié les médias et la police comme les deux armes essentielles de ce terrorisme civilisateur, par la fabrication du consentement, d’une part, par la répression et l’enfermement, de l’autre. Voila pourquoi nous refusons de pleurer des loups avec d’autres loups, ou même avec des moutons.

Ces prédateurs qui nous exhortent aujourd’hui à pleurer en cœur avec eux, à déclarer « Je suis Charlie », ces mêmes prédateurs en costards qui sont responsables de l’essor de groupes et de mouvances horrifiantes comme Al-Qaeda ou Daesh, anciens alliés des démocraties occidentales contre les périls précédents avant de prendre une place de choix sur le podium des périls géostratégiques d’aujourd’hui. Ces mêmes salauds qui chaque jour, dans leurs tribunaux, leurs commissariats, leurs taules, assassinent, enferment, mutilent et séquestrent celles et ceux qui ne suivent pas le chemin tout tracé qu’ils nous imposent à coups de trique et d’éducation. Ces mêmes êtres civilisés qui font crever chaque jour à leurs frontières celles et ceux qui tentent de fuir la misère et les guerres qu’eux-mêmes provoquent, ou leurs ennemis du jour, salafistes et consorts.

Ces salauds-là, nous n’avons aucune envie de les voir continuer à nous civiliser ou nous supprimer, et encore moins à se serrer les coudes avec eux. Car c’est contre eux que nous voulons nous serrer les coudes, contre eux et contre tous ceux qui sous divers prétextes, religieux, politiques, communautaristes, interclassistes, civilisateurs et nationalistes, ne nous envisagent que comme des pions à placer, à sacrifier, sur un échiquier immonde et absurde. Il est bon, aujourd’hui comme hier et demain, de rappeler ces quelques mots de Rudolf Rocker, lorsqu’il affirmait que « les États nationaux ne sont que des organisations d’églises politiques ; que la prétendue conscience nationale n’est pas née en l’homme mais enseignée à lui. C’est un concept religieux ; on est allemand, français, italien, exactement comme on est catholique, protestant ou juif ».

Cependant, il ne s’agit pas d’amoindrir le danger que représentent ces fous d’Allah, ces amoureux de l’auto-soumission et du masochisme moral. Et si nous sommes aujourd’hui complètement dépassés par leurs capacité à recruter un peu partout pour aller se faire sauter à droite à gauche, il faudra se poser des questions à ce sujet pour sortir de l’incompréhension. Tout en ne cédant pas aux sirènes de ceux qui ne souhaitent que nous diviser encore un peu plus en élargissant à partir d’une infime partie des musulmans, la stigmatisation de toute une population pour arriver au prétendu « choc des civilisations » qui les fait tant rêver, en fait la guerre civile, dont ils ne se rendent probablement pas compte des conséquences qu’elle pourrait avoir pour nous tous.

Et que dire de cet homme de ménage criblé de balles, froidement exécuté, qui n’avait rien demandé ? Qui s’en soucie ? Il n’avait probablement pas de compte twitter, il n’avait probablement pas ses entrées dans le spectacle moderne, il n’avait pas de nom, pas de visage, pas de copain pour le chialer à la TV. Il n’était pas Charlie. Il n’est qu’un dommage collatéral de quelques fous de dieu à la gâchette illuminée, comme tant d’autres en ce moment, comme les millions de victimes collatérales des États à travers le monde. C’est à lui que vont nos pensées ce soir.

Une chose est sûre, il n’y a rien à choisir entre peste et choléra, entre un quelconque dieu avec ses prophètes égorgeurs, crucifiés ou massacreurs et un quelconque État de merde avec ses flics et ses militaires assassins. Nous refuserons encore et toujours la sommation de choisir entre plusieurs formes d’esclavage et de soumission. Le choix que nous voulons faire ne pourra venir que de nous même, et c’est celui de la liberté.

Dans cette époque désespérante, face à la pseudo « unité nationale », face à la guerre civile, aux djihads des fanatiques et aux « guerres propres » des États, il nous faut remettre la guerre sociale sur le devant de la scène, jusqu’à ce que la scène brûle.

Des anarchistes,
le 7 janvier 2015.

Note

[1] Petit jeu, ces déclarations sont elles extraites du communiqué du Groupe J.B Botul de la Fédération Anarchiste ou bien du discours de Francois Hollande ? : « Nos camarades de Charlie Hebdo viennent de payer un lourd tribut à la liberté d’expression. Plusieurs policiers font également partie des victimes. Nous rendons hommage à tous et à toutes ces victimes. […] les anarchistes respectent la liberté de croyance dès lors qu’elle s’exerce dans le cadre d’une république laïque. »

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Un fait divers, parmi d’autres, dont on entend moins parler… :

Un lycéen de 17 ans, d’origine maghrébine, a été frappé jeudi par un groupe de quatre ou cinq personnes à Bourgoin-Jallieu (Isère), en marge de la minute de silence observée devant son lycée en hommage aux victimes de Charlie Hebdo, a-t-on appris auprès de la police. Le jeune homme a d’abord essuyé des injures racistes avant d’être roué de coups. Information du Dauphiné Libéré confirmée par la police.

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Brève sur Paris-Luttes.info recensant les actes islamophobes commis depuis le 7 janvier : http://paris-luttes.info/deferlante-raciste-et-islamophobe-2397

A lire aussi : « Charlie Hebdo, pas raciste ? Si vous le dites ! » sur Article 11.

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VOUS FAITES ERREUR, JE NE SUIS PAS CHARLIE…

 Trouvé sur Lignes de Forces, blog de Claude Guillon.

Je ne doute pas qu’il existe des « Charlie » sympathiques et plein(e)s de bonnes intentions. Je suis inondé, comme tout le monde, de leurs courriels indignés. Je n’en suis pas.

Je ne suis pas Charlie, parce que je sais que l’immense majorité de ces Charlie n’ont jamais été ni Mohamed ni Zouad, autrement dit aucun de ces centaines de jeunes assassinés dans les banlieues par « nos » policiers (de toutes confessions, les flics !) payés avec « nos » impôts. Si je recours aux outils du sociologue, je comprends pourquoi il est plus immédiatement facile pour des petits bourgeois blancs de s’identifier avec un dessinateur connu, intellectuel et blanc, qu’avec un enfant d’immigrés ouvriers du Maghreb. Comprendre n’est ni excuser ni adhérer.

 

Je ne suis pas Charlie, parce que je refuse de me « rassembler », sur l’injonction du locataire de l’Élysée, avec des politicards, des flics et des militants d’extrême droite. Je ne parle pas en l’air : une connaissance m’explique que sur son lieu de travail, ce sont des militants cathos homophobes de la dite « Manif pour tous » qui s’impliquent dans l’organisation d’une minute de silence pour l’équipe de Charlie Hebdo.

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Je ne suis pas Charlie, parce que je refuse de pleurer sur les cadavres de Charlie Hebdo avec un François Hollande qui vient d’annoncer que l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes sera construit, autrement dit qu’il y aura d’autres blessé(e)s graves par balles en caoutchouc, et sans doute d’autres Rémi Fraisse.

 

Je ne suis pas Charlie, parce que je suis viscéralement — et culturellement — hostile à toute espèce d’ « Union sacrée ». Même les plus sots des journalistes du Monde ont compris qu’il s’agit bien de cela ; ils se demandent simplement combien de temps cette « union » peut durer. Se « rassembler » derrière François Hollande contre la « barbarie islamiste » n’est pas moins stupide que de faire l’union sacrée contre la « barbarie allemande » en 1914. Quelques anarchistes s’y sont laissés prendre à l’époque ; ça va bien comme ça, on a donné !

 

Je ne suis pas Charlie, parce que le « rassemblement » est l’appellation néo-libérale de la collaboration de classes. Certain(e)s d’entre vous s’imaginent peut-être qu’il n’existe plus de classes et moins encore de lutte entre elles. Si vous êtes patron ou chef de quelque chose (bureau, atelier…), il est normal que vous prétendiez ça (et encore ! il y a des exceptions) ou que vous puissiez le croire. Si vous êtes ouvrier, ouvrière, contraint(e) à des tâches d’exécution ou chômeur/chômeuse, je vous conseille de vous renseigner.

 

Je ne suis pas Charlie, parce que si je partage la peine des proches des personnes assassinées, je ne me reconnais en aucune façon dans ce qu’était devenu, et depuis quelques dizaines d’années, le journal Charlie Hebdo. Après avoir commencé comme brûlot anarchisant, ce journal s’était retourné — notamment sous la direction de Philippe Val — contre son public des débuts. Il demeurait anticlérical. Est-ce que ça compte ? Oui. Est-ce que ça suffit ? Certainement pas. J’apprends que Houellebecq et Bernard Maris s’étaient pris d’une grande amitié, et que le premier a « suspendu » la promotion de son livre Soumission (ça ne lui coûtera rien) en hommage au second. Cela prouve que même dans les pires situations, il reste des occasions de rigoler.

 

Je ne suis pas Charlie, parce que je suis un militant révolutionnaire qui essaie de se tenir au courant de la marche du monde capitaliste dans lequel il vit. De ce fait, je n’ignore pas que le pays dont je suis ressortissant est en guerre, certes sur des « théâtres d’opération » lointains et changeants. De la pire manière qui soit, puisque partout dans le monde et jusque dans mon quartier, des ennemis de la France peuvent me considérer comme leur ennemi. Ce qui est parfois exact, et parfois non. Au moins, sachant que la France est en guerre, je n’éprouve pas le même étonnement que beaucoup de Charlie à apprendre qu’un acte de guerre a été commis en plein Paris contre des humoristes irrespectueux envers les religions.

 

Je ne suis pas Charlie, parce que faute de précisions, et du fait même de l’anonymisation que produit la formule « Je suis Charlie », cette formule s’entend nécessairement, et au-delà des positions sans doute différentes de tel ou telle, comme un unanimisme « antiterroriste ». Autrement dit : comme un plébiscite de l’appareil législatif dit « antiterroriste », instrument de ce que j’ai appelé terrorisation démocratique.

Je ne suis pas Charlie. Je suis Claude. Révolutionnaire anarchiste, anticapitaliste, partisan du projet communiste libertaire, ennemi mortel de tous les monothéismes — mais je sacrifie à Aphrodite ! — et de tout État. Cela suffit à faire de moi une cible pour les fanatiques religieux et pour les flics (j’ai payé pour le savoir).

Je suis disposé à débattre avec celles et ceux pour qui la tuerie de Charlie Hebdo est une des horreurs de ce monde, auxquelles il est inutile d’ajouter encore de la confusion, à forme d’émotion grégaire.

Claude Guillon.

 

 

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[actu] Du rainbow bleu-blanc-rouge au Bleu Marine de Le Pen https://depavage.noblogs.org/post/2014/12/17/actu-fn/ Wed, 17 Dec 2014 02:38:32 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=785 Continuer la lecture →]]> arton587-47a99Alors que le coming-out prétendument non souhaité du cadre Front National Florian Philippot fait blablater tous les médias, Sébastien Chenu, ancien secrétaire national de l’UMP en charge de la culture, et cofondateur du mouvement LGBT GayLib a rallié le mouvement de Marine Le Pen. Un autre transfuge de la droite qui rejoint l’extrême-droite, Julien Odoul, a lui posé pour le magazine gay Tétu. Les fausses polémiques continuent au FN dont l’électorat s’accroît aussi chez les lgteubés…

 

« L’homonationalisme est une forme de nationalisme qui prend appui sur l’accès des homosexuels à quelques droits et à une plus grande visibilité dans les pays du Nord, pour prouver une supériorité civilisationnelle de ces pays. L’homonationalisme est un phénomène aux facettes multiples, et c’est un des exemples de la domination blanche occidentale sur le reste du monde. » [Chronik de nègres invertis]

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Le cofondateur de GayLib Sébastien Chenu rejoint Marine Le Pen

Source média mainstream Les Inrockuptibles 11/12/2014

C’est une nouvelle qui a surpris pas mal de monde, y compris au sein du Front National, parti rattaché au Rassemblement Bleu Marine. L’adhésion au RBM de Sébastien Chenu, fervent défenseur de la cause gay, et ancien cadre de l’UMP en fait même railler certains. D’autant plus que ce jeune consultant en communication est pressenti pour diriger le Collectif culture que veut lancer Marine Le Pen en décembre.

Favorable au mariage pour tous

Le journal d’extrême droite Minute, qui a révélé l’information mercredi soir, ne semble pas ravi de ce nouveau venu sur les rangs du RBM. L’hebdomadaire d’extrême-droite note l’implication de Sébastien Chenu dans le mouvement GayLib, aujourd’hui associé à l’UDI. “Un ‘lobby homosexualiste’ et communautariste”, l’aurait-on qualifié auprès des membres du FN, rapporte Minute. Mais si Sébastien Chenu ne fait aujourd’hui plus partie ni du bureau, ni du conseil d’administration de GayLib, il reste favorable au mariage pour tous, que Marine Le Pen, elle, souhaite abroger. En pleine campagne présidentielle pour 2012, ce conseiller national de l’UMP cosignait avec cinq autres membres du parti une tribune appelant Nicolas Sarkozy à se prononcer pour le mariage des homosexuels. De quoi déranger, déjà à l’UMP. Alors qu’en sera-t-il au Front National ?

Cette annonce provoque déjà de “vives oppositions” au sein-même du parti d’extrême-droite, assure Minute, qui dénonçait il y a peu, rappelle-t-il, “le lobby gay au Front National”. 

“De plus en plus d’anciens UMP nous rejoignent”

Cette nomination en ravit néanmoins certains. Pour Gilbert Collard, député du Rassemblement bleu Marine interrogé par Le Point, la venue de cet ancien de l’UMP est la “preuve de l’ouverture du RBM” :

“De plus en plus d’adhérents UMP nous rejoignent.”

En effet, lors des dernières élections municipales notamment, de nombreux élus du parti présidé aujourd’hui par Nicolas Sarkozy choisissaient de rejoindre les listes FN ou RBM, révélait alors Le Point. Quelques mois plus tard, Marine Le Pen choisissait l’ancien responsable du RPR Philippe Martel pour présider son cabinet. Et c’est sans compter les sympathisants de l’UMP qui se montrent favorables à des alliances entre les deux partis.

Président du Collectif culture

L’arrivée de Sébastien Chenu aurait un but bien précis : diriger le Collectif culture qui devrait être lancé ce mois-ci. Après Audace (pour les jeunes actifs), le Collectif Nouvelle Ecologie et Racine (pour les lycéens et enseignants), le Rassemblement Bleu Marine veut multiplier les collectifs thématiques. Des sortes de “laboratoires d’idées”, décrivent leurs membres, qui se réunissent pour travailler à l’élaboration du programme de Marine Le Pen de 2017. “Dans les faits, ce sont des coquilles vides qui ne répondent qu’à un impératif d’affichage”, persifle un cadre frontiste.

Dans les années 90, le parti frontiste avait déjà tenté de séduire un nouveau électorat en créant des “syndicats FN”. Un “FN -Police”, un “FN -RATP” ou encore un “FN -Poste” verront ainsi le jour, mais seront rapidement interdits par la justice en raison de leur nature politique. En 1989, un “Conseil scientifique” sera même créé par Jean-Yves Le Gallou pour séduire les milieux universitaires.

On ne connaît pas encore les objectifs précis de ce nouveau Collectif culture mais il se basera certainement, comme les autres, sur la préférence nationale et le patriotisme dans le domaine culturel. Un thème en parfaite adéquation semble-t-il avec les compétences de Sébastien Chenu, qui à l’UMP, s’occupait du bureau de l’“exception culturelle”.

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Du magazine gay Têtu au Front national !

  par le massmédia cathophile Valeurs actuelles.

Transfert. Ancien adhérent de l’UDI, Julien Odoul vient d’être débauché par le Front National, où il travaille au cabinet de Marine Le Pen. L’homme assume son passé – il a posé en couverture du magazine gay Têtu – et se défend de tout communautarisme.

Un parcours au centre

Julien Odoul a commencé sa carrière politique entre 2009, où il travaille pour le centriste André Santini jusqu’en 2011, avant de devenir secrétaire général du groupe UDI au conseil général de Seine-Saint-Denis. En septembre 2014, il rejoint le cabinet de Marine Le Pen, pour devenir adjoint de Philippe Martel, le chef de cabinet de la présidente du FN. C’est Marion Maréchal-Le Pen, qu’il a rencontrée lors des universités d’été du FN à Marseille, en 2013, qui lui a présenté la présidente du parti. Julien Odoul l’affirme : «Marine Le Pen est la seule alternative pour 2017, c’est elle qui arrive à rassembler les patriotes». Il se définit volontiers comme « souverainiste, anti fédéraliste et étatiste ».

Il assume son passé, et même d’avoir posé pour… Têtu

Julien Odoul se défend d’un quelconque communautarisme, bien qu’il ait posé, plus jeune, pour le magazine gay Têtu: «Comme beaucoup de monde, j’ai fait du mannequinat pour payer mes études» confie-t-il à Valeurs actuelles. « J’ai passé des castings, dont un pour Têtu. Mais que les choses soient claires : je n’ai pas de revendication communautariste. Je ne suis pas gay, d’une part, pas communautariste, d’autre part. Et contrairement à ce qui a été dit. Je ne suis pas un militant LGBT. »

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Florian Philippot: «Le FN n’est ni gay friendly ni l’inverse, il est french friendly»

Florian Philippot, vice-président du Front National, a dénoncé lundi une «atteinte gravissime à (sa) vie privée» après la publication de photos le montrant en compagnie d’un homme présenté comme «son ami», et assuré qu’il n’était «pas du tout» difficile de se dire homosexuel au sein du FN.

«Traqué» pour «des raisons bassement matérielles, de fric»

«Je suis en colère parce que j’ai été victime -je ne suis pas le premier- d’une atteinte gravissime à ma vie privée», a déclaré Florian Philippot sur France Inter.

«Quelle est cette société où on peut être traqué, pisté plusieurs jours, pris en photo à son insu, des photos livrées au grand public, sans votre accord bien évidemment ? C’est une dérive qui me semble très grave, une sorte de fuite en avant vers une américanisation à laquelle on avait échappé», a dénoncé le vice-président du FN selon qui «ces magazines de presse torchon» font «cela pour des raisons bassement matérielles, de fric».

Closer a publié vendredi sur quatre pages des photos de Florian Philippot, à Vienne en compagnie d’un «journaliste de télévision» dont le visage est flouté. L’eurodéputé a annoncé qu’il portait plainte.

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Le FN ni «« gay friendly » ni l’inverse. Il est « french only »»

«J’ai toujours prôné une séparation stricte entre tous éléments, vie privée et engagement politique», a-t-il également déclaré, soulignant qu’il avait «condamné très clairement les photos de Julie Gayet et François Hollande» lors de leur publication par le même magazine.

Est-il difficile de se dire ouvertement homosexuel au Front National, dont le fondateur Jean-Marie Le Pen avait qualifié l’homosexualité d’«anomalie biologique et sociale» selon France Inter ? «Non, pas du tout. Il y a de tout au Front National, nous avons même cette chance de ne pas être dans une optique communautariste. Nous voyons des Français qui ont des convictions, une analyse politique, qui ne sont pas déterminés par je ne sais quel déterminisme social, sexuel, biologique», a répondu Florian Philippot.

«Si Marine Le Pen a fait tel ou tel choix -elle est contre le mariage pour tous, pour un pacs amélioré- c’est pour des raisons politiques», a-t-il assuré, expliquant que «le Front national n’est ni « gay friendly » ni l’inverse. Il est « french friendly ».»

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[actu] Le Refuge ? Expulsions, arnaques, menaces, abus sexuel… https://depavage.noblogs.org/post/2014/12/07/actu-le-refuge-expulsions-arnaques-menaces-abus-sexuel/ Sun, 07 Dec 2014 02:05:51 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=742 Continuer la lecture →]]> Jeunes mis à la porte, bénévole condamné pour abus sexuels sur mineurs, conditions d’hébergement insalubres… : accueillis par Le Refuge censé soutenir les victimes d’homophobie, ils accusent.cracher

Quelques unes des crapuleries de ces vautours sont enfin déballées au grand jour et expliquées dans un article Rue89/NouvelObs paru en novembre 2014 et qui fait écho des témoignages de personnes « accueillies » par la structure… Même si  leurs pratiques sont trop connues et que c’est un secret de polichinelle, ne pas révéler leurs agissements par crainte de réaction homophobe, n’est autre que de l’homophobie !

Officiellement, personne n’a rien à dire contre Le Refuge, la seule association de lutte contre l’homophobie reconnue d’utilité publique. Chargée de recueillir les jeunes homos virés de chez leurs parents, cette structure créée en 2003 à Montpellier (et qui s’est développée depuis dans de nombreuses villes) fait l’unanimité.

Ses parrains ont participé à « Qui veut gagner des millions ? » ou « Fort boyard » cet été. L’association peut compter sur le soutien public et affirmé de la ministre de la Justice Christiane Taubira. Elle perçoit d’importants dons publics et privés qui s’élevaient à 850 000 euros en 2013, selon sa direction.

Une asso LGBT : « Ils nuisent à notre cause »

Officieusement, les critiques sont bien plus nombreuses et les regards bien plus méfiants sur l’action du directeur général du Refuge, Frédéric Gal, et de son président Nicolas Noguier. Joints par la rédaction, les deux récusent toutes les accusations.

Contactées par Rue89, trois associations LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres), qui ont toutes souhaité conserver leur anonymat, nous ont mis en garde. L’une d’elle nous explique :

« Il est hors de question que je témoigne publiquement contre Le Refuge car ce serait trop délicat pour nous. Et d’ailleurs vous devriez faire attention, vous ne savez pas où vous mettez les pieds.

Le Refuge a beaucoup d’appuis et dès que l’on se permet de regarder un peu de trop près ce qu’ils font, ils contre-attaquent.

Le problème pour nous, en tant qu’association LGBT, c’est qu’ils nuisent à notre cause. Ils perçoivent la majorité des dons publics, ils sont très visibles, mais ne sont pas très pros avec les jeunes qu’ils hébergent. Ils sont très critiquables, mais très peu critiqués. »

« Abus de pouvoir, drogues »

Tout a éclaté en février dernier, lorsque plusieurs jeunes hébergés par l’association ont été expulsés en plein hiver. Luc Sol, 24 ans, accompagné par l’antenne de l’association à Toulouse, a ainsi été prié de faire ses valises du jour au lendemain pour avoir critiqué Le Refuge sur sa page Facebook.

Voici un extrait de son message posté le 29 janvier sur le réseau social :

« Nous rencontrons [au refuge de Toulouse, ndlr] de graves problèmes concernant les bénévoles et la direction. Problème de conflits graves entre bénévoles et jeunes, abus de pouvoir, danger alimentaire et sanitaire, drogues. […]

Et le directeur du Refuge Toulouse, a fait comprendre à trois jeunes, dont moi clairement, que si je parle je suis susceptible d’être expulsé. »

Voir le document

(Fichier PDF)

Trois jours plus tard, la sanction du Refuge tombe : une lettre informe Luc Sol de son exclusion (lire ci-contre).

Les trois avertissements devant normalement précéder l’exclusion sont détaillés dans ce seul courrier :

  • un premier avertissement pour avoir posté ce message sur Facebook ;
  • le second pour avoir utilisé de façon non autorisée des documents officiels de l’association ;
  • et le dernier pour avoir publié, toujours sur le réseau social, deux vidéos jugées diffamatoires où Luc Sol expliquait ses conditions d’hébergement.

Une dizaine de jeunes virés du Refuge

Ce jeune a-t-il été viré pour avoir critiqué l’association ? Contacté par Rue89, le directeur Frédéric Gal assure que le jeune homme a été violent – chose qui n’est pas mentionnée dans la lettre d’exclusion.

« Nous l’avons exclu car il a eu un comportement menaçant et violent en plus d’avoir été diffamatoire. Oui, si les jeunes ne respectent pas le contrat, nous n’avons pas d’autre choix que de les exclure. Toutes les associations font cela, surtout que tout ce qu’il dit est faux. »

Mais Luc Sol est loin d’être le seul à dénoncer les conditions d’hébergement de l’association. Une dizaine de jeunes ont été exclus cette année après, pour la plupart, avoir critiqué l’association sur Facebook. Ils ont notamment dénoncé les conditions alimentaires.

Un ancien jeune hébergé à Lille entre juin et novembre 2013 témoigne :

« Nous avions le droit à un seul repas par jour, sinon il fallait se débrouiller par ses propres moyens. »

Frédéric Gal précise :

« Nous n’avons pas l’obligation de fournir trois repas par jour. S’ils veulent manger, il y a Les Restos du cœur. »

Des aliments « souvent » périmés

Comme ce jeune, Luc Sol assure avoir régulièrement mangé de la nourriture périmée :

« Cela dépend des villes, mais à Toulouse, nous avions un partenariat avec la banque alimentaire et très souvent les aliments nous arrivaient soit périmés le jour même, soit le lendemain. Or la nourriture devait nous faire la semaine.

Nous sommes plusieurs à avoir fait des malaises, mais la direction de l’association ne voulait rien savoir. »

Nous avons donc posé la question à l’antenne parisienne de l’association. Et si la direction jure ne jamais donner d’aliments périmés, plusieurs jeunes, actuellement hébergés par la structure, confirment :

« Oui, cela arrive de temps en temps. Mais on ne peut pas vraiment se plaindre, sinon on risque de tout perdre ».

Luc Sol et deux autres jeunes exclus dénoncent également des abus commis par des bénévoles qui auraient demandé de la drogue aux jeunes hébergés.

Jérôme (son prénom a été changé), un jeune hébergé à Lyon puis exclu, avait lui pris et diffusé sur Facebook des photos pour dénoncer l’insalubrité de son appartement.

Il veut montrer avec le cliché que, dans la chambre dans laquelle Le Refuge l’héberge, une nappe de table lui tient lieu de couverture.

Un bénévole condamné pour pédophilie

Plus grave encore, quatre jeunes assurent auprès de Rue89 qu’un bénévole auparavant condamné pour attouchements sur mineur venait travailler à l’association, et disait représenter Le Refuge à Metz. Frédéric Gal se défend :

« Il n’a jamais été bénévole au Refuge, il a juste mené un projet avec nous. Nous sommes au courant de la plainte qui a été déposée contre lui, mais cela n’est pas arrivé au Refuge. Et il n’était pas en contact avec nos jeunes. »

Pourtant, un jugement rendu par le TGI de Metz en septembre et que s’est procuré Rue89 vient contredire la défense de Frédéric Gal :

« Dans la mesure où […] [le bénévole] a été condamné pour des faits d’abus sexuels sur mineurs comprenant une interdiction d’entrer en relation avec des mineurs dans un cadre professionnel ou associatif et qu’il ressort de ses conclusions récapitulatives du 1er avril 2014 “qu’il a pris [nom masqué] sous son aile” dans le cadre de l’association Le Refuge dont il est bénévole. »

Capture de l’extrait du jugement du TGI de Metz

Harceler les médias pour les faire taire

Rue89 a donc contacté le gouvernement et les pouvoir publics, mais seule une responsable socialiste, qui s’est occupée des questions associatives, a accepté de nous répondre en « off ». Elle met en lumière deux lignes de conduite politique vis-à vis de cette association :

« Officiellement, le gouvernement, comme les principales villes, soutient Le Refuge notamment depuis la loi autorisant le “mariage pour tous”.

Mais nous nous apercevons de plus en plus que des choses pas très nettes se passent. Nous sommes un peu coincés car le sujet est trop délicat et serait facilement repris par des mouvements homophobes.

Et il faut savoir que pour obtenir leurs nombreuses subventions et faire taire les médias, l’association procède au harcèlement. Dès qu’ils n’obtiennent pas ce qu’ils veulent, ils contactent la presse pour se plaindre. »

Le Refuge n’hésite pas en effet à contacter les médias qui souhaitent enquêter sur l’association. Cinq minutes après que nous avons raccroché avec Frédéric Gal, le président Nicolas Noguier a contacté l’ensemble de la direction de Rue89 pour proposer un partenariat avec sa structure. Ce qu’il n’avait jamais fait jusque-là.

Un sondage qui fait tâche

En novembre 2013, Le Refuge avait commandé à l’institut CSA un sondage [PDF] qui avait suscité l’ire de nombreuses associations LGBT.

Pour Frédéric Gal et Nicolas Noguier, il s’agissait d’auto-évaluer la notoriété de leur structure.

Ce sondage montrait que, par comparaison avec deux autres associations LGBT, Le Refuge était la plus appréciée et que les Français étaient sensibles aux sujets traités par la structure.

Le président d’une grande association qui lutte également contre l’homophobie témoigne :

« Ce sondage est délirant. Ils gâchent de l’argent pour prouver qu’ils sont les plus aptes à en recevoir. Jusqu’à présent, nous n’avons rien dit car on nous reprocherait une simple jalousie dans un milieu associatif très concurrent.

Mais jusqu’où iront-ils ? En juin dernier par exemple, ils ont purement et simplement récupéré la mort d’un jeune. Je trouve ça dégueulasse. »

Un accident transformé en suicide ?

Le 26 juin dernier, deux jours avant la Gay Pride, Le Refuge avait effectivement communiqué sur la mort de Peter, un jeune anciennement hébergé par l’association à Montpellier. Selon eux, le jeune homme se serait suicidé, notamment à cause de ses parents qui rejetaient son homosexualité.

De très nombreux médias ont repris cette information, qui a eu un retentissement encore plus important du fait de la proximité de la Gay Pride. Problème : quelques jours plus tard, après l’autopsie, le vice-procureur à Albertville privilégiera la thèse de l’accident. Ce qui n’a pas empêché Nicolas Noguier de maintenir ses conclusions et de répondre sur Facebook au magistrat :

« Concluez sur la thèse de l’accident si cela peut permettre à sa famille, qu’il ne faut pas stigmatiser, de faire son deuil, mais n’utilisez pas des arguments choquants. Personne ne saura jamais pourquoi le jeune garçon se trouvait au bord d’un précipice à deux heures de marche de chez lui, en tenue de ville. »

« Où va l’argent ? »

Enfin, d’anciens bénévoles, parrains où collaborateurs s’intéressent aux finances du Refuge. Contacté par Rue89, l’ancien photographe officiel de l’association, Bruno Autin, reprend ces interrogations :

« Plusieurs choses m’ont choqué et notamment l’exclusion de tous ces jeunes en pleine période de trêve hivernale. Comme j’ai versé environ 2 400 euros de dons personnels à cette association, je me pose une question : où va l’argent ?

Presque 1 million d’euros pour 70 places d’hébergement, cela ne choque personne ? »

Par e-mail, le président Nicolas Nogiuer balaie ces accusations :

« Nos comptes sont vérifiés par un commissaire aux comptes qui contrôle les procédures et l’adéquation des dépenses avec les missions. »

Et remet en cause notre travail :

« Je me suis posé la question des raisons de votre enquête à charge. […] Même les inspecteurs de l’action sociale qui nous contrôlent n’adoptent pas ce type de méthodes. »

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Secrets de polichinelles révélés par le massmédia Rue 89 le 19 novembre 2014.
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[actu] Parler de la sexualité redevient tabou à l’école https://depavage.noblogs.org/post/2014/12/07/sexualite-taboue-educationnationale/ Sun, 07 Dec 2014 01:43:37 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=731 Continuer la lecture →]]> 088Un enseignant d’un lycée parisien a été dénoncé par un syndicat de parents d’élèves pour son décryptage trop explicite de certaines œuvres littéraires.

Article du massmédia gay Yagg le 4 décembre.

Un prof gay témoigne : Parler de la sexualité redevient tabou à l’école

L’actualité récente montre que la «Manif pour tous» veut contrôler l’école et s’y infiltrer. Mais avant même que l’organisation homophobe soit parvenue à son but, «une chape de plomb est retombée» sur l’école, témoigne sur Yagg Damien, enseignant en français dans un lycée parisien (son prénom a été modifié). Ce professeur a eu la surprise d’apprendre qu’un syndicat de parents d’élèves avait envoyé un courrier à l’académie de Paris pour se plaindre de lui, après avoir évoqué les sous-entendus sexuels présents dans Manon Lescaut, œuvre jugée scandaleuse au XVIIIe siècle et à la dernière page du Père Goriot de Balzac.

Bisou mômes Anarchie

«DÉPASSER LES PRÉJUGÉS»
«On peut m’accuser de tout et n’importe quoi, on demande ma tête sans m’avoir rencontré parce qu’une élève dit que j’ai des propos tendancieux!», s’étonne Damien. Mais ce qui l’a le plus gêné dans cette affaire, c’est de ne pas avoir été protégé par l’institution scolaire: «En privé, l’inspectrice affirme qu’il ne faut pas castrer les textes, mais derrière, on n’a aucun soutien.»

Le quotidien de Damien est désormais fait «d’autocensure». «Auparavant, le 1er décembre, pour la journée de lutte contre le sida, je faisais un cours de vocabulaire, se souvient-il. Rapport bucco-génital, rapport anal, rapport vaginal, pénétration: des mots qui permettent aux élèves d’être en mesure de décrire leurs actes devant un médecin ou pour un test de dépistage. Ça se passait très bien. Mais maintenant, je ne le fais plus, parce que ça n’a plus de sens de prendre ce risque.»

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Le fait qu’il ait organisé des séances de théâtre au cours desquels il fait travailler les élèves sur leur respiration, notamment en s’appuyant sur le périnée – «Je leur expliquais qu’il est situé entre l’anus et la zone pubienne» – a aussi fait scandale. «Mieux respirer, ça les aide à mieux gérer leur stress, par exemple lorsqu’il faudra passer l’oral du bac de français, estime Damien. On est à l’école pour apprendre à dépasser les préjugés, mais maintenant, parler des fessées de Rousseau dans Les Confessions ou du désir charnel exprimé par Ronsard lorsqu’il écrit “Mignonne, allons voir si la rose”, je n’oserais plus le faire. Et de plus en plus de professeur.e.s se taisent sur la question de la sexualité.»

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IMPASSE SUR LES ŒUVRES D’AVANT-GARDE
Le mot «genre» étant devenu tabou dans les établissements scolaires, Damien fait désormais l’impasse sur les œuvres d’avant-garde qui explorent ce thème. «Tous les ans, en seconde, je faisais un cours sur les contraintes et les libertés, explique l’enseignant. Je les initiais à la façon dont le langage peut constituer une contrainte, mais que l’individu peut malgré tout être libre en créant sa propre langue au sein du langage codifié. Je leur présentais alors Anne Garréta, lesbienne et agrégée de grammaire, qui a écrit Sphinx, une histoire d’amour où le genre des protagonistes n’est pas dévoilé. Puisque le genre n’est pas marqué, je faisais réfléchir mes élèves à leurs projections, à la différence entre identité sexuelle et identité sexuée. Cette année, je ne l’ai pas abordé et des collègues m’ont d’ailleurs conseillé d’éviter cette œuvre.»

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«IL N’A QU’À PAS S’AFFICHER!»
Pour Damien, «on a d’un côté le mariage pour tous et le plan égalité, mais de l’autre une homophobie décomplexée et une liberté de parole réduite». Avec un élève qui lui a demandé rendez-vous et qui voulait visiblement évoquer la question de sa propre orientation sexuelle, Damien a été cash: «Je suis pédé, tu es pédé et on s’en fout». C’est la première fois que cet adolescent a pu parler de son homosexualité avec une personne adulte et il en a été soulagé, selon Damien, qui ajoute aussitôt: «Mais plus jamais je n’oserai faire ça, alors qu’on était dans un petit lycée de banlieue à l’époque. Les collègues diraient: “Il n’a qu’à pas s’afficher!” On vit dans une étrange et inquiétante situation, dans laquelle la parole est verrouillée, mais où on a droit à un psychodrame parce qu’on a donné un protège-cahier rose à un garçon. Mais l’école doit justement affirmer que oui, c’est possible pour un garçon.»

  Publié par Julien Massillon, massmedia Yagg
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[actu] Le Front National est-il « gay-friendly » ? https://depavage.noblogs.org/post/2014/10/31/actu-le-front-national-est-il-gay-friendly/ Fri, 31 Oct 2014 02:01:11 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=501 Continuer la lecture →]]> poison_signAvec ce genre de (fausse) polémique, le FN manifeste à la fois son ouverture et son côté réactionnaire à propos de l’homosexualité, les médias lgbt s’empressent de relayer les photos et les tweets des gays frontistes qui seront, demain (et oui, la France est un peu à la traîne), l’incarnation de cette nouvelle (extrême) droite à la sauce hollandaise, tolérante à l’égard des homos pour mieux affirmer sa haine des musulmans qu’elle présente comme étant tous  rétrogrades, sexistes et homophobes. Déjà, des individus et des associations adhèrent… Homonationalisme et islamophobie font bon ménage !

Nancy: Pierre Ducarne, le militant FN qui dérange à la fois son parti et les associations LGBT

Publié par le mass-média national gay Yagg le 30 octobre 2014.

Pour Pierre Ducarne, l’affaire est close. Contactée par Yagg, la tête de liste du Front National à Nancy aux élections municipales de mars dernier, ne veut plus répondre sur «cette polémique qui a déjà fait assez de dégâts». La polémique? La proximité entre le militant FN et certaines associations LGBT inquiète à la fois son parti et d’autres associations LGBT.

Le 27 septembre dernier, lors de la Fête des associations de Nancy, la présence de Pierre Ducarne sur le stand du Kreuji (la maison des associations LGBT lorraines) avait fait tiquer l’association Equinoxe, déjà agacée notamment par les liens entre les dirigeants du Kreuji et la municipalité, en particulier le conseiller délégué aux écoles, Pierre de Saulieu, ex-représentant local de la «Manif pour tous», toujours proche de Virginie Merle-Tellenne et de son nouveau mouvement, «L’Avenir pour tous». Joint par Yagg quelques jours après la Fête des associations, le président du Kreuji Pascal Dabel avait démenti un quelconque rapprochement avec l’ex-candidat frontiste: «Pierre Ducarne est venu à notre stand en simple visiteur, avait-il affirmé, pour ma part je ne le connaissais pas. Il est passé, a salué des amis qui étaient présents. Mais Pierre Ducarne ne fait pas partie du Kreuji, nous sommes apolitiques».

Une version que semble confirmer le principal intéressé dans une réponse publiée sur Twitter début octobre et dans laquelle il écrit «assumer parfaitement le fait d’avoir été visiter le stand du Kreuji».

Le parti auquel appartient Pierre Ducarne a aussi vu d’un mauvais œil son attitude perçue comme un soutien à la communauté LGBT nancéienne – le militant «s’était même fait prendre en photo, enlacé avec un beau gosse et a posté le cliché sur Twitter en pied-de-nez aux sectaires», rapportait le journal d’extrême droite Minute.

La semaine dernière, Pierre Ducarne a reçu une convocation devant la commission des conflits du parti le 27 novembre prochain, rapporte L’Est Républicain. L’étudiant en droit aurait eu une «attitude communautariste» et aurait «proféré des insultes envers un dirigeant du FN». Selon L’Est Républicain, un échange entre lui et Bruno Gollnisch sur Twitter aurait mis le feu aux poudres. Le cadre du FN a en effet taclé dans un post de blog la présence du jeune candidat auprès de militant.e.s LGBT, qui lui a alors demandé de «respecter la vie privée d’autrui».

Hier en fin d’après-midi, Pierre Ducarne, qui précisait pourtant récemment (et encore dans le «droit de réponse» publié ci-dessus) avoir pris ses distances avec son parti, s’est réjoui qu’une solution ait été trouvée avec le FN:

Le Front National a en effet finalement renoncé à sanctionner son ex-tête de liste, estimant que Pierre Ducarne n’a pas soutenu «une association communautariste», un comportement qui aurait été jugé «contraire aux valeurs du parti». Toujours selon L’Est Républicain, le jeune militant, qui qualifie donc cet emballement de «malentendu», jure qu’«il n’y a pas de chasse aux homosexuels au FN».

Avant l’annonce du rétropédalage du Front National, l’association Equinoxe Nancy Lorraine s’est une nouvelle fois émue des liens étroits que le parti d’extrême droite tente de nouer avec les LGBT. Elle s’étonne depuis déjà plusieurs mois de voir le jeune militant FN manifester sa proximité avec les associations LGBT nancéiennes et s’est désolidarisée du projet du Kreuji. Elle dénonce aujourd’hui encore l’«opération séduction» mise en œuvre par le Front National «en direction des gays»:

«Avec “l’affaire Ducarne”, la pseudo entreprise de “dédiabolisation” frontiste cale sur ses contradictions internes, et le FN revient à ses fondamentaux: la détestation des minorités! Équinoxe rappelle une fois encore que le Front National a toujours été hostile aux revendications d’égalité des personnes LGBT, et, plus généralement, s’est toujours affirmé le fer de lance des combats anti-égalité. S’en étonner aujourd’hui relève d’une incroyable naïveté.»

L’association critique avec virulence le laisser-faire du Kreuji: «Les alertes d’Equinoxe concernant la tentative d’infiltration d’éléments d’extrême droite au sein d’associations gays nancéiennes se sont également avérées totalement fondées, même si les dirigeants FN la trouvent aujourd’hui trop voyante. (…)

 

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[actu] Il y a plus de 250 ans, la dernière exécution d’un couple homosexuel à Paris https://depavage.noblogs.org/post/2014/10/22/actu-il-y-a-plus-de-250-ans-la-derniere-execution-dun-couple-homosexuel-a-paris/ Tue, 21 Oct 2014 22:20:16 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=442 Continuer la lecture →]]>

sodomites_inquisition[Article publié le 18 octobre par les mass média à l’occasion de la pose d’une plaque sur le lieu de leur arrestation.]

Une nuit d’hiver 1750, un jeune artisan et un domestique sont surpris en plein acte de sodomie: ils seront condamnés au bûcher.

Près de trois siècles après, la Ville de Paris rend hommage samedi au dernier couple homosexuel exécuté dans la capitale.

Il est presque minuit ce 3 janvier 1750 lorsque Bruno Lenoir, un cordonnier d’une vingtaine d’années, et son partenaire d’un soir, Jean Diot, employé de maison de 40 ans, sont arrêtés, ivres, rue Montorgueil, au cœur de Paris.

Selon le procès-verbal de l’époque dressé par le guet, la police chargée des rondes de nuit, les deux hommes ont été vus «en posture indécente et d’une manière répréhensible».

D’ordinaire, ce type d’affaire se soldait alors par une simple remontrance, appelée «mercuriale». Eux auront droit à un traitement plus radical.

Après un séjour de six mois dans les geôles malfamées de la prison du Châtelet et un simulacre de procès, ils écopent de la peine maximale: la mort par le feu, place de Grève, l’actuelle place de l’Hôtel de Ville, qui servait aux exécutions et aux supplices publics sous l’Ancien Régime.

La sentence, pourtant conforme à ce que la loi réservait aux «sodomites» au milieu du XVIIIe siècle, «a étonné tout le monde par sa sévérité», explique Thierry Pastorello, historien et auteur d’une thèse sur l’homosexualité masculine à Paris aux XVIIIe et XIXe siècles.

«S’agissant d’une simple sodomie, c’est un cas unique au XVIIIe siècle, on a voulu faire un exemple», assure-t-il. A cette période, d’autres homosexuels avaient été jetés au feu pour ce motif, mais ils s’étaient rendus coupables de pédophilie et de trafic de jeunes enfants.

– ‘Un crime très banal’ –

Du jardin des Tuileries à celui du Luxembourg, en passant par les quais de Seine, «la vie sodomite était très développée à l’époque» poursuit M. Pastorello. «C’était un crime très banal. Les archives montrent que la police savait très bien ce qui se passait dans certains endroits chauds», notamment les guinguettes et cabarets «connus pour leur clientèle sodomite».

Outre l’acte, les deux hommes, de simple condition, ont eu le tort de ne pas être bien nés. «Ils étaient particulièrement fragiles sur le plan social, c’était plus facile de les condamner», estime M. Pastorello. «Les jeunes nobles surpris dans des parties fines dans les bosquets de Versailles étaient renvoyés dans leurs châteaux de campagne pour se faire oublier», ajoute-t-il.

Ce n’est qu’en 1791 que le code pénal abandonne le crime de sodomie entre adultes consentants. Et il faudra attendre 1982, sous l’impulsion de Robert Badinter, ministre de la Justice de François Mitterrand, pour que l’homosexualité soit dépénalisée.

(…)

Via l’AFP, presse au service de la Loi.

 

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[actu] Dimanche : Manif pour tous ? https://depavage.noblogs.org/post/2014/09/30/actu-dimanche-manif-pour-tous/ Mon, 29 Sep 2014 23:44:20 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=340 Continuer la lecture →]]>

Article du mass média Métro le 29.09

REVUE DES TROUPES – La manif pour tous, connue pour son combat contre le mariage homosexuel, manifeste une nouvelle fois dimanche prochain à Paris et Bordeaux. Et si le mouvement nie ses liens avec l’extrême droite, de nombreux groupuscules identitaires et nationalistes prévoient de marcher aux côtés des militants anti-mariage gay traditionnels.

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[actu] La « Manif pour tous » voudrait contrôler l’école https://depavage.noblogs.org/post/2014/09/09/actu-la-manif-pour-tous-voudrait-controler-lecole/ Tue, 09 Sep 2014 00:33:30 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=249 Continuer la lecture →]]> 1796088_10200831098418544_6361005372832594105_o

Repris de la presse gaie bourgeoise Yagg. Publié le 29 septembre 2014.

À la rentrée 2013, la «Manif pour tous» avait incité les parents d’élèves à rejoindre des comités Vigi-gender ou à devenir délégué.e.s pour garder un œil sur les programmes scolaires et veiller à ce que l’égalité entre filles et garçons ne s’immisce dans les salles de classe. Dans la ligne de mire, les ABCD de l’égalité, alors en expérimentation dans plusieurs académies et aujourd’hui abandonnés au profit d’un plan d’actions pour l’égalité entre les filles et les garçons à l’école.

Outre la distribution de tracts devant les grilles des établissements scolaires, ces groupes avaient aussi entre autres fait naître une polémique autour de la diffusion dans les écoles du film Tomboy. Cette année, la mobilisation des anti-égalité n’a pas faibli et ils entendent désormais peser dans la balance à l’approche des élections des représentant.e.s de parents d’élèves qui ont lieu les 10 et 11 octobre prochains. Les représentant.e.s élu.e.s sont amené.e.s à participer à la vie de l’établissement et à donner leur avis sur le projet de l’établissement, le règlement intérieur, ou encore sur l’organisation d’activités complémentaires, éducatives, sportives ou culturelles. Farida Belghoul, à l’origine avec sa «Fédération nationale de parents engagés et courageux» des «journées de retrait de l’école», souhaite aussi rejoindre les sièges des délégué.e.s. Dès lors qu’ils ou elles seraient élu.e.s, des représentant.e.s issus de ces différentes groupes pourraient être en mesure de montrer leur opposition à des spectacles, des lectures ou des projections, ou même à des interventions d’associations telles que SOS homophobie ou le MAG Jeunes LGBT.

Les fédérations de parents d’élèves, qui déjà l’an dernier avaient été attentives à la progression aux abords des écoles de ces groupes en guerre contre l’égalité restent en alerte, et constatent que dans certains secteurs, ils pourraient effectivement trouver un écho favorable auprès de certaines familles: «Des listes pourraient passer dans des écoles et dans quelques collèges où la mixité n’existe pas forcément, où le climat entre parents et enseignants est tendu, explique Bruno Brisebarre, secrétaire départemental de la FCPE-Val-d’Oise, cité par Le Monde. Quoi qu’on leur dise, des familles continuent à craindre la théorie du genre.» Le travail de désinformation par la peur orchestré autour d’une pseudo «théorie du genre» pourrait donc porter ses fruits.

Repris de la presse gaie bourgeoise Yagg. Publié le 8 septembre 2014.

En Loire-Atlantique, l’organisation a envoyé un courrier aux 1048 chefs d’établissement.

Si la présidente de la «Manif pour tous Loire-Atlantique» France de Lantivy assure qu’elle n’a pas émis de «menace», elle a malgré tout envoyé un courrier intimidant aux 1048 chefs d’établissement de Loire-Atlantique en juillet, rapporte fRance Info.

TRANSPHOBIE
Le but? «Éveiller les équipes pédagogiques en disant attention, nous allons être vigilants aux ouvrages que vont manier nos enfants par votre biais, par rapport aux spectacles qui vont être donnés, aux films, à tous les outils pédagogiques parce qu’on dénonce cette théorie du genre qui pour nous est un mensonge», a-t-elle avancé. La lettre dénonce notamment la lecture de l’ouvrage pour enfants Tango a deux papas à une classe de moyenne section, ce qui serait «inacceptable».

L’homoparentalité n’est pas le seul problème de la «Manif pour tous» qui veut aussi taire l’existence des personnes trans’. «La théorie du genre, c’est quand on vient mettre un mensonge dans l’esprit des enfants en disant: “Tiens, voilà, toi, petit garçon, en fait, tu n’es pas forcément un petit garçon, mais tu peux aussi être une petite fille”», a expliqué France de Lantivy. D’après son compte Twitter, celle-ci a milité contre la diffusion du film Tomboy dans les écoles et estime que la libre circulation des travailleurs/ses en Europe serait un complot du «lobby LGBT» pour imposer la reconnaissance de l’ouverture du mariage à l’ensemble du continent.

«FANTASMES»
Les responsables éducatifs locaux ont réagi à ce courrier en donnant tort à la «Manif pour tous». «Les enseignants n’ont pas à être sous surveillance, a répliqué William Marois, le recteur de l’académie de Nantes. Ils enseignent les principes de la République, loin des fantasmes développés dans ce courrier par quelques groupes.» Même position du côté de Thierry Chouquet, le principal du collège Salvador-Allende à Rezé, qui se dit «assez mécontent» d’avoir reçu un tel courrier. «On a le sentiment d’être sous une éventuelle surveillance en dehors de tout cadre légal. On a l’impression qu’il se passera quelque chose si ces organisations estimaient qu’on ne fait pas notre travail. Je serais bien incapable d’enseigner la théorie du genre et je pense que les enseignants de nos établissements, pour eux c’est quelque chose qui n’existe pas.»

Par Julien Massillon, presse gay mainstream

]]> [actu] Conformiste, bourgeois, romantique : le mariage gay épouse les traditions https://depavage.noblogs.org/post/2014/08/30/actu-conformiste-bourgeois-romantique-le-mariage-gay-epouse-les-traditions/ Fri, 29 Aug 2014 22:15:36 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=65 Continuer la lecture →]]> Au cœur de mariages de couples homos par «M», le magazine du «Monde»

publié le 29/08/2014 par le média mainstream Yagg
À en croire l’auteure de l’article, les couples qui se sont mariés jusqu’ici ont privilégié la tradition à la subversion.

«Je considère que, lorsqu’on occupe une position sociale supérieure, la vie privée n’existe plus et qu’il faut se montrer pour aider les jeunes gays vivant dans des milieux moins libéraux», a confié Jean-Paul Cluzel, le président du Grand Palais, à la journaliste du Monde Raphaëlle Bacqué. Il lui a donc ouvert les portes de son mariage avec Nicolas Droin, le directeur de l’Orchestre de chambre de Paris. Parmi les invité.e.s, Alain Juppé, Valérie Trierweiler, la directrice de la danse de l’Opéra de Paris Brigitte Lefèvre, le PDG de la Fnac Alexandre Bompard, et des énarques… Une ambiance bon chic bon genre, où l’on pouvait se frotter à «des costumes élégants et des cravates en soie».

L’ouverture du mariage avait beau être décriée comme un élément de rupture avec des traditions millénaires, dans de nombreux cas, les couples d’hommes et les couples de femmes qui se disent oui respectent à la lettre l’étiquette. «J’avais insisté pour que l’annonce de notre union soit publiée dans le Bulletin quotidien, cette bible des élites administratives françaises», souligne ainsi Jean-Paul Cluzel, lui aussi sorti de l’ENA et membre de l’Inspection des finances. Finalement, «ce fut un mariage classique avec alliances, champagne et quelques non-dits» puisque les familles des mariés ne leur ont pas offert de cadeau, sans donner d’explication particulière.

L’article de M, le magazine du Monde, décrit d’autres mariages mondains, mais aussi des unions de couples moins en vue. «On y retrouve les mêmes rituels, alliances, bouquets et vins d’honneur comme si, célébrées sous les ors de la République, les amours homosexuelles adoptaient aussi les conformismes de l’hétérosexualité», écrit Raphaëlle Bacqué. La journaliste, parfois avec quelque maladresse, relève quelques particularités propres aux couples gays ou lesbiens. Pour certain.e.s, le mariage serait «trop ringard» ou cette cérémonie vue comme «une forme de compromission». Les couples de même sexe se permettent aussi quelques excentricités, constatées ça et là. Mais dans l’ensemble, «on ne moque surtout pas l’institution, lorsqu’on choisit de s’y soumettre, et l’on rêve au contraire de “normalité”», peut-on lire. Un rêve que l’on touche déjà du doigt, semble-t-il: ouvrir le mariage «accélère la banalisation de l’homosexualité, et donc son acceptation», n’hésite pas à affirmer M. Cette mesure qui a réveillé le pire – les défilés en rose et bleu – charrierait aussi le meilleur, comme le veut la formule consacrée.

 par Julien Massillon
(source mainstream : yagg)
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[actu] Le Conseil d’Etat permet à un couple gay franco-marocain de se marier https://depavage.noblogs.org/post/2014/08/29/actu-le-conseil-detat-permet-a-un-couple-gay-franco-marocain-de-se-marier/ Fri, 29 Aug 2014 21:52:29 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=61 Continuer la lecture →]]> L’état Francais donne un visa à un homosexuel marocain pour qu’il puisse se marier

publié le Dim. 27 Juil. 2014

Le mercredi 9 juillet 2014, le Conseil d’État a sommé le gouvernement de délivrer sous 24 h un visa à un homme homosexuel d’origine sénégalaise vivant au Maroc pour qu’il puisse épouser son conjoint Français le samedi. Cette décision est une première , elle vient sanctionner « une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale de se marier », car le Maroc interdit les unions homosexuelles. Habitant à Casablanca, l’homme a décidé d’épouser son conjoint dès lors que la loi Taubira ouvrant le mariage aux couples homosexuels prévoit que si l’un des époux est ressortissant d’un pays interdisant ce type d’union, le mariage ne peut pas être célébré par les autorités diplomatiques et consulaires françaises – comme c’est fréquemment le cas pour les couples hétérosexuels – mais qu’il doit avoir lieu en Franc. Le 26 mai, il déposa donc une demande de visa au consulat français qui fût refusée un peu moins d’un mois plus tard. Il s’est donc adressé au tribunal administratif de Nantes qui a refusé lui aussi. Il s’est enfin tourné vers la plus haute juridiction administrative, le Conseil d’État. A cette audience, le ministère de l’intérieur a remis en cause la sincérité de l’union. Pour justifier le refus de visa le ministère évoque les antécédents migratoires de l’intéressé qui est venu en France sans papier en 2010. Soulignant par ailleurs que les deux hommes ont trente-cinq ans d’écart. Néanmoins, le juge a déclaré que le refus de visa portait « une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale de se marier » étant donné que le Maroc n’autorise pas le mariage homosexuel. Le juge a également démenti le doute de la sincérité de l’union en soulignant le fait que les deux hommes vivaient ensemble à Casablanca depuis quatre ans, que le jeune sénégalais y travaillait et que les demandes de séjours n’avaient pour but que de passer des vacances. Le Conseil d’État a donc donné au gouvernement français 24h pour délivrer le visa et l’a condamné à verser 5.000 euros au demandeur.

(source mainstream : za-gay)

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