Coups de gueules – Dépavage https://depavage.noblogs.org Dép' (pédés - "HSH", "homos", "gays"-) et luttes sociales >> Revue de presse, archives et contributions Sun, 12 Jul 2015 15:03:27 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1 Des choses à faire, par Mickael Kimble https://depavage.noblogs.org/post/2015/04/08/des-choses-a-faire-par-mickael-kimble/ Wed, 08 Apr 2015 18:03:19 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1402 Continuer la lecture →]]> break-the-chainsTraduction d’un texte de Mickael Kimble, compagnon pédé, noir et anarchiste condamné à la prison à perpétuité aux Etats-Unis. A propos de la solidarité avec les prisonniers.

 

Récemment, plus d’un compagnon m’a demandé comment ils pourraient faire preuve de solidarité avec les rebelles qui se retrouvent derrière les murs des prisons. Cela me donne l’impression qu’ils et elles sont un peu frustré-e-s et que le travail réalisé ne leur paraît ni productif ni satisfaisant au niveau personnel. Croyez-moi, moi comme d’autres rebelles emprisonné-e-s ressentons la même frustration pour le fait que nos efforts et notre investissement n’aient pas l’effet désiré. Mais pour être honnête, je veux que les compagnon-ne-s du dehors sachent que le travail d’éducation qu’ils et elles font dans les prisons à travers les livres et les fanzines est phénoménal. Les relations que les compagnon-ne-s du dehors construisent avec nous, le soutien financier, l’amour et les actes de solidarité sont très importants. Cela dit, nous avons besoin de choses plus fortes si nous cherchons à réellement provoquer des dégâts à ce système colossal de destruction humaine.

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Depuis l’intérieur, les prisonnier-e-s ont historiquement utilisé 5 méthodes basiques : les grèves de la faim, les grèves du travail, les mutineries, les demandes légales et les campagnes d’envoi de lettres ou d’appels pour visibiliser les conditions inhumaines qui existent au sein de cet environnement d’hostilité de ces porcs de matons, d’isolement, de négligences médicales, des programmes d’éducation/réhabilitation inexistants, des conditions d’insalubrité, etc. Mais aucune de ces luttes ne s’est faite pour l’abolition des prisons, seulement pour leur réforme. La plupart des prisonnier-e-s pensent que les prisons et la police sont des choses nécessaires, qu’elles doivent simplement être plus humaines. Triste mais vrai.

Depuis l’extérieur, celles et ceux qui soutiennent les prisonnier-e-s, dont les anarchistes, qui affirment vouloir abolir les prisons, utilisent principalement 3 ou 4 méthodes de teinte activiste pour faire preuve de soutien et de solidarité avec les luttes dans les prisons. Ces méthodes sont les campagnes d’envoi de lettres ou d’appels, les démarches légales, les manifestations et l’éducation publique. Toutes sont des méthodes autorisées qui ne font en réalité pas grand chose pour défier la légitimité des prisons, et elles ne les abolissent certainement pas. Ce sont de simples formes de protestations bourgeoises (légales / autorisées) qui essayent d’en appeler à la conscience morale des bureaucrates pour que ceux-ci traitent les prisonnier-e-s de façon plus humaine, et cela légitime uniquement le prestige de l’État.

Il ne plait bien sûr à personne de voir les prisonnier-e-s (humain-e-s) être maltraité-e-s et abusé-e-s. Ma critique est qu’aucune de ces méthodes ne peut en soi amener à la destruction de la prison/État. Et que celles et ceux du dehors s’impliquent dans des formes de lutte légales, alors que les prisonnier-e-s rebelles s’impliquent dans des formes de lutte illégales. La dissidence à l’intérieur de la prison est illégale et, pour cette raison, les prisonnier-e-s finissent par recevoir la brutalité, les attaques et les représailles de l’État.

Pendant des années, nous avons vu des mutineries sanglantes, des grèves de la faim ou du travail brutales et mortifères, des démarches légales à long terme, mais même après ça, il y a plus de prisons, plus de prisonnier-e-s, et plus de mauvais traitements. Aucune de ces méthodes utilisées par le passé n’est parvenue à créer le moindre dommage dans l’armure de l’État. Et il serait négligent de ma part de ne pas mentionner l’argument qui dit que nous ne devrions pas utiliser la violence révolutionnaire. La logique derrière tout cela selon laquelle si nous utilisons la violence révolutionnaire, l’État tirera avantage dans les médias et nous présentera comme des voyous, des criminel-le-s et des terroristes. Merde ! L’État a toujours le dessus dans les médias corporatifs de masse. La Presse est contrôlée par l’État à travers les grandes entreprises qui sont complices de l’État.

Dès lors que les prisons sont des centres dans lesquels se concentrent le plus l’autorité, la coercition et le contrôle sur la société, elles devraient être un point de mire de l’attaque, l’abolition des prisons devrait être au premier rang de tout mouvement contre l’autorité et pour la liberté, et les voix des prisonnier-e-s devraient avoir un espace à part dans le mouvement, simplement du fait de leur position unique. Cela n’a rien à voir avec le romantisme ou l’aventurisme, comme certain-e-s aiment l’affirmer pour justifier leur inertie. Bien sûr, personne ne peut nous dire quelles sont les stratégies et les tactiques qui réussiront à répandre la révolte, mais je ne peux que penser qu’il n’y a rien de plus clair que de les attaquer là où ça fait mal. Ainsi, et une fois tout cela dit, j’aimerais proposer quelques « choses à faire » que les compagnon-ne-s devraient considérer sérieusement.

Quelques choses à faire :

– Commencer à viser les entreprises qui tirent profit en investissant dans les prisons, à travers le sabotage, les manifestations bruyantes dans leurs locaux et des irruptions dans les maisons de leurs directeurs exécutifs.

– Commencer à cibler les surveillants de prison et les membres du conseil de liberté conditionnelle pour le fait d’être des harceleurs.

– Commencer à hacker le ministère de la direction pénitentiaire, les entreprises qui profitent des prisons, les ordinateurs des agents des prisons.

– Devenir des complices du crime de subversion.

– Détruire la propriété du ministère de la direction pénitentiaire.

– Saboter les engins de chantier de construction de prisons.

– Utiliser son imagination pour trouver des façons de faire chier l’État.

– Etudier des luttes qui se sont déroulées dans d’autres pays pour voir quelles tactiques utilisées là-bas peuvent être adoptées ici.

– Publier sur internet des informations personnelles d’agents de prisons / d’employés publiques / de directeurs d’entreprises.

– Lancer des représailles contre les surveillants de prison qui maltraitent les rebelles.

– Provoquer autant de désordre que possible.

Michael Kimble, prison de haute-sécurité ‘Holman’ à Atmore (Alabama, USA).

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Lui écrire :

Michael Kimble
#138017
3700 Holman Unit
Atmore, AL 36503

Le site de soutien : anarchylive.noblogs.org

Contact du groupe de soutien : anarchy_live[at]riseup.net

Trouvé sur Contrainfo et Le Chat noir émeutier.

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[actu] France : DSK et le procès pour sodomie, Ovidie https://depavage.noblogs.org/post/2015/02/15/1344/ Sun, 15 Feb 2015 19:33:49 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1344 Continuer la lecture →]]> 4210368-le-cochon-souriantRéaction d’Ovidie au procès de DSK dans l’affaire du Carlton et à son traitement médiatique : un procès qui devient celui de la sodomie et de la prostitution quand il est pourtant question de viol et de mépris de classe.

 

 

DSK

C’est un bien curieux procès qui se déroule actuellement à Lille. Un procès où certains termes ne sont pas prononcés. « Boucherie », « parties fines », « bestialité »… Il m’a fallu un moment avant de comprendre de quoi DSK était précisément accusé dans cette affaire. « Proxénétisme aggravé ». C’est étrange, à la lecture des divers témoignages, je n’aurais pas dit ça. J’aurais dit pire, à vrai dire. Mais bon, je ne suis pas magistrat, alors je me contente d’observer de loin son traitement dans les médias, perplexe.

Non, vraiment, j’ai du mal à comprendre les termes de ce procès. Franchement, qu’un homme politique ait eu recours à des escorts, soyons sérieux, ce ne serait certainement pas la première fois. En revanche, la particularité du personnage qui semble se dessiner, si on rassemble les témoignages antérieurs de Tristane Banon, Nafissatou Diallo, et des prostituées actuellement à la barre, c’est cette propension à la violence. Si le témoignage de la prostituée est vrai (je dis bien « si », car jusqu’à nouvel ordre il n’a pas été jugé coupable), pourquoi ne parle-t-on pas clairement de viol ? Dans la presse, on évoque une « boucherie », et autre périphrases. Mais quand l’une des prostituées raconte que David Roquet lui a tenu les mains pendant que DSK la sodomisait contre son gré, pourquoi personne n’emploie le mot « viol » ? Vous me rétorquerez que les prostituées n’ont pas porté plainte, et que par conséquent cette accusation n’a pas été retenue. Mais franchement, si elles avaient porté plainte, les aurait-on crues ? Qu’auraient-elles gagné, excepté des intimidations et une belle campagne de dénigrement ? Quand on voit à quel point Nafissatou Diallo a été traînée dans la boue, on peut comprendre leurs réticences. Sophie de Menthon, dans les « Grandes Gueules » sur RMC suggérait même au sujet de cette dernière que « c’est ce qui lui serait arrivé de mieux« , qu’elle « n’a rien pour elle, elle ne sait pas lire pas écrire, elle est moche comme un cul« . Si on a été capable de dire cela d’une femme de chambre, imaginez ce qu’on dirait d’une pute. Nous voilà donc spectateurs d’un procès où la presse relate le témoignage d’une prostituée parlant d’un acte sexuel contre son consentement pour lequel je me demande pourquoi personne ne parle pas de « viol ». Finalement, ce n’est pas le coeur du problème, il n’est question que de « proxénétisme ». Ah.

Le tabou de la sodomie

Il y a également ce terme de « sodomie », employé par l’avocate de DSK Frédérique Beaulieu si embarrassant, et que bon nombre de journalistes hésitent à écrire et à prononcer. Et d’ailleurs, même la témoin connue sous le nom de « Jade » évite d’employer ce terme avec précision. Il est question « d’empalement qui déchire» .  S’il est si difficile pour les prostituées de parler de sodomie à la barre, c’est parce que la médiatisation de ce procès amplifie la honte qu’elles peuvent ressentir. Dire « DSK m’a sodomisée », même de force, c’est toujours dire publiquement que l’on a été « enculée », avec tout ce que cela draine comme jugement. Rappelons qu’il s’agit encore d’une insulte dans la langue française, et que dans certains pays des personnes sont condamnées à mort pour cela.

La pratique de la sodomie décrite en filigrane à plusieurs reprises semble être la grande star de ce procès, le clou du spectacle. C’est elle qui est brandie comme preuve que DSK savait pertinemment que ces femmes étaient rémunérées. Un curieux raccourci qui laisse à penser que si une femme accepte de se laisser sodomiser, c’est qu’elle est rémunérée. Et même, plus tordu encore, que si elle est rémunérée, alors on peut la sodomiser à merci. Or, dans un rapport sexuel, rémunéré ou non, si on décide en cours de route de dire « non », et bien c’est « non ». DSK rappelle qu’il n’y a pas de « pratique sexuelle dévoyée », et le pire c’est qu’il a raison. Il affirme qu’il a « le même rapport avec les autres femmes, tout aussi rude, mais ça n’a pas de lien avec la prostitution« , et c’est peut-être bien vrai. Mais encore une fois, ne sommes-nous pas en train de nous tromper d’accusation ? Pour une spectatrice comme moi, qui lit ce que les médias rapportent, si les accusations des prostituées sont vraies, il me semble tout de même que ce procès ne devrait pas être celui de la prostitution ni de la sodomie, mais celui de ce qui est décrit comme pouvant s’apparenter à un viol. ans Il s’agirait d’un autre procès.

Mépris de classe

Je serai claire, s’il y a encore des personnes qui minimisent ce dont on accuse DSK, c’est parce que ces femmes n’étaient pas du même rang social. Si on apprenait par exemple qu’une personne du même milieu que lui avait été un jour neutralisée sur un lit pendant que celui-ci la sodomisait de force, croyez-moi que les réactions auraient été différentes. Alors qu’une domestique, des putes, ma foi, pas de quoi fouetter un chat. On se rappelle à titre d’exemple du très élégant « troussage de domestique » de Jean-François Kahn. Toutes ces histoires révèlent avant tout le problème de l’impunité, du pouvoir de l’argent, et de la domination d’une classe sociale sur une autre.

Un bien curieux procès en vérité, qui se déroule alors que le Sénat vient d’annoncer qu’il examinera de nouveau la proposition de loi pénalisant les clients de prostitué(e)s les 30 et 31 mars alors qu’on la croyait jetée aux oubliettes.

Par Ovidie, février 2015.

Un site d’argumentaires contre la pénalisation des clients.

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Je ne suis évidemment pas Charlie, Cécile Lhuillier https://depavage.noblogs.org/post/2015/01/30/je-ne-suis-evidemment-pas-charlie-cecile-lhuillier/ Fri, 30 Jan 2015 14:52:27 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=1196 Continuer la lecture →]]> 9aff87a28e4f5607c69fd01965c9dc06« Charlie [Hebdo] était devenu une caution anticléricale de « gôche » en partie au service d’une islamophobie généralisée. »

Par Cécile Lhuillier,
Ancienne présidente d’Act Up-Paris, militante au Collectif 8 mars pour toutes.

(déjà 117 procédures pour apologies du terrorisme)

 « Je ne suis évidemment pas Charlie »

Publié par la presse gay mainstream Tétu le 28 janvier 2015.

Le choc émotionnel lié à la brutalité de l’attentat contre Charlie Hebdo a donné lieu à des rassemblements spontanés et massifs, et tout aussi immédiatement à une scission sociale et militante. Fidèles à leur rôle de miroir, les réseaux sociaux ont fait montre de nouvelles querelles. Les « je suis » VS les « je ne suis pas », catégories opposées, avec leurs sous-ensembles, leurs nuances, leurs radicaux et leurs modéréEs.
Dans la vraie vie, les représailles ne se sont pas faites attendre, quelques horreurs supplémentaires ont attisé les haines, donnant du même coup un blanc-seing à l’État pour renforcer encore un peu plus ses politiques sécuritaires et accroître la répression.

Et maintenant ? Comment répondre à cette question sans s’en poser une autre : « Comment en est-on arrivé là ? ».

Je ne suis bien évidemment pas Charlie. Sur la forme, nul besoin à mon sens d’user de dépersonnalisation pour se montrer solidaire ou compatissantE, et sur le fond, Charlie Hebdo était devenu un journal raciste, homophobe, transphobe, sexiste, et tout particulièrement islamophobe.
La satire, le second degré, plus généralement la liberté d’expression sont trop précieux pour être dévoyés à des fins oppressives, or c’est ce que Charlie faisait de ces notions dont il avait le privilège de bénéficier.
De publication subversive active dans la contestation des pouvoirs en place, Charlie était devenu une caution anticléricale « de gôche » en partie au service d’une islamophobie généralisée, à l’encontre en premier lieu non pas des autorités religieuses, mais de la communauté musulmane.

Le simple fait de ne pas changer d’identité pour devenir unE Charlie a été assimilé à une approbation des multiples meurtres de ce triste début d’année. De l’art de ne surtout pas nuancer, de refaire l’histoire, et d’insulter qui pense différemment. Drôle d’exercice pour les tenantEs d’une indignation massive en faveur de la liberté d’expression.

Quid dans ces circonstances de la « communauté » LGBT ? D’ailleurs, de laquelle parlons nous ? La cohésion affichée lors des débats sur le mariage n’a été qu’un feu de paille, une fois la loi votée, des pans entiers de la communauté, des revendications et donc des personnes ont été abandonnées.
Au sein même de cette minorité, les plus privilégiéEs se sont accomodéEs d’une loi incomplète, empreinte notamment, par ses oublis, de transphobie et de lesbophobie.

En terme de « droits pour touTEs », le compte n’y est pas, il n’y a jamais été.

Revenons sur la période marquée par l’ouverture du mariage aux couples de même sexe : combien de reculades gouvernementales, de tribunes offertes aux homophobes au nom d’un débat qui n’avait pas lieu d’être ? Autant d’opportunités pour les franges homophobes, mais aussi racistes et fascistes de revenir sur le devant d’une scène politique déchiquetée, de se réorganiser dans les structures militantes, de reprendre les médias, et la rue.

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Que d’arguments alors pour ne surtout pas élargir cet élan politique et social estampillé « mêmes droits pour touTEs » à l’ensemble des minorités elles aussi cantonnées à un statut de seconde zone.

Si le PS, sous la pression des militantEs, a fini par honorer par forceps une de ses promesses électorales, d’autres mesures ont été prises dans le même temps à l’encontre des travailleuRSes du sexe, les expulsions des sans-papiers se poursuivent, les actes islamophobes foisonnent, et les ressortissantEs LGBT de 11 pays restent par ailleurs toujours privéEs de l’accès au mariage. Il fallait alors « se montrer raisonnable », « ne pas confondre les luttes », « être patientE ».

QuelLE « Charlie » d’aujourd’hui s’est à l’époque levéE pour « être » une pute, unE trans* ou unE sans-papier ?

Quand des franges entières de la population restent lésées, le « vivre ensemble » doit passer par le « revendiquer ensemble ». Dans un contexte inégalitaire, la cohabitation est rendue d’autant plus difficile, et il est aisé de diviser encore davantage.
Les tentations réactionnaires existent, et il est désolant de constater que certainEs y cèdent, ou en tous cas ne s’en indignent plus.

En 2010, déjà, le Front national draguait la sphère LGBT, souvenons-nous de ses appels du pied : « Dans certains quartiers, il ne fait pas bon être femme, ni homosexuel, ni juif, ni même Français ou blanc ».
Nos revendications, nos luttes et nos besoins devenaient des outils de propagande pour des formations politiques racistes.

Au-delà des divisions, la solution n’est pas non plus un gommage des spécificités au nom d’une intégration dans une communauté nationale lisse et respectable, qui désagrégerait nos identités propres. Il s’agit pourtant d’une autre tentation, renforcée ces dernières semaines par la création d’une « union nationale » au sein de laquelle nous devrions marcher derrière nos oppresseurs ?

La communauté LGBT, ceux/celles qui la représentent, et surtout ceux/celles qui la font n’ont que trop tardé à afficher clairement des positions anti-racistes, anti-islamophobie, anti-sexistes, et à prendre des positions claires sur des sujets de société qui pourtant nous concernent aussi. Comment, cela dit, attendre d’une communauté déjà déchirée en interne qu’elle fasse preuve de cohésion et forme un bloc politiquement solidaire d’autres minorités toujours désavantagées ?

Je veux croire qu’il n’est pas trop tard…

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117 porcédures pour apologie du terrorisme, (plus de) 130 actes islamophobes…

Publié sur le site Secours Rouge.

Deux semaines après les attentats contre Charlie Hebdo et Hyper Cacher, 117 (cent dix-sept) procédures ont été ouvertes devant les tribunaux français pour « apologie du terrorisme » et « provocation à la haine raciale », en application de l’article 12 de la loi du 13 novembre 2014, qui fait passer ce délit du droit de la presse au droit commun des infractions pénales. Une vingtaine de ces affaires ont d’ores et déjà abouti à des peines de prison ferme, suite à une comparution immédiate (au nom de quelle urgence ?), qui empêche la préparation d’une défense correcte. La France compte 400 (quatre cents !) lois limitant le principe de liberté d’expression…

On opposera à cette vingtaine d’emprisonnements sommaires le fait qu’aucune personne mise en cause dans les 130 actes islamophobes survenus durant la même période n’a fait un jour de prison. Le 14 janvier, un homme originaire de Belfort a été mis en examen pour « menace de crime contre des personnes en raison de leur religion » et « détention de substances pouvant entrer dans la fabrication de produit explosif », mais a été remis en liberté alors même que des substances explosives ont été retrouvés chez lui et avait menacé de faire exploser la mosquée de Delle. A Toulouse, l’homme qui a été interpellé près de la mosquée d’Empalot en possession d’une arme blanche pour « tuer du musulman » afin de « venger Charlie Hebdo » a été relaxé le 19 janvier pour les menaces de mort, « faute de réitération ». Il a écopé de 8 mois de prison avec sursis mise à l’épreuve pour port d’arme et usage et détention de cocaïne. Il est donc libre. Des fascistes ayant tagué « morts aux arabes » ou saccagé des tombes musulmanes ont bénéficié de circonstances atténuantes (ivresse, « emprise de l’émotion », problèmes psy) systématiquement refusées aux coupables de lèse-Charlie.

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A lire aussi, sur ce site, d’autres réactions (collectif Quartiers libres, Claude Guillon et des anarchistes), et aussi l’édito de L’Envolée.

…et sur le site de Têtu, la tribune de Ludovic-Mohamed Zahed, imam, membre de Calem (confédération des associations LGBTQI euro-africaines ou musulmanes) et HM2F (Homosexuels et Musulmans de France).

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Je déteste les flics, oui c’est vrai. – The Dicks https://depavage.noblogs.org/post/2015/01/23/je-deteste-les-flics-oui-cest-vrai-the-dicks/ Fri, 23 Jan 2015 15:15:40 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=871 Continuer la lecture →]]> flicpapPost du blog Bordeaux Nécropole.

Des olas pour les paniers à salades, des hourras pour les snipers, des bisous pour les CRS… On oublie tout ?

Les coups de tonfas, les tirs tendus de flashballs, les grenades assourdissantes qui tuent ? Par quel tour de force le gouvernement a-t-il réussi à cacher derrière les corps encore chauds des douze personnes tuées par trois fanatiques endoctrinés, ceux des milliers de victimes de ses bras armés, l’armée et la police ?

Depuis une dizaine de jours, les peines de prison ferme tombent sur des gamins – d’apparence musulmane comme avait osé le sortir Sarkozy – qui ont simplement lancé des provocations verbales, peu importe qu’ils aient été saouls ou non. Toujours les premiers visés, ils détestaient déjà la justice et les forces de l’ordre. Sûr que les foutre en taule va vachement les calmer…

Comme eux, je continuerai à détester les flics.

Comme le criaient les DICKS. En pleine ère Reagan, ce groupe texan n’a jamais caché ses idées socialistes (au sens premier du terme, pas celui de Cazeneuve, Valls et Hollande). Leur chanteur, Gary Floyd, a de plus été l’un des premiers punks a se dire ouvertement gay, écrivant plusieurs morceaux à ce sujet.

Quel rapport me direz-vous. Toujours le même : que le racisme, l’homophobie, le sexisme et autres rapports dominés/dominants sont tous étroitement liés à la lutte des classes. Si l’on ne croit qu’à cette dernière sans prendre en compte toutes les autres luttes émancipatrices, on sera aussi efficace face au capitalisme que les chouardiens et leur tirage au sort.

The Dicks hate policemen, yes it’s true.

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The Dicks – Hate the police – 1980

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Vous peut-être, mais moi je ne suis pas Charlie ! https://depavage.noblogs.org/post/2015/01/10/pascharlie/ Sat, 10 Jan 2015 01:11:13 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=800 Continuer la lecture →]]> bak13aoutislamophobialQuelques textes et quelques infos pour rompre avec l’union nationale, les amalgames ou l’hypocrisie dominante. Parce que les ennemis de nos ennemis ne sont pas nos amis. Parce qu’islamophobie, négrophobie, misogynie, homophobie … même « de gauche », même en blague, ne font sourire que les dominants… Parce que l’union sacro-sainte derrière la laïcité et la démocratie font frémir, surtout quand elles sous-entendent  le repli, l’exclusion et la stigmatisation.

Quelques réfléxions par Quartiers libres, Non-Fides, Claude Guillon, et des liens rapport à la montée de l’islamophobie…

Ça faisait longtemps que Charlie Hebdo ne faisait plus rire, aujourd’hui il fait pleurer.

Publié le 7 janvier par Quartiers Libres

Il est minuit moins le quart dans le siècle. Nous sommes à un point de bascule historique sur l’islamophobie et le déchaînement du racisme en France et plus largement en Europe. La lecture simplifiée à l’extrême par les médias  de cette journée du 7 janviers 2015 va se résumer et s’imprimer dans de nombreux cerveaux « par l’attaque meurtrière contre un journal « de Gauche » par des Musulmans. Cela va déstabiliser et retourner des positionnements politiques. La Peur, la colère, la tétanie, l’incompréhension, la panique morale vont chez certains laisser largement place à la Haine.

Au-delà des paramètres d’opportunité militaire qui ont pu justifier le choix de ce journal par ce commando cette attaque correspond à une logique et à une vision politique des tak-taks : précipiter l’affrontement et la radicalisation de fractions importantes de la population. Charlie Hebdo bénéficie d’un capital symbolique encore important à gauche : il est encore considéré comme antiraciste et incarnant la liberté d’expression par de nombreuse personnes. Ce n’est pas Minute ou le Figaro qui ont été visés.
Les tak-tak savent que si la digue antiraciste de gauche saute, alors c’est toute l’Europe qui bascule dans le déchaînement d’une violence raciste symbolique et physique dont les musulmans sont les premières proies. Dans ce scenario les guerriers tak-taks qui se fantasment en défenseurs de l’Islam espèrent que les populations musulmanes alors violemment opprimées viendront trouver protection derrière eux.  Un peu comme les sionistes toujours prêts a instrumentaliser les vagues d’antisémitisme pour justifier l’existence de l’état d’Israël en refuge des populations juives opprimées, les tak-taks ont besoin de l’oppression de l’Islam pour conquérir les cœurs des croyants.

Ne soyons pas hypocrites, Charlie Hebdo n’est pas un ami politique. Depuis des années, il a basculé dans le camp de la pensée dominante et participe au développement d’une islamophobie de gauche. Pourtant personne ne peut ni ne doit se réjouir de l’exécution de ses journalistes. Rien ne peut justifier cet acte dans le contexte actuel de la France. Mais cette attaque ne doit pas faire taire non plus les critiques à l’encontre de Charlie Hebdo et de la presse en général sur sa ligne rédactionnelle et humoristique islamophobe.
Aujourd’hui, porter la guerre dans la salle de presse de Charlie hebdo c’est comme poser une bombe à la gare de Bologne. C’est un acte de terreur pour désorienter.

Sur cet acte, complotisme et islamophobie vont prospérer. L’attaque contre Charlie Hebdo permet la prise en otage de millions de personnes de confession musulmane en France et en Europe.

Les seuls gagnants de cette attaque sont les réactionnaires de tous bords, islamophobes en tête. En face, les tak-taks qui veulent le repli sur elle d’une communauté musulmane hétérogène se frottent les mains. Cette attaque, c’est un verrou qui est mis en place pour nous bloquer entre le marteau des takfirs et l’enclume du néo-libéralisme.

Les multiples sensibilités présentes dans les quartiers vont faire face à la sommation de choisir l’embrigadement à la Cause nationale ou la marginalisation et la criminalisation.

Les conditions permettant l’arrivée d’une telle catastrophe étaient réunies, nous le craignions.
Le PS a liquidé durant des années toute opposition à gauche, et surtout celle qui tentait de se construire dans les quartiers populaires. Cela a contribué à laisser le terrain libre à ce qui peut se faire de pire en matière de nihilisme. Parce qu’au delà de la ligne réactionnaire, ce qui marque ce genre d’action c’est l’impasse politique économique et sociale dans laquelle l’Europe se retrouve à chaque crise économique. Le nihilisme d’une partie des nôtres prospère sur la misère que sèment les gouvernements capitalistes en Europe.

Ce qui s’est passé ce 7 janvier, c’est la possibilité offerte par les tak-taks à ceux qui nous oppriment de couper des liens de solidarité et de détruire une communauté de destin entre croyants et non croyants. C’est la possibilité de condamner à l’avance n’importe qui en fonction de sa croyance ou de son faciès.

Les analyses biaisées servant de propagande aux pires réactionnaires, les appels à l’ordre républicain,  à l’unité nationale, à la laïcité, à la liberté d’expression, à la démocratie parlementaire comme rempart face à la barbarie de l’ennemi intérieur nous tombent dessus comme une déferlante. Dans ce contexte la ritournelle sur « l’angélisme » dont la « gauche coupable » a fait preuve envers l’immigration et les Musulman.e.s risque de faire basculer bien des personnes raisonnables dans le camp de la haine de l’autre.

La population vivant en France se retrouve coincée dans ce contexte de crise économique entre l’enclume néolibérale qui ne donne pas de solution autre qu’individuelle et le marteau réactionnaire qui met les origines culturelles ou biologiques des classes populaires en compétition. La seule chose à faire est de tenir la ligne qui permette de nous sortir de ce piège : se battre collectivement pour la justice économique et sociale. Pris entre le marteau et l’enclume nous devons stopper le forgeron. Dans cette période sombre nous devons nous inspirer de ce qui se passe ailleurs dans le monde comme au Kurdistan coincé entre l’impérialisme occidental et les réactionnaires de Daesh. Ici comme ailleurs, nous avons la possibilité de créer les conditions de notre libération.

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Je ne suis pas Charlie et je t’emmerde

Publié le 8 janvier 2015 par Non-Fides

Les parisiens se sont réveillés ce matin, et à travers eux le monde entier, dans une odeur macabre de poudre. Quelques fanatiques religieux, ce ne sont pas les premiers, ce ne seront pas les derniers, ont ouvert le feu lors de la réunion hebdomadaire de la rédaction du journal satyrique Charlie Hebdo. Une douzaine de morts et des blessés, dont une majorité de journalistes et caricaturistes connus de tous et habitués des mass médias, ainsi que deux flics, qui à la différence des autres, recevaient salaire pour se faire tirer dessus. Hormis peut-être chez quelques vieux loups de guerre, la première réaction que ces événements suscitent est l’empathie face à la terreur de cet assaut. En effet, cet attentat qui est le plus meurtrier en France depuis celui, fasciste, du train Strasbourg-Paris le 18 juin 1961 lors de la guerre d’Algérie, ne peut que faire résonner l’effroi face à la détermination et la fuite en avant de ses perpétrateurs. L’effroi, également, face à l’infamie religieuse qui détourne plus que jamais une bonne partie de l’humanité d’une véritable réflexion sur le monde qui l’entoure. A cela, pour nous anarchistes et révolutionnaires, vient s’ajouter l’effroi de la sempiternelle union nationale. Cette union nationale que l’on nous ressort à chaque fois que les États ont besoin de chair à canon prolétarienne. Car ce sont toujours les mêmes à qui l’on demande de se sacrifier sur les sentiers de la gloire pour des intérêts qui ne sont pas les leurs, comme la nation, la « paix » ou la république, pendant que les décisionnaires se grattent le dos sous les dorures de leurs palais.

On nous avait déjà fait le coup il y a cent ans, en 1914, nous exhortant à l’unité face aux « boches », ou il y a quelques années avec « l’affaire Merah », et c’est pareil aujourd’hui. Patrons et travailleurs, prisonniers et matons, flics et « délinquants », riches et pauvres, tous unis main dans la main pour observer le deuil national. Aujourd’hui, il n’y a plus de classes, plus de barrières entre les gens, ni de barricades, pourtant des centaines de milliers de personnes défilent dans les rues de toute la France (et même ailleurs). Mais au fait, qui cela arrange-t-il ? Certainement pas les indésirables qui peuplent les rues de Paris et du monde. Soudain, le terrorisme d’État, le terrorisme républicain et démocratique, les terroristes du fric, versent leurs larmes de crocodiles et se font passer pour les gentils, les djihadistes leur servent l’opportunité sur un plateau qui prend les proportions de l’univers, à tel point qu’il ne nous manque plus aujourd’hui que le maréchal pour prendre la tête de l’organigramme. Mais aujourd’hui il ne s’agit pas de récupérer l’Alsace-Lorraine, il s’agit de « défendre les valeurs de laïcité et la liberté d’expression ». Que de la merde, en somme, pour nous qui voulons détruire toutes les religions, et qui refusons toute liberté d’expression à tout ce qui porte une cravate, une soutane ou n’importe quel autre uniforme ou titre de noblesse.

Chacun y va de son petit commentaire lacrymal, chaque parti, chaque organisation, de tous les bords imaginables et possibles, libertaires inclus [1], nous recrache le discours prémâché des « barbares » à l’assaut du « vivre-ensemble ».

Mais c’est quoi au juste un barbare ?

Arrêtons-nous un instant sur ce terme. Du grec bárbaros (« étranger »), le mot était utilisé par les Grecs anciens pour désigner les populations n’appartenant pas à leur civilisation, définie par la langue et la religion helléniques. Le barbare est donc l’autre, celui qui ne partage pas la même soupe, ou bien celui qui ne la mange pas à la même table. Montaigne disait : « Nous appelons barbarie ce qui n’est pas de notre usage ». Comme nous l’avions déjà dit ailleurs, nous ne connaissons pas de barbares, nous ne connaissons que des individus survivant au sein de cette civilisation morbide. Nous ne connaissons pas d’en-dehors, nous connaissons des exclus, oui, mais ils ne pourraient pas être plus dedans qu’ils ne le sont déjà.
Les « barbares » du jour sont bien loin d’être en-dehors de la civilisation, bien qu’il soit probablement rassurant de le penser pour ses défenseurs. Tout comme le fameux « gang des barbares » en son temps, ils sont bien de purs produits de la civilisation. Ils en connaissent les codes, en utilisent les outils, et ne sont pas bien loin de ceux qui les fustigent en toute hypocrisie. Car cela ne fait que peu de différence, au fond, si les assassins portent un uniforme vert ou noir, s’ils crient « vive la démocratie » ou « Allahu akbar », s’ils portent un drapeau tricolore ou djihadiste, s’ils sont sanctionnés par l’opinion publique ou non, si leurs boucheries sont légales ou illégales, s’ils nous massacrent pour nous apporter leurs Lumières ou leur obscurité. En commettant leurs macabres exactions ils se mettent tous au même niveau, à partir du moment où ils refusent à l’individu de se réaliser comme il l’entend.

Le terrorisme n’est pas une pratique barbare, c’est une pratique hautement civilisée, la démocratie n’est elle pas née de la Terreur ? C’est pour cette raison qu’il faut combattre la terreur au même titre que la civilisation qui la produit et en a besoin, des « septembriseurs » de 1792 aux peines de prison exterminatrices et à Daesh aujourd’hui. Qui sont ils, ces porcs en cravate qui envoient leurs armées à l’assaut des populations de Centrafrique, d’Afghanistan et d’ailleurs, et qui aujourd’hui nous donnent des leçons de pacifisme lorsque douze personnes sont assassinées à Paris ? Ils sont exactement tous ceux qui défilent actuellement à la TV pour verser quelques larmes à peu de frais pour gagner ou ne pas perdre un ou deux misérables points de plus dans leurs tout aussi misérables sondages d’opinion.

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Aujourd’hui, nous ne sommes pas plus Charlie qu’hier, et la mort ne transforme pas nos adversaires ou nos ennemis d’hier en amis d’aujourd’hui, nous laissons ce rapport au monde aux hyènes et aux vautours. Nous n’avons pas pour habitude de pleurer sur les tombes de journalistes (mêmes vaguement alternatifs ou libertaires) et de flics, car cela fait bien longtemps que nous avons identifié les médias et la police comme les deux armes essentielles de ce terrorisme civilisateur, par la fabrication du consentement, d’une part, par la répression et l’enfermement, de l’autre. Voila pourquoi nous refusons de pleurer des loups avec d’autres loups, ou même avec des moutons.

Ces prédateurs qui nous exhortent aujourd’hui à pleurer en cœur avec eux, à déclarer « Je suis Charlie », ces mêmes prédateurs en costards qui sont responsables de l’essor de groupes et de mouvances horrifiantes comme Al-Qaeda ou Daesh, anciens alliés des démocraties occidentales contre les périls précédents avant de prendre une place de choix sur le podium des périls géostratégiques d’aujourd’hui. Ces mêmes salauds qui chaque jour, dans leurs tribunaux, leurs commissariats, leurs taules, assassinent, enferment, mutilent et séquestrent celles et ceux qui ne suivent pas le chemin tout tracé qu’ils nous imposent à coups de trique et d’éducation. Ces mêmes êtres civilisés qui font crever chaque jour à leurs frontières celles et ceux qui tentent de fuir la misère et les guerres qu’eux-mêmes provoquent, ou leurs ennemis du jour, salafistes et consorts.

Ces salauds-là, nous n’avons aucune envie de les voir continuer à nous civiliser ou nous supprimer, et encore moins à se serrer les coudes avec eux. Car c’est contre eux que nous voulons nous serrer les coudes, contre eux et contre tous ceux qui sous divers prétextes, religieux, politiques, communautaristes, interclassistes, civilisateurs et nationalistes, ne nous envisagent que comme des pions à placer, à sacrifier, sur un échiquier immonde et absurde. Il est bon, aujourd’hui comme hier et demain, de rappeler ces quelques mots de Rudolf Rocker, lorsqu’il affirmait que « les États nationaux ne sont que des organisations d’églises politiques ; que la prétendue conscience nationale n’est pas née en l’homme mais enseignée à lui. C’est un concept religieux ; on est allemand, français, italien, exactement comme on est catholique, protestant ou juif ».

Cependant, il ne s’agit pas d’amoindrir le danger que représentent ces fous d’Allah, ces amoureux de l’auto-soumission et du masochisme moral. Et si nous sommes aujourd’hui complètement dépassés par leurs capacité à recruter un peu partout pour aller se faire sauter à droite à gauche, il faudra se poser des questions à ce sujet pour sortir de l’incompréhension. Tout en ne cédant pas aux sirènes de ceux qui ne souhaitent que nous diviser encore un peu plus en élargissant à partir d’une infime partie des musulmans, la stigmatisation de toute une population pour arriver au prétendu « choc des civilisations » qui les fait tant rêver, en fait la guerre civile, dont ils ne se rendent probablement pas compte des conséquences qu’elle pourrait avoir pour nous tous.

Et que dire de cet homme de ménage criblé de balles, froidement exécuté, qui n’avait rien demandé ? Qui s’en soucie ? Il n’avait probablement pas de compte twitter, il n’avait probablement pas ses entrées dans le spectacle moderne, il n’avait pas de nom, pas de visage, pas de copain pour le chialer à la TV. Il n’était pas Charlie. Il n’est qu’un dommage collatéral de quelques fous de dieu à la gâchette illuminée, comme tant d’autres en ce moment, comme les millions de victimes collatérales des États à travers le monde. C’est à lui que vont nos pensées ce soir.

Une chose est sûre, il n’y a rien à choisir entre peste et choléra, entre un quelconque dieu avec ses prophètes égorgeurs, crucifiés ou massacreurs et un quelconque État de merde avec ses flics et ses militaires assassins. Nous refuserons encore et toujours la sommation de choisir entre plusieurs formes d’esclavage et de soumission. Le choix que nous voulons faire ne pourra venir que de nous même, et c’est celui de la liberté.

Dans cette époque désespérante, face à la pseudo « unité nationale », face à la guerre civile, aux djihads des fanatiques et aux « guerres propres » des États, il nous faut remettre la guerre sociale sur le devant de la scène, jusqu’à ce que la scène brûle.

Des anarchistes,
le 7 janvier 2015.

Note

[1] Petit jeu, ces déclarations sont elles extraites du communiqué du Groupe J.B Botul de la Fédération Anarchiste ou bien du discours de Francois Hollande ? : « Nos camarades de Charlie Hebdo viennent de payer un lourd tribut à la liberté d’expression. Plusieurs policiers font également partie des victimes. Nous rendons hommage à tous et à toutes ces victimes. […] les anarchistes respectent la liberté de croyance dès lors qu’elle s’exerce dans le cadre d’une république laïque. »

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Un fait divers, parmi d’autres, dont on entend moins parler… :

Un lycéen de 17 ans, d’origine maghrébine, a été frappé jeudi par un groupe de quatre ou cinq personnes à Bourgoin-Jallieu (Isère), en marge de la minute de silence observée devant son lycée en hommage aux victimes de Charlie Hebdo, a-t-on appris auprès de la police. Le jeune homme a d’abord essuyé des injures racistes avant d’être roué de coups. Information du Dauphiné Libéré confirmée par la police.

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Brève sur Paris-Luttes.info recensant les actes islamophobes commis depuis le 7 janvier : http://paris-luttes.info/deferlante-raciste-et-islamophobe-2397

A lire aussi : « Charlie Hebdo, pas raciste ? Si vous le dites ! » sur Article 11.

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VOUS FAITES ERREUR, JE NE SUIS PAS CHARLIE…

 Trouvé sur Lignes de Forces, blog de Claude Guillon.

Je ne doute pas qu’il existe des « Charlie » sympathiques et plein(e)s de bonnes intentions. Je suis inondé, comme tout le monde, de leurs courriels indignés. Je n’en suis pas.

Je ne suis pas Charlie, parce que je sais que l’immense majorité de ces Charlie n’ont jamais été ni Mohamed ni Zouad, autrement dit aucun de ces centaines de jeunes assassinés dans les banlieues par « nos » policiers (de toutes confessions, les flics !) payés avec « nos » impôts. Si je recours aux outils du sociologue, je comprends pourquoi il est plus immédiatement facile pour des petits bourgeois blancs de s’identifier avec un dessinateur connu, intellectuel et blanc, qu’avec un enfant d’immigrés ouvriers du Maghreb. Comprendre n’est ni excuser ni adhérer.

 

Je ne suis pas Charlie, parce que je refuse de me « rassembler », sur l’injonction du locataire de l’Élysée, avec des politicards, des flics et des militants d’extrême droite. Je ne parle pas en l’air : une connaissance m’explique que sur son lieu de travail, ce sont des militants cathos homophobes de la dite « Manif pour tous » qui s’impliquent dans l’organisation d’une minute de silence pour l’équipe de Charlie Hebdo.

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Je ne suis pas Charlie, parce que je refuse de pleurer sur les cadavres de Charlie Hebdo avec un François Hollande qui vient d’annoncer que l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes sera construit, autrement dit qu’il y aura d’autres blessé(e)s graves par balles en caoutchouc, et sans doute d’autres Rémi Fraisse.

 

Je ne suis pas Charlie, parce que je suis viscéralement — et culturellement — hostile à toute espèce d’ « Union sacrée ». Même les plus sots des journalistes du Monde ont compris qu’il s’agit bien de cela ; ils se demandent simplement combien de temps cette « union » peut durer. Se « rassembler » derrière François Hollande contre la « barbarie islamiste » n’est pas moins stupide que de faire l’union sacrée contre la « barbarie allemande » en 1914. Quelques anarchistes s’y sont laissés prendre à l’époque ; ça va bien comme ça, on a donné !

 

Je ne suis pas Charlie, parce que le « rassemblement » est l’appellation néo-libérale de la collaboration de classes. Certain(e)s d’entre vous s’imaginent peut-être qu’il n’existe plus de classes et moins encore de lutte entre elles. Si vous êtes patron ou chef de quelque chose (bureau, atelier…), il est normal que vous prétendiez ça (et encore ! il y a des exceptions) ou que vous puissiez le croire. Si vous êtes ouvrier, ouvrière, contraint(e) à des tâches d’exécution ou chômeur/chômeuse, je vous conseille de vous renseigner.

 

Je ne suis pas Charlie, parce que si je partage la peine des proches des personnes assassinées, je ne me reconnais en aucune façon dans ce qu’était devenu, et depuis quelques dizaines d’années, le journal Charlie Hebdo. Après avoir commencé comme brûlot anarchisant, ce journal s’était retourné — notamment sous la direction de Philippe Val — contre son public des débuts. Il demeurait anticlérical. Est-ce que ça compte ? Oui. Est-ce que ça suffit ? Certainement pas. J’apprends que Houellebecq et Bernard Maris s’étaient pris d’une grande amitié, et que le premier a « suspendu » la promotion de son livre Soumission (ça ne lui coûtera rien) en hommage au second. Cela prouve que même dans les pires situations, il reste des occasions de rigoler.

 

Je ne suis pas Charlie, parce que je suis un militant révolutionnaire qui essaie de se tenir au courant de la marche du monde capitaliste dans lequel il vit. De ce fait, je n’ignore pas que le pays dont je suis ressortissant est en guerre, certes sur des « théâtres d’opération » lointains et changeants. De la pire manière qui soit, puisque partout dans le monde et jusque dans mon quartier, des ennemis de la France peuvent me considérer comme leur ennemi. Ce qui est parfois exact, et parfois non. Au moins, sachant que la France est en guerre, je n’éprouve pas le même étonnement que beaucoup de Charlie à apprendre qu’un acte de guerre a été commis en plein Paris contre des humoristes irrespectueux envers les religions.

 

Je ne suis pas Charlie, parce que faute de précisions, et du fait même de l’anonymisation que produit la formule « Je suis Charlie », cette formule s’entend nécessairement, et au-delà des positions sans doute différentes de tel ou telle, comme un unanimisme « antiterroriste ». Autrement dit : comme un plébiscite de l’appareil législatif dit « antiterroriste », instrument de ce que j’ai appelé terrorisation démocratique.

Je ne suis pas Charlie. Je suis Claude. Révolutionnaire anarchiste, anticapitaliste, partisan du projet communiste libertaire, ennemi mortel de tous les monothéismes — mais je sacrifie à Aphrodite ! — et de tout État. Cela suffit à faire de moi une cible pour les fanatiques religieux et pour les flics (j’ai payé pour le savoir).

Je suis disposé à débattre avec celles et ceux pour qui la tuerie de Charlie Hebdo est une des horreurs de ce monde, auxquelles il est inutile d’ajouter encore de la confusion, à forme d’émotion grégaire.

Claude Guillon.

 

 

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Violée au Quai des Orfèvres, tué à Sivens : à qui profite le crime ? https://depavage.noblogs.org/post/2014/11/25/violee-au-quai-des-orfevres-tue-a-sivens-a-qui-profite-le-crime/ Tue, 25 Nov 2014 16:56:48 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=719 Continuer la lecture →]]>

Communiqué des LOCs – Lesbiennes of color, à l’occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, le 22 novembre.

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Squatteuses féministes gardées à vue, intimidées et humiliées ;
Manifestantes réprimées et jugées en comparution immédiate ;
Contrôles au faciès permanents ;
Femmes Rroms détenues et séparées de force de leurs enfants ;
Viols des prostituées légitimés…

La répression militaire et policière sévit plus durement à chaque coup porté. Le triste paysage qui nous est offert aujourd’hui dans nos rues et sur les écrans, c’est celui de la surveillance militarisée qui n’hésite pas à passer à l’acte sous la bénédiction de l’État français.

Le meurtre récent d’un militant écologiste, c’est l’arbre qui cache la forêt. La police et les militaires tuent, mutilent, enferment, répriment.

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Mais lorsque nous sommes arrêtées en tant que femmes, féministes et lesbiennes, militantes et of color ; l’intimidation, les humiliations, les violences, les menaces de viols et les viols sont de surcroît les moyens spécifiques utilisés dans l’instauration du rapport de force.

L’affaire du Quai des Orfèvres, c’est la « fuite » qui témoigne des pratiques policières assassines contre les femmes car ce n’est pas un cas isolé.

Nous lesbiennes of color, ne pouvons, de manière évidente, considérer que ce bras armé de l’État est là pour nous protéger. De plus, nous dénonçons que même sous cette répression policière et militaire s’opère une différence de traitement. Nous n’avons pas toutes la même peur d’un État policier et militaire au regard de notre classe sociale, de la couleur de notre peau, de la sonorité de notre nom, de nos engagements.

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Nous vous appelons toutes à venir dénoncer les violences, les exactions, les humiliations policières et militaires contre les femmes, les féministes, les lesbiennes.

LOCs, Lesbiennes of color, novembre 2014.

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Toulouse : solidarité avec les personnes trans interpellées suite à l’apéro anti-prostitution https://depavage.noblogs.org/post/2014/09/28/toulouse-solidarite-avec-les-personnes-trans-interpellees-suite-a-lapero-anti-prostitution/ Sun, 28 Sep 2014 14:57:34 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=309 Continuer la lecture →]]>

Ce lundi 22 septembre, un petit groupe de « riverains » du quartier des Ponts Jumeaux et du boulevard de Suisse avait prévu chips et cacahuètes pour fêter le « retour à la tranquillité » du quartier après la mise en application de l’arrêté municipal anti-prostitution.

Nous, également riverainEs du quartier, ne nous réjouissons pas d’une tranquillité qui exclut les travailleurEUSEs du sexe, mais aussi les Roms, les sans-papierÈs, les précaires, les squatteur-euse-s et les personnes trans.

À l’inverse des comités de quartier auto-désignés comme représentants de tous les habitants, nous voulons un voisinage solidaire avec celles et ceux qui doivent affronter une violence sociale quotidienne. La violence c’est l’exclusion, c’est l’isolement, c’est l’indifférence, c’est cacher la misère et la pousser sur le palier du voisin.

Nous remercions les joyeuSEs perturbateurICEs venuEs troubler cet apéritif nauséabond et qui ont ainsi montré que le quartier ne se résume pas au visage de la haine bien-pensante, de la peur et du repli sur soi. Dans plusieurs médias, l’adjoint au maire chargé de la sécurité, Olivier Arsac, les traite de fascistes et les compare à une milice d’extrême droite. Nous lui répondons : c’est l’hôpital qui se fout de la charité !

À l’issue de l’intervention, ce sont trois personnes trans qui ont été menottées, violentées, humiliées et emmenées par la police venue en grand nombre.

Une personne interpellée, habitante des Minimes, est sortie du commissariat le lendemain soir, une autre, blessée par la police, est sortie mercredi, et la dernière a dû passer en comparution immédiate le même jour après une longue garde à vue. Son procès a été ajourné, elle comparaîtra le 15 octobre.

Les voix sont de plus en plus nombreuses à s’élever contre les politiques d’aseptisation et de guerre aux pauvres menées depuis longtemps à Toulouse et encore intensifiées par le nouveau maire, Jean-Luc Moudenc.

Faisons-les entendre !

D’autres riverainEs

Publié le 26 septembre sur IAATA.

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Lundi 22 septembre les voisin.e.s des Ponts-Jumeaux fêtaient le départ des travailleuses du sexe de leur quartier suite à l’arrêté municipal qu’ilelles ont obtenu de la mairie de Toulouse. Des personnes qui ne l’entendaient pas de cette oreille sont allées leur exprimer leur colère. La police est intervenue violemment arrêtant trois personnes.

Les trois personnes arrêtées dans la soirée du lundi 22 septembre sont libres.
La dernière personne qui passait en comparution immédiate a refusé d’être jugée aujourd’hui. Son procès est repoussé au 15 octobre. Nous ne connaissons pas les charges exactes, plus d’informations seront données plus tard. (24/09 ; 16h35)

Une deuxième personne libérée ce matin et une personne déférée en comparution immédiate. La comparution immédiate aura lieu à partir de 14h au TGI, allée Jules Guesdes.
Pour l’instant, il semblerait que les deux personnes libérées n’aient pas eu de charge annoncée à la sortie du comico, ce qui n’empêche le proc de poursuivre par la suite, l’avocat ne semble pas très optimiste. La presse locale se fait l’écho ce matin des arrestations, la question se pose « est-ce qu’il fallait fêter le départ des prostituées« , enfin une travailleuse du sexe peut exprimer le mépris que constituent ces arrêtés anti prostitution. Ces mesures destinées à faire plaisir aux voisins ne sont que des emmerdements en plus pour des personnes dont le travail est déjà suffisamment compliqué. (24/09 ; 13h01)

Aux dernières nouvelles, une personne a été libérée les autres sont maintenu.e.s en garde à vue… Nous n’avons pas plus de précision à fournir pour l’instant, (23/09 ; 22h)

L’article de la dépêche qui annonçait le petit apéro entre voisin avec le chef des flics municipaux Nicolas Arsac… (que du beau monde !)
Pour l’instant pas tellement plus d’info que ça. Les arrestations ont été violentes et au moins une des personnes arrêtées a été passablement passée à tabac. Des inculpations pour violence en réunion et rebellions sont à craindre…

 

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Riposter à l’homophobie (avril 2013) https://depavage.noblogs.org/post/2014/09/24/riposter-a-lhomophobie-2013/ Wed, 24 Sep 2014 14:12:20 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=277 Continuer la lecture →]]> Un extrait de l’émission Haine des Chaînes du 22 avril 2013, avec un sample d’un film de Téchiné, des extraits de propos haineux au cours du débat autour du mariage pour tous, un tour de l’actualité homophobe, le chant du FHAR, et un appel à riposter…

 

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Désintégrer les intégrismes sans s’intégrer

L’existence d’une visibilité homosexuelle dans notre petit monde occidental laisserait à penser que tous les hommes attirés par d’autres hommes y seraient désormais libres de s’affirmer, de se marier et de mener une existence comparable à celle des couples hétérosexuels.

Parce qu’il existe des lieux où l’on peut consommer de la rencontre et de la culture gay moyennant finances, parce qu’il y a désormais des lois pour dénoncer l’homophobie, parce que l’on peut même avoir un statut légal pour fonder un couple ou bientôt une famille… on veut nous faire croire que le combat contre l’oppression morale qui condamne l’attirance sexuelle pour une personne du même sexe serait bientôt dépassé ou qu’il se situerait seulement dans le champ de la légalité…

Il n’en est rien ! Au boulot, dans la rue, dans les halls, au comptoir, dans les taules ou les HP… parce que nous n’avons pas les privilèges économiques qui nous en préservent, nous subissons toujours le joug de la morale phallocrate et l’incapacité de transcender la norme et la bienséance hétérosexuelle. Si la répression à notre encontre n’est plus inscrite dans la loi, elle est encore bien présente dans les esprits et se transforme trop souvent en diverses agressions.

Avouer son homosexualité, que ce soit à sa famille, à ses potes ou à ses collègues, ne se fait jamais sans difficulté, d’autant plus si l’on habite à la campagne ou en banlieue ou si l’on bosse dans certains corps de métiers à forte présence masculine. Le pédé est encore souvent considéré comme un être immature, voire un sous-homme, un dépravé, un dégénéré ou un malade, quelqu’un à qui l’on ne peut faire confiance, quelqu’un qui devrait avoir honte…

Pire, désormais, le pédé est associé au cliché qu’en on fait les médias : un être frivole qui se complet dans un consumérisme à outrance, dans le monde des apparences, du fashion et du sexe-marchandise… Pour un peu, nous serions tous semblables à un Delanoë, un Jean-Paul Gautier ou à tel imbécile de série télé ou de une de magazine. Les revendications partielles, l’identitarisme et leur récupération par le système capitaliste ont achevé de caricaturer une « culture gaie » qui sert de repoussoir pour les uns et d’arguments pour tous ceux pour qui l’homosexualité n’est qu’une déviance de bourgeois, d’occidentaux ou de mécréants, c’est selon.

Alors, à quoi bon sortir de l’ombre, si c’est pour être sous les projecteurs de cette société marchande ? A quoi bon sortir du placard pour se laisser enfermer dans les ghettos créés par et pour la bourgeoisie ?

Nous haïssons les réacs de tous poils et de toutes confessions qui eux, ne voudraient plus nous voir ni nous entendre, oui, nous les haïssons et nous voudrions les combattre jusqu’au dernier…

Mais, pour autant, nous ne nous laisserons pas instrumentaliser ni récupérer par les « homosexuels bien pensants », ni par ceux qui nous tolèrent simplement pour stigmatiser d’autres cultures et exalter leur fierté nationale ou républicaine.

Nous refusons de respecter les « bonnes mœurs » et de nous conformer à la norme du couple, de la famille nucléaire.

Nous ne voulons pas d’une intégration ou d’une quelconque reconnaissance sociale trop étroite pour nos aspirations à la différence et à la liberté.

Nous refusons d’être des victimes et préférons rendre les coups de mille manières plutôt que d’en appeler à la protection policière et aux compensations judiciaires.

Nous ne correspondrons pas aux rôles qu’ils veulent nous assigner.

Nous ne visons pas à aménager cette société capitaliste et patriarcale.

Nous ne voulons œuvrer qu’à sa destruction, à la liquidation de toutes formes de dominations.

Quelques pédés prêts à riposter, avril 2013.

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Non à l’instrumentalisation de la question trans par les soutiens du patron de La Mutinerie https://depavage.noblogs.org/post/2014/09/01/non-a-linstrumentalisation-de-la-question-trans-par-les-soutiens-du-patron-de-la-mutinerie/ Mon, 01 Sep 2014 00:51:30 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=190 Continuer la lecture →]]> Texte de juillet 2014.

Nous sommes trans et non blancs/racisés. Nous vivons dans notre chair le fait que ces deux aspects de nous-mêmes nous précarisent. Nous sommes à la fois grévistes et soutiens de la grève à la mutinerie. Nous en avons plus que marre que le patron de ce bar et tous ceux qui le soutiennent utilisent la question trans pour faire diversion sur les questions d’exploitation capitaliste, raciste et sexiste dénoncées par les grévistes.

Les rappels sur la transidentité du patron sont malhonnêtes car on dirait que lui seul était trans et concerné par des oppressions de genre et sexualité.  Or le patron de la mutinerie n’est pas un trans perdu tout seul au milieu de personnes cis (c’est à dire non trans). Il est un trans dans un milieu queer : il y avait d’autres trans, précaires et aussi non blancs. A la mutinerie, peu importe ses opinions politiques ou identités, il est un patron. Un patron qui a comme employé-e-s des meufs, trans ou cis, des mecs trans et des gouines. Ce n’est donc pas sa transidentité qui est déterminante, mais le fait qu’il est le patron de ces personnes.

Un patron, qu’il/elle soit homo, bi, lesbienne, trans, ou tout ce qu’on voudra, est un ennemi de classe face à ses employé-e-s. Le capitalisme a de beaux jours devant lui s’il suffit que le patron ne soit pas l’homme hétérosexuel cis pour qu’on arrête de le combattre avec la même détermination.

Combien de trans ont accès à la possession d’une entreprise ? Sûrement très peu. Ce ne sont que des privilèges de classe qui peuvent le permettre dans un monde aussi transphobe, et cela a des implications concrètes. En possédant un bar, le patron de la mutinerie n’est pas concerné par les discriminations à l’emploi puisque c’est lui qui embauche . Pareil, pour trouver un logement, il est favorisé contrairement aux autres trans qui n’ont pas les filets de sécurité dont il dispose pour constituer un dossier. Tant mieux pour lui, mais qu’il n’essaie donc pas de se transformer en une victime d’un complot transphobe quand ses employé-e-s noirs et arabes, queers et trans, précaires, se rebellent contre lui. On accuse les grévistes « d’utiliser le politique » mais que font le patron et celles/ceux qui le soutiennent avec la question trans ?

Quand des trans sont précaires, exposé-e-s à de grandes difficultés matérielles, sans emploi et logement,  nous refusons catégoriquement qu’un sujet aussi sérieux que la transphobie serve à défendre un patron bourge.  Alors oui nous sommes trans, mais redisons ici que le patron de la mutinerie est un ennemi de classe. Dans ce contexte, la transidentitié ne suffit pas à nous rendre frères et soeurs, et vu le racisme et le classisme qu’a révélé cette grève, nous ne le serons jamais.

Enfin, si tous ceux qui soutiennent le patron parce qu’il est trans s’intéressaient vraiment à la condition des trans :    

  • Pourquoi ont-ils été plus pris de compassion pour la situation du trans patron et pas du tout pour celle du trans gréviste ?  

  • Pourquoi n’ont-ils pas non plus hésité à salir de manière raciste les trans non blancs en soutien à la grève, en les accusant par exemple de vouloir « casser le bar », choses qu’ils n’ont jamais dites ? [Ajout : le 21/08/14 nous tenons à préciser ce point qui illustre le racisme, particulièrement envers les pauvres de cité : un des deux trans racisés qui a tenté une médiation avec le patron avant la grève a été accusé par le patron de l’avoir menacé, de vouloir le taper dans une ruelle, et pour finir, d’être avec 10 mecs pour casser le bar … On retrouve là le discours des soit disant « bandes de mecs dangereux de cité »…]

  • Et puis comment ont-ils pu penser qu’ils défendaient réellement la cause trans en utilisant autant de procédés anti féministes, en persistant à dire, malgré le nombre croissant de personnes impliquées dans la grève et en soutien, que ce n’est qu’une histoire « de meuf frustrée d’avoir été larguée » même quand ceci est totalement faux ?

Ce texte a été distribué et affiché aux UEEH 2014

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Mutinerie à La Mutinerie, grève des cautions arabes et noires https://depavage.noblogs.org/post/2014/09/01/mutinerie-a-la-mutinerie-greve-des-cautions-arabes-et-noires/ Mon, 01 Sep 2014 00:37:20 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=185 Continuer la lecture →]]> Click here to read this text in english : Mutiny at La Mutinerie

Le 25 octobre 2013 publié sur soutienauxgrevistesinsoumiz.wordpress.com

La Mutinerie, bar du Marais à Paris, a la prétention de se définir comme un bar politique : « féministe antiraciste décolonial, par et pour les meufs gouines, trans, queers »1. Il se veut collectif politique, horizontal et participatif. Avec des ateliers à prix libre, des projections, des débats, des événements incluant des réflexions sur le rapport entre dominant.e.s et dominé.e.s.

Nous – issues de l’immigration néocoloniale et de la traite, issues de banlieue et de milieu rural, tout.e.s pauvres donc sans héritage, précaires face au travail et au logement, avec nos loyers et familles à charges, sans réseau propre, sans le temps nécessaire à l’acquisition d’un capital culturel ou militant etc. – sommes employées à la Mutinerie.

Pourtant, au risque de nous mettre dans une précarité encore plus grande, nous dénonçons, publiquement maintenant, l’organisation et l’exploitation sexiste, raciste et classiste qu’il y a dans ce bar. Par ce texte, nous dénonçons la domination du patron sur ses employées, la domination des blancs sur les autres et la reproduction de normes hétérosexistes et néocoloniales.

Au vu de la renommée internationale que s’est forgée le bar en se servant de notre image et de nos luttes, nous avons choisi de diffuser ce texte le plus largement possible afin que tout le monde soit bien conscient.e de ce qui s’y joue.

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>>> Ce bar prétend « refuser d’ignorer le classisme » pourtant depuis le début:

Ecart de salaire : On est payé entre 200 et 400 euros par mois sans être déclaré quand l’équipe-gérante gagne entre 5 à 10 fois plus par mois, au minimum.

Absence de droit du travail : Certain.e.s bénéficient de la possibilité de se faire payer les taxis, d’avoir des vraies pauses repas payées, d’avoir des congés payés, de fermer plus tôt, des arrêts-maladies, des avances extraordinaires, d’être payé.e.s par le bar et la sécu pendant leurs arrêts (et tant mieux) quand l’une d’entre nous a vu ses jours non-payés après avoir été hospitalisée ou l’autre par exemple. Basé sur une domination classiste, on renforce les plus riches dans leurs privilèges et surtout, on refuse de leur en retirer au profit d’une juste répartition qui bénéficierait à celles dont la condition inférieure est considérée comme normale.

Différences de traitement : Certain.e.s performeur.euse.s, particulièrement les performeur.euse.s-employé.e.s de l’équipe, peuvent être payé.e.s jusqu’à 200 euros le quart d’heure ce qui correspond à un mois de salaire pour la majorité d’entre nous. Tandis qu’à prestation/performance égale, des rémunérations différentes sont mises en place. Aussi, quand eux se payaient directement dans la caisse, nous, nous devions quémander notre dû au point de se sentir illégitimes.

Véritable exploitation économique : Le flou maintenu sur le bar qui serait un collectif politique ou un lieu commercial a permis au patron d’entretenir différents privilèges et de nous exploiter. Faisant croire depuis des mois que le bar risquait de fermer, faisant faire du « bénévolat » pour le faire survivre, allant jusqu’à organiser une quête sur internet pour «sauver le bar» (dont le montant récolté reste inconnu). Nous apprenons qu’il l’a acheté (achat du fond de commerce) en son nom il y a environ un mois. Il fait lui-même la comptabilité du bar…
Pourtant, le week-end c’est nous qui assurons la rentrée principale d’argent qui lui a servi à devenir propriétaire du bar. C’est un cautionnaire pensant participer à un bar horizontal, qui a fourni une partie de la caution nécessaire à la location. Depuis, en soutien il s’est retiré du projet jusqu’à nouvel ordre. Notre travail a pu assurer la pérennité et la renommée de la Mutinerie: en un an ce qui se fait passer pour un projet collectif, un bar autogéré est en fait ni plus ni moins un bar capitaliste comme les autres dans lequel le patron est devenu propriétaire.

>>> Ce bar se vend comme « antiraciste décolonial », pourtant nous subissons :

Une Stigmatisation raciale : rumeurs infondées sur des listes de travail collectives désignant certaines nommément de voleuses (les arabes), jugeant par ailleurs d’autres trop lentes (les noires de l’équipe).

Une Répartition raciale des tâches : d’une façon générale, le ménage et les livraisons n’étaient assurés que par nous. Les WC que l’équipe-gérante se refusait d’effectuer et dont le nettoyage est devenu un véritable bizutage pour certaines d’entre nous dès leur arrivée au sein de l’équipe. Aucune responsabilité décisionnelle ne nous a jamais été concédée. Ne serait-ce qu’une consultation sur nos propres plannings.

Une Répartition raciale des temps de travail : les noires et les arabes ne travaillent qu’ensemble le week-end parce que les blancs refusent de travailler avec nous (trop lents, trop violents). S’ajoutant à ça, la rémunération du week-end n’est même pas supérieure à celle de la semaine…

Comment devient-on agressives ?

Les personnes racialisées ne travaillent donc qu’entre elles et uniquement le week-end dans ces conditions et pour ces raisons. Ce sont les jours où il y a le plus de monde, de travail (faire le ménage et les livraisons accumulées de la semaine…). Le week-end correspond aussi aux plus grandes rentrées d’argent, à une gestion de personnes plus violentes (alcoolisées, sous produit, racistes, sexistes, lesbophobes, etc.). C’est aussi avoir affaire très souvent aux keufs (plusieurs fois, nos identités ont été relevées alors que nous ne sommes pas déclarées), plusieurs d’entre nous se sont faites agressées (vêtements, sous-vêtements déchirés), touchées (fesses, seins…)… Et, tout ceci dans l’indifférence totale voire le mépris de l’équipe-gérante tout en accordant une attention démesurée à des caprices de confort2. Les agressions que nous avons subies ont servi, au-delà de l’indifférence, à faire de nous des personnes violentes. Miroir de la société…

>>> Ce bar combat l’hétéronormativité et se veut féministe, pourtant nous subissons :

La notion de consentement : Ce lieu se revendiquant du féminisme tolère des prises d’espace, de visibilité et de pouvoir venant de personnes aux comportements douteux et abusifs. Et, plus généralement, ils ignorent ces comportements en fonction de la popularité des personnes impliquées.

Une domination de genre : Le patron nous possède. Il – blanc, de visibilité sociale hétéromasculine, patron d’un bar, et en interaction intime avec les principal.e.s concerné.e.s – propose du travail à celles – femmes, arabes, noires, venant de banlieue, sans travail…- qu’il convoite affectivement. Il entretient des relations sexuelles (dissimulées) avec (au moins) quatre de ses employées, aucune déclarée. Et, plus largement, avec plusieurs personnes du collectif de la Mutinerie. Il met ainsi en place un rapport de domination/privilèges sur ses employées-amantes.

Une mise en concurrence sexiste : Mensonges et larges faveurs financières créant des rivalités entre
Les employé.e.s. (déclarés/non déclarés, noir.e.s/blanc.he.s, bourgeois/prolétaires…) et les amantes (parmi les employées, les membres du collectif, les clientes… officielle/non-officielle…). Diviser pour mieux régner, le bar est devenu un véritable harem capitaliste. Tout devient une faveur accordée par le bon patron dans un réseau d’influence et de conflits d’intérêt motivés par l’argent, le sexe et l’orgueil, en un mot le carriérisme.

Silence et violence : Nombreux et nombreuses sont celleux qui savaient mais qui ont choisi de ne rien dire pire de cacher et mentir. On ne renonce pas si facilement à ses privilèges : être la favorite du patron, avoir son loyer payé, avoir plus de dates, être administrateur, performeur, graphiste ou autres pour la mutinerie, avoir un lieu de drague et où aller boire un verre, se donner bonne conscience alors qu’on a sous les yeux l’expression la plus directe de l’exploitation économique et des survivances néocoloniales. Alors que nos multiples remarques et critiques ont toujours été ignorées, déformées, invisibilisées ou réduites à des conflits personnels donc dépolitisées, il nous est maintenant reproché de ne pas avoir « osé » parler plus tôt.

Diffamation et exclusion : Certaines parmi nous se sont opposées à ce fonctionnement depuis des mois. Tout comme ont été refusé les tentatives pour acheter le silence de certaines3. Le patron a alors tenté de virer l’une d’entre nous. D’abord, en s’appuyant sur les rivalités entre employées-amantes qu’il avait créées. Puis, en organisant une véritable campagne de diffamation sexiste4, de rumeurs et d’accusations racistes5 afin d’organiser un vote entre l’équipe-gérante pour l’exclure sans même l’en/nous en informer. La campagne de décrédibilisation contre l’employée « à virer » se ponctuera par la dissimulation d’un compte-rendu de réunion. C’est dans cette ambiance que «l’employée à virer» s’est sentie obligée de se retirer (sans solde). D’autres l’ont soutenu et se sont solidarisées au regard de leur propre situation. C’est le début d’un positionnement organisé et public et la fin d’une croyance illusoire en des arrangements internes. La véritable Mutinerie commence enfin.

Nous dénonçons ce système néocolonial6 :

Comment ont-ils pu nier les profits engendrés grâce à notre travail ? Comment ont-ils pu ne pas s’apercevoir des privilèges dont ils bénéficiaient ? Et, évidemment, comment ont-ils pu ne pas se rendre compte d’une telle usurpation ? Leur aisance était directement liée à notre précarité pendant des mois. Leur niveau de vie a considérablement changé sous nos yeux pendant que nous nous faisions humilier et exploiter professionnellement et politiquement. Nous ne pouvons désormais qu’affirmer l’illégitimité de leurs présences. Ce bar, néocolonial et capitaliste, se sert de l’attrait exotisant de ses serveuses pour les soirées hypes du week-end et de l’image de nos luttes pour mieux nous exploiter.

Par ailleurs, les cautions noires et arabes qui servent de marionnettes, qui croient encore en l’illusion républicaine, qui espèrent l’assimilation ou performent leur race dans un folklore dépolitisé ne peuvent en rien servir de prétexte à l’égalité ou servir à nous opposer. Oui, on ne pense pas toutes pareilles…

Une fois la situation connue officieusement dans le collectif plus large de la Mutinerie, nous ne pouvons aussi que constater la réaction nombriliste et inconséquente des personnes blanches, inquiètes pour leurs réputations parce qu’impliquées. Majorité complice et silencieuse qui voit, se tait et étouffe, participe à ce système.

Nous avons conscience que ces oppressions sont aussi présentes dans l’ensemble des milieux militants blancs de gauche que nous connaissons pour avoir évolué parmi les mouvements féministes, les mouvements d’extrême-gauche, les mouvements antiracistes… Ce bilan reste encore douloureusement d’actualité dans bon nombre de milieux qui se veulent militants.

Nous nous mettons donc en grève illimitée, sans condition et immédiate.

> Nous exigeons un changement immédiat des statuts légaux du bar, que la direction et le fond de commerce soit collectivisés, ainsi que la démission des racistes de l’équipe. Nous voulons faire partie intégrante du rééquilibrage du bar et la redistribution des rôles décisionnels.

> Nous exigeons la suspension de tout événement politique jusqu’à nouvel ordre. La charte doit être retirée du bar et de tous les sites internet faisant référence à la Mutinerie. Nous voulons également que ce texte soit affiché sur place dès sa parution.

> Nous exigeons le paiement de tous nos arriérés, des arrêts-maladies et congés ainsi que le paiement rétroactif des week-ends, des heures de courses et de ménage effectuées depuis le début. Celleux d’entre nous qui refuseront de réintégrer ce lieu devront pouvoir bénéficier d’indemnités de chômage conséquentes.

> Nous exigeons la reconnaissance officielle des dommages infligés aux personnes concernées ainsi que la reconnaissance de la reproduction des oppressions de race, de classe et de sexe dans ce lieu. Pour finir, nous voulons des excuses publiques.

                       Des employées de la Mutinerie et leur allié.e.s,

                               Féministes radicailles, rurales et décoloniales !

                                     Contact : mutineriealamutinerie@riseup.net

1 http://www.lamutinerie.eu/projet.html

2 Échanger les heures de travail à la dernière minute, prendre le travail des autres à leur guise et en fonction de la pénibilité, ne jamais travailler seul.e. Pire, quand on est clientes, nous demander de les remplacer plusieurs fois dans la même soirée, de changer les fûts ou de gérer les livraisons à leur place… C’est la culture du ressenti qui ne s’applique qu’à certaines personnes, empathie sélective.

3 Des indemnités personnelles, des dates en plus pour certaines, des pseudos travaux de bricolage, de rangement, de ménage…

4 L’une d’entre a été accusé à tort d’avoir eu des rapports sexuels dans la réserve pendant que la police fouillait le bar et/ou abandonnant le bar laissant les clients se servir…

5Des membres de l’équipe gérante ont toujours refusé, jusqu’à aujourd’hui, d’adresser la parole à certaines d’entre nous. Pour appuyer ces fausses accusations, menace de recourir à des soi-disant « témoins » de vols, d’agression sur une membre de l’équipe, de mauvais travail, de non professionnalisme et même d’accusations de comportements abusifs !!!

6A. Memmi « Portrait du colonisé, Portrait du colonisateur », Edition Corréa, 1957

 

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Egalité des droits ? (slam) https://depavage.noblogs.org/post/2014/08/31/egalite-des-droits/ Sun, 31 Aug 2014 13:28:04 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=166 Continuer la lecture →]]> Égalité des droits, non mais vous croyez quoi
égalité des droits, au regard de quoi
Décadent, décadent. Quand je serai dedans, moi aussi je pourrai rejeter les décadents.
Courir après, m’assimiler
Si intégré j’peux exister
Nantis, nantis. On va quand même pas rester planqués parmi les nantis. Pourquoi se réinventer un autre radeau quand on peut se pousser derrière le chefton en écarquillant un peu les parois du paquebot.
Avec mes pales papiers de blanc j’me fonds aux murs du bateau
les autres coulent, derrière, dans les tréfonds de l’océan
tant pis, y’a pas d’la place pour tous les manants
Faut bien q’y’en ai qui crèvent en sourdine pour flatter notre orgueil de couard
égalité des droits, non mais vous croyez quoi
égalité des droit, mais pour qui dans quelle voie
Avoir le choix de pouvoir se marier
ça c’est un combat, de pouvoir avoir le choix, ça s’appelle l’égalité
« je ne veux pas me marier mais je veux pouvoir avoir le choix de me marier »
Vas-y répète, j’ai pas compris, pas capté ta logique, mais je pense t’as pas le
temps de m’expliquer, ta logique tombe sous le sens
Va, rentre dans la danse, une alterno gaucho qui veut révolutionner c’est bien
beau mais ça va pas nous avancer bien haut,
Ni homme ni femme Zombie
ils sont bien rigolos ces jeunots mais bon un peu de sério
déjà tout le monde ne jure que par cela l’égalité des droits, et faudrait encore
leur expliquer, z’avez qu’à lire, on a pas le temps, faites pas semblant de pas
comprendre, normalisation des revendications,
et des trans qui se font castagner ? C pas la question, on ne parle pas de ça là,
des sans paps qui se font rembarrer ? Plus tard, dans la lutte y’a des priorités
des gouines qu’osent pas s’outer ? Les petits gais marchent fièrement devant Coq
au poing, colons avides, oubliant les sœurettes derrière
La cellule binaire reproductrice, un repère de rêve, pourquoi nous autres lgbt
s’en affranchir ?
C bien ce qui nous distingue, gouine, trans et pédés
Comme si ça pouvait nous ressembler, de faire exploser la cellule familiale
Comme si ça pouvait avoir du sens, de pas se retrouver assimilée à un ventre à féconder
Comme si on voulait s’échapper du piège de l’amour, comme seul repère
d’existence- se trouver d’autres possibles qu’une aliénation dans une cage, flambant
le rose bonbon
Abolition du mariage ? S’arracher le pactole du CAC 40 plutôt que de picorer les
baisses d’impôts des infortunés élus.
égalité des droits, mais pour qui dans quelle voie
égalité des droits, parmi vous j’en veux pas
« Je ne veux pas me marier mais je veux pouvoir avoir le choix de me marier »
Tiens c’est marrant ça me fait penser aux mecs qui ne veulent pas aller aux marches
féministes, non non ça les intéresse pas, mais qui veulent pouvoir avoir le choix
d’y aller !
J’assume mon sectarisme, j’veux vraiment pas avoir droit à la même réalité que
toi, j’aime pas les trompes l’œil ça déforme la vue, l’ordre des valeurs et des
priorités dans une vie. Parce que nos réalités sont différentes, dans une hétéro-
normativité oppressante jamais je serai ton égale alors j’veux même pas essayer !
Et viens me parler, viens de ton pote sans paps’ avec qui tu te maries, me parle
pas de contre- argumentaire, on partage des mêmes choix par défaut dans une
réalité borgne. Ça m’empêche pas de crier les idéaux qui planent au-dessus de
ma tête à chaque instant de ma lutte !
Quand est-ce que tu comprendras que ta lutte de suiveur toute tracée elle étrangle
ma rage à foison ? Parce que, p’tetr t’y crois qu’une fois le droit au mariage on
se rappellera des violences conjugales ? L’APGL est juste derrière, tapie dans
le coin, prête à rebondir au vol, la dernière pierre à l’édifice, que le tableau soit
complet à vos étroites réalités. Et viens pas me charger, que je suis une facho
contre la parenté des gais et des lesbiennes, dis-moi dans ton histoire c à quel
moment qu’on crée de la solidarité à plusieurs, même dans nos chaumières ?
Dans le genre, les luttes prioritaires, une meuf qui crève tous les deux jours et
demi sous les coups de son mari, ça te parle pas, ? T’as envie de ressembler à ça ?
Arrête steuplait, de caresser ton p’tit cul dans le bon sens du poil avec le mal
hors de ta portée
La violence de la cruelle normalité, elle frappe à ta porte, tu peux plus te détourner
Se raccrocher au symbole judéo-chrétien qui nous scelle les deux pieds liés sous
la croix et la bannière- t’abuse, la bonne idée !
Courir au diapason derrière la première connerie lâchée, vous avez pensé avant
de vous culbuter ?
Le devoir conjugal, nous aussi on y a droit ! Non si la nature m’a mise de côté
j’tirerai la nappe-forteresse de mon côté, j’renverserai à tort et à travers tous ces
20bouts de pied mêlés j’botterai en touche et me fouterai la tête dans le sable, plutôt
que de ressembler à vos gueules d’apôtres !
Parce que la réalité d’aujourd’hui c’est des gamines de 20 ans qui veulent se
marier et avoir des enfants, qui s’endettent déjà jusqu’aux dents parce qu’elles
ont pas le temps de penser autrement, et q’ça me fait flipper !
Parce que dans cette course à cotiser jamais on se tourne du côté de son voisin
pour lui serrer la main et chercher, c quoi ensemble qui nous ferait un peu de
bien ?
Parce qu’on faillit à chaque marche sur les routes de la solidarité, on a pas appris,
plutôt que la compétitivité ?
Parce que l’égalité des sexes ça se passe comme, des bofs bobos qu’offrent leur
bouquet aux meufs à la journée de la meu-fa, comme ça p’tetr bien qu’ils se les
taperaient, moi je joue pas dans cette cour-là !
Parce que l’homophobie est la première cause de mortalité des 12-25, pour cause
la virilité comme culte de la personnalité a trouvé son ennemi public number one.
égalité des droits, parmi vous j’en veux pas
égalité des droits, vraiment très peu pour moi

(Trouvé sur basseintensité.internetdown.org)

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« Théorie de la pute » https://depavage.noblogs.org/post/2014/08/30/theorie-de-la-pute/ Fri, 29 Aug 2014 22:03:58 +0000 http://depavage.noblogs.org/?p=143 Continuer la lecture →]]> Un montage qui s’inspire assez peu fidèlement d’extraits de « Théorie de la Pute », traduction d’un pamphlet écrit par le mouvement queer insurrectionnaliste américain « Bash Back ! », (qui signifie riposter à l’agression des queers, des trans, des putes, des gouines ou des pédés)… On peut trouver la traduction originale dans la brochure « Queer ultraviolence » et ci-dessous.

Montage extrait de l’émission Haine des Chaînes du 1er avril 2013 (voir). Vous pouvez aussi le télécharger.

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Théorie de la Pute

Pour la pute, il est extrêmement important d’être à tout moment magnifique, à la fois en apparence et intellectuellement. En tant que fidèles déviantEs de la féminité, nous nous devons dans une certaine mesure d’afficher une haine bien sentie à l’égard de toute ce qui est immaculé et fade. Les petits garçons et les petites filles ont besoin de plus de modèles d’obscénité dans leur vie ; de plus de salopes magnifiques et cinglées à admirer. IlLEs doivent apprendre ce que c’est de vouloir, d’être des putes incapables de ravaler et réprimer leurs émotions.

« On ne naît pas pute, on le devient » ne veut rien dire, alors fermez vos putain de cahiers. Nous sommes des contradictions à la démarche fière, et on n’en a rien à battre. Si tu nous cherches, on va t’anéantir toi ainsi que tout ce qui t’est cher. Si tu baises avec nous, on te brisera le cœur ou on tombera peut-être amoureuSEs pour mieux te haïr à jamais. On est accros au dégoût de la société, Jeunes-Filles corrompues qui ne connaissent aucune retenue.

On veut tout détruire, en talons aiguilles sertis de diamants. La violence de nos désirs laisse un arrière goût qui ne ressemble à celui d’aucun autre fluide corporel, c’est un venin mortel que seuls les corps les plus masochistes peuvent déguster et atteindre en rampant pour en redemander. On invite des hommes chez nous, en attendant la dégradation qui garantira notre vengeance, et d’ici-là on se fourre leurs bites dans la bouche, et on avale. Rien à foutre.

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On contemple l’image de notre corps dans chaque reflet qui croise notre chemin, et on ne peut s’empêcher de passer la journée à baiser avec nous-mêmes, tellement notre beauté est incroyable. On arbore notre manque d’assurance tel une couronne dorée qui scintille sur nos jolies têtes ; fièrEs (ou honteuSEs) de nos nombreuses imperfections, à en crever. Nous sommes horriblement vaniteuSEs, et toutes les putes savent que seule une autre pute peut les satisfaire.

Être pute n’est pas une sexualité, une chose pareille n’existe pas. Nos orgasmes sont inséparables de notre haine, de notre sens de la mode et de nos peurs ; rien ne nous fait jouir qui ne nous révolte également, d’une manière ou d’une autre. Nous faisons l’expérience de ce monde comme s’il était un terrain de jeu, trop laid et étriqué pour nos fantasmes ; aucune des zones délimitées par le « sexe » ne peut contenir ces pensées cochonnes. Le sexe, pour nous, c’est faire tourner les têtes, se râper les genoux, et pisser n’importe où, mais surtout pas dans les toilettes.

Si tu vois une pute descendre une rue animée d’un pas chaloupé, tu remarqueras peut-être ses sourcils froncés alors qu’elle marmonne rageusement. C’est parce que ta présence la dérange. Chaque corps insignifiant qui la frôle risque d’être en proie à sa haine. La haine la fait bander. Elle ne perd pas une seconde à former des hypothèses sur toi en fonction de ce que tu portes – tes chaussures ne sont pas assez féroces, ta démarche n’est pas assez sexy, ton regard n’est pas assez intense. Tu n’es rien comparéE aux personnes sublimes qui se cachent dans la ruelle, à l’affût, prêtEs à t’agresser.

La politique n’intéresse pas la pute, la pute est la politique. SéduitE par la douleur incessante qu’est vivre, mourir et souffrir, elle se nourrit à la fois de sa peur de touts petits riens et de l’ivresse de n’avoir rien à perdre. Elle pense que toute tentative de parler de ce monde avec logique n’est que pure illusion : la rationalité, cette activité inutile, typique des connards bredouillants. Tenter de définir son contexte ou d’analyser son existence est tout à fait futile ; absolument rien ne fait sens chez elle. La pute n’a d’intérêt critique que pour l’astrologie, préférant l’opinion des constellations de nos cieux aux élucubrations de quelque vieux blanc à l’agonie.

Brillamment amère, la pute s’accroche au chagrin et à la colère comme à des pierres précieuses qui sertissent son cœur ; ses traumatismes coulent et palpitent avec amour dans ses veines, tels de minuscules éclats de verre. Elle aspire en partie à la tristesse et à la déception dont elle connaît la vérité ; elle est emplie de vide et d’ennui en son absence. Pour elle, voir le monde à travers le chagrin, c’est voir en couleur, sentir la sensation de la vie picoter dans chaque terminaison nerveuse de son corps. Sans lui, la joie aussi lui échappe.

La pute est tout à fait exposée – elle est une blessure à vif, qui suppure une excrétion douce et mortelle sur toute chose, toute personne qui la touche. Elle est nue, et dissimule ce qui lui est sacré aux yeux des autres, à jamais, dans la fente de son entre-jambes. Si tu y regardes de trop près, prépare-toi à ce qu’elle te brise un membre, la lèvre, ton putain de cœur, car tu ne peux atteindre ce qui lui est précieux. Sale espèce humaine de merde.

Une vraie pute sait, au fond d’elle-même, pourquoi ce monde fait semblant de la détester. Toute sa vie, elle a été dotée d’un charme irrésistible qui, doublé d’une versatilité inconvenante, a le pouvoir de révéler les plus indésirables de leurs désirs à ceLLEux qui l’entourent. Les messieurs mariés (et leurs épouses mortes d’ennui) se trémoussent à n’en plus pouvoir à la vue de son cul, alors que les universitaires desséchés se mouillent les lèvres avec enthousiasme, excitéEs par son esprit vulgaire. Lorsqu’elle quitte la pièce, un énorme soupir de soulagement se fait entendre : on n’est plus obligéEs de regarder ses perversités frémissantes en face. SeulEs dans leurs chambres modernes, ilLEs se branlent honteusement sur son image, en se détestant en silence et en maudissant la routine grossière de leur vie.

Elle rit aussi facilement qu’elle pleure. Lorsque Mercure est dans sa phase rétrograde, elle sait que la catastrophe est assurée si elle sort de son lit. Mais même le foutu alignement des planètes, qui travaille main dans la main avec cette société triviale et méprisable, ne peut empêcher sa folie de déteindre sur son entourage et son environnement. Les circonstances qui les font pleurer, elle et les autres putes, créent aussi des hystériques en puissance ; des îlots autrefois isolés dans la folie se rejoignent alors pour partager une bonne rigolade, et peut-être aussi une petite vengeance.

La pute est une salope, oui, mais c’est aussi unE clochardE et unE jeune délinquantE ; c’est une pédale, une queen, une gouine en colère, un manarchist insurrectionnaliste en talons hauts, unE travelo tyrannique. Elle est tout et rien, tout le monde et personne à la fois. Glamour sous ses nombreux déguisements et transparentE dans ses désirs obscènes. Elle déborde d’amour pour ceLLEux qui répandent la haine, toujours enchantéE par la beauté cachée sous cette stérile économie des corps. Rien ne lui donne plus de plaisir que de cracher au visage de l’humanité, en riant à gorge déployée alors que les gouttes de ses crachats puants dégoulinent sur les mentons pointus, avant de s’écraser avec délectation sur le trottoir sale qui se déroule sous ses pieds

Bash Back !

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Et quelques samples de journaux des années 60, du film J’embrasse pas et de propos de manifestantes à Toulouse, extrait de la même émission :

 

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